Maisons d'écrivains

Les maisons sont comme les gens, elles ont leur âge, leurs fatigues, leurs folies. Ou plutôt non: ce sont les gens qui sont comme des maisons, avec leur cave, leur grenier, leurs murs et, parfois, de si claires fenêtres donnant sur de si beaux jardins.....

30 avril 2008

Samuel Johnson - Londres

Biographie de Samuel Johnson.

Samuel_Johnson"Les chaînes de l'habitude sont en général trop peu solides pour être senties, jusqu'à ce qu'elles deviennent trop fortes pour être brisées".

Samuel Johnson, ou le Dr Samuel Johnson (comme souvent appelé par ses contemporains), né le 7 septembre 1709 et mort le 13 décembre 1784, est un des principaux auteurs de la littérature anglaise du XVIIIème siècle: poète, essayiste, biographe, lexicographe, il est aussi l'un des plus fins critiques littéraires anglais. Johnson est considéré comme un auteur de génie, aussi bien en prose qu'en vers, et dont les mots d'esprit sont souvent cités.

Fils d'un libraire, Samuel Johnson est né à Lichfield (Staffordshire), où il étudie, jusqu'à son entrée à Pembroke College (Oxford), où il ne reste que treize mois. Bien qu'il soit considéré comme un excellent étudiant, sa condition le force à abandonner ses études sans avoir obtenu de diplôme. En 1731, il crée une école à Lichfield et se lie d'amitié avec l'un de ses élèves, David Garrick, qui devint par la suite un acteur célèbre. Il épouse Elizabeth Porter à trente-cinq ans, veuve de vingt-cinq ans son aînée.

Ayant gagné Londres en 1737 avec David Garrick, il rédigea, de 1741 à 1744, des articles pour le Gentleman's Magazine, publia dans l'anonymat en 1738 son premier grand poème, "Londres", qui connut un succès immédiat et lui valut l'admiration d'Alexander Pope.

Dès 1747, Johnson entreprit le "Dictionnaire de la langue anglaise", qui parut en 1755 et qui établissait les bases de l'étude historique de la langue anglaise. Dans le même temps, il composa "la Vanité des désirs humains" (1749), long poème inspiré de la dixième satire de Juvénal, fonda The Rambler, périodique dans lequel il publia, entre 1750 et 1752, un nombre considérable d'essais sur la littérature, la critique et la morale, puis édita "The Idler" (1758-1760) et donna en 1759 "l'Histoire de Rasselas, prince d'Abyssinie", romance en prose sur la quête du bonheur par un jeune homme, qui inspirera à Beckford son Vathek.

L'immense succès du "Dictionnaire Johnson" le fit considérer comme le censeur de l'Angleterre littéraire et lui valut l'amitié de Reynolds, qui fit son portrait, celle de Boswell qui consigna pendant 21 ans ses conversations et ses activités (Vie de Samuel Johnson, 1791), celle d'Edmund Burke et d'Oliver Goldsmith avec lesquels il se retrouvait dans les salons et les clubs.

Il édita Shakespeare, en huit volumes, avec des commentaires précis sur les personnages des pièces. Sa dernière œuvre, "Vie des poètes anglais les plus célèbres" (1781), écrite avec "le désir honnête de donner un plaisir utile" mêle indistinctement élements biographiques et critique littéraire.

Londres sa maison.

front2La maison du Dr Samuel Johnson est une des rares demeures résidentielles de son époque encore présente à Londres. Construite en 1700, elle était à la fois maison et lieu de travail pour Samuel Johnson. C'est ici qu'il a rédigé son dictionnaire de la langue anglaise.

Totalement restaurée, cette maison comporte des salles lambrissées, un escalier de pin, une collection de meubles d'époque, des copies et de nombreux portraits.

Située au nord de Fleet street, cette maison se trouve dans un labyrinthe de cours et de passages, rappelant le "Londres Historique".

Quand la maison a été rachetée par le parlementaire libéral Cecil Harmsworth en 1911, elle était abandonnée et délabrée.  Harmsworth s'est lancé dans de grands travaux de réhabilitation et a redonné à cette maison son état originel et l'a ouverte au public en 1912. Dans le même temps un cottage a été construit, juste à côté, pour en faire la maison du conservateur.

La ville de Londres a subi des dommages très importants lors de la deuxième guerre mondiale, et la maison du Dr Samuel Johnson a été presque totalement détruite à trois reprises, pendant les bombardements de 1940 - 1941. Cette maison a été sauvée grâce au courage des pompiers auxilliaires, qui l'utilisaient en tant que salle de repos et centre d'art.

De nos jours, la maison est entretenue par le "Samuel Johnson Trust" et l'actuel Lord Harmsworth est le président du conseil d'administration.

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Biographie détaillée en anglais de Samuel Johnson.

Musée Samuel Johnson à Lichfield dans sa maison natale.

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13 avril 2008

Vita Sackville West - Sissinghurst

Biographie de Vita Sackville West.

Vita_Sackville_West"Même si l'on ne cherche que la simplicité, comment échapper à la complexité de la vie ? "

Victoria Mary Sackville-West est née à Knole House dans le Kent, le 9 mars 1892. Elle était la fille de Lionel Edward Sackville-West, 3ème Baron Sackville et de sa femme Victoria Sackville-West, baronne de Sackville. Très tôt, Victoria prit le prénom de Vita pour se démarquer de sa mère. Elle passa son enfance et son adolescence dans la propriété familiale, mais étant une femme elle ne put en hériter, ce qu'elle regretta toute sa vie.

En 1913, Vita Sackville-West épouse Harold Nicolson, diplomate, puis journaliste, membre du Parlement, auteur de biographies et de romans, mais aussi, un compagnon bisexuel dans ce qu'on appellerait à présent un mariage ouvert. Ils eurent tous deux des liaisons homosexuelles, ce qui n'empêcha pas une relation étroite entre les époux, comme en témoigne une correspondance presque journalière (publiée après leur mort par leur fils Nigel), et un entretien qu'ils donnèrent à la radio de la BBC après la Seconde Guerre mondiale.

Harold Nicolson, diplomate de 1909 à 1929, dont Winston Churchill fit un sous-secrétaire d'Etat à l'Information pendant une partie de la Seconde Guerre Mondiale, tint pendant trente ans, de 1936 à sa mort en 1968 un journal qui fut édité en 1966 sous le titre "Diaries and letters", traduit en français sous le titre "Journal des années tragiques (1936-1942) "(B.Grasset, 1971).

Le couple eut deux enfants, Benedict Nicolson (1914-1978), historien d'art, et Nigel Nicolson (1917-2004), politicien et écrivain. Dans les années 1930, la famille acheta le château de Sissinghurst dans la campagne du Kent, région appelée le jardin de l'Angleterre.

La relation passionnée féminine qui eut l'effet le plus marquant et le plus durable sur la vie personnelle de Vita Sackville-West eut lieu avec la romancière Violet Trefusis, fille de la courtisane Alice Keppel qui était la maîtresse officielle du roi Édouard VII. Elles se rencontrèrent lorsque Vita Sackville-West avait douze ans et Violet Trefusis dix ans, et fréquentèrent la même école pendant quelques années. Bien que toutes deux mariées,  elles partirent plusieurs fois en voyage ensemble, la plupart du temps en France, où Vita Sackville-West se déguisait en jeune homme quand elles sortaient. Leur liaison se termina mal, Violet Trefusis poursuivant Vita Sackville-West de ses assiduités alors même que Vita Sackville-West entretenait des liaisons avec d'autres femmes, mais Violet Trefusis refusa toujours cette rupture.

