Maisons d'écrivains

Les maisons sont comme les gens, elles ont leur âge, leurs fatigues, leurs folies. Ou plutôt non: ce sont les gens qui sont comme des maisons, avec leur cave, leur grenier, leurs murs et, parfois, de si claires fenêtres donnant sur de si beaux jardins.....

04 mai 2008

Edgar Allan Poe - Philadelphie

Biographie d'Edgar Allan Poe.

Edgar_Allan_Poe"Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point".

Edgar Poe naît à Boston le 19 janvier 1809. Il est le fils d’Elysabeth Hopkins, une actrice qui joue dans une obscure compagnie de théâtre, les Charleston Players, qu’a rejoint David Poe, son père, après avoir quitté sa famille. Mariés en 1806, les deux jeunes gens ont eu un premier fils, William Henry, l’année suivante. Rosalie, leur troisième et dernier enfant, naîtra en 1810. David Poe, alcoolique et tuberculeux, est décédé l’année précédente. Son épouse, qui ne joue plus que de manière intermittente avec la troupe, trouve le réconfort et le secours auprès de John et Frances Allan, à Richmond, en Virginie. Le couple charitable, qui n’a pas d’enfants, recueille d’ailleurs Edgar, devenu orphelin après le décès de sa mère le 8 décembre 1811, à l’âge de vingt-quatre ans. L’enfant ne sera jamais officiellement adopté, même s’il porte le nom d’Allan après son baptême, le 7 janvier 1812.

En 1814, Edgar Allan Poe est scolarisé à l’école de Richmond. Dès l’année suivante cependant, pour les besoins de son commerce - il est négociant en tabac - , John Allan emmène sa famille au delà de l’Atlantique, en Angleterre. Au mois de juin 1815, les Allan, qu’accompagne leur fils adoptif, sont à Liverpool. Ce dernier est encore davantage séparé d’avec son frère et sa sœur. Il commence à fuguer. A Londres où il demeure - 31, Southampton Road - , l’enfant est scolarisé à la Manor House School de Stoke Newington que dirige le révérend John Bransby. Il est d’ailleurs élevé dans les préceptes de la religion. Après cinq années passées en Europe, la famille Allan s’en retourne aux États-Unis. Après un court séjour à New York, ils se réinstallent à Richmond au mois de juillet 1820.

Edgar Allan Poe obtient de bons résultats scolaires. Cependant, l’adolescent est de plus en plus irritable et instable, d’autant plus que l’atmosphère dans le couple Allan se fait plus pesante. Les affaires de John Allan périclitent et celui-ci fait de plus en plus d’infidélités à son épouse. La tristesse de Frances, qu’Edgar adore, ne fait qu’accentuer le fossé qui se creuse entre l’enfant adoptif et son beau-père. A la mort de son oncle, John Allan hérite d’une fortune, qui lui permet de faire l’acquisition d’une vaste demeure près de Main Street, au mois de juin 1825. Il souhaite désormais vivre comme un riche bourgeois. Le 14 février 1826, Edgar Poe quitte sa famille adoptive Allan pour Charlottesville où il est inscrit à l’Université.

S’il réussit dans ses études, l’étudiant se distingue également par son genre de vie dissolu. Il s'endette, ce qui indispose John Allan. Celui-ci s’oppose aux relations qu’entretient le jeune homme avec une amie d’enfance, Elmira Royster, et le rappelle bientôt auprès de lui. Edgar Poe se refuse à entrer dans sa maison de commerce et s’enfuit de Richmond. A Boston, est édité son premier ouvrage, "Tamerlane and Others Poems by a Bostonian", influencé par l’œuvre de Lord Byron. Pressé par le besoin d’argent, il prend un engagement de cinq années dans l’armée le 26 mai 1827, sous le nom d’Edgar A. Perry. Son régiment est à Fort Mountrie au mois de novembre suivant, puis à Fort Monroe, toujours en Virginie. Poe est promu sergent-major le 1er janvier 1829. Le mois suivant, il est enfin autorisé à se rendre sur la tombe de Frances Allan, récemment décédée. En décembre, un second volume de poèmes, "All Aaraaf, and Minors Poems", paraît à Baltimore. Celui-ci contient le poème intitulé "To Helen". Après que son beau-père eut accepté d’accorder son soutien financier, Edgar Poe entre à l’école militaire de West Point au mois de juin 1830. Cette vie de caserne le lasse cependant. A force d’excès et de négligence, une cour martiale le condamne puis le renvoie de West Point, le 6 mai 1831.

Après un court séjour à New York où est publié un troisième volume de ses "Poems", Edgar Allan Poe est à Baltimore. Auprès de sa tante, Maria Clemm, il s’investit de plus en plus dans l’écriture et plusieurs de ses textes paraissent dans le Philadelphia Saturday Courier en 1832. L’année suivante, au mois d’octobre, Poe obtient un prix de 50 $ après avoir présenté un de ses contes, intitulé "Manuscrit found in a bottle", au concours organisé par le Baltimore Saturday Visiter. Ceci lui permet d’entrer dans le petit cercle d’écrivains de la ville, dans lequel figure John Pendelton Kenedy. Ce dernier lui permet d’éditer plusieurs de ses textes dans le Southern Literary Messenger dans les années qui suivent. Ceci procure à l’écrivain quelques revenus sans pour autant lui donner un nom dans les milieux du journalisme. En 1835, son directeur Thomas Whites lui propose d’entrer à la rédaction du journal, une proposition que Poe accepte. Le 16 mai 1836, celui-ci se marie, à sa jeune cousine Virginia, qui n’a que treize ans. La même année, Edgar Poe devient éditeur en chef du Messenger, ce qui le place désormais à l’abri de tout soucis financier. A cette époque, le journal prend d’ailleurs un nouveau essor, auquel contribue l’écrivain en livrant de multiples textes : des contes, des articles de critique, des éditoriaux… Il se remet cependant à boire et est licencié au mois de janvier 1837.

Edgar Allan Poe repart alors à New York, avant de s’installer à Philadelphie en 1838. Cette année là, au mois de juillet, "The Narrative of Arthur Gordon Pym" est publié, suivi par "Tales of the Grotesque ans Arabesque" en 1840. A cette époque, l’écrivain collabore au Gentleman’s Magazine ans American Monthly Review puis entre au comité de rédaction du Graham’s Magazine. C’est dans la revue, qui voit rapidement passer le nombre de ses abonnés de 5.000 à 37.000, qu’est publiée au mois d’avril 1847 "Murders in the Rue Morgue". Dans cette nouvelle, apparaît pour la première fois le personnage d’Auguste Dupin, l’infaillible détective français. Le 6 mars 1842, l’écrivain en quête de reconnaissance fait la rencontre de Charles Dickens, en tournée aux États-Unis. Quelques temps plus tard cependant, il quitte la revue pourtant devenue populaire, son salaire n’ayant lui que peu évolué. Poe retourne à la boisson, cherchant dans la fréquentation des tavernes un remède au mal-être qui le dévore. Son épouse Virginia connaît à cette époque ses premières crises d’hémoptysie et l’horizon de son couple s’en assombrit d’autant.

