12 juin 2011

Samuel Coleridge - Coleridge Cottage - Somerset

Biographie de Samuel Coleridge

 

2052"L'essence de l'humour est la sensibilité."

 

Samuel Taylor Coleridge est né à Ottery St Mary dans le Devon en Angleterre le 21 octobre 1772. Il est le plus jeune des treize enfants du pasteur John Coleridge, qui exerce également à Ottery Saint Mary la fonction de maître d'école. Le jeune Samuel est un enfant délicat, d'un caractère à la fois impulsif et renfermé. Petit dernier choyé par ses parents, il doit subir la jalousie de certains de ses frères. Suite à une dispute avec l'un d'eux, il s'enfuit de la maison, à l'âge de cinq ou six ans, et passe la nuit dehors. On le retrouve transi le lendemain. Il trouve également refuge à la bibliothèque locale, ce qui lui permet de découvrir très tôt sa passion pour la littérature.

Il fait ses premières études à l'école que dirige son père, mais il n'a pas encore dix ans que celui-ci décède, laissant sa famille dans une situation très précaire. Il est alors hébergé quelques semaines à Londres chez un oncle, puis est admis à Christ's Hospital, pension de bienfaisance de Londres, fondée au XVIe siècle, destinée spécialement aux orphelins, et connue pour sa discipline sévère et sa nourriture médiocre. Entouré de ces vieux murs et souffrant de la nostalgie de la maison maternelle, la vie lui serait insupportable sans quelques camarades sympathiques, tel Charles Lamb avec qui il se lie d'une fervente amitié. De plus il est rarement autorisé à rejoindre la maison familiale durant les vacances, les relations avec sa mère étant extrêmement difficiles, tandis qu'il idéalise son défunt père. Ce manque d'affection durant son enfance le marquera profondément à l'âge adulte.

En 1791, âgé de 18 ans, il obtient, venant de Christ's Hospital, une place gratuite à Jesus College, à l'université de Cambridge. Il y fait la connaissance de mouvements politiques et religieux radicaux, et commence à abuser de l'alcool et du laudanum pour calmer ses troubles psychiques. Toutefois, en 1792, il obtient une médaille d'or (Browne Gold Medal) en prix de la meilleure ode grecque. Mais malgré son intérêt pour l'antiquité en général, et la langue grecque en particulier, son tempérament enthousiaste l'entraîne vers d'autres voies. C'est la grande époque de la Révolution française, et il est conquis par la mystique révolutionnaire. Il n'est pas le seul, et les événements que connaît alors la France enflamment les cœurs de beaucoup de ces étudiants.

Cependant ses ressources sont modestes, et les dettes s'accumulent. Aussi un jour, par souci d'argent ou pour un problème de cœur, écoutant son démon familier, il s'enfuit brusquement de Cambridge, sans prévenir personne. Il se rend à Londres, et s'engage dans un régiment de dragons sous un nom d'emprunt : Silas Titus Comberbach. Un officier, s'étant aperçu par hasard que cette recrue avait une excellente connaissance du latin, le prend comme ordonnance, et l'amène régulièrement en ville avec lui. Au bout de quelque temps, il est reconnu, et ses amis et ses frères parviennent à le faire rayer de l'armée et accepter de nouveau à Cambridge, bien qu'il n'ait jusqu'alors obtenu aucun diplôme.

Dans le courant de 1794, il fait connaissance avec le poète Robert Southey, et sent s'éveiller en lui la vocation de poète. Les deux jeunes gens deviennent amis, et, en septembre 1794, décident d'écrire en collaboration un drame historique intitulé la Chute de Robespierre, qui restera inachevé. En 1795, il ouvre un cours public sur l'histoire de la Révolution française, dont il est toujours enthousiaste ; il a même un instant l'idée d'aller, avec Southey et un autre poète nommé Robert Lowell, établir chez les Illinois, en Amérique, une république égalitaire utopique, qu'il appelle pantisocratie ; ce projet avorte rapidement.

En 1795, Coleridge et Southey épousent chacun l'une des sœurs Emma et Sarah Fricker. Le mariage de Coleridge, décidé uniquement par les contraintes sociales, ne sera pas heureux. Peu à peu il se distanciera de sa femme, sans que cela n'aboutisse toutefois à un divorce formel, Sarah Fricker y étant fermement opposée. En 1796, Southey part pour le Portugal avec son oncle. Coleridge décide de rester en Grande-Bretagne, à Bristol. Il publie alors son premier recueil de poèmes "Poems on various subjects". Il se met aussi à écrire des "Adresses au peuple", discours qui font assez de bruit; puis il rédige le "Watchman" (la Sentinelle), recueil hebdomadaire qui cesse de paraître dès le 10ème numéro. Abandonnant alors la politique pour la poésie, il fait paraître sa tragédie "Osorio", composée sur les conseils de Sheridan, et rebaptisée plus tard "Le Remords".

La même année, il rencontre William Wordsworth, avec qui il se lie d'une amitié telle que, lorsqu'il s'installe à Nether Stowey, dans le comté de Somerset, Wordsworth et sa sœur Dorothy viennent habiter près de lui, à Axfolden. La compagnie de Wordsworth, les promenades quotidiennes et les longues conversations de deux amis sont pour Coleridge un stimulant précieux, et c'est sans doute la période la plus féconde de sa vie. En 1798, ils publient un recueil commun, "Lyrical Ballads" (Ballades lyriques), manifeste de la poésie romantique, qui contient la première version du célèbre poème "Rime of the Ancient mariner" (La Complainte du vieux marin). Vers cette époque, il se met à l'opium, toujours pour calmer la douleur de ses maladies et de ses troubles psychiques. C'est après un rêve dû à l'opium qu'il écrit le poème "Kubla Khan". C'est également durant ces années qu'il commence son grand poème médiéval, "Christabel", et rédige "Frost at Midnight" (Gel à minuit) et "The Nightingale" (Le rossignol).

Deux admirateurs, les frères Josiah et Thomas Wedgewood lui offrent une subvention de 150 livres par an, qu'il accepte et qui lui permet d'aller en Allemagne avec Wordsworth à l'automne 1798. Là, pendant 14 mois, il s'intéresse à la pensée de Kant, de Schlegel, de Lessing et de Schelling. Il puise dans les chants des Minnesänger et dans les légendes locales le sujet de nouvelles œuvres. Il apprend l'allemand en autodidacte, et traduit le poème "Wallenstein" de Schiller à son retour en Grande-Bretagne, en 1800. Il va s'installer alors à Greta Hall, dans le Pays des Lacs (Lake District of Cumberland), pour être près de Grasmere, où vit Wordsworth. C'est cette circonstance qui leur vaut, avec Southey, d'être appelés les Poètes des Lacs (the Lake Poets) ou les Lakistes. C'est aussi à cette époque qu'il rencontre Sara Hutchinson, sœur de la future femme de William Wordsworth, qui sera le grand amour de sa vie sans que cette passion se concrétise jamais, les sentiments de Sara Hutchinson à l'égard de Coleridge demeurant ambigus. Coleridge lui consacrera de nombreux poèmes, dont le plus célèbre est "Love".