Le roman de Vita "Challenge" témoigne de cette histoire : Vita Sackville-West et Violet Trefusis commencèrent à écrire le livre ensemble, le personnage masculin, Julian, étant le surnom de Vita quand elle se faisait passer pour un homme. Sa mère, Lady Sackville, trouva l'autoportrait assez évident pour demander que le roman ne paraisse pas en Angleterre, son fils Nigel, cependant, en fait l'éloge : "Elle s'est battue pour le droit d'aimer, hommes et femmes, rejetant les conventions selon lesquelles le mariage exige l'amour exclusif, et que les femmes ne devraient aimer que les hommes, et les hommes uniquement les femmes. Pour cela, elle était prête à tout abandonner… Comment pourrait-elle regretter que ce savoir puisse atteindre les oreilles d'une nouvelle génération, qui plus est infiniment plus compréhensive que la sienne ? "

L'histoire d'amour la plus célèbre de Vita  Sackville-West fut celle qu'elle eut avec la grande romancière Virginia Woolf à la fin des années 1920. A la suite de cette histoire, Virginia Woolf écrivit l'un de ses romans les plus célèbres, "Orlando", décrit par le fils de Vita Sackville-West, Nigel Nicolson, comme "la plus longue et la plus charmante lettre d'amour de la littérature", une biographie fantastique dans laquelle le héros éponyme traverse les siècles et change de sexe, publié en 1928. A la fin de leur liaison, les deux femmes restèrent amies.

Parallelement, Vita Sackville West eut une carrière de poète et de romancière. En tant que poète, elle fut deux fois lauréate du Hawthornden Prize (en 1927 et en 1933), cas unique dans l'histoire de ce prix littéraire. La première année pour son long poème narratif "The Land", et la deuxième année avec ses "Collected Poems". "The Edwardians" (1930) et "All Passion Spent" (1931) sont sans doute ses romans les plus connus de nos jours. Dans le second, Lady Slane, une femme mûre, recouvre un sens de la liberté et de la fantaisie longtemps refoulé après une vie vouée aux conventions.

En 1946, elle fut faite "Companion of Honour" pour ses services rendus à la littérature. L'année suivante, elle tint une colonne hebdomadaire dans The Observer, intitulée "In your Garden". En 1948, elle devint un membre fondateur du comité des jardins du National Trust.

Vita Sackville West meurt le 2 juin 1962.

Sissinghurst sa maison.

SissinghurstAu début de son existence, Sissinghurst était une massive forteresse du 12ème siècle, le manoir de pierres était entouré de douves dans le plus pur style moyenâgeux, deux de ces douves subsistent toujours actuellement. L’origine du nom est saxonne et signifie "une clairière dans les bois" . Au 15ème siècle, la propriété fut achetée par la famille Baker, liée par mariage aux Sackville de Knole, dans le Kent, ancêtres de Vita Sackville-West.

Le vieux manoir en ruines fut remplacé par une impressionnante demeure en briques rouges. Ce fut la première construction de ce type dans le Kent où généralement on construisait en bois et en pierres. De cette demeure ne subsiste que l’avant où à l’origine se trouvaient les écuries d’un côté et les quartiers des serviteurs de l’autre. Au 16ème siècle, Sir Richard Baker fit construire une maison de type élisabethain, considérée comme l’une des plus belles de l’époque.

Au 18ème siècle, par contre, au gré des caprices des fortunes familiales, celles-ci changent et la demeure dut être louée au gouvernement de l’époque qui la transforma en camp d’emprisonnement pour prisonniers de guerre français ; plus de 3.000 prisonniers y furent détenus au cours des 7 années qui suivirent. Ce furent les détenus qui surnommèrent le site  "Le Château" parce que la maison leur faisait penser à un château français, à savoir un grand manoir entouré d’un immense domaine. Sissinghurst devint donc "Sissinghurst Castle" et le nom lui restera.

La guerre endommagea fortement les bâtiments dont les 2/3 se retrouvèrent démolis à la fin de la guerre. Au cours des 50 années qui suivirent, le domaine fut occupé par les pauvres de la paroisse travaillant à la ferme et dans l’usine de briques des environs. Lorsque la famille Corwallis reçut la propriété au 19ème siècle, elle construisit la grande ferme en guise d’habitation, étant donné l’état lamentable des anciens bâtiments.

C’est finalement au début du 20ème siècle que le domaine de Sissinghurst Castle sera sauvé par deux intellectuels épris de beauté et de jardinage. En 1928 le domaine fut mis en vente mais ne trouva aucun acheteur pendant deux ans. En avril 1930, Vita Sackville-West vint y jeter un coup d’œil en compagnie de son fils cadet, Nigel, qui se rendit compte avec horreur que sa mère avait bien l’intention d’acheter et vivre dans ce champ de choux.

La flamboyante écrivaine cherchait une vieille maison afin d’y créer un nouveau jardin ainsi qu’elle l’avait fait à Cospoli, Constantinople, en compagnie de son époux Harold Nicolson, alors en poste diplomatique. Sous l’œil horrifié de Nigel, Vita Sackville-West tomba éperduement amoureuse de Sissinghurst et acquit la propriété entourée d’un immense domaine à cultiver.

Vita et Harold créèrent alors un jardin reflétant totalement leurs personnalités à la fois différentes et complémentaires : elle, romantique, exaltée, adorant les recoins qui surprennent, avec une profusion de plantations ; lui plus classique et pondéré, aimant les formes plus sobres. Harold Nicolson développa un grand sens de la conception de jardins, aidé en cela par un ami du couple, Sir Edwin Lutyens (l’architecte, ami de Nathaniel Lloyd, qui contribua à sauver Great Dixter).

Les bâtiments de Sissinghurst Castle furent sauvés par l’architecte Albert Reginald Powys, secrétaire de la Société pour la Préservation des Bâtiments Anciens. C’est lui qui rendit Sissinghurst habitable et conçut également quelques murs entourant les jardins. La conception des jardins progressa rapidement et lorsqu’éclata la seconde guerre mondiale, en dehors du célèbre  "White Garden" et du "Thyme Lawn", toutes les formes étaient bien en place.

Sissinghurst Gardens est le bel exemple d’une étroite collaboration entre deux personnalités exceptionnelles et reflètent bien le côté apollinien bien ordonné des dessins d’Harold ainsi que la nature plus dionysiaque et exubérante de Vita. Cependant, ce jugement n’est pas restrictif car Harold Nicolson ne ménageait pas ses suggestions créatives pleines d’imagination et d’originalité, parfois rejetées par Vita en faveur de quelque chose de plus simple.

A travers les jardins séparés de haies d’ifs taillés, au détour d’un massif, se tiennent quelques statues choisies avec soin pour le lieu, des vases et urnes apportant une touche du passé. Une très belle promenade le long des deux douves subsistantes, emmènent le visiteur vers les lacs et pour qui en a l’envie, la promenade se poursuit bien au-delà dans les bois.

Sissinghurst est partagés en "garden rooms" dont les deux plus importantes, et plus célèbres, sont le "White Garden" et le "Rose Garden", mais que le visiteur ne restreigne surtout pas sa curiosité car toute la propriété vaut non seulement le détour, mais permet aussi d’y passer de nombreuses heures non seulement à se balader mais aussi à s’asseoir et rêver.