Le style d’Edgar Allan Poe est davantage marqué par le goût du morbide. Quelques-uns des contes qu’il écrit en 1843, tel "Le Corbeau", "Le Chat noir" ou "Le Scarabée d’or", lui assurent cependant une nouvelle notoriété. Sa femme est mourante et l’écrivain se console à l’occasion dans les bras de quelques admiratrices, Mrs Osgood notamment. Il tente de lancer une revue, The Stylus, qui n’a qu’une durée éphémère. Au mois d’avril 1844, la famille Poe arrive à New York. L’écrivain devient le propriétaire du Brodway Journal, mais celui-ci est couvert de dettes et la publication cesse le 3 janvier 1846. Un nouveau recueil de contes, "The Raven and Other Poems", est publié quelques temps auparavant. Tout ceci cependant n’arrange pas les finances de l’écrivain. Celui-ci s’est installé avec son épouse dans un cottage, ou plutôt une masure, de Fordham, une petite ville tranquille de banlieue, au mois de mai 1846. Six mois plus tard, le 30 janvier 1847, Virginia décède de tuberculose. Edgar Poe, qui bénéficie de l’aide charitable de son voisinage et de ses lecteurs, multiplie l’année suivante les lectures publiques et les tournées.

Au mois de novembre 1848, il tombe amoureux de la poétesse Sarah Helen Whitman, mais cette dernière est réticente. C’est que l’écrivain traîne derrière lui une lourde réputation d’alcoolique. Ce dernier doit interrompre ses visites. Il hésite d’ailleurs à se livrer, bénéficiant également des faveurs d’Annie Richmond, une femme mariée. Partagé entre plusieurs passions amoureuses, il boit de plus en plus, absorbe un soir du laudanum et tente ainsi de se suicider. Réfugié à Richmond, il arrive à Baltimore, le 28 septembre 1849. 
Il eut pour finir, cette mort digne des histoires qu'il a écrites, il fut trouvé le 3 octobre 1849, sur un trottoir de Baltimore près de Light Street, sinon ivre, du moins hébété, hospitalisé, il sombra dans le coma quatre jours avant de mourir. Les responsables : la ville était en pleine campagne électorale, et des agents des deux camps la parcouraient, d’un bureau de vote à l’autre, pour faire boire aux naïfs un cocktail d’alcool et de narcotiques afin de les traîner ainsi abasourdis, au bureau de vote. Conduit au Washington College Hospital, Edgar Allan Poe décède le 7 octobre suivant, sans avoir repris connaissance.



Et il faudra attendre deux décennies pour que soit reconnu le génie de l’écrivain maudit. En 1874, paraissent une nouvelle édition de ses poèmes, ainsi qu’une biographie issue des travaux de John Henry Ingram qui le réhabilite. Le 17 novembre de l’année suivante, un mémorial est inauguré en son honneur à Baltimore. Enfin, en 1885, c’est une statue d’Edgar Poe, œuvre de Richard Henry Park, qui est installée au Metropolitan Museum de New York. Tout ceci avant que ne paraissent enfin en 1902 l’édition complète de ses œuvres, permettant par la suite aux psychologues de se saisir du personnage…

En France, l’écrivain américain est connu dès la fin de la Monarchie de Juillet. Le public accède cependant plus commodément à ses textes peu après sa disparition et grâce à Charles Baudelaire. Le poète fait ainsi paraître un essai aux mois de mars et avril 1852 dans La Revue de Paris intitulé "Edgar Poe, sa vie et ses œuvres". Dans cet écrit militant, qui s’ouvre par les mots "il y a des destinées fatales", il fait de Poe un apôtre de l’esprit décadent, un modèle à suivre pour les partisans de "l’Art pour l’Art". Suivant les soins et les choix de ce dernier, trois volumes de contes sont ensuite publiés successivement chez Michel Lévy Frères  : les "Histoires extraordinaires" au mois de mars 1856, les "Nouvelles Histoires extraordinaires" l’année suivante ainsi que les "Histoires grotesques et sérieuses" en 1864.

Philadelphie sa maison.

Edagr_Poe_PhiladelphieEdgar Allan Poe, son épouse Virginia et sa belle-mère Maria ont loué plusieurs maisons à Philadelphie, mais seule la dernière de ces maisons est encore debout. La maison Spring Garden, où vécut l’auteur en 1843-1844, est aujourd’hui conservée par le Service du Parc national en tant que Site historique national Edgar Allan Poe. Elle se situe entre la 7ème rue et la rue Spring Garden.

De nos jours la visite débute par la maison attenante qui a été convertie en musée, et où l'on trouve de nombreuses photographies et informations sur la vie et les oeuvres d'Edgar Allan Poe, ainsi qu'un admirable documentaire vidéo, retraçant sa vie.

Comme aucune information précise n'est parvenue jusqu'à nous, concernant l'ameublement de cette maison du temps de Poe et de sa famille, les pièces sont vides. On pénêtre en premier dans le salon, immédiatement suivi par la cuisine. Au premier étage se trouve la chambre de l'écrivain et un autre salon. A l'étage supérieur se trouvent la chambre de Virginie son épouse ainsi que la chambre de sa belle-mère, Maria Clemm. Un escalier extérieur permet de rejoindre le porche d'entrée. Il ne faut surtout pas oublier de visiter la cave, qui dit-on, a inspiré la nouvelle du "chat noir". C'est aussi dans cette maison qu'il écrivit la nouvelle "Le Corbeau".

La visite se termine par une magnifique pièce, un salon garni de meubles rouge et or, et où se trouvent toutes les oeuvres d'Edgar Allan Poe que l'on peut feuilleter et lire, ou bien s'installer confortablement et écouter les voix de Christopher Walken, Iggy Pop, Vincent Price, lisant les plus fameux textes de l'écrivain.

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Le chat noir.

Le corbeau.

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01 mai 2008

Emily Dickinson - Amherst

Biographie d'Emily Dickinson.

Emily_Dickinson"Prenez-moi tout mais laissez-moi l'extase et je serai plus riche que mes semblables".

Considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands poètes américains, Emily Dickinson n’eut pas droit à la reconnaissance littéraire de son vivant. Presque absente de la scène littéraire, elle fut également peu présente dans le théâtre de la vie.

Son champ d’expérience fut limité, puisqu’elle ne s’éloigna d’Amherst que pour passer une année au collège de Mount Holyoke à South Hadley ou lors de rares séjours, à Washington ou à Boston. Il semble donc qu’elle n’ait guère quitté le cercle de cette petite communauté puritaine de Nouvelle-Angleterre, ni franchi le seuil de la maison familiale où elle disait tant se plaire – entre son père juriste et homme politique, admiré et craint, et sa mère plus effacée ; entre sa sœur Lavinia, qui ne partit jamais non plus et son frère Austin, installé dans la maison voisine avec sa femme Susan, amie de cœur de la poétesse.

Le choix d’un certain retrait du monde livre un signe essentiel : la mise à distance, l’ironie. Mais, à certains égards, ce retrait fut peut-être moins absolu qu’il n’y paraît : tout en se dérobant au monde, au mariage, elle adressa des lettres passionnées à divers correspondants masculins. La fin de sa vie fut marquée par des deuils répétés (son père en 1874, sa mère en 1882, son neveu Gilbert, mort à l’âge de huit ans en 1883, Otis P. Lord en 1884). Secrète et expansive, grave et moqueuse, discrète mais audacieusement libre, sa personnalité est aussi complexe que l’espace réel de son expérience fut restreint.

La hardiesse de sa pensée et de son écriture inquiétait les éditeurs qui voulaient lui faire remanier ses poèmes, ce qu'elle refusa toujours. Seule Hélène Hunt, poète et romancière, reconnut son génie et l'encouragea. En dehors d'elle, les poèmes d'Emily ne furent lus que par le cercle de famille, élargi à quelques-amis à qui elle les offrait, en guise de fleurs ou de bouquets disait-elle.