Depuis son retour d'Allemagne, ses opinions ont changé de façon surprenante ; en politique, de jacobin, il est devenu royaliste ; en religion, de rationaliste, il est devenu un fervent croyant du mystère de la Trinité. Aussi, il combat avec violence la Révolution française qu'il avait d'abord exaltée. Pour vivre, il accepte la direction du Morning-Post, dans les colonnes duquel il soutient la politique du gouvernement. Il en est récompensé par le titre de poète de la Cour et par une riche pension. Il passe neuf mois à Malte en tant que secrétaire du gouverneur, sir Alexander Ball, puis il visite l'Italie avant de revenir à Londres et à Bristol reprendre le métier d'homme de lettres et de conférencier. Une conférence sur Shakespeare est particulièrement remarquée.

En 1816, alors que sa dépendance à l'opium a encore augmenté, il devient pensionnaire du médecin James Gillman, à Highgate dans la banlieue nord de Londres. C'est là qu'il achèvera sa grande œuvre de prose, "la Biographia Literaria", mi-biographie, mi-recueil de critique littéraire. Il y meurt en 1834.

 

Coleridge Cottage à Somerset.

 

 

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Coleridge Cottage est une maison située à Nether Stowey, Somerset en Angleterre. Elle a été construite au 17ème siècle et comprenait alors un salon, une cuisine et une salle de service au rez de chaussée, ainsi que trois chambres à l'étage.

En décembre 1796 le jeune Samuel Taylor Coleridge, son épouse Sarah et son fils David s'y installent pour trois ans.

C'est en ce lieu que le poète à écrit bon nombre de ses oeuvres dont "Fears in Solitude" (Craintes dans la solitude),  "This Lime Tree Bower My Prison", "The Nightingale" (le rossignol), "Frost at Midnight" (Gel à minuit), la première partie de  "Christabel" and "The Rime of the Ancient Mariner" (La complainte du vieux marin, ou le dit du vieux marin), avec de nombreuses références aux lieux alentours.

C'est également ici, qu'il a ébauché dans son sommeil suite à un abus d'opium, le poème qui deviendra "Kubla Khan".

En 1797, William Wordsworth et sa soeur Dorothy s'installent à Alfoxden à Stowey et passent le plus clair de leur temps chez Coleridge et son épouse. A la même époque, Charles Lamb est aussi un visiteur assidu.

Coleridge et Wordsworth étaient de fervents adeptes de sorties nocturnes, emportant avec eux des carnets et des tabourets pliants, ils parcouraient la campagne. C'est d'ailleurs à la suite d'une de ces sorties nocturnes, que Coleridge ébaucha ce qui allait devenir "The   Rime of the Ancient Mariner" (La complainte du vieux marin ).

Ce comportement plutôt excentrique, les accents nordiques des ces "étrangers" ainsi que le teint foncé de Dorothy Wordsworth contribuèrent à l'apparition d'une rumeur : ils étaient des espions français ! Le ministère de l'intérieur de l'époque dut envoyer des hommes sur place pour en vérifier le bien fondé, et ils ne purent que conclure qu'en fait le petit groupe n'était pas constitué de fanatiques, mais de poètes bien inoffensifs.

Au 19ème siècle la maison a subi d'importants remaniements, et seules quatre pièces ont conservé leur état d'origine.

Ayant été utilisée pendant de nombreuses années en tant qu'auberge sous le nom de "Moore's Coleridge Cottage Inn", la maison a été rachetéé par l'Etat en 1908 et l'année suivante inscrite au National Trust. En mai 1998, à la suite d'un appel de fonds de  £25,000, les "Amis de Coleridge" et le National Trust, ont pu restaurer deux pièces à l'étage et ainsi les proposer à la visite.

De nombreux souvenirs du poète sont exposés, son encrier massif, des mèches de ses cheveux ainsi qu'une correspondance bien fournie.

Des représentations du village du Devon où il est né, l'église où il s'est marié,la pièce où il est mort  sont également visibles, ainsi que des images de ses connaissances, notamment Dorothy et William Wordsworth.

Le petit jardin à l'arrière de la maison possède toujours le laurier planté par Coleridge mais le tilleul mentionné dans un de ses poèmes a depuis longtemps disparu. 

 

 

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15 mai 2011

Sigmund Freud - Londres

Biographie de Sigmund Freud.

 

freud"Les souvenirs oubliés ne sont pas perdus."

 Sigmund Freud naît le 6 mai 1856 à Freiberg, en Moravie. Il est le fils aîné de Jakob et d'Amalia Freud, sa seconde épouse. Alors qu'il n'est âgé que de trois ans, son père, négociant en laine, fait faillite. Après un séjour à Leipzig, les Freud s'installent à Vienne, en 1860, dans le quartier juif. Entré au lycée en 1865, Sigmund obtient son baccalauréat à l'âge de dix-sept ans. A cette occasion, il traduit "L'Œdipe-Roi" de Sophocle pour son examen de sortie. A l'Université, après une année passée à la faculté de philosophie – où Freud suit notamment les cours de Franz Brentano -, l'étudiant opte finalement pour la physiologie et la médecine. 

Après avoir fait son entrée à l'école médicale viennoise, en 1876, il rejoint le laboratoire de Ernst Wilhelm Brücke, se spécialisant dans l'anatomo-physiologie du système nerveux. Diplômé en 1881, il est interne à l'Hôpital général l'année suivante. Déprimé, Freud s'essaie à la cocaïne, une drogue dont il étudiera par la suite les effets, ses propriétés analgésiques. Ayant obtenu une bourse, Freud assiste aux leçons de Jean-Marie Charcot à l'hôpital parisien de la Salpetrière. Après avoir traduit en allemand ses "Leçons sur les maladies du système nerveux", il publie bientôt un ouvrage traitant de l'hystérie masculine et s'inspirant des discours du savant français. De retour à Vienne, le médecin autrichien ouvre son propre cabinet, y pratiquant l'électrothérapie, selon la mode du temps. Le 14 septembre 1886, il se marie à Martha Bernays. De leur union naîtront six enfants.

A cette époque, Sigmund Freud, élu membre de la société médicale de Vienne en 1887, commence à pratiquer l'hypnose, la méthode de la catharsis notamment. Au patient, le médecin, qui se consacre à présent entièrement au traitement des malades, demande de revenir aux circonstances qui étaient celles de l'apparition des premiers symptômes. Peu après la mort de son père, en 1896, Minna, la sœur de sa femme – avec laquelle il vit "désormais dans l'abstinence" - rejoint le domicile des Freud. Après des "Etudes sur l'aphasie" en 1891, l'analyste publie ses "Etudes sur l'hystérie" en 1895, avant de parler pour la première fois l'année suivante de "psycho-analyse" dans un article rédigé en français. Après avoir découvert l'Œdipe, en 1898, "La Sexualité dans l'étiologie des névroses", puis "L'interprétation des rêves" en 1899, précisent sa pensée.