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Vita Sackville West lisant son poème "The Land".

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09 avril 2008

George Bernard Shaw - Shaw's Corner

Biographie de George Bernard Shaw.

George_Bernard_Shaw"L'alcool est un anesthésique qui permet de supporter l'opération de la vie".

George Bernard Shaw (né le 26 juillet 1856 à Dublin et décédé le 2 novembre 1950 à Ayot Saint Lawrence) fut un critique musical et dramatique irlandais, essayiste, scénariste, et auteur célèbre de pièces de théâtre. Un Irlandais acerbe et provocateur, pacifiste et anticonformiste, il obtint le prix Nobel de littérature en 1925.

Né à Dublin dans une famille protestante le 26 juillet 1856, George Bernard Shaw acquiert une culture littéraire et musicale étendue. À l'âge de vingt ans, il rejoint à Londres sa mère, séparée de son père alcoolique, et s'intéresse à l'économie politique et au socialisme. Il adopte un régime végétarien à l'âge de 25 ans sous l'influence de son ami Shelley.La lecture de Karl Marx est pour lui une véritable révélation. À côté de son activité de militant politique, il devient critique d'art et de musique, puis critique dramatique et écrit de nombreux essais.

Après avoir tenté en vain de publier cinq romans, George Bernard Shaw s'intéresse à partir de 1892 au théâtre pour lequel il écrit plus de cinquante pièces. Il développe alors un style où sa verve humoristique, mieux mise en valeur, va faire de lui  un maître incontesté du théâtre anglophone. Dans ses premières pièces, très engagées mais peu jouées, George Bernard Shaw s'attaque aux abus sociaux. La pièce "Le Héros et le Soldat", produite en 1894 aux États-Unis, marque le début de sa notoriété internationale.

Atteint de maladie et de surmenage, George Bernard Shaw réduit son activité politique à partir de 1898. Ses succès et son mariage, la même année, mettent fin à sa vie de bohème. Sans jamais cesser de s'intéresser à la politique et aux questions sociales, il se consacre désormais entièrement à ses œuvres, pièces à thèse, où il tourne en ridicule le conformisme social. Son talent et sa renommée sont récompensés par le prix Nobel de littérature en 1925. Resté toujours très actif tout au long de sa vie, il meurt des suites d'une chute à l'âge de 94 ans.

Le comique de ses pièces va de pair avec la rigueur logique des idées qu'il développe. Ses préfaces parfois volumineuses sont de véritables essais où il développe ses thèmes favoris (art, pacifisme, idées politiques, conceptions philosophiques et religieuses) et propose des solutions pour remédier aux maux qu'il dénonce dans ses pièces. Son œuvre est celle d'un révolutionnaire et d'un réformateur visant à détruire le capitalisme pour lui substituer un socialisme éclairé et plus élevé. "Pygmalion" (1912) et "Sainte Jeanne" (1923), œuvres de sa maturité, sont souvent considérées comme ses chefs-d'œuvre. Ayant voyagé en URSS, il en nie les travers et se fait un ardent promoteur de Staline.

Provocateur et anticonformiste, George Bernard Shaw dénonce le puritanisme étroit, la hiérarchie religieuse et l'hypocrisie des conventions de la religion ("Disciple du diable", 1896 et "Le Vrai Blanco Posnet", 1909). Dans "Androclès et le lion" (1912), il étudie les motivations religieuses et spirituelles de l'homme. S'inspirant des enseignements de Charles Darwin, il fonde sa philosophie sur l'évolution, force encore mystérieuse, qu'il appelle "Force de la vie", puissance imparfaite qui cherche à atteindre la perfection (préface de "En remontant à Mathusalem", 1920). Il s'oppose avec vigueur à la personnification de toute divinité.
Sa correspondance inspira une pièce de théâtre que l'on nomma "Cher menteur" (Dear Liar).

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Shaw_s_CornerCette grande maison de briques rouges, isolée, construite en 1902 était à l'origine la nouvelle cure de la petite ville d'Ayot Saint Lawrence. L'Eglise d'Angleterre (Church of England) a par la suite décidé que cette maison était bien trop grande pour cette minuscule paroisse et l'a cédé en location à Charlotte et George Bernard Shaw en 1906. En 192O ils ont pu l'acquérir ainsi que les terres avoisinantes pour la somme de £6220.

Guère intéressés par les biens matériels, les Shaw n'ont que peu changé l'intérieur de la maison. La cuisine a été aménagée peu de temps après leur acquisition de la maison, les autres faits notables sont l'installation d'un générateur électrique afin que toute la maison puisse être alimentée, la construction d'un grand garage et d'une serre chauffée.

La maison avait été construite par des artisans locaux, plus grande que la moyenne des maisons de l'époque, elle avait été conçue pour être entretenue avec l'aide d'un nombreux personnel, avec une grande cuisine, un office, une reserve à charbon, une arrière cuisine, le tout formant un "domaine" séparé du reste de la maison par une porte donnant sur le hall d'entrée.

On trouve dans cette maison de nombreux effets personnels et de souvenirs littéraires évoquant la vie de Charlotte et George Bernard Shaw. Mari et femme faisaient chambre à part, la chambre de Charlotte a été transformée en musée. Dans la chambre de George Bernard Shaw on peut voir un portrait de Gandhi et la représentation d'un autel portatif, l'armoire et la commode contiennent toujours les habits de l'écrivain ainsi que des chaussures. Rien n'a changé depuis son départ, on peut toujours voir à la fenêtre la moustiquaire qui le protégeait des attaques nocturnes, il dormait toujours la fenêtre ouverte. Les nombreux volumes des oeuvres de Shakespeare ainsi que la Bible sont toujours dans la bibliothèque à côté de la fenêtre.

La grande baignoire était un luxe pour l'époque, L'écrivain y prenait un bain tous les jours, excepté pendant la deuxième guerre mondiale où ce bain était hebdomadaire, afin d'économiser l'eau. Charlotte quant à elle, continuait d'utiliser un nécessaire de toilette, rangé sous son lit, avec des brocs à eau chaude amenés tous les jours par sa domestique.

George Bernard Shaw est mort dans la salle à manger, ses cendres ont été mélangées à celle de Charlotte et répandues dans le jardin. Le calendrier indique le jour de sa mort. Une porte donne sur la terrasse ou il aimait recevoir ses amis. L'écrivain passait beaucoup de temps dans cette pièce, il restait attablé deux ou trois heures après le repas, regardant son abondante correspondance et décidant l'ordre dans lequel il allait répondre à toutes ces missives. Ses repas étaient composés de soupes, oeufs, lait, miel, fromage, crème et jus de citron. Le soir après le repas, il écoutait, toujours dans cette pièce, les concerts à la radio sur la BBC, toujours à l'affût d'une fausse note.

Le salon lui était vraiment la pièce de Charlotte, au dessus de la cheminée on peut voir son portrait réalisé par Sartorio à Rome en 1895.

La cuisine et l'arrière cuisine étaient plutôt le domaine des domestiques, les Shaw n'y seraient pas souvent allés. On y trouve un puits, qui, lorsque la maison fut électrifiée, reçut un moteur qui pompait l'eau dans les réservoirs situés sur les toits. Madame Higgs, la cuisinière, préparait donc dans cette pièce les repas végétariens de l'écrivain.

George Bernard Shaw avait adopté ce mode de vie en 1881, inspiré par son ami Shelley, mais aussi le manque d'argent, peu disposé à être une tombe vivante pour des animaux assassinés, il pensait aussi ainsi favoriser l'économie mondiale.