Ses poèmes reflètent le tumulte de sa vie intérieure, sentimentale et mystique, parsemée d'amours impossibles (une amitié amoureuse avec une camarade de classe qui deviendra sa belle soeur, puis avec deux hommes mariés, dont le dernier était pasteur), constellée d'invocations et de pieds de nez à Dieu. Le style novateur d'Emilie Dickinson a déconcerté et choqué ses contemporains. L'extrême densité de ses poèmes exprime une émotion intense. Passion et spontanéité donnent une écriture concise, elliptique, "explosive et spasmodique", comme elle la décrira elle-même. Par la poésie, elle se fait homme, femme, animal, objet. Tous les moyens lui sont bons pour questionner la vie et donc la mort, cherchant à connaître le monde, elle-même, Dieu, et prêtant à l'écriture des pouvoirs quasi-magiques pour l'aider dans cette quête. "le rivage est plus sûr, mais j'aime me battre avec les flots", écrit elle à 15 ans.

10 décembre 1830, naissance à Amherst (Massachusetts) d’Emily Dickinson, fille d’Edward Dickinson, homme de loi, plusieurs fois membre du Congrès, et d’Emily Norcross. Austin son frère aîné, est né un an auparavant. Lavinia, sa sœur cadette, naîtra en 1833.

De 1840 à 1847 : Études à Amherst College, haut lieu de la culture puritaine, fondé en 1814 par son grand-père, Samuel F. Dickinson.

En 1846, publication en Angleterre des poèmes des Brontë et, l’année suivante, de leurs trois romans : "Jane Eyre", "Wuthering Heights" et "Agnes Grey".

De 1847 à 1848, études à Mount Holyoke Seminary. Refuse de participer au mouvement de renouveau religieux. Emily est retirée de l’institution par son père en août 1848. Publication des "Sonnets portugais", d’Elizabeth Barrett Browning et de "Kavanagh" de Longfellow.
    
1848, début d’amitiés précieuses, notamment avec Benjamin Newton, stagiaire chez son père, qui joue un rôle d’initiateur (il lui enverra en 1850 les poèmes d’Emerson) et Susan Gilbert, sa future belle-sœur et principale destinataire de ses poèmes.
    
Mai 1855 : voyage à Washington et à Philadelphie, où Emily a pu entendre et rencontrer le Révérend Charles Wadsworth. Publication de "Leaves of Grass" de Walt Whitman et "d'Aurora Leigh" poème-roman d’Elizabeth Barrett Browning.
    

1856, mariage de son frère Austin avec Susan Gilbert.
    
1858, Emily se consacre de plus en plus à la poésie et commence à rassembler ses poèmes dans des cahiers cousus.Elle entame une correspondance avec Samuel Bowles, directeur du Springfield Daily Republican et ami de la famille. Première des "Master Letters".

1860, visite de Charles Wadsworth à Amherst.
1861, Seconde des "Master Letters".
1862, Troisième des "Master Letters". En avril, départ de Samuel Bowles pour l’Europe, jusqu’en novembre. Le 15 avril, première lettre d’Emily, accompagnée de quatre poèmes, à T.W. Higginson. Le 1er Mai, départ de Charles Wadsworth pour San Francisco, où il est nommé pasteur de l’église du Calvaire. Année d’intense production poétique (366 poèmes, dont certains ont pu cependant avoir été composés plus tôt).

1864, Publication de "Dramatis Persona" de Robert Browning. Fin avril-fin novembre : séjour à Cambridge, près de Boston, chez ses cousines Norcross, pour soigner une maladie des yeux. Ce séjour se renouvellera l’année suivante. Après cette date, Emily ne quittera plus la demeure familiale et se retranchera peu à peu de la société.

1870, le 16 août : visite de T.W. Higginson à Amherst. En décembre 1873 seconde visite de T.W. Higginson à Amherst.

1874 - 1875, événements familiaux importants : mort du père d’Emily à Boston (16 juin), attaque de paralysie de sa mère en 1875, naissance de son neveu très aimé, Gilbert, cette même année.
1876, Emily fait la connaissance d’Helen Hunt Jackson, la poétesse américaine la plus célèbre de l’époque : "Vous êtes un grand poète, lui écrit celle-ci en mars, et c’est très dommage... que vous ne veuillez pas chanter tout haut". Quelques mois plus tard, elle l’invite à participer à la No Name Series (anthologie de poètes anonymes) des éditions Roberts Brothers, de Boston.

1877, Amour déclaré pour le juge Otis P. Lord, ami de longue date d’Edward Dickinson. Projet de mariage.
1876, Mort de Samuel Bowles.
1880, Visite imprévue de Charles Wadsworth à Amherst.
1882, Mort de Charles Wadsworth.
Thomas Niles, des Editions Roberts Brothers, presse Emily de publier.
Mabel Todd, femme d’un astronome nommé directeur de l’Observatoire à Amherst, noue avec elle (sans la voir) des relations amicales.
14 novembre mort de la mère d’Emily.
1883, Mort de son neveu très aimé, Gilbert, à l’âge de huit ans.
1884, Mort du juge Otis P. Lord. Emily subit une dépression nerveuse en juin.
Helen Hunt Jackson offre à Emily d’être sa légataire et exécutrice testamentaire, mais meurt l’année suivante.
1885, le 15 mai : mort d’Emily à Amherst.

1890, Publication des "Poèmes" d’Emily Dickinson, par Mabel Loomis Todd et T.W. Higginson, aux éditions Roberts Brothers. Le succès est immédiat : on compte onze rééditions à la fin de 1892.
1894, Publication des "Lettres", par Mabel Loomis Todd, chez le même éditeur.

Amherst sa maison.

Amherst_Emily_Dickinson"La maison est ma définition de Dieu" déclarait Emily Dickinson. Du coup, elle vécut plus de vingt-cinq ans recluse chez elle, à Amherst, dans le Massachusetts. Une demeure devenue un lieu de pèlerinage.

Emily Dickinson incarne une forme d’absolu : l’absence au monde. C’est à  la feuille de papier qu’elle confie son âme, ses enchantements et ses colères, ses visions, ses interrogations, ses certitudes. Nul ou presque n’en saura rien. Soixante-dix ans s’écouleront avant que paraisse une édition complète de ses mille sept cent soixante-quinze poèmes, fondateurs avec ceux de Whitman de la poésie américaine. Et presque un siècle avant la première biographie fiable, celle d’une jeune fille de la bourgeoisie d’Amherst, Massachusetts, qui un jour se retira dans sa maison, puis dans sa chambre, et n’en sortit plus jusqu’à sa mort.

Durant vingt-cinq ans, nul à Amherst ne vit son visage. De temps à autre, pourtant, il lui arrivait de descendre un pain d’épice au bout d’une corde pour les enfants. La demeure de famille cossue de style néoclassique donnait sur la rue. De sa fenêtre, Emily Dickinson pouvait suivre l’animation de Main Street. De l’autre baie, elle apercevait Evergreen, la maison de son frère et de Susan, sa belle-sœur avec qui elle avait noué, quelques années durant, une amitié passionnée. Le monde ne lui est pas indifférent ou étranger. Emily regroupe ses poèmes par paquets de vingt, les coud et les range dans un tiroir.

Quand au matin du 15 mai 1886, Emily rend son dernier soupir dans sa ville natale, aucun habitant d’Amherst n’avait croisé la poétesse depuis vingt cinq ans. Sa disparition prit alors des airs de légende. La mort avait retrouvé la trace de celle qui marchait vers la transparence depuis un quart de siècle. Sa silhouette ne put retenir la moindre poussière d’ombre, même le médecin, venu constater le décès, dut rédiger son acte sur le seuil de la chambre d’où il apercevait une "forme immaculée qui reposait sur un lit".

"Quand ce sera mon tour de recevoir une couronne mortuaire, je veux un bouton d’or". Comme une réponse de la nature au désir d’Emily, le pré derrière la maison accueillait une foule vibrante de taches d'or.