Ainsi, selon le médecin viennois, les causes des maladies névrotiques "sont à trouver dans des facteurs issus de la vie sexuelle". Quant aux rêves, c'est la "voie royale de l'accès à l'inconscient". Nommé en 1902 professeur associé à l'université de Vienne, le médecin réunit le mercredi soir dans son appartement un petit cercle de ses proches – la Société du mercredi - , parmi lesquels figurent Otto Rank, Alfred Adler, Paul Federn, Carl Gustav Jung... En 1904, la publication en volume de sa "Psychopathologie de la vie quotidienne" popularise l'approche freudienne des phénomènes psychiques. Selon lui, en effet, le lapsus et l'inconscient sont intimement liés. Peu après "Trois essais sur la théorie de la sexualité" font de la psychanalyse une théorie globale du fonctionnement de l'appareil psychique.

Celle-ci est d'ailleurs discutée par les plus grands psychiatres, tandis qu'en 1908 est fondée la Société psychanalytique de Vienne et celle de Berlin. La même année, un Congrès international est réuni à Salzbourg. Freud étend ses investigations aux enfants ("Analyse d'une phobie d'un garçon de cinq ans" qui paraît 1909), analyse également un texte issu d'un patient qu'il ne connaît pas, avant de publier, de 1911 à 1915, cinq articles définissant le code de conduite de l'analyste. Ceux-ci contredisent ouvertement sa propre pratique. Le freudisme s'étend au continent américain. En 1909, Freud est en effet invité à effectuer un cycle de conférences à l'université Clarck, au Massachusetts, avant que ne soit fondée, deux années plus tard, la Société psychanalytique de New York.

C'est au moment où naît l'Association internationale de psychanalyse qu'apparaissent les premières dissensions au sein de la communauté d'initiés. Steckel, Adler, puis Jung lui-même, pourtant nommément désigné par Freud comme son successeur, sont expulsés du petit cercle des intimes du maître. Peu après la parution de "Totem et Tabou", qui contient la notion de "narcissisme", Freud n'a pas renoncé à populariser ses idées et rédige en 1916 ses "Leçons d'introduction à la psychanalyse". S'il s'intéresse à l'impact émotionnel de la guerre en cours sur les combattants, le docteur Freud lui-même, au cours de la première Guerre mondiale, ne verra aucun de ceux qui affluent pourtant dans les hôpitaux de Vienne. En 1921, avec "La Psychanalyse et les névroses de guerre", il affirmera que ces symptômes particuliers "sont de nature sexuelle".

Dans "Au-delà du principe de plaisir", publié l'année précédente, Freud expose sa découverte de ce qu'il désigne comme les pulsions de vie et de mort, "l'instinct de mort", mais aussi le Moi, le Ça et le Surmoi. Au mois d'avril 1923, apparaissent les premiers symptômes d'un cancer de la bouche qui l'atteint. A la suite d'une opération maladroite, il doit porter une prothèse de la mâchoire supérieure pour pouvoir parler, manger... Alors que le mouvement psychanalytique bénéficie à présent du soutien financier de Marie Bonaparte, une riche française, Freud et la psychanalyse obtiennent un succès de mode - s'allonger sur le divan du médecin à New York, lors de son séjour en 1925 est très en vue. Ce dernier reçoit un prestigieux prix littéraire en 1930, le prix Goethe, avant que Stephan Zweig ne dresse un portrait flatteur du psychanalyste avec "La Guérison par l'esprit" l'année suivante. 

Au mois de mai 1933, peu après l'accession d'Adolf Hitler et du parti nazi au pouvoir, les livres de Sigmund Freud, le médecin juif, sont brûlés à Berlin. La même année, il correspond avec Albert Einstein. Ensemble, les deux hommes se demandent "Pourquoi la guerre ?" A cette époque, Freud entend d'ailleurs donner davantage d'ampleur à sa pensée. En 1927, il dénonce, avec "L'avenir d'une illusion", l'assujettion des "masses paresseuses et inintelligentes" au fait religieux, la croyance en Dieu n'étant, selon lui, qu'une projection psychologique de la figure du père. Avec "Malaise d'une civilisation" en 1929, Freud met en avant la fonction de culpabilité et met en garde contre le progrès qui n'est pas forcément source de bonheur.

En 1938, un groupe de militants nazi pénètre dans la maison viennoise de Freud. Sa fille Anna est arrêtée, puis relâchée, par la Gestapo. L'année suivante, grâce à l'intervention du président américain Roosevelt, le fondateur de la psychanalyse obtient des autorités allemandes de pouvoir émigrer vers l'Angleterre. Au cours des ans cependant, sa maladie s'est aggravée. Alors qu'il est opéré de nouveau et à plusieurs reprises en 1936, celle-ci le fait à présent atrocement souffrir. A tel point qu'il demande à son médecin, Max Schur, d'abréger son calvaire. Ce dernier lui injecte alors deux centigrammes de morphine, une dose mortelle, qui le plonge dans le coma. La mort survient deux jours plus tard. Sigmund Freud décède à Londres, le 23 septembre 1939.

 

 

Sa maison à Londres

 

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La gloire touchera Freud en même temps que la peine avec la montée du nazisme en Allemagne: "C'est en 1929 que Thomas Mann, l'un des auteurs qui avait le plus vocation à être le porte-parole du peuple allemand, m'assigna une place dans l'histoire de l'Esprit moderne, en des phrases tout aussi riches de contenu que bienveillantes. Peu de temps après, ma fille Anna fut fêtée à l'Hôtel de ville de Francfort-sur-le Main, lorsqu'elle y apparut à ma place pour y recueillir le prix Gœthe qui m'avait été conféré en 1930. Ce fut le point culminant de ma vie sociale; peu de temps après, notre patrie s'était confinée dans l'étroitesse, et la nation ne voulait plus rien savoir de nous."

En 1933 à la prise du pouvoir par Hitler les livres de Freud sont brûlés à Berlin. En quelques années, la psychanalyse "juive" va disparaître d'Allemagne au profit d'une psychanalyse aryenne dont Jung deviendra (jusqu'en 1940) le représentant officiel.

"Le monde se transforme en une énorme prison. L'Allemagne est la pire de ses cellules. (...) Ils ont commencé avec le bolchevisme comme leur pire ennemi mortel, et ils termineront avec quelque chose qui ne s'en distinguera pas - sauf que le bolchevisme a après tout adapté des idéaux révolutionnaires alors que ceux de l'hitlérisme sont purement médiévaux et réactionnaires." (Lettre à Marie Bonaparte, 22 juin 1933).

En 1933, est publié simultanément en allemand, en anglais et en français par l’Institut International de Coopération Intellectuelle, l’une des nombreuses émanations de la Société des Nations, "Pourquoi la guerre ?" composé de deux longues lettres – l’une d’Albert Einstein et l’autre de Sigmund Freud.

En 1936, Freud célèbre ses noces d'or avec Martha. Son état de santé s'aggrave : un cancer manifeste est de nouveau décelé.

Le samedi 12 mars 1938, les troupes allemandes entrent en Autriche sans opposition. Freud note dans son journal : "Finis Austriae" - fin de l’Autriche, fin de la Vienne de Wittgenstein, de Karl Kraus, de Robert Musil, d’Adolf Loos, d’Arnold Schoenberg… Bientôt, ce sera la fin du monde. Freud ne voulait pas partir. Tandis que les nazis arpentaient les rues de Vienne, vieux et malade, il "travaillait une heure par jour à son Moïse,un livre dont il espérait qu’il s’intégrerait à ses vingt ans d’analyse de la forme abâtardie d’autorité que représentait Hitler".