C'est dans le bureau que l'écrivain travaillait, on y trouve un ensemble complet des oeuvres de William Morris, des photographies de ses amis, et une collection d'outils montrant l'intérêt que l'écrivain portait aux gadgets.

Dans le hall d'entrée on peut admirer une collection des célèbres chapeaux de l'écrivain, il utilisait parait il, des chapeaux de laine de feutre l'été et des chapeaux de paille l'hiver. Il y a là aussi, un piano sur lequel il aimait jouer et chanter de vieux opéras italiens, son épouse Charlotte aimait l'écouter lorsqu'elle se tenait dans sa chambre à l'étage.

Le jardin était principalement un lieu de relaxation et de promenade, avec un endroit particulier pour la coupe de bois. Charlotte et George Bernard avaient l'habitude d'y faire une promenade d'environ un mile, en cercle, et à chaque passage ils déposaient une petite pierre dans ce qui est devenu un énorme tas de pierres. En 1920 l'écrivain a agrandi ce jardin en rachetant d'autres terrains, le portant ainsi à 3,5 acres. Tout au fond de ce jardin se trouve "la hutte d'écriture" construite sur roulettes pour pouvoir être déplacée et ainsi profiter de la vue ou pour en améliorer la luminosité intérieure. Ces huttes étaient à la mode au début du XXème siècle. Au fil du temps, la hutte de l'écrivain a été raccordée au système électrique de la maison, une ligne téléphonique entre la hutte et la maison a même été installée. C'est là que bon nombre de ses œuvres ont été écrites. Quand il travaillait dans cet endroit et qu'un visiteur intempestif venait le solliciter à la maison, les domestiques pouvaient répondre sans mentir : "Monsieur est dehors" ce qui avait pour effet de faire partir les inopportuns. Une fois cependant il a été interrompu par son amie Nancy Astor en ces termes : "Sortez de là vieil imbécile, vous avez écrit assez de non sens sans votre vie". Il emportait avec lui toujours un réveil pour lui rappeler le moment du déjeuner, jusqu'à sa mort il s'y est rendu chaque jour pour y travailler.

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08 avril 2008

Edward Bulwer Lytton - Knebworth House

Biographie d'Edward Bulwer Lytton.

bulwer_lytton"Le dialogue véritable consiste à s'appuyer sur l'idée de son interlocuteur, non à la démolir".

Edward Bulwer-Lytton naît le 25 mai 1803 à Londres, au 31 Baker Street. Il est le troisième fils d’Elysabeth Barbara Lytton et du general Wiliam Earle Bulwer. L’année suivante, ce dernier obtient le commandement militaire de la région du Lancashire, dont il prépare la défense en prévision d’une éventuelle invasion par les troupes françaises. Après avoir été élevé à la pairie, Lord Bulwer décède le 7 juillet 1807. Son fils Edward entre en 1812 à la Hooker’s school de Rottingdean, avant d’être confié aux bons soins du révérend Charles Waddington, à Ealing, en 1819. Cette éducation classique lui permet d’entrer au prestigieux Trinity College de Cambridge en 1822.

Initié très tôt par sa mère à la littérature, l’enfant est considéré comme un génie précoce au sein de sa famille. Pendant son adolescence, il rédige des poèmes aux accents byroniens, suivant la mode du temps. "Ismael", an oriental Tale, with others Poems" est d’ailleurs publié en 1820. Ce premier volume, qui lui vaut les éloges de Walter Scott, est suivi trois années plus tard par "Delmour, a Tale of a Sylphid, and other Poems". Au mois de juillet 1825, Bulwer-Lytton obtient également le prix du Chancelier pour son recueil intitulé "Sculptures". Ce dernier est cependant sévèrement critiqué dans les colonnes du très influent Fraser’s Magazine.

Le jeune homme a une liaison avec Lady Caroline Lamb, mais c’est avec une amie de celle-ci, Rosina Doyle Wheeler, qu’il se marie le 30 août 1827 à l’église St James de Londres. Cette union cependant s’est faite sans l’assentiment de la mère d’Edward Bulwer-Lytton, qui refuse l’idée d’une belle-fille de confession catholique. Elle supprime d’ailleurs la pension jusque là versée à son fils. Pendant les deux années qui suivent, celui-ci vit en compagnie de son épouse à Woodcot House, près de Pangbourne. A partir de 1829, le jeune couple s’installe ensuite au 36, Herford Street, à Londres. Un fils naît le 8 novembre 1831, qui est prénommé Robert.

Au cours de ces années, Bulwer-Lytton s’essaie à la prose avec "Rupert de Lindsay" en 1825, puis "Falkland" en 1827. Il rédige également un roman historique, "Devereux", publié au mois de juin 1829 et dont l’intrigue se déroule au temps de la reine Anne. Avec "Paul Clifford", qui lui a été inspiré par un fait divers, l’écrivain milite pour la réforme du système judiciaire anglais au mois d’août 1830. L’année suivante, alors que le New Monthly Magazine s’attache sa plume, celui qui se donne des allures de dandy entre en politique, étant élu au Parlement grâce au soutien du parti Whig.

Poursuivant son travail d’écriture, Bulwer Lytton publie en 1832 "Eugene Aram". Une controverse naît à propos de ce dernier roman psychologique, dont le personnage principal est un meurtrier. Il s’occupe également à quelques travaux d’érudition. Une "Histoire de l’Angleterre" paraît en 1833, suivi par "Athens, Its Rise and Fall" en 1837. L’écrivain voue en effet une grande passion a ces deux périodes de l’histoire : le Moyen Age et ses mystères suivant la mode romantique, ainsi que l’Antiquité gréco-romaine à laquelle le prédispose son éducation classique. En 1834 d’ailleurs, c’est la ville ensevelie de Pompéi, dont les fouilles se poursuivent, qu’il fait revivre dans "The Last Days of Pompeii".

Comme ses œuvres précédentes, celle-ci connaît le succès. Mais cette réussite littéraire ne permet tout de même pas à Edward Bulwer-Lytton de vivre de son art et de sa production. S’il s’intéresse au passé, lui, qui siège au Parlement, ne s’investit pas moins dans les querelles et les controverses de son temps. En 1838, peu après l’avènement de la reine Victoria, sont ainsi adoptées par les représentants des Communes les dernières modalités de l’abolition de l’esclavage et de la traite dans les colonies britanniques. Ceci clôt un long débat dans lequel l’écrivain s’était beaucoup impliqué. En 1841 cependant, s’achève son deuxième mandat.

Bulwer Lytton s’est séparé de son épouse en 1836, ce qui lui permet de revenir au château familial de Knebworth. A la mort de sa mère, il devient baron. Au cours de ces dernières années, l’écrivain s’est essayé avec succès à la comédie dramatique, grâce notamment au soutien dispensé par William Charles Macready, le directeur du Covent Garden. "The Lady of Lyons" triomphe ainsi sur la scène du théâtre, à partir du 15 février 1838. C’est ensuite "Richelieu", une pièce en cinq actes, que le public anglais acclame le 7 mars 1839. Au mois d’octobre suivant, au théâtre d’Haymarket, est également présenté "The Sea Captain, or The Bvirthright".