Pour son ultime voyage terrestre, elle passa de sa table d’écriture à sa tombe, (située derrière la maison), respectant ainsi jusqu’au bout, son vœu de ne pas quitter sa demeure. Elle avait cinquante cinq ans... mais doit-on, peut-on donner un âge à une poétesse qui s’entretint durant toute son existence avec l’éternité ?

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Emily Dickinson, une recluse incandescente.

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30 avril 2008

Samuel Johnson - Londres

Biographie de Samuel Johnson.

Samuel_Johnson"Les chaînes de l'habitude sont en général trop peu solides pour être senties, jusqu'à ce qu'elles deviennent trop fortes pour être brisées".

Samuel Johnson, ou le Dr Samuel Johnson (comme souvent appelé par ses contemporains), né le 7 septembre 1709 et mort le 13 décembre 1784, est un des principaux auteurs de la littérature anglaise du XVIIIème siècle: poète, essayiste, biographe, lexicographe, il est aussi l'un des plus fins critiques littéraires anglais. Johnson est considéré comme un auteur de génie, aussi bien en prose qu'en vers, et dont les mots d'esprit sont souvent cités.

Fils d'un libraire, Samuel Johnson est né à Lichfield (Staffordshire), où il étudie, jusqu'à son entrée à Pembroke College (Oxford), où il ne reste que treize mois. Bien qu'il soit considéré comme un excellent étudiant, sa condition le force à abandonner ses études sans avoir obtenu de diplôme. En 1731, il crée une école à Lichfield et se lie d'amitié avec l'un de ses élèves, David Garrick, qui devint par la suite un acteur célèbre. Il épouse Elizabeth Porter à trente-cinq ans, veuve de vingt-cinq ans son aînée.

Ayant gagné Londres en 1737 avec David Garrick, il rédigea, de 1741 à 1744, des articles pour le Gentleman's Magazine, publia dans l'anonymat en 1738 son premier grand poème, "Londres", qui connut un succès immédiat et lui valut l'admiration d'Alexander Pope.

Dès 1747, Johnson entreprit le "Dictionnaire de la langue anglaise", qui parut en 1755 et qui établissait les bases de l'étude historique de la langue anglaise. Dans le même temps, il composa "la Vanité des désirs humains" (1749), long poème inspiré de la dixième satire de Juvénal, fonda The Rambler, périodique dans lequel il publia, entre 1750 et 1752, un nombre considérable d'essais sur la littérature, la critique et la morale, puis édita "The Idler" (1758-1760) et donna en 1759 "l'Histoire de Rasselas, prince d'Abyssinie", romance en prose sur la quête du bonheur par un jeune homme, qui inspirera à Beckford son Vathek.

L'immense succès du "Dictionnaire Johnson" le fit considérer comme le censeur de l'Angleterre littéraire et lui valut l'amitié de Reynolds, qui fit son portrait, celle de Boswell qui consigna pendant 21 ans ses conversations et ses activités (Vie de Samuel Johnson, 1791), celle d'Edmund Burke et d'Oliver Goldsmith avec lesquels il se retrouvait dans les salons et les clubs.

Il édita Shakespeare, en huit volumes, avec des commentaires précis sur les personnages des pièces. Sa dernière œuvre, "Vie des poètes anglais les plus célèbres" (1781), écrite avec "le désir honnête de donner un plaisir utile" mêle indistinctement élements biographiques et critique littéraire.

Londres sa maison.

front2La maison du Dr Samuel Johnson est une des rares demeures résidentielles de son époque encore présente à Londres. Construite en 1700, elle était à la fois maison et lieu de travail pour Samuel Johnson. C'est ici qu'il a rédigé son dictionnaire de la langue anglaise.

Totalement restaurée, cette maison comporte des salles lambrissées, un escalier de pin, une collection de meubles d'époque, des copies et de nombreux portraits.

Située au nord de Fleet street, cette maison se trouve dans un labyrinthe de cours et de passages, rappelant le "Londres Historique".

Quand la maison a été rachetée par le parlementaire libéral Cecil Harmsworth en 1911, elle était abandonnée et délabrée.  Harmsworth s'est lancé dans de grands travaux de réhabilitation et a redonné à cette maison son état originel et l'a ouverte au public en 1912. Dans le même temps un cottage a été construit, juste à côté, pour en faire la maison du conservateur.

La ville de Londres a subi des dommages très importants lors de la deuxième guerre mondiale, et la maison du Dr Samuel Johnson a été presque totalement détruite à trois reprises, pendant les bombardements de 1940 - 1941. Cette maison a été sauvée grâce au courage des pompiers auxilliaires, qui l'utilisaient en tant que salle de repos et centre d'art.

De nos jours, la maison est entretenue par le "Samuel Johnson Trust" et l'actuel Lord Harmsworth est le président du conseil d'administration.

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Biographie détaillée en anglais de Samuel Johnson.

Musée Samuel Johnson à Lichfield dans sa maison natale.

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26 avril 2008

Jean de La Fontaine - Château Thierry

Biographie de Jean de La Fontaine.

La_Fontaine"Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins..."

De petite noblesse, Jean naît le 8 juillet 1621 puis est baptisé probablement le même jour à Château-Thierry en Champagne où son père, Charles, exerce la charge de "Maître triennal des eaux et forêts" du duché de Chaûry. Il passe toute son enfance dans cette province, un milieu rural et champêtre dont, dit-on, son œuvre porte la marque. Son père, également Maître des Chasses, avait épousé en 1617 une veuve de bonne maison poitevine, Françoise Pidoux.

Les études de La Fontaine restent mal connues. Probablement les commence-t-il vers 1630, au collège de Château-Thierry, un établissement assez réputé. Cependant, peu enclin à la vie active et aux affaires, sa famille décide vers 1635, de l'envoyer dans un collège parisien, après sa troisième afin de les achever.

A Paris, il y suit des études de théologie. Il est alors âgé de 19 ans. L'Eglise, premier état du royaume, devrait lui assurer la sécurité. Cependant, pas décidé à respecter la discipline monastique de la Congrégation de l'Oratoire où il reste un peu plus d'une année, la perspective de devenir prêtre ne l'enchante plus. Seule la littérature semble vraiment l'intéresser.

Des études faciles de Droit et l'acquisition d'un diplôme de licencié en Droit pour 20 écus, lui donnent le titre "d'avocat en la cour de Parlement". Il s'installe à Paris en 1646 où il mène une vie dissipée dans les salles de jeux et les cabarets. Il y fréquente Tallemant des Réaux. Il fait partie d'une petite académie littéraire et amicale dite la "table ronde". Ces "Palatins" sont Pellison, Furetière, Maucroix, Charpentier, Cassandre. Cette académie littéraire lui offre l'occasion de lire beaucoup, poètes, philosophes grecs et latins, et surtout Malherbe qui lui donne le goût des beaux vers.

Le 10 novembre 1647, sous la pression paternelle il épouse Marie Héricard de la Ferté Milon (14 ans) qui lui apporte une dot de trente mille livres et des immeubles pour une valeur de douze mille livres.  Le 30 octobre 1653, Marie lui donnera un fils, Charles, qu'il délaissera plus tard. Auparavant, en 1652, il achète une charge de maître particulier triennal des eaux et forêts à Château-Thierry pour une valeur de douze mille livres. Plus tard, en 1658, il hérite des deux charges de son père décédé.

Enfin, en 1654, Il décida de se consacrer à la littérature et ouvre un salon littéraire à Paris où il vit avec son épouse. Poussé par quelques amis, il se lance sans succès dans une adaptation en vers d'une comédie "L'eunuque" imitée de Térence. L'accumulation des dettes, les faibles revenus de ses charges ainsi que de lourds droits de succession l'obligent à se chercher un protecteur.