Quelques jours plus tard, la maison de Freud est fouillée par les SA, Anna Freud, arrêtée par la Gestapo, est relâchée le soir même. Devant l'insistance de Jones et de Marie Bonaparte, Freud se décide à quitter Vienne pour s'installer à Londres.

 Grâce à de multiples interventions, en particulier celle de l'ambassadeur américain W.C. Bullitt et avec l’aide financière de sa patiente et amie Marie Bonaparte, Freud peut enfin quitter Vienne avec sa femme et sa fille. Deux de ses enfants et Minna Bernays l'ont déjà précédé à Londres où il reçoit un accueil enthousiaste. C’est le lundi 6 juin 1938, que Sigmund Freud arrive à la gare Victoria.

 Dès l'été, malgré son état de santé toujours plus précaire, Freud continue à traiter quelques patients, notamment Salvador Dali, sur recommandation de Stefan Zweig.

Puis installation définitive à Maresfield Gardens, sur les hauteurs de Hampstead, c'est là que se trouve de nos jours le Musée Freud.

En 1939, le cancer de Freud est devenu inopérable. Son dernier ouvrage "Moïse et le monothéisme" paraît en anglais.

 "Le lendemain, 21 septembre, tandis que j'étais à son chevet, Freud me prit la main et me dit : "Mon cher Schur, vous vous souvenez de notre première conversation. Vous m'avez promis alors de ne pas m'abandonner lorsque mon temps serait venu. Maintenant ce n'est plus qu'une torture et cela n'a plus de sens." Je lui fis signe que je n'avais pas oublié ma promesse. Soulagé, il soupira et, gardant ma main dans la sienne, il me dit : "Je vous remercie." Puis il ajouta après un moment d'hésitation "Parlez de cela à Anna." Il n'y avait dans tout cela pas la moindre trace de sentimentalisme ou de pitié envers lui-même, rien qu'une pleine conscience de la réalité. Selon le désir de Freud, je mis Anna au courant de notre conversation. Lorsque la souffrance redevint insupportable, je lui fis une injection sous-cutanée de deux centigrammes de morphine. Il se sentit bientôt soulagé et s'endormit d'un sommeil paisible. L'expression de souffrance avait disparu de son visage. Je répétais la dose environ douze heures plus tard. Il entra dans le coma et ne se réveilla plus. Il mourut le 23 septembre 1939, à trois heures du matin." (Schur).

 

C'est donc au 20 Maresfield Gardens que se trouve le Musée Freud de Londres, cette maison est restée familiale jusqu'au décès d'Anna en 1982. Le bureau de Freud est tel qu'il était de son vivant. On peut également y admirer une remarquable collection d'antiquités égyptiennes, grecques, romaines et orientales. Plus de 2000 objets remplissent la pièce dont plusieurs rangées sur son bureau, là où Freud écrivait tard dans la nuit jusqu'au petit matin bien souvent, et les murs sont tapissés d'étagères contenant les livres de Freud.

La maison est également emplie de la mémoire d'Anna, sa fille qui y  a vécu et travaillé 44 ans. C'est elle qui a souhaité que cette demeure devienne un Musée à la mémoire de son père.

 

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Appartements de Sigmund Freud 

 

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Appartements d'Anna Freud 

 

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2019

2020

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16 février 2011

Fenelon - Sainte-Mondane

Biographie de Fenelon

 

1406"L'ennui, qui dévore les autres hommes au milieu même des délices, est inconnu à ceux qui savent s'occuper par quelque lecture. Heureux ceux qui aiment lire".

 

Fénelon, né le 6 août 1651 au château de Fénelon à Sainte-Mondane, était issu d'une famille noble du Périgord, ancienne mais appauvrie. Plusieurs des ancêtres de Fénelon s'étaient occupés de politique, et sur plusieurs générations certains avaient servi comme évêques de Sarlat. Comme il était un cadet, le deuxième des quatorze enfants que son père, Pons de Salignac, comte de La Mothe-Fénelon, avait eu de deux mariages (dont trois enfants de son mariage avec Louise de La Cropte), il fut destiné de bonne heure à une carrière ecclésiastique.

Dans son enfance Fénelon reçut l'enseignement d'un tuteur au château de Fénelon, qui lui donna une solide connaissance du grec ancien et des classiques. En 1667, à l'âge de douze ans, on l'envoya à l'université de Cahors où il étudia la rhétorique et la philosophie. Quand le jeune homme exprima son attirance pour une carrière dans l'Église, son oncle, le marquis Antoine de Fénelon (un ami de Jean-Jacques Olier et de saint Vincent de Paul) l'envoya étudier au collège du Plessis, dont les étudiants en théologie recevaient le même enseignement que ceux de la Sorbonne. Il s'y lia avec Louis Antoine de Noailles, qui plus tard devint cardinal et archevêque de Paris. Fénelon montra un tel talent au collège du Plessis qu'il y prêcha avec succès dès l'âge de quinze ans.

Après avoir, à partir de 1672, étudié au séminaire Saint-Sulpice, également proche des jésuites et qu'il eut en tant que jeune prêtre attiré l’attention sur lui par de belles prédications, il fut nommé en 1678 par l'archevêque de Paris directeur de l’Institut des Nouvelles Catholiques, un internat parisien consacré à la rééducation de jeunes filles de bonne famille dont les parents, d’abord protestants, avaient été convertis au catholicisme.

Ses fonctions l'inspirèrent et dès 1681 il consigna son expérience pédagogique dans son Traité de l'éducation des filles (qui ne fut publié qu’en 1687). À la fin de 1685, après la révocation de l'Édit de Nantes de 1598, sur la recommandation de Bossuet, Louis XIV lui confia la direction d'une mission. Pendant ces années-là il faisait partie du cercle qui entourait Bossuet, le fougueux porte-parole de l’épiscopat français. En 1688 il fut présenté à Madame de Maintenon, épouse morganatique de Louis XIV. Celle-ci sympathisait à l’époque avec Madame Guyon, femme mystique et pieuse, et avec son quiétisme. Elle l’impressionna profondément quand ils firent connaissance .

Saint-Simon le décrit ainsi :
"Plus cocquet que toutes les femmes, mais en solide, et non a misères, sa passion étoit de plaire, et il avoit autant de soin de captiver les valets que les maîtres, et les plus petites gens que les personnages. Il avoit pour cela des talents faits exprès: une douceur, une insinuation, des grâces naturelles et qui couloient de source, un esprit facile, ingénieux, fleuri, agréable, dont il tenoit, pour ainsi dire, le robinet pour en verser la qualité et la quantité exactement convenable à chaque chose et à chaque personne; il se proportionnoit et se faisoit tout à tous. "

Dans l’été 1689, sur la proposition de Madame de Maintenon dont il était entre temps devenu le conseiller spirituel, il fut nommé précepteur du duc de Bourgogne, âgé de sept ans, petit-fils de Louis XIV et son éventuel héritier. Il sut enseigner à son élève toutes les vertus d'un chrétien et d'un prince, et lui inspira pour sa personne une affection qui ne se démentit jamais.