Cette dernière œuvre lui vaut les moqueries de William Thackeray dans The Yellow Plush Papers. Aussi l’écrivain prolixe revient alors au roman avec "Night and Morning" en 1841, "Zanoni" l’année suivante ou "Lucretia, the Children of the Night" en 1846. En 1848, "Harold" conte l’histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands. Le très réputé Blackwood’s Edinburgh Magazine publie également certains de ces textes en feuilletons : "The Caxtons, a family picture" à partir du mois d’avril 1848 ou "My Novel by Pisistratus Caxton, or Variety in English life" du mois de septembre 1850 au mois de janvier 1853.

Après avoir rejoint les rangs du parti conservateur, Edward Buwer-Lytton est réélu au Parlement à Hertfordshire en 1852, un mandat qu’il conservera jusqu’en 1866. L’année suivante, il publie une autobiographie en quatre volumes, sous le titre de "My Novel". Entre 1858 et 1859, sous le gouvernement de Lord Derby, aux cotés de Benjamin Disraeli, Bulwer-Lytton se voit confier le poste de Secrétariat aux colonies. A ce titre, il nomme New Caledonia, le nouveau territoire situé dans l’Océan Pacifique et rattaché à la couronne, où viennent d’être découverts des gisements aurifères. Sous son mandat, le 19 novembre 1858, est également aboli le privilège de l'E.I.C., la Compagnie des Indes britanniques.

Au moment où il achève son mandat, Edward Bulwer-Lytton, tout comme son père au début du siècle, est élevé à la pairie. Il fait alors son entrée à la Chambre des Lords. Devenu l’ami du romancier Charles Dickens, il publie dans le journal de celui-ci, All the Year around, son nouveau roman d’épouvante, "A Strange Story". Le 15 janvier 1870, l’écrivain est admis dans l’ordre de St Michael et St Georges. Insigne honneur pour un anglais. Lord Buwer-Lytton rédige encore "Caxtoniana" en 1863, "The lost Tales of Miletus" en 1866. En 1871, "The Coming Race" (La Race futuriste) est un roman d’anticipation, un genre, le seul peut être, auquel il ne s’était pas encore essayé. La santé de l’écrivain décline à cette époque, ce qui l’oblige à prendre chaque année les eaux à Spa, sur le continent.



Lord Buwer-Lytton décède le 18 janvier 1873 à Torquay, dans sa soixante-dixième année.


Knebworth House sa demeure.

Knebworth_HouseKnebworth House est située dans le Hertfordshire en Angleterre. Cette demeure appartient aux Lytton depuis plus de 500 ans. Robert Lytton a combattu aux côtés de Henry Tudor à la bataille de Bosworth en 1485, et quand celui-ci devint Henri VII, il resta un de ses fidèles compagnons. Les bonnes grâces du Roi lui permirent d'acheter Knebworth House en 1490.

De nos jours, Knebworth House est connue dans le monde entier grâce à son festival de rock qui a lieu chaque année en été et où les plus grandes vedettes viennent chanter, mais peu connaissent sa véritable histoire.

Ce chateau est unique. A l'origine un manoir de briques rouges de style Tudor, qui a été transformé en 1843 en la demeure gothique que nous pouvons admirer aujourd'hui, avec ses tourelles, ses griffons et ses gargouilles. A l'intérieur, on y retrouve l'atmosphère de son origine médiévale.

L'extérieur romantique de la demeure ne prépare guère le visiteur à la découverte de l'intérieur, en effet cette façade du 19ème siècle ne laisse pas présager la découverte de  500 ans d'histoire britannique. Chaque génération de Lytton a laissé une trace de son époque, un salon Edwardien que suit un bureau victorien, une chambre à coucher géorgienne que précède un hall jacobéen...

La disposition actuelle des jardins date des époques victorienne et edwardienne, avec quelques rajouts et améliorations plus récentes. A leur apogée victorienne, ces jardins étaient réputés par leur disposition à l'italienne. En 1911, Edwin Lutyens, architecte edwardien, a simplifié la partie centrale. Depuis 1980, un vaste programme de réhabilitation a été mis en ouvre afin de retrouver la splendeur d'antan et le plaisir de parcourir en flânant ces magnifiques jardins. Enfin, dans le parc de 250 acres, plus de mille cerfs vivent en liberté.

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Site officiel de Knebworth House.

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04 mars 2008

Oscar Wilde - Londres

Biographie d'Oscar Wilde.

Oscar_Wilde"Le monde est un théâtre, mais la pièce est mal distribuée"

Oscar Wilde nait à Dublin le 16 octobre. Il est le deuxième fils de William Wilde médecin et chirurgien de réputation internationale et de Jane Francesa Elgee. Son père est passionné d'archéologie et l'auteur d'un ouvrage sur Jonathan Swift. Sa mère a une très grande culture. Elle est un poète engagé, qui dans les années 1840, a soutenu la cause irlandaise face à l'Angleterre. Elle a publié ses premiers poèmes sous le pseudonyme de Speranza.

Oscar Wilde est élève à la Portora Royal School, à Enniskillen, jusqu'en 1871, il y apprend le français, le latin et le grec et se montre très brillant dans ces deux dernières matières.

En 1867, Isola, sa sœur cadette meut à 10 ans. Oscar Wilde est profondément affecté par cette mort.

En 1871, Oscar Wilde poursuit ses études au Trinity College, à Dublin. Il fait preuve d'une forte personnalité et se distingue des autres étudiants par l'extravagance des ses vêtements et de ses opinions.

En 1874, Oscar Wilde obtient une bourse pour Magdalen College, l'un des collèges les plus côtés de l'Université d'Oxford. Il y restera jusqu'en 1878. Il est un élève brillant, réputé à la fois pour ses tenues de dandy et son insolence. Il a les cheveux longs, porte des cravates lavallière et orne les boutonnières de ses costumes d'un œillet, d'un lis ou d'un chrysanthème. Il côtoie à Londres les milieux culturels et aristocratiques.

En 1876, son père meurt.

En 1877, Oscar Wilde voyage en Grèce. Il a comme professeur John Ruskin, l'un des porte-parole du mouvement "esthète", une "école" qui estime que l'art ne doit être que recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale. Oscar Wilde est très réceptif à ce discours qui correspond parfaitement à ses propres aspirations.

En 1878, Oscar Wilde publie ses premiers poèmes dans des revues irlandaises et anglaises. L'un de ces poèmes, Ravenna, obtient le Newdigate Prize. Oscar Wilde dont le snobisme et l'anticonformisme s'accentuent ne va pas tarder à devenir l'une des figures emblématiques de ce mouvement.

En 1880, Oscar Wilde s'installe à Chelsea, il écrit sa première pièce de théâtre "Vera".

En 1881, Oscar Wilde publie "Poems". Ce premier recueil de poèmes est accueilli avec enthousiasme : Les jeunes dandys l'admirent, la respectable société victorienne, est elle, un peu plus réservée. "Vera", la pièce qu'il a écrite l'année précédente, sera retirée de l'affiche à la veille de la première. A la fin de l'année, Oscar Wilde part aux Etats-Unis pour une série de conférences sur l'esthétisme. A son arrivée, il dit: " ne rien avoir à déclarer en dehors de son génie". Cette tournée d'un an le mène de la Côte Est ( Boston, New-York) jusqu'à la Californie. Il fait connaître aux américains le renouveau anglais de cette fin du dix-neuvième siècle.

En 1883, de retour en Europe, il se rend à Paris, où il rencontre les principaux écrivains français de l'époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, Hugo (qui selon la légende s'endort durant cet entretien). Il fait également la connaissance de l'actrice Sarah Bernhardt.