La publication du poème héroïque "l'Adonis" (1658) imité d'Ovide lui vaut l'admiration et la protection de Fouquet (1659) le surintendant du jeune roi Louis XIV. il vit à sa cour à Vaux-le-Vicomte. La Fontaine s'engage à "pensionner" Fouquet en vers. Cette rencontre n'est cependant pas des plus heureuses, puisque le 5 septembre 1661, alors qu'il était en train de composer "le Songe de Vaux", Fouquet est disgracié, arrêté à Nantes et enfermé par le roi.

La Fontaine est donc privé de son protecteur, et poursuivi par la disgrâce royale pour sa fidélité ("Ode au roi pour M. Fouquet" 1662). Il juge alors prudent de s'éloigner de la capitale et part un temps dans le Limousin (vraisemblablement à Limoges).

L'affaire Fouquet s'étant calmée, il retourne dans sa ville natale en 1664, et pour vivre, se place sous la protection du duc de Bouillon (seigneur de Château-Thierry). Par ses "Contes" (1665-66-71) frivoles et libertins voire paillards inspirés notamment d'Aristote, il divertit la duchesse de Bouillon nièce de Mazarin. Pour l'époque, ces écrits font scandales et ne se vendent pas.

Il partage alors son temps entre Paris et Château-Thierry. Ses aventures extra-conjugales ont raison de son mariage. Il se sépare de sa femme et de son fils.

Privé de ressources, il revient à Paris et peut-être par l'entremise de la duchesse de Bouillon, il devient "gentilhomme servant" de Marguerite de Lorraine. Il sert la duchesse douairière d'Orléans, veuve de Gaston d'Orléans, au palais du Luxembourg (le Sénat actuel) pour deux cents livres par an. Charge des plus modestes, mais qui lui vaut d'être anobli. Il est l'un des neuf officiers qui président tour à tour au service de la table.

Cependant, il ne vit pas au Luxembourg où la vie est austère et dévote. Il loge quai des Augustins chez le magistrat Jacques Jannart, oncle de son ex-épouse, ancien collaborateur de Fouquet.

Heureux d'être à Paris, il fréquente dans les cercles littéraires les écrivains les plus renommés de son temps : Madame de La Fayette, Madame de Sévigné, Boileau, Molière, Racine, Perrault, La Rochefoucauld.

Il cherche en vain à obtenir une pension du roi, mais Colbert, nouveau surintendant et ennemi de Fouquet s'arrange pour le garder éloigné de la cour.

Soucieux et conscient du poids de ses écrits frivoles, il pense se faire pardonner en publiant en 1668 son premier recueil de "Fables" (livres I à VI des éditions modernes). Rien n'y fait.

En 1672, à la mort de la duchesse douairière d'Orléans, il s'installe rue Neuve-des-Petits-Champs chez son amie Madame de La Sablière, femme très cultivée et issue d'une grande famille de banquiers. Il y restera de 1673 à 1693 et y mènera une vie mondaine assez brillante.

Cependant, la publication des "nouveaux Contes" ne plaît pas au roi et ils sont interdits. Pratiquement sans ressources, il en arrive à revendre ses charges au Duc de Bouillon ainsi que la maison de Château-Thierry.

En 1678, il fait paraître son deuxième recueil de "Fables" (livres VII à XI) et le dédie à Madame de Montespan dans l'espoir de s'attirer sa protection. Enfin son talent commence à être reconnu et les publications des fables circulent.

Encouragé par Mme de La Sablière il se présente à l'Académie française. Le roi s'y oppose pendant deux années à cause de sa réputation de libertin et de son amitié pour Fouquet, mais il fini par être élu en 1683. Cette année, meurt Colbert.

En 1693 à la mort de Madame de La Sablière, désespéré et malade, il va chez son viel ami le banquier d'Hervart qui l'héberge. Le 12 février 1693, il se repent de ses "contes infâmes" devant une délégation de l'Académie et reçoit la communion. Il publie en septembre 1693 le livre XII des "Fables".

Les deux dernières années de sa vie, malade, il renonce à la vie mondaine, renie ses Contes et ne publie plus rien qui soit contraire à la religion et la vertu. Il se consacre à la méditation et hante les églises où en priant il tente de faire face à sa peur de l'enfer. C'est dans cet état d'esprit qu'il meurt le 13 avril 1695. Il a alors soixante-quatorze ans.

En procédant à sa toilette mortuaire, on trouve sur lui un cilice (large ceinture de crin de chèvre portée sur la peau par pénitence).

La Fontaine est enterré le 14 avril au cimetière des Saints-innocents. Par suite d'une erreur commise sur ce point par d'Olivet dans "l'Histoire de l'Académie", les commissaires de la Convention exhumeront en 1792, pour leur éléver un mausolée, des ossements anonymes dans un autre cimetière (aujourd'hui son tombeau est visible au Père Lachaise).

Château Thierry sa maison.

ScreenHunter_22_AprJean est né un beau jour de juillet dans ce bel hôtel particulier. Issu d’une famille aisée, il a vécu une enfance heureuse. Son père Charles, était Maître des eaux et forêts, charge dont La Fontaine héritera plus tard.

En 1676, alors âgé de 55 ans, le poète vendit sa maison natale pour trouver la gloire littéraire à Paris. A cette époque, la rue ne portait pas le nom du célèbre fabuliste, mais s’appelait rue des Cordeliers, et faisait partie du quartier des notables de Château-Thierry au XVIIème siècle.

Construite en 1559, plusieurs propriétaires succèderont à La Fontaine dans cette maison qui deviendra musée en 1876, grâce au soutien de la Société Historique et Archéologique de la ville de Château-Thierry.

Les remaniements intérieurs ont laissé intacts les plafonds à la française. L’élégant escalier à volées droites parallèles, les voûtes d’arêtes aux paliers, les tommettes, la grande salle du rez-de-chaussée, rappellent l’ambiance qu’a connu le poète.

Au XVIIIème siècle, un des propriétaires fit abattre la tour qui se trouvait dans le jardin. Les vestiges du mur des remparts de la ville sont toujours visibles de nos jours dans le jardin du fabuliste.

En 1882, la belle porte cochère, dont il nous reste la clef, et les murs qui l’entouraient, furent détruits et remplacés par la grille actuelle. La tourelle qui menait au cabinet de travail de Jean de La Fontaine a également disparu. Le double perron de pierre ainsi que le vieux puits dans la cour pavée sont toujours présents.

La façade de la maison  a traversé les épreuves du temps, en conservant ces curieux croissants entrelacés, chiffre de Diane de Poitiers, son décor de pilastres, et son bandeau en fleurs de lys au dessus de la porte, à droite de laquelle était gravée la date 1559.

Toutes les collections s’articulent autour de La Fontaine et de son œuvre. Une pluralité de lecture des fables est offerte au public grâce à la présentation de dessins, gravures, peintures ou objets d’art les illustrant.

* Au rez de chaussée :

Dans le couloir menant à la salle du XVIIème siècle, des gravures représentent les contemporains de La Fontaine, tels que son épouse, Marie Héricart, cousine de Jean Racine, Fouquet, son grand ami, Madame de Sévigné, Furetière l’Académicien, mais aussi la jolie et fantasque Marie-Anne Mancini, nièce de Mazarin, grande protectrice du poète, et qui fut sa voisine à Château-Thierry.

  • Dans la salle du XVIIIème siècle :

Le portrait peint par Hyacinthe Rigaud vous accueille dans cette pièce consacrée au siècle du fabuliste. Sous ce tableau, se dresse un meuble renfermant l’acte de baptême du poète. Dans les vitrines, sont exposés des lettres manuscrites, des actes rédigés avec rigueur, démentant la réputation de bonhomme distrait qui était attribué à Jean de La Fontaine.