Il acquit ainsi une position influente à la cour et fut admis à l’Académie française (1693) comme les autres précepteurs princiers. Cependant, il fut écarté de l'éducation princière d'abord par un éloignement temporaire à l'archevêché de Cambrai (1695)avant d'être disgrâcié. Il fut alors nommé "le Cygne de Cambrai".

Pour son élève royal (qui cependant devait mourir en 1712 sans être devenu roi, pas plus que son père mort l’année précédente), Fénelon écrivit plusieurs œuvres amusantes et en même temps instructives : d'abord une suite de fables, les Aventures d'Astinoüs et les Dialogues des morts modernes, mais surtout, en 1694-1696, un roman éducatif d'aventures et de voyages Les Aventures de Télémaque, fils d'Ulysse.

Dans ce roman à la fois pseudo-historique et utopique, il conduit le jeune Télémaque, fils d’Ulysse, flanqué de son précepteur Mentor (manifestement le porte-parole de Fénelon) à travers différents États de l’Antiquité, qui la plupart du temps, par la faute des mauvais conseillers qui entourent les dirigeants, connaissent des problèmes semblables à ceux de la France des années 1690, plongée dans des guerres qui l’appauvrissent, problèmes qui cependant peuvent se résoudre (au moins dans le roman) grâce aux conseils de Mentor par le moyen d’une entente pacifique avec les voisins, de réformes économiques qui permettraient la croissance, et surtout de la promotion de l'agriculture et l’arrêt de la production d’objets de luxe.

Le plus grand adversaire de Fénelon à la cour fut Bossuet, qui l’avait d’abord soutenu. Déjà en 1694 il s’était opposé à lui dans l’affaire du quiétisme, querelle théologique, et en 1697 il avait essayé de le faire condamner par le Pape pour son Explication des maximes des saints sur la vie intérieure, où il prenait la défense de Madame Guyon (celle-ci avait fini par être presque considérée comme une ennemie publique, au point qu’elle avait été arrêtée en 1698).

Fénelon se soumit avec humilité et abjura publiquement ses erreurs. À partir de 1698 Télémaque commença à circuler à la cour sous forme de copies, et on y vit tout de suite une critique à peine voilée contre la manière autoritaire du gouvernement de Louis XIV, contre sa politique étrangère agressive et belliqueuse et contre sa politique économique mercantiliste, orientée vers l'exportation. Cet ouvrage, que Fénelon n'avait pas voulu rendre public, lui avait été soustrait par un domestique infidèle.

Au début de 1699, Fénelon perdit son poste de précepteur et quand, en avril, son Télémaque fut publié (d'abord anonymement et sans son autorisation), Louis XIV y vit une satire de son règne, arrêta l'impression et disgracia l'auteur : Fénelon fut banni de la cour.

Vers 1700, il habita alors quelque temps en Belgique dans une demeure, longtemps appelée "la Belle Maison", se trouvant aux limites des communes de Pâturages et d’Eugies, puis il se retira dans son archevêché de Cambrai où, cessant toute activité en théologie et en politique, il essaya de se conduire de façon exemplaire, conformément aux enseignements de son personnage de Mentor (qui, dans le roman, n’était autre que Minerve alias Athéna, déesse de la Sagesse qui s’était ainsi déguisée). Retiré dans son diocèse, Fénelon ne s'occupa que du bonheur de ses fidèles; il prit soin lui-même de l'instruction religieuse du peuple et des enfants, et se fit universellement chérir par sa bienfaisance.

Pendant le cruel hiver de 1709, il se dépouilla de tout pour nourrir l'armée française qui campait près de lui. La réputation de ses vertus attira à Cambrai nombre d'étrangers de distinction, entre autres Andrew Michael Ramsay qu'il convertit et qui ne le quitta plus. Il mourut en 1715 à l'âge de 64 ans.

Un chapitre des mémoires de Saint-Simon est consacré à sa mort, en des termes plutôt élogieux.

Dans la France des XVIIIe et XIXe siècles, Télémaque fut un des livres pour les jeunes les plus lus (Aragon et Sartre l'avaient lu dans leur jeunesse). On le considère parfois comme un précurseur de l'esprit des Lumières.

On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages, dont quelques-uns sont perdus, Louis XIV ayant fait brûler, à la mort du duc de Bourgogne, plusieurs de ses écrits qui se trouvaient dans les papiers du prince.

 

Sa demeure : le château de Sainte Mondane

 

 

1407Le château de Fénelon, situé sur les hauteurs de Sainte-Mondane d’où il surplombe toute la vallée de la Dordogne, allie élégance et puissance défensive et constitue assurément une étape obligée pour les amoureux de vieilles pierres et de meubles anciens ou tout simplement pour ceux qui cherchent un endroit apaisant.

 

Apaisant et paisible, le château de Fénelon l’est aujourd'hui, mais ça n’a pas toujours été le cas – la guerre de Cent Ans est passée par là : en 1360, conséquence du traité de Brétigny, les seigneurs de Fénelon, qui possédaient Sainte-Mondane et d’autres terres alentour depuis l’an mil, deviennent vassaux du roi d’Angleterre Edouard III. Peu de temps après, en 1375, les Français s’en emparent, mais il faut attendre 1445 pour que la seigneurie de Fénelon devienne la pleine propriété des Salignac. La Révolution transforme le château en métairie et on y élève des vers à soie. Ce n’est qu’au XIXe siècle que le calme revient lorsque les Maleville reprennent le château et le restaurent.

Cependant, ce qui distingue Fénelon des autres châteaux du Quercy ou du Périgord, ce n’est pas tant son histoire, commune à beaucoup, que son architecture originale. Tout d’abord signalons que l’endroit a été tôt fréquenté : en effet, le puits du château, d’une profondeur remarquable de 90 mètres, a été creusé dans le roc à l’époque mérovingienne (vers le VIIe siècle). Tout le château s’est ensuite bâti autour du puits de sorte qu’il occupe aujoud’hui la cour intérieure.


Le château lui-même est ceint de doubles remparts : une fois franchie la première muraille, garnie de larges créneaux et de meurtrières, l’assaillant se trouvait face à une deuxième enceinte qu’il devait entièrement contourner en s’exposant aux tirs ennemis (la porte d’accès est à l’opposé de celle du premier rempart). S’il parvenait à forcer le passage de la seconde enceinte, l’attaquant se trouvait au pied du château, plus découvert que jamais sur cette vaste esplanade, et devait à nouveau contourner les murs du château pour enfin se trouver face à l’escalier d’accès. On voit que la tâche n’était pas aisée.

Mais si le nom de Fénelon est célèbre aujourd’hui, c’est, plus encore qu’à cette double enceinte, grâce à la naissance de l’archevêque de Cambrai François de Salignac de la Mothe Fénelon ici-même en 1651, plus connu simplement sous son nom d’écrivain : Fénelon. La visite du château nous conduit donc à travers les appartements du grand homme ; toutefois seule sa chambre conserve ses meubles, chaque autre pièce illustrant la mode d’un siècle passé : antichambre aux boiseries d’époque Louis XIII et meublée Louis XIV (XVIIe siècle), chambre Louis XIV, salon Louis XV, une autre chambre Louis XVI (XVIIIe) et enfin une dernière au mobilier Empire avec pattes de lion et motifs égyptiens (début XIXe).