Il donne une série de conférences en Angleterre et en Irlande sur le thème de la "maison magnifique". Lors d'une conférence à Dublin, il rencontre une jeune admiratrice, Constance Lloyd, qu'il épousera l'année suivante.

Il écrit une poème, "Le sphinx", et une pièce de théâtre : "La Duchesse de Padoue". "Véra", sa première pièce est enfin montée à New York, mais sans grand succès.

En 1884, Oscar Wilde épouse Constance Lloyd et le couple s'installe à Chelsea dans la "maison de beauté", une demeure magnifiquement décorée, qui deviendra le lieu de rendez vous de toute la société artistique londonienne. Oscar Wilde et Constance Lloyd auront deux fils : Cyril (1885) et Vyvyan (1886).

En 1886, Oscar Wilde écrit son premier essai, "La vérité des masques sur Shakespeare". Cet essai est publié en revue.

En 1887, il devient le rédacteur en chef du magazine The Woman's World. Il y restera jusqu'en 1889. Il y montre ses talents de pamphlétaire et son art du paradoxe. Il s'emploie également à défendre la cause féministe.

En 1889, il publie deux essais : "Le déclin du mensonge" et "Pen, Pencil and Poison".

En 1890, il publie une première version de ce qui sera son unique roman : "Le portrait de Dorian Gray". Ce roman sera publié dans sa version définitive en 1891. Publication également de deux nouveaux essais : "Le critique comme artiste" et "L'âme de l'homme sous le socialisme". 

En 1891, publication de deux recueils de nouvelles, "Lord Arthur Savile's crime and Other Stories" (Le crime de Lord Arthur Savile et autres contes) et "A House of Pomegranates" (Une maison de grenades).

Publication dans sa version définitive de son unique roman, "Le Portrait de Dorian Gray". Dans sa préface, Oscar Wilde développe sa théorie artistique : "Dire d'un livre qu'il est moral ou immoral n'a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit - c'est tout." Ce roman lui vaut une très grande notoriété, mais le public anglais, choqué, lui reproche l'immoralité de certains personnages.

Il rencontre Lord Alfred Douglas avec qui il va avoir une relation passionnée. le Marquis de Queensberry, père d'Alfred Douglas menace publiquement Oscar Wilde. Malgré les conseils de ses amis, Oscar Wilde intentera un procès au Marquis; démarche périlleuse dans un pays où l'homosexualité est punie par la loi.

Oscar Wilde effectue un voyage à Paris et rencontre Mallarmé.

En 1892, Oscar Wilde écrit des comédies, critiques ironiques de la société traditionnelle anglaise. Ces pièces renouvellent radicalement le théâtre anglais.

"Salomé", tragédie qu'Oscar Wilde, dont la première représentation était programmée, est interdite. Oscar Wilde publiera cette pièce en Français l'année suivante.

En 1895, rebondissement dans le procès entre Oscar Wilde et le Marquis de Queensberry, père d'Alfred Douglas, son amant. Cette fois c'est le Marquis de Queensberry qui porte l'affaire devant les tribunaux, accusant Wilde de pervertir son fils . Oscar Wilde est condamné pour délit d'homosexualité à 2 ans de travaux forcés le 27 mai 1895. Il purgera cette peine à la prison de Reading, au sud de l'Angleterre, geôle à l'ambiance très répressive.

Oscar Wilde y écrit "la ballade de la geôle de Reading", témoignage émouvant de sa douleur de prisonnier . cette ballade sera publiée en 1898.

En 1897, en prison, Oscar Wilde écrit une longue lettre à Lord Alfred Douglas, qui plus tard sera publiée sous le titre "De Profundis". A l'expiration de sa peine, le 19 mai 1897, oscar Wilde s'exile en France, à Berneval, près de Dieppe et prend le nom de Sebastian Melmoth. C'est un homme brisé et ruiné. Puis il rejoint Lord Alfred Douglas en Italie.

En 1898, sa femme Constance Wilde meurt. Oscar Wilde s'installe à Paris. Publication de "La ballade de la geôle de Reading".

En 1899, son frère Willie Wilde meurt.

En 1900, après un voyage à Rome et à Naples au printemps Oscar Wilde succombe à une méningite cérébrale le 30 novembre à l'hôtel d'Alsace à Paris. Il est enterré au Père-Lachaise.

En 1905, "De Profundis", le testament de Wilde, à l'origine une lettre écrite en prison à Lord Alfred Douglas à qui l'auteur reprochait son silence, sera publié cinq ans après sa mort dans une version abrégée et dans sa totalité quarante-quatre ans plus tard.

En 1900, ce sont les anonymes, les bonnes gens de la rue des Beaux-Arts, qui suivent le cercueil d’Oscar Wilde jusqu’au Père-Lachaise. Nul écrivain dans le cortège, aucun de ses anciens amis qui appréciaient l’homme et encensaient l’artiste. Cinq ans plus tôt, refusant de fuir en France, comme ses amis le lui demandent, Oscar Wilde affronte la justice de son pays. Un second procès le voit condamné à deux ans de travaux forcés pour corruption de mineurs. Depuis la prison de Reading, ses amis tentent d’alerter l’opinion publique : Wilde est malade,ne mange plus, ne dort plus, ses conditions de détention sont terribles. Stuart Merrill, poète anarchiste installé à Paris et qui connaît Wilde depuis 1890, a l’idée de récolter les signatures des grands noms de la littérature française et de faire parvenir cette pétition à la reine Victoria. La revue Plume coordonne la campagne de soutien à l’auteur du Portrait de Dorian Gray. Émile Zola, Alphonse Daudet, les frères Goncourt, Heredia sont sollicités parmi tant d’autres. Bien peu signeront, chacun y allant de ses bonnes raisons pour ne pas venir en aide à Oscar Wilde. Seuls quelques écrivains isolés, Octave Mirbeau, le plus connu, Henry Bauër, Paul Adam, Hugues Rebell apporteront leur soutien. Octave Mirbeau, l’auteur du Journal d’une femme de chambre, termine ainsi l’article consacré à la défense de Wilde : "Il n’y a que de la pourriture et du fumier, il n’y a que de l’impureté à l’origine de toute vie. Étalée, dans le chemin, sous le soleil, la charogne se gonfle de vie splendide ; les fientes, dans l’herbage desséché, recèlent des réalisations futures, merveilleuses. C’est dans l’infection du pus et le venin du sang corrompu qu’éclosent les formes par qui notre rêve chante et s’enchante. Ne nous demandons pas d’où elles viennent et pourquoi la fleur est si belle qui plonge ses racines dans l’abject purin". Faute de signatures prestigieuses la pétition ne parviendra jamais à Londres.

Les Goncourt la ressentent comme une intimidation certaine, Jules Renard fait du mauvais esprit – "Je veux bien signer la pétition pour Oscar Wilde, à condition qu’il prenne l’engagement d’honneur de ne plus jamais… écrire". Gide est gêné, quand, quelques années plus tard, il croise l’écrivain dans la misère. Quant à Jean Lorrain, il traite par le mépris celui qui a eu le courage d’affronter la justice de son pays. Si l’expression "silence des intellectuels" naît avec l’affaire Dreyfus, elle aurait tout autant convenu pour l’affaire Wilde. Notre histoire commence par une lâcheté.

Article de Tetu.

The Beautiful House sa maison à Londres.