Les fables choisies de La Fontaine, l’ouvrage édité en 1668, et illustré par François Chauveau, connut un succès considérable. Au fil du temps, son œuvre va être représentée sur de multiples supports : faïence, porcelaine, terre cuite, argenterie, toile de Jouy, mobilier, tapisserie...

  • Dans le petit salon :

Cette pièce est consacrée aux Contes libertins de La Fontaine, partie moins connue de son œuvre. Vous y découvrirez les gravures de Nicolas de Larmessin, et les délicieuses illustrations de Nicolas Vleughels. Ces peintures rendent hommage aux idées neuves véhiculées par les Contes du poète, censurés à son époque, et qu’il dût renier.

Cet espace permet également la présentation d’artistes contemporains ou historiques ayant illustré l’œuvre du fabuliste ou ayant un lien avec celle-ci, il permet également, de monter au public la richesse des collections du Musée, et de ses collections permanentes notamment les fables représentées par Jean-Baptiste Oudry.

* Le premier étage :

  • Le cabinet de travail de Jean de La Fontaine :

Cette aile occupée jusqu'alors par la Société Historique et Archéologique  de Château-Thierry a été ouverte au public au printemps 2006. Désormais  les visiteurs peuvent voir dans cet espace le cabinet de travail de La Fontaine. Il y exercait sa charge et en qualité de Maître des Eaux et Forêts, y recevait ses administrés et ses amis. Il pouvait aussi y rêver et ébaucher l'écriture des Fables qui allaient le rendre célèbre. De son temps on pouvait y accéder par un escalier en colimaçon dans une tour détruite aprés la vente de la maison du poète.

  • La salle du Baron Feuillet de Conches :

Un film retraçant la vie de Jean de La Fontaine et des fables pour enfants vous sont proposés. Sur les murs de cet espace, vous pouvez découvrir une partie de la précieuse collection des miniatures du Baron Feuillet de Conches. Au début du 19e siècle il a fait illustrer les Fables de La Fontaine par des artistes du monde entier. (Inde, Chine, Japon, Égypte, Perse, Éthiopie, Europe…).

  • La salle du XIXème siècle :

Depuis leur parution, les fables n’ont cessé de susciter l’imagination des artistes. Le XIXème siècle est sans doute la période durant laquelle la création artistique autour de l’œuvre de la Fontaine est la plus féconde. Les plus grands : Doré, Decamps, Lhermitte, Rousseau, présents dans cette salle en sont la preuve.

Ce siècle renforce la vocation pédagogique des fables. Elles sont utilisées comme support d’apprentissage de la lecture, de la morale et du civisme, sans forcement en goûter la délicate poésie. Jean de La Fontaine entre dans le quotidien des Français. Des objets d’art, et en particulier des objets décoratifs sont là pour en témoigner, telle que cette gracieuse pendule en bronze "La Laitière et le pot au lait" , le superbe poêle en faïence de Sarreguemines ou le cache joue peint par Gustave Doré, et toute la porcelaine décorée de fables.

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Extrait de 18 fables choisies et interpretées par Fabrice Luchini.

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21 avril 2008

Guy de Maupassant - La Guillette à Etretat

Biographie de Guy de Maupassant.

Guy_de_Maupassant"Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude".

Guy de Maupassant naît le 5 août 1850 à Fécamp, au sein d’une famille aisée qui vit de ses rentes. Gustave et Laure de Maupassant s’installent en 1854 au château de Grainville-Ymauville, près du Havre. C’est là que vient au monde au mois d’avril 1856 le deuxième enfant du couple prénommé Hervé. Cependant, quelques années plus tard, les difficultés financières du ménage obligent Gustave à chercher un emploi. Celui-ci devient alors employé de banque à Paris où la famille Maupassant s’est fixée en 1859. Guy entre alors au Lycée Napoléon (futur Lycée Henri IV). Après quelques années de cette vie conjugale houleuse, le ménage Maupassant se sépare. Les enfants sont alors confiés aux soins de Laure. Celle-ci choisit de revenir en Normandie et s’installe ainsi à Étretat, dans la propriété des Verguies.

En 1863, Maupassant fait son entrée au petit séminaire d’Yvetot. L’adolescent y demeure scolarisé depuis la sixième jusqu’à la seconde. Ce séjour au sein de l’institution religieuse est pour lui une période d’ennui profond. Renvoyé de l’établissement à cause de vers jugés licencieux, il est ensuite admis en 1868 au Collège impérial de Rouen. A cette époque, Maupassant entame alors une correspondance avec le poète Louis Bouilhet. Celui-ci le présente bientôt à Gustave Flaubert. L’année suivante, il obtient son baccalauréat puis décide de faire son droit à la faculté de Paris. Mais l’étudiant appartenant à la classe 70 est mobilisé pendant le conflit franco-prussien. Il est ainsi versé dans l’intendance, à Rouen.

Après la signature du traité de Francfort qui met un terme au conflit, Maupassant est rendu à la vie civile, au mois de novembre 1871. L’année suivante, il entre au ministère de la Marine et des Colonies mais déteste bien vite ce métier de gratte-papier. Se faisant à la vie parisienne, Maupassant fréquente alors les guinguettes et canote sur la Seine. Il fait également ses premiers essais en littérature grâce aux conseils et avec la bénédiction de Flaubert. En 1875 paraît ainsi un premier conte, "La Main écorchée", dans l’Almanach lorrain de Pont-à-Mousson. Le "reclus de Croisset" lui permet ensuite de faire la rencontre des grands écrivains de l’époque. Tandis qu’il s’installe à Paris, au 17 de la rue de Clauzel, Maupassant est également invité à participer en 1876 au groupe de Médan qui se constitue autour d’Émile Zola.

En 1878, il entre ensuite au Ministère de l’Instruction publique. L’année suivante voit enfin la publication d’un de ses poèmes intitulé "Une Fille" dans La Revue moderne et naturaliste. Cependant, celle-ci est poursuivie pour "outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs". L’affaire se termine néanmoins par un non-lieu. Pendant ces premières années de création littéraire, Maupassant connaît des problèmes de santé. Il souffre ainsi de troubles cardiaques puis de névralgies du cerveau et des yeux contre lesquelles il lutte par l’usage et bientôt l’abus des drogues. Le "rond-de-cuir" se fait alors mettre en disponibilité avant de quitter définitivement le ministère auquel il est affecté, au mois de juin 1880. C’est alors que Guy de Maupassant publie le 16 avril de la même année "Boule de Suif" dans le recueil Les Soirées de Médan.

L’écrivain collabore maintenant de manière régulière à plusieurs périodiques parisiens parmi lesquels Le Figaro ou L’Écho de Paris. Il donne alors de nombreux articles et contes. En 1881, Maupassant effectue ainsi un reportage pour Le Gaulois en Algérie. Cette expérience au-delà de la Méditerranée sera par la suite matière à quelques écrits. Maupassant fait d’ailleurs paraître la même année un recueil de contes, "La Maison Tellier". Du 27 février au 6 avril 1883 est ensuite publié en feuilleton dans le Gil Blas son premier roman, "Une Vie". L’écrivain séjourne alors à Menton puis en Bretagne. Il se fait également construire une résidence, La Guillette, à Étretat mais se fixe à Paris dans un appartement cossu de la rue de Montchanin (aujourd’hui rue Jacques-Bingen), dans le quartier de la plaine Monceau. Maupassant ne quittera les lieux qu’en 1890 pour la rue du Boccador et les environs des Champs-Élysées.