On verra aussi un cabinet de curiosités, petite pièce capharnaüm où s’entassent toutes sortes d’objets auxquels le propriétaire attribue des vertus légendaires : dent de géant, morceau du cheval de Troie, tapis de Pénélope, sabot de centaure, etc. Ces cabinets de curiosités ont connu une grande vogue aux XVIe et XVIIe siècles parmi les nobles et la bourgeoisie, et ce n’est qu’avec les Lumières que leur succès s’estompera.

Non moins curieuse est la chapelle, dont l’abside épouse une tour toute guerrière, et surtout dont la nef a été tronquée de manière à aménager une terrasse à l’étage supérieur : la beauté de la vue sur la vallée l’a emporté sur le souvenir du baptême de l’archevêque de Cambrai. Signalons encore la superbe salle d’armes (avec deux lourdes lances de joute, et moult couleuvrines, hallebardes et épées, dont une dont la garde seule pourrait servir de massue et une autre qui porte ciselée dans sa lame l’inscription fougueusement évangélique : "Soli deo gloria", c’est-à-dire "À dieu seul la gloire") ainsi que les magnifiques cuisines au superbe sol en pisé et à la belle cheminée en anse de panier, qui regorgent d’ustensiles traditionnels en étain et cuivre.

 

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31 janvier 2011

Blaise de Monluc - Château d'Estillac et Château de Monluc

Biographie de Blaise de Monluc

 

1408"Un homme en vaut cent, et cent n'en valent pas un."

 

Blaise de Montesquiou de Lasseran de Massecomme , seigneur de Monluc, dit Blaise de Monluc, né entre 1500 et 1502 à Saint-Puy, dans le Gers et mort le 26 juillet 1577 à Estillac. Principalement connu pour ses Commentaires, ce capitaine, fidèle serviteur de la monarchie, s'illustra pendant les guerres d'Italie et les guerres de religion. Après avoir servi successivement sous les rois François Ier de Valois, son fils Henri II, et les fils de ce dernier, François II, Charles IX et Henri III, il fut élevé à la dignité de maréchal de France par ce dernier.

Il était le fils aîné de François de Monluc, qui possédait plusieurs modestes seigneuries en Armagnac et en Agenais, et de Françoise de Mondenard, dame d'Estillac, où elle possédait un château. Il était l'aîné de cinq sœurs et de six frères. Le plus connu était Jean de Monluc, évêque de Valence. Joachim de Monluc, dit le Jeune Montluc, frère de Blaise, était seigneur de Lioux et de Longueville. Sa sœur, Anne de Lasseran-Massencôme, dame de l'Isle, a épousé François de Gélas, seigneur de Léberon et d'Ambres, et a eu deux fils, Antoine de Gélas de Léberon qui a participé aux combats de son oncle et Charles de Léberon qui a succédé à son oncle Jean de Monluc comme évêque de Valence et de Die.

Les Monluc étaient une branche cadette des Montesquiou, très vieille famille gasconne. Mais le père de Blaise était relativement désargenté et le jeune garçon eut une enfance toute campagnarde, sans guère de luxe et de confort. Accoutumé tôt aux exercices physiques, il ne reçut qu'une faible instruction, qui se borna aux rudiments, et plus tard il le regretta. Par relations, il fut admis comme page à la cour du duc Antoine de Lorraine, prince brillant qui combattit aux côtés de Louis XII contre les Vénitiens. Le duc, époux de Renée de Bourbon-Montpensier, tenait à Nancy une cour qui parut somptueuse à Blaise de Monluc, que l'on surnommait alors "Blaizot" ou "le page gascon". Il y acquit une certaine éducation, améliorant en outre sa connaissance de l'équitation et de l'escrime. Trop jeune pour suivre le duc de Lorraine en Italie en 1515, Blaise de Monluc dut rester à Nancy où il fut attaché au service de la duchesse. Hors de page à 14 ans, selon la coutume, il tint d'abord garnison à Nancy. Mais désireux d'entamer une véritable carrière militaire, il quitta la Lorraine, retourna à Saint-Puy visiter ses parents qui lui donnèrent quelques secours, et se rendit à Milan où Lautrec et Lescun venaient de réprimer une émeute. Il y trouva ses deux oncles maternels, qui le firent entrer comme archer dans la compagnie de Lescun. La reprise de la guerre entre François Ier, et Charles Quint, en 1521, inaugure le début de la carrière militaire de Monluc.

Comme tous les jeunes nobles de son temps désireux de se distinguer avec panache dans le métier des armes, il suivit avec intérêt les fameuses guerres d'Italie, que par un euphémisme coquet l'on nomme "Voyages en Italie" . Dès qu’il fut en âge de porter les armes, il partit guerroyer.

 


Le rude apprentissage qu'il subit lors de la désastreuse campagne de 1522, marquée par la défaite de La Bicoque, lui fut utile. Sa compagnie revenue en Gascogne, il fut fait enseigne d'une compagnie de gens de pied et manifesta des talents de tacticien qui lui valurent les compliments du maréchal de Lautrec lors d'une campagne (combats de Saint-Jean-de-Luz relatés dans ses Commentaires) contre les Espagnols, en 1523. Homme d'armes en 1525 à la bataille de Pavie, il fut fait prisonnier sur le champ de bataille, mais trop pauvre pour être rançonnable, il fut relâché. Dès 1527, il participa en Italie à une campagne de Lautrec au cours de laquelle il fut blessé à deux reprises. Il participa au siège de Naples en 1528, mais la peste décima les troupes, qui durent se retirer. La mort de Lautrec et la déroute de l'armée française obligèrent Monluc à rentrer en Gascogne. Plusieurs années passèrent pendant lesquelles il fut seulement gendarme dans la compagnie du roi de Navarre. En 1534, la création par François Ier de légions nationales lui permit de devenir lieutenant d'une compagnie languedocienne. En 1536, Monluc contribua à la mise en déroute de l'armée de Charles Quint, qui avait envahi la Provence et assiégeait Marseille. Il fit notamment détruire une partie des moulins de la région marseillaise que les impériaux avaient réquisitionnés pour s'approvisionner en farine. Charles Quint dut enfin se retirer piteusement de Provence, ses puissantes troupes ayant été décimées par les épidémies de dysenterie et la malnutrition (les Français avaient pratiqué la politique de la terre brûlée en détruisant les récoltes et en empoisonnant de nombreux points d'eau).

 

Recommandé à Anne de Montmorency l'année suivante, Monluc reçut le commandement d'une compagnie de la garde du dauphin, futur Henri II, puis rejoignit l'armée du roi en Italie. Après avoir alterné séjours à la cour et campagnes militaires en Artois, dans le Roussillon, en Dauphiné et en Piémont, Blaise de Monluc joua un rôle important dans la bataille victorieuse de Cérisoles, en 1544. Le comte d'Enghien, frère d'Antoine de Bourbon, qui commandait en chef, le fit chevalier sur le champ de bataille. L'année suivante, il participa au siège de Boulogne,où il fut nommé maître de camp, ainsi qu'à plusieurs opérations autour de Calais.