250654599_0f174e7803Le 29 mai 1884, Constance Lloyd, une jeune femme belle, intelligente, sensible, maîtrisant plusieurs langues européennes et dotée d’un sens aigu de la justice, épouse Oscar Wilde. Ils s’aiment, partagent la même passion pour la littérature et se découvrent un point de vue commun sur l’art et la beauté. Ils s’installent dans la "maison merveilleuse" à la décoration subtile, lumineuse et raffinée qui tranche avec la mode victorienne en vigueur.

Cette maison est le point d'ancrage de sa vie d'adulte, située dans Tite Street cette "House Beautiful" est décorée par l'architecte à la mode Edward Godwin dans le plus pur style esthétique, mâtiné d'influences whitleriennes et japonisantes, située dans Chelsea, quartier de Londres à la fois chic et bohème. Au 16 Tite Street, s'élève la demeure cossue d'un homme rangé en apparence, bien établi dans la société, le mariage et la paternité, la maison prospère, gracieuse et raffinée qui couronne la réussite d'un artiste dont la renommée et la fortune ne cessent de croître. Tite Street est indissociable du bonheur familial de Wilde, de ses fulgurants succès. Quand le malheur le frappera en même temps que la ruine, il en sera chassé comme Adam de l'Eden après la chute.

L'origine du mouvement esthétique était une réaction au poids et à l'image du style victorien, et contre les marchandises produites en série. Ce mouvement a favorisé la notion de l'art dans l'interêt de l'art, il reposait fortement sur des traditions Moyen Orientales et Orientales, plus particulièrement japonaises.  L'enthousiasme pour la simplicité de la conception orientale s'est exprimé avec un déferlement de porcelaines bleues et blanches de 1870 à 1880 et par la conception géométrique des meubles de Godwin.

L'intérieur esthétique était éclectique, reposant sur différentes cultures et périodes, l'architecture "Queen Ann", les mosaîques mauresques, les draperies de la Renaissance. La "House Beautiful", reflet de cet art nouveau,  comportait des cheminées aux manteaux décorés avec rafinement, de magnifiques collections de procelaines. Les couleurs principalement utilisées étaient le vert olive, le bleu paon et l'or. Les plumes de paon, les tournesols et les lys étaient utilisé à foisin pour les décors des papiers peints, textiles et décors en terracotta, mosaïques et verreries.

Dans la maison de Wilde, la peinture blanche à haute brilance était partout, ce qui contrastait fortement avec les intérieurs victoriens de l'époque plutôt sombres. Seule la bibliothèque, où Wilde écrivait, était de style mauresque et de couleur bleu foncé et or.

Ce courant esthétique s'est propagé rapidement en Angleterre, grâce notamment à la notoriété de Wilde et à sa publicité dans la presse populaire, ainsi que grâce aux catalogues richement illustrés des fournisseurs de meubles, la classe moyenne aisée s'est ruée sur ce courant. Parmi les fournisseurs les plus influents se trouvaient Morris and Co, dont les papiers peints et les textiles ont été particulièrement utilisés dans ces intérieurs artistiques.

A l'heure actuelle, l'intérieur de la "House Beautiful" de Wilde n'existe malheureusement plus. Tout a été dispersé et vendu aux enchères lors de son emprisonnement.

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Site officiel Oscar Wilde.

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21 février 2008

John Keats - Londres

Biographie de John Keats.

keats"La seule façon de renforcer notre intelligence est de n'avoir d'idées arrêtées sur rien,  de laisser l'esprit accuillir toutes les pensées".

John Keats, poète britannique né le 31 octobre 1795 à Finsbury Pavement, près de Londres, mort le 24 février 1821 à Rome des suites de la tuberculose, est considéré comme un des meilleurs représentants du romantisme au Royaume-Uni.

Issu d'un milieu modeste, son père meurt alors qu'il a huit ans, laissant sa mère avec quatre enfants à charge. Celle-ci se remarie la même année, mais le mariage ne dure pas. Elle déménage pour Edmonton et, lorsqu'elle contracte la tuberculose, confie ses enfants à leur grand-mère, qui elle-même en laisse la garde à un couple qu'elle paie pour leur éducation.
A l'école, John Keats est déjà un grand lecteur. Pourtant, il commence un apprentissage d'apothicaire en 1811. Sa mère est morte l'année précédente. En 1814, il retourne à Londres et étudie au Guy's Hospital. Cette même année, il écrit son premier poème. Il obtient son diplôme d'apothicaire en 1815 et exerce un temps, avant de se consacrer entièrement à l'écriture. Il rencontre alors très rapidement des artistes renommés de son temps tels que Leigh Hunt, Percy B. Shelley ou bien Benjamin Robert Haydon. Leigh Hunt l'aida d'ailleurs à publier son premier poème, "Lines in Imitation of Spencer", dans un magazine en mai 1816.

En 1817, il fait publier un premier recueil, intitulé "Poems", qui ne parvient pas à toucher le public. Délaissé par son frère George, parti s'installer aux Amériques, il tente d'aider son frère Tom à sortir du piège de l'alcool. Ce dernier finit cependant par mourir en 1818. C'est durant cette période que Keats travaille à sa première grande œuvre, "Endymion", qui parait en 1818. Il s'agit d'un poème narratif étalé sur quatre ouvrages et inspiré par la mythologie grecque : Endymion fut endormi par Séléné (la Lune) indéfiniment pour préserver sa beauté. Il reçoit un accueil critique très négatif.Malgré cela, il est entouré et soutenu par les grands romantiques anglais, avec au premier rang d'entre eux Shelley et Lord Byron.
C'est également durant cette période qu'il ressent les premiers signes de sa maladie.

En 1820, il fait publier "Hyperion" (Hypérion fait partie de la famille des Titans dans la Grèce Antique). La même année paraissent différentes ballades et odes, telles que "Lamia", "Isabella", "Ode To A Nightingale", "Ode On A Grecian Urn", "Ode To Psyche". Ces publications lui apportent enfin la reconnaissance. Trop pauvre pour épouser la femme qu'il aime et sérieusement diminué par la tuberculose, ses poèmes se teintent de tristesse. A la fin de l'été, les médecins lui conseillent d'éviter l'hiver anglais et de partir pour l'Italie. Déclinant l'invitation de Shelley de le rejoindre à Pise, il voyage accompagné de son dernier ami, Joseph Severn. Après avoir séjourné à Naples, il s'installe à Rome, où il rend son dernier soupir. Il fait inscrire comme épitaphe  "Here lies one whose name was writ in water" (Ici repose celui dont le nom était écrit dans l'eau). Il était fiancé à Fanny Brawne, restée au pays.

Malgré la brièveté de sa vie et de son oeuvre,John Keats est considéré comme un des plus grands poètes du romantisme anglais, dont l'écriture comme la vie incarnent toutes les dimensions. Il est une grande influence pour les artistes qui lui ont succédé, la génération des préraphaélites, et son univers, entre beauté et mort, constitue la trame de fond des cycles Endymion et Hyperion écrits par Dan Simmons, auteur de science fiction.

Sa maison à Londres.

Cette maison est un monument dédié au bonheur, on y trouve une collection importante de manuscrits, de livres annotés, de lettres et d'autres souvenirs de la vie du poète, son lit, sa bague de fiançailles que Fanny continua à porter jusqu'à sa mort. Un lieu pour les Romantiques impénitents.