L’écrivain à succés mène désormais une existence mondaine. Auprès de la comtesse Potocka, il joue à l’artiste décadent. Pour soigner ses troubles oculaires, Maupassant se rend de nouveau en cure à Chatel-Guyon et fait la rencontre de Joséphine Litzermann, une donneuse d’eau de la station thermale. Trois enfants naturels naîtront de leur liaison. C’est aussi une période de travail frénétique pour l’écrivain. Il multiplie les écrits. Des recueils de contes paraissent sous sa plume, comme "Les Contes de la Bécasse" en 1883, "Miss Harriett" et "Les Sœurs Rondoli" l’année suivante ou "Les Contes du jour et de la nuit" en 1885 ; des romans également parmi lesquels il faut citer "Bel-ami" en 1885 ou "Mont-Oriol" en 1887.

Maupassant partage à présent son temps entre Paris, Étretat et la Côte d’Azur. Son frère Hervé connaît alors ses premiers troubles psychiatriques. Interné à l’hôpital de Lyon-Bron sur l’initiative de son frère, il décède au mois de novembre 1889. Désormais, l’écrivain est lui aussi de plus en plus diminué par la maladie. Il est en effet atteint de la syphilis et l’infection arrive en 1890 dans sa phase terminale. L’écrivain cesse alors d’écrire, après avoir publié dans les années précédentes un nouveau recueil de contes intitulé "Le Horla" en 1887 puis "Le Rosier de Madame Husson" en 1888. Paraissent également au cours de ces années deux romans, "Fort comme la mort" en 1889 et auparavant "Pierre et Jean" en 1887. Pour l’occasion, Maupassant l’écrivain rédige une préface dans laquelle il expose ses idées littéraires. Il s’attache ainsi à distinguer les romans d’intrigue des romans réalistes.

Maupassant multiplie maintenant les séjours en cure à Divonne ou Aix-les-Bains ainsi que les consultations auprès des médecins. Après une tentative de suicide dans la nuit du 1er au 2 janvier 1892, il sombre dans la folie et entre à la clinique du docteur Blanche, à Passy, le 6 janvier 1892. Dans cette maison de santé alternent alors pour Maupassant les périodes de conscience et de folie, les moments de délire et d’accalmie. Après dix-huit mois d’agonie, il décède le 6 juillet à l’âge de quarante-trois ans. Quelques jours plus tard, l’écrivain est inhumé selon son vœu à même la terre et au cimetière Montparnasse. A cette occasion, Émile Zola prononce l’oraison funèbre du défunt.

La Guillette à Etretat sa maison.

La_GuilletteLaure de Maupassant, mère du Guy, habitait Etretat et possédait un verger dans le grand Val. A 33 ans, Guy de Maupassant a eu un de ses premiers succès littéraire avec sa nouvelle "La maison Tellier"  et a prévu en 1883 de se faire construire une maison dans le Grand Val (actuellement rue Guy de Maupassant).

Sa mère lui donna son verger et il acheta le terrain mitoyen où il y avait vraisemblablement un cabanon en bois. A cet emplacement il fit construire une petite maison entourée d’un balcon au premier étage.

Une partie de la maison brûla, il fit alors construire une maison plus grande en ajoutant une salle de billard et en couvrant le balcon au nord tout en conservant les volets d’origine Le couloir ainsi créé possède de remarquables boiseries et placards d’époque construits par le menuisier Monsieur de Peyrant.

C’est à la Guillette qu’il achève l’écriture de "Bel ami" en octobre 1884. Nostalgique du midi où il passait souvent l’hiver, Guy de Maupassant fit construire une maison de style méditerranéen en crépi et le toit recouvert de tuiles. La maison est construite loin de la route ce qui est actuellement très appréciable.

Le jardin a été dessiné par Monsieur Cramoizan et a gardé sa forme originale : couloir d’arbres, vergers, espace de tir. Guy de Maupassant fit installer une caloge, bateau qui ne naviguait plus et qui servait de logement pour son valet François Tassart. Elle servait également de salle d’eau pour Maupassant. Il n’en existe plus que deux à Etretat datant du 19 ème siècle et celle-ci est la plus ancienne.

Guy de Maupassant aimait recevoir. 6 chambres sont situées au 1er étage.Toutes les cheminées de la maison sont d’époque ainsi que celle du salon au rez de Chaussée en céramique bleu rapportée par Guy de Vallauris. De l’époque également 2 peintures de son cousin sur les portes du bureau ainsi qu’un vitrail signé Oudinot.

Cette maison est située à quelques centaines de mètres de la mer.

Actuellement cette maison a été mise en vente par l'actuel propriétaire, l'asssociation l'Arche propose  que l'occasion soit saisie par les collectivités publiques pour investir dans cette propriété et créer un espace ouvert au grand public, avec comme premiers objectifs:

- de créer un point d'ancrage de la mémoire de Guy de Maupassant avec valorisation et promotion de son oeuvre littéraire.
- de sauvegarder et enrichir le patrimoine culturel de la région et ainsi favoriser une dynamique "Maupassant" au niveau touristique.

Jean-Pierre Thomas, responsable de l’atelier patrimoine de l’Arche estime que cette maison doit devenir un petit musée, à l’image de la maison de Victor Hugo à Villequier, dans le même département.

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17 avril 2008

Jules Verne - Amiens

Biographie de Jules Verne.

Jules_Verne"Rien ne s'est fait de grand qui ne soit une espérance exagerée".

Jules Verne naît en 1828 au sein d’une famille aisée de la bourgeoisie nantaise. Son père a fait quelques années auparavant l’acquisition d’une étude d’avoué, tandis que sa mère appartient au milieu des armateurs et des navigateurs. A partir de 1840 d'ailleurs, la famille Verne s'installe dans le quartier de l'île Feydeau, près des quais et du port.  Cet environnement explique l'attirance précoce de l'enfant pour la mer, les horizons lointains et l’aventure. A 9 ans, après avoir acheté l’engagement d’un mousse, Jules Verne s’embarque sur un long-courrier en partance pour les Indes, la Coralie,  avant d’être rattrapé à Paimbeuf. Inscrit en 1844 au Lycée de Nantes, il y fait sa rhétorique et sa philosophie, passant avec succès le baccalauréat. Il entame ensuite des études de droit, celles-ci devant lui permettre de prendre la succession de son père à laquelle il est destiné.

Parallèlement, l’adolescent passionné par les lettres s’essaie à la rédaction de quelques sonnets, de tragédies en vers, voire de pièces de théâtre. Ses pensées se tournent alors vers Paris. En avril 1847, il obtient de son père l’autorisation  de se rendre dans la capitale afin de terminer son droit. L'étudiant obtient le grade de licencié en 1849. Il fréquente également  les salons parisiens que lui ouvrent les relations familiales. Jules Verne y fait la connaissance d’Alexandre Dumas. En 1850, le grand romancier lui permet de faire représenter au Théâtre Historique une comédie en vers. La même année, Jules Verne passe avec succès sa thèse. Cependant, son existence parisienne est  fréquemment à l'origine de conflits avec l’autorité paternelle. Ceux-ci trouvent leur dénouement pendant l'année 1852. L’écrivain naissant repousse alors de façon définitive l’idée d’un retour à Nantes et entame une carrière dans la magistrature.

A Paris, Jules Verne doit désormais donner des cours particuliers pour subvenir à ses besoins. Il fait bientôt publier dans la revue Le Musée des familles une nouvelle intitulée "Martin Paz". Quelques années plus tard, en 1856, il devient l’associé d’un agent de change à la Bourse, l'entreprise étant financée par un apport d’argent d’origine familiale. Jules Verne se marie le 10 janvier de l'année suivante avec une veuve, Honorine de Viane. Il continue également d’écrire pour le théâtre et voyage en Angleterre et en Écosse en 1859 puis en Scandinavie en 1861.

L’année 1862 décide de son avenir littéraire. Jules Verne présente à l’éditeur Jules Hetzel "Cinq Semaines en ballon". Publié le 24 décembre en librairie, c’est un franc succès et le début d’une longue et fructueuse collaboration. Jules Verne signe alors un contrat qui l’engage pour vingt années avec Hetzel et participe régulièrement à l’une de ses publications, Le Magasin d’éducation et de récréation, une revue destinée à la jeunesse. L'écrivain s'installe à cette époque à Auteuil avant de céder sa charge d'agent de change.

Les romans qui suivent trouvent également un public de lecteurs passionnés : "Voyage au centre de la Terre" en 1864 puis "De la Terre à la Lune" en 1865. L’écrivain a décidément trouvé sa voie ; il se consacrera jusqu’à la fin de sa vie à la description d’un monde, celui des "Voyages extraordinaires". Dans ses écrits, Jules Verne se fait l’apologiste de la technique et des sciences, des prouesses de l’homme moderne. S’il décrit certaines réalisations futures en se projetant dans un univers imaginaire, il peut également être considéré comme l’écrivain de son temps et de ses traits les plus visibles (l’industrialisation, la découverte du monde…) ou de ses passions (la foi dans le progrès, le colonialisme…) mais également de son milieu, la bourgeoisie et de ses valeurs (le mérite personnel qui repose sur la réussite individuelle bâtie grâce à l’éducation et au travail, un antisémitisme latent…).

Les succès se suivent, succès d’édition en France où son public de lecteurs s’élargit, et dans le monde grâce aux traductions de ses œuvres majeures : "Les Enfants du Capitaine Grant" en 1867, "Vingt mille lieues sous les mers" en 1869, "Le Tour du monde en quatre-vingts jours" en 1873, "L’Île mystérieuse" en 1874, "Michel Strogoff" en 1876, "Les Indes Noires" en 1877… Quelques ouvrages d'érudition prennent également place au milieu de cette production littéraire, une "Géographie illustrée de la France et de ses colonies" publiée en 1868 notamment.

En 1866, Jules Verne loue une maison au Crotoy, en baie de Somme. L’année suivante est l’occasion d’un voyage aux États-Unis. Il effectue la traversée sur le transatlantique Great Eastern. La consécration l'attend à son retour. La Légion d'Honneur lui est en effet remise en 1870 tandis que son oeuvre est couronnée par l'Académie française. L'écrivain est mobilisé quelques temps plus tard comme garde-côte pendant le conflit franco-prussien. Il se rend alors dans la capitale où les événements de la Commune parisienne l'horrifie.

En 1872 enfin, Jules Verne s’installe définitivement à Amiens, la ville natale de sa femme, où il fait l’acquisition en octobre 1882 d’un hôtel particulier situé au n°2 de la rue Charles Dubois dans les quartiers en construction par lesquels la ville s’étend en direction du Sud. Il y mène une existence bourgeoise de représentation, de participation à la vie politique locale. Jules Verne est élu au Conseil municipal de la ville en 1888 sur une "liste de protestation patriotique" composée de notables et de représentants des milieux populaires en tête de laquelle figure le nom du général Boulanger. Il s'attachera à la promotion des Beaux-arts, décidant notamment de la construction du Cirque municipal.

Jules Verne ne néglige pas pour autant son travail d’écrivain ("Les Cinq Cents millions de la Bégum" 1879 ; "Robur le Conquérant" 1886 ; "Le Château des Carpates" 1892 ; "L'Ile à hélices" 1895…). Il effectue également quelques croisières à bord de son yacht à voiles et à vapeur le Saint Michel III (en Mer du Nord et en Mer Baltique en 1881, en Méditerranée en 1884).



Affaibli depuis 1897, Jules Verne est terrassé le 16 mars 1905 par une crise de diabète. L'auteur des "Voyages extraordinaires" décède quelques jours plus tard, le 24 mars, à Amiens. Il est inhumé au cimetière de la Madeleine où le sculpteur Albert Roze l’a immortalisé en ornant son tombeau d’un buste représentant l'écrivain la main tendue vers le ciel.

Amiens sa maison.

1A quarante-trois ans, alors que "Cinq semaines en ballon" et "Voyage au centre de la terre" connaissent déjà un succès international, Jules Verne décide de quitter la capitale pour s'installer à Amiens. Le romancier disait se trouver assez près de Paris "pour en avoir le reflet, sans le bruit insupportable et l'agitation stérile" dans une lettre à son ami Charles Wallut.

En 1882, il loue un hôtel particulier en brique rouge typique du Pas de Calais qui aurait été assez ordinaire s'il n'avait été surmonté d'une tour. Une maison somme toute à l'image de son locataire, puisque ses contemporains s'étonnaient qu'un homme d'apparence aussi commune ait pu écrire une telle œuvre.

Jules Verne occupera "la maison à la tour" pendant dix-huit ans et y écrira trente-quatre romans. Aujourd'hui, cette demeure récemment rénovée offre au visiteur un voyage extraordinaire dans la vie de Jules Verne et l'invite, en traversant les pièces comme on tourne les pages d'un livre, à explorer son univers.

La demeure se découvre pièces par pièces, tel un parcours initiatique imaginé pour faire pénétrer le visiteur dans le monde de l'auteur.

Au premier abord, l'intérieur ressemble à la plupart des maisons bourgeoises de cette époque : l'opulence du salon et l'atmosphère feutrée du fumoir succèdent au style chargé et sombre de la salle à manger.

Passées ces pièces de réception, la visite se poursuit à l'étage et chacun est invité à pénétrer dans l'intimité de la vie de l'écrivain. La salle de lecture s'ouvre sur une carte du monde étalée sur le sol et les meubles sont recouverts de feuilles raturées et éparpillées, brouillons d'œuvres en gestation. Le cabinet de travail, où l'auteur dormait, incite au voyage : agencé comme une cabine de bateau, il donne sur la voie ferrée.

A l'étage supérieur, se trouve le grenier, lieu du déchaînement de l'imaginaire de l'homme de lettres : capharnaüm savamment orchestré de maquettes de machines volantes et de coffres s'ouvrant sur des objets insolites, tous issus du monde onirique de l'auteur. L'extravagance culmine dans la tour, ornée d'une sculpture représentant un globe au milieu des astres.

Entre passé et futur, ce voyage intemporel immerge le visiteur dans les visions de Jules Verne et lui fait revivre les rêves qui ont bercé son enfance.

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Maison de Jules Verne.

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16 avril 2008

Elsa Triolet et Louis Aragon - Le moulin de Villeneuve

uiBiographie d'Elsa Triolet.

Elsa_Triolet"Il n'y a pas d'endroit où l'on peut respirer plus librement que sur le pont d'un navire".

De son vrai nom Elsa Kagan (puis Triolet de son premier mari qu'elle gardera toute sa vie), elle est fille de Elena Youlevna Berman (musicienne) et de l'avocat juif Youri Alexandrovitch Kagan. Elle est née le 11 septembre 1896 à Moscou.  Elle a pour soeur Lili dont elle est très jalouse mais qu'elle admire en même temps. Lili rejoindra en 1905 la révolution russe et c'est par elle que Elsa et Aragon auront des contacts communistes. Elle est l’amie d'enfance du linguiste Roman Jakobson, apprend le français très tôt et se lie en 1913 avec le poète futuriste Vladimir Maïakovski, qui deviendra ensuite le compagnon de sa sœur, Lili Brik.

En 1918, elle quitte la Russie et en 1919, elle épouse André Triolet, un officier français, à Paris avec qui elle part pour Tahiti p