 

Entre chaque campagne, il revint en Gascogne panser quelques blessures reçues au cours des combats : il en reçues de fort sévères. D’un premier mariage en 1526 avec Antoinette Isalguier, sont nés quatre garçons et trois filles. Une deuxième union, en 1564, lui apporta trois filles dont l'une sera religieuse. Or, faveurs et disgrâces royales lui étaient souvent acquises, les unes en fonction de ses mérites, les autres en raison de son tempérament bouillant, de son propre aveu "fort colère", que tempère à l'occasion la diplomatie de son frère cadet Jean, évêque de Valence, esprit fin et brillant ayant choisi la daplomatie plutôt que la carrière des armes.

 

A la mort de François Ier, en 1547, Blaise de Monluc fut d'abord désavoué par Henri II pour avoir pris le parti de La Châtaigneraie lors du célèbre duel qui opposa ce dernier au baron de Jarnac. Mais dès 1548, il fut promu maître de camp et gouverneur de Moncalieri, en Piémont. Bon administrateur, il multiplia les faits d'armes avec le comte de Brissac, lieutenant général du roi en Piémont. Grièvement blessé lors de la prise de Chieri, en 1551, il défendit Bene, Ceva et Caselle l'année suivante. Devenu familier du duc François de Guise, il fut également fait gentilhomme de la chambre du roi en 1553, ce qui lui permit de se rapprocher d'Henri II. Quand les Espagnols assiégèrent Sienne, en janvier 1554, le roi y envoya aussitôt Monluc comme gouverneur. La défense de Sienne, qui dura de juillet 1554 à avril 1555, fut l'un des faits les plus glorieux de sa carrière, malgré l'échec final. Malade et sans secours, il tint longtemps tête aux Espagnols qui durent pour ce siège mobiliser de nombreuses troupes qui lui rendirent les honneurs à sa capitulation. A son retour, Blaise de Monluc fut accueilli en triomphe par Henri II qui le reçut dans l'Ordre de Saint-Michel. Vite retourné à la vie militaire, Monluc prit Volpiano aux Espagnols et défendit Rome en 1556. En 1556 et 1557, il eut pour mission de défendre la petite république de Montalcino, créée par une grande partie des Siennois qui avaient préféré s'exiler à Montalcino plutôt que de subir à Sienne le joug espagnol. Henri II le fit peu après colonel général des gens de pied. En cette qualité de chef de l'infanterie, il participa au siège de Thionville, en juin 1558, et poursuivit avec les Guise une campagne qu'interrompit la trêve de Cercamp le 17 octobre 1558. La conclusion des traités du Cateau-Cambrésis, qui sacrifiait l'Italie, et la mort accidentelle de Henri II en 1559 furent durement ressenties par Blaise de Monluc.

 

Dans la période qui suivit la mort de Henri II, Monluc eut en Gascogne une attitude attentiste. Il assista aux débuts de la propagation de la Réforme dans le Sud-Ouest et fut scandalisé par la désobéissance des huguenots au roi, désobéissance accompagnée de mots de mépris envers la monarchie et les catholiques. Les réformés cherchèrent d'abord à l'acheter. Mais devant l'intransigeance de Monluc, et redoutant que ses compétences de chef de guerre ne se retournent un jour contre eux, ils cherchèrent à l'assassiner.

 

Dès 1561, il prêta main-forte au lieutenant-général de Guyenne, Charles de Coucis, seigneur de Burie. Il fut chargé officiellement par la reine de lever des troupes pour renforcer les défenses en Guyenne, région particulièrement troublée. La campagne de 1562 fut la plus terrible de la vie de Monluc. De son propre aveu, il dut malgré lui "user non seulement de rigueur, mais de cruauté". Accompagné de deux bourreaux, il procéda à de nombreuses exécutions. Il ne se cachait pas de la terreur qu'il inspirait chez les huguenots, seul moyen selon lui de faire pression sur eux : "on pouvoit cognoistre par là où j'estois passé, car par les arbres, sur les chemins, on en trouvoit les enseignes. Un pendu estonnoit plus que cent tuez". De grands excès furent commis des deux côtés : Monluc rivalisait de violence avec le capitaine protestant Symphorien de Duras. Les villes et villages pris étaient généralement livrés au pillage de la soldatesque, moyen efficace et peu coûteux de motiver des troupes qui étaient chichement soldées. Destructions, pillages, viols et exécutions sommaires furent pratiqués dans les deux camps. Monluc défit Duras à Targon le 15 juillet, puis avec Burie à Vergt le 9 octobre 1562. Il ne fut pas récompensé pour son action, obtenant seulement de partager la lieutenance de Guyenne avec Burie.

En 1563, fut signée la paix d'Amboise dont les conditions mécontentèrent Monluc et de nombreux catholiques. Il participa à la formation des ligues de gentilshommes catholiques dans le sud-ouest, ce qui lui valut d'être désavoué par la reine, qui lui demanda de les dissoudre. En 1565, la mort de Burie lui permit de devenir seul lieutenant-général et de récupérer le titre de vice-amiral de Guyenne. Dès 1563, Blaise de Monluc avoua ne pouvoir appliquer la politique royale de conciliation et offrit sa démission à deux reprises,sans succès.

Blaise de Monluc entra à nouveau en guerre dès la fin de septembre 1567, averti des préparatifs d'un soulèvement protestant en Guyenne. Avec la même énergie que par le passé, il conserva de nombreuses villes au roi, ceci avec de faibles forces. Il reçut l'ordre de reprendre La Rochelle,qui lui paraissait peu exécutable, la monarchie n'ayant pas mis à sa disposition les fonds nécessaires pour lever suffisamment de troupes. Il prit cependant l'île de Ré en mars 1568, quelques jours avant la paix de Longjumeau, le 23 mars 1568.

Après une courte trêve, la troisième guerre de religion fut une lourde épreuve pour Monluc, qui ne put s'opposer à la marche d'une armée protestante menée par Montgomery venue du Dauphiné et de Provence au secours de La Rochelle et de l'Aunis. De violents dissentiments l'opposèrent à Henri Ier de Montmorency, comte de Damville, fils du connétable Anne de Montmorency et gouverneur du Languedoc, auquel il reprocha un manque de volonté à combattre les réformés, voire de mener double jeu. Monluc infligea néanmoins des échecs à Montgomery, qui venait de faire une dure campagne en Béarn et en Navarre. En septembre 1569, Monluc marcha sur Mont-de-Marsan, place protestante devant laquelle les catholiques avaient échoué à plusieurs reprises. Ayant réussi à s'emparer de la ville, il ordonna le massacre de la garnison pour venger la mort de nombreux catholiques qui avaient été exécutés lors de la prise de Navarrenx par les protestants. En juillet 1570, il eut le nez et les joues arrachés par un coup d'arquebuse alors qu'il montait à l'assaut lors de la prise de Rabastens-de-Bigorre. Cette terrible blessure, qui ne guérit jamais tout à fait, l'obligea à porter un masque de cuir jusqu'à sa mort, afin de cacher son visage mutilé, et mit un terme à ses exploits militaires.

La paix de Saint-Germain, signée le 8 août 1570, fut suivie pour Monluc de grands déboires. La monarchie s'engageait alors dans une politique de réconciliation avec les protestants. Le vieux capitaine, haï de tous les protestants, en fit les frais et Charles IX le sacrifia sur l'autel de la politique : la lieutenance de Guyenne lui fut retirée, sans doute sous l'influence des Montmorency, dont il s'était attiré l'inimitié, et une vérification de ses comptes fut engagée par ses ennemis. On l'accusait d'avoir pillé les caisses de l'État, prélevé sur les fonds destinés à la levée des troupes et à l'entretien de la guerre et de s'être approprié les biens de certains huguenots. Le duc d'Anjou, futur Henri III, qui avait, pendant la campagne de 1569, écouté ses avis avec référence et avait un peu de sympathie pour Monluc, intervint pour que le procès sur ses comptes se terminât de manière favorable pour lui. Dans sa retraite, Monluc avait commencé, avec l'aide de secrétaires, à rédiger ses Commentaires, qu'il dédia au duc d'Anjou, héritier du trône de France en cas de décès de son frère Charles IX. D'abord entreprise pour se défendre des accusations portées contre lui, la rédaction de ses mémoires devint ensuite pour Monluc une façon de conseiller les capitaines des générations futures et de justifier certaines de ses actions. S'il s'appuya avant tout sur sa mémoire légendaire pour relater sa carrière, Monluc consulta également les ouvrages historiques de son temps ainsi que les archives. Riches en détails concrets et en conseils pratiques, les Commentaires sont loués dès leur parution, le roi de Navarre et futur Henri IV n'hésitant pas à les qualifier de "Bréviaire du soldat". Appelé par le duc d'Anjou au début de 1573 pour le conseiller lors du siège de La Rochelle, il prit place dans son état-major.

En septembre 1574, Monluc se rendit à Lyon pour l'arrivée de Henri III qui, suite au décès de son frère Charles IX, venait juste d'abandonner son éphémère trône de Pologne pour monter sur celui de France. Le nouveau roi, qui appréciait Monluc, consacra la carrière de celui-ci en l'élevant à la dignité de maréchal de France. L'année suivante, Blaise de Monluc abandonna tout commandement militaire après avoir mené le siège de Gensac et tenté en vain pendant trois semaines de s'emparer du château de Madaillan (à une dizaine de kilomètres au nord d'Agen). Définitivement retiré, partageant désormais son existence entre son hôtel particulier d'Agen et le château d'Estillac, Monluc acheva la rédaction de ses Commentaires et mourut le 26 août 1577.

 

Sa demeure, le château d'Estillac

 

 

1409

Le château dont les éléments les plus anciens datent du XIIIe siècle siècle, appartint à Blaise de Monluc et à ses frères et sœur par héritage de ses oncles en 1544 et il a racheté progressivement leurs parts. De ses guerres en Italie il a rapporté la construction bastionnée. Il entreprend, probablement en 1570 (une lettre de Monluc datée de 1567 indique qu'il fait venir du bois pour construire son château, mais a dû commencer les travaux après la mort de sa première femme), de modifier le château pour le mettre en défense pendant les troubles des guerres de religion. Il a augmenté les défenses du château en ajoutant des bastions protégeant l'entrée. Il avait prévu de construire une chapelle dans le bastion pour y être enterré et il a fait construire un monument funéraire qui se trouve à l'extérieur du château.

Le château a un plan trapézoïdal très fermé donnant à la cour intérieure un plan presque triangulaire. Les travaux ont englobé les anciens bâtiments. Les ailes et les bastions sud et est reprennent un plan qui a été introduit par les ingénieurs militaires italiens et dont on peut voir la première mise en pratique en France à Navarrenx, que Fabricio Siciliano a fortifié pour Henri d'Albret. Les défenses de l'entrée comme les parties hautes du bastion ont dû être démolies en 1793.

Blaise Monluc s'y retira en 1575 pour écrire ses Commentaires mais il mourut en 1577 à Condom dont son fils était évêque ; il a été enterré dans la cathédrale. Sa famille a conservé le château jusqu'en 1753, date à laquelle il fut vendu à René-Louis de Montadouin. Lui-même céda le château à François-Louis de Brondeau d'Urtières, en 1787. Depuis le château est resté dans la même famille.

Ce château fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 5 mars 1958.

 

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Sa demeure natale : le château de Monluc

 

 

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L'endroit où se situe le château est fréquenté depuis l’époque néolithique. Plusieurs outils de pierre polie façonnés à cette époque ont été trouvés sous la terrasse qui sera plus tard la Haute cour du château fort.

Les Gaulois en ont fait un oppidum et le nom de Saint-Puy vient du latin summum podium (le point culminant). Le nom de leur tribu, les GARITES, donnera plus tard son nom au Comté qui aura sa capitale au Saint-Puy : le Comté de GAURE

Quant à la maison, c’est une des plus anciennes de la Gascogne puisqu’elle est citée dans l’Histoire des Gaules avant 929. Elle a depuis ce moment toujours été habitée.

Après les invasions barbares, au cours du règne des Mérovingiens puis des Carolingiens, un premier donjon en bois est construit, puis en pierre. Une ville va se former petit à petit autour du château fort et sur le flanc de la colline.

Saint-Puy (ou Sempuy) devient la capitale du comté de Gaure.

Avant 929, Saint Puy appartient au Duc de Gascogne. En 929 partage est fait entre ses 3 petits-fils : le 1er a le Comté d’Armagnac avec Lectoure, le 2ème a le Fezensac avec Vic-Fezensac et le 3ème, le Comte Frédelon a le Comté de Gaure avec Saint-Puy.

En 1272, sous le règne de Géraud de Casaubon, Comte de Gaure, le château et la ville sont assiégés, brûlés en partie par le Comte d’Armagnac (Lectoure), et ensuite restaurés sur l’ordre du Roi de France, Philippe le Hardi.

A cette époque il y a une garnison anglaise à Saint-Puy car du 12ème au 15éme siècle, nous sommes dans la mouvance du Roi d’Angleterre.

En 1425 le roi Charles VII (le roi de Jeanne d’Arc) donne le comté de Gaure à son cousin Charles d’Albret. Celui-ci, sans doute en 1470, offre le château avec quelques terres à son fidèle "Maistre d’Hostel" : Pierre de Lasseran-Massencome, Seigneur de Monluc, arrière grand-père de Blaise de Monluc.

Blaise de Monluc (1500-1577) grand guerrier sera nommé Maréchal de France. Chargé par le Roi de pacifier la Gascogne pendant les troubles religieux, il dictera ses mémoires qu’il appellera "Commentaires".

Au 17ème siècle, les fortifications de la ville et du château seront démantelés, certainement sur l’ordre de Louis XIV.

En 1720, les héritiers de Monluc vendent au Comte de Morlan, dont une petite fille, Gabrielle-Minette épousera Victor Lassus, un membre de la famille du propriétaire actuel, à la fin du 18ème siècle.

Le domaine ayant été vendu en 1900, René Lassus le rachète en 1961 pour y développer son