KeatsHouseLoin des bruits de la ville,  le quartier d'Hampstead Heath est un lieu de prédilection pour la pêche, les maquettes de bateaux, le cerf-volant et l'équitation et, en été, la baignade dans trois des nombreux étangs de la lande. La popularité de Hampstead a commencé au dix-huitième siècle quand les nobles venaient "prendre les eaux" des sources locales. Hampstead est l'un des quartiers historiques de Londres les mieux préservés.

La maison de Hampstead fut construite en 1815. Keats n'y vint que l'année suivante pour rendre visite à Leigh Hunt, poète et journaliste ultra libéral, qui lui présenta ses amis et voisins Dilke et Brown.

A la mi-avril 1817, Keats décidait de les rejoindre avec ses deux frères, George et Tom. Hélas, l'année suivante George émigrait en Amérique et Tom mourait de tuberculose miné par l'alcool, en décembre.

Deux ans plus tard, Dilke prenait pour locataire une jeune veuve, du nom de Brawne, dont la fille aînée, Fanny, était âgée de dix-huit ans. Elles partageaient le jardin de Keats qui, en mai écrivit l'"Ode to a nightingale". Charles Armitage Brown a relaté les cisconstances : "Au printemps de 1819, un rossignol avait fait son nid près de ma maison. Son chant donnait à Keats une joie tranquille et continuelle. Un matin il porta sa chaise de la table du petit déjeuner sous un prunier de la pelouse, où il resta assis une heure ou deux. Quand il revint à la maison, je vis qu'il tenait à la main quelques bouts de papier et qu'il les fourrait doucement derrière des livres". C'était "l'Ode au rossignol".

Nous n'avons, en France, aucune bonne traduction des Romantiques anglais et Keats est peut être le plus mal traduit d'entre eux, le plus dificile aussi.

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Tout sur John Keats.

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14 février 2008

Lord Byron - Newstead Abbey

Biographie de Lord Byron.

byron"Et après tout, qu'est ce qu'un mensonge ? La vérité sous le masque".

Né à Londres en 1788, George Gordon a passé son enfance à Aberdeen, en Écosse. Une légère infirmité au talon, le marque toute sa vie. En 1798, il hérite du titre de Lord Byron et d'une fortune. Il poursuit des études de Lettres à Londres, puis à Cambridge d'où il sort diplômé en 1808. En 1809, il entre à la Chambre des Lords où il siège sur les bancs de l'opposition. La même année, il part voyager à travers le Portugal, l'Espagne, l'Albanie, la Turquie puis la Grèce. Il est de retour à Londres en 1811. Il se marie en 1814, mais soupçonné d'inceste avec sa demi-sœur, il se sépare de sa femme en 1816. Le Scandale est tel qu'il quitte l'Angleterre pour traverser l'Allemagne et la Suisse où il s'installe quelque temps et rencontre le couple Shelley. Il séjourne ensuite à Venise, puis à Rome. Il y fait plusieurs conquêtes féminines. En 1820, il est enrôlé par les carbonnari et séjourne à Ravenne. En 1822, il perd sa fille Allegra et Shelley. Très atteint, il se réfugie dans l'écriture. En 1823, il prend la tête d'un comité anglais de libération de la Grèce. En 1824, Byron est à Missolonghi à l'appel du prince Mavrocordato, président de la première assemblée nationale grecque. Il y meurt d'une fièvre à l'âge de 36 ans, le 19 avril de la même année. La Grèce insurgée lui fait des funérailles nationales.

Lord Byron est l'un des plus grands poètes de l'Angleterre et, à un moment donné, il éclipsa la gloire de tous, même celle de Walter Scott, Wordsworth, Southey, Moore et Campbell. On l'a quelquefois comparé à Burns, tous deux, le pair et le paysan, écrivirent d'après leurs impressions et leurs sentiments personnels, se montrant tout entiers dans leurs œuvres, esclaves de passions impérieuses, livrés également au doute et à la mélancolie, ils moururent prématurément, après une vie d'extraordinaire activité physique et intellectuelle. Ils furent l'un et l'autre des apôtres de cette école négative et stérile de misanthropie, de doute et de désespérance, qui fit tant de ridicules adeptes et de niaises victimes. Les écrits de Byron c'est lui-même, et de lui l'on peut dire : le poète et l'homme ne font qu'un. Il a beaucoup haï les Anglais, c'est peut-être pourquoi il fut si populaire en France. 

Byron accepte ses frères humains tels qu'ils sont. C'est tout ensemble un seigneur et le plus libéral des maîtres, des amis. Fondamentalement solitaire, il cueille les fruits et les fleurs de la vie avec ferveur, ne hait que l'hypocrisie et la tyrannie, fuit la sottise. C'est un whig, réformateur modéré, qui se montre révolté, dans un discours à la Chambre des lords, par le drame du machinisme générateur de chômage et de détresse. Devenu riche, il secourt généreusement les infortunes. Doué d'un talent satirique redoutable, il dénonce vertement les abus du pouvoir et l'inertie des peuples. Élevé en Écosse, il devient lui-même en découvrant la Grèce.

Célèbre en Angleterre, bien que son anticonformisme irrite certains lecteurs, il est adoré en France, où son influence est majeure. Influence qui se propage dans l'Europe entière. Il est traduit dans toutes les langues, au Japon, en Chine. La Byron Society compte aujourd'hui vingt-cinq pays membres.

Newstead Abbey sa maison.

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En mai 1798, George Gordon hérita de la fortune et de la pairie de son grand-oncle lord William, cinquième baron Byron of Rochdale, ainsi que du domaine de Newstead-Abbey (au cœur de la forêt de Sherwood), donné à l'un de ses ancêtres par Henri VIII.

Les pages de l'histoire de l'Abbaye de Newstead sont remplies de récits d'ascèse monastique, de Réforme abrupte et d'abandon littéraire. Lorsque Lord Byron a passé le seuil de la bâtisse dont il venait d'hériter, il l'a trouvée dans un état de délabrement avancé et a consacré beaucoup de temps et d'argent à sa restauration. Mais ce qui manquait à l'édifice en terme de luxe était compensé par un grand caractère qui devait avoir une influence significative sur la carrière littéraire de Byron. Cette maison a été le décor d'improbables fêtes au cours desquelles on prétend que Byron servait à ses amis du Bourgogne dans le crâne d'un moine, retrouvé dans le cimetière de cet ancien monastère. Newstead est également devenu une incroyable et riche ménagerie, car Byron insistait pour que son ours domestique se promène en liberté dans les jardins. Aujourd'hui, Newstead Abbey a retrouvé sa gloire passée et de nombreuses histoires restent à découvrir par les visiteurs de ces lieux.

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Newstead Abbey.

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13 février 2008

Agatha Christie - Greenway House

Biographie d'Agatha Christie.

"Ce n'est pas parce qu'un problème n'a pas été résolu qu'il est impossible à résoudre".

agatha_christieAgatha Mary Clarissa Miller naquit en 1890 à Torquay, au coeur de la Riviera anglaise. Autour d'elle règnait le confort. Dans son autobiographie, écrite septante ans plus tard, elle raconte longuement cette période idyllique passée entre sa nurse, ses poupées, son chien Toby et ses parents collectionneurs de porcelaine. Elle n'allait pas à l'école mais s'en était inventé une, peuplées d'amies fictives. La petite avait une imagination enfiévrée, nourrie des contes puisés dans la bibliotheque familiale. 

Très tôt, cette fille de rentiers élevée dans un cocon rassurant développa une fascination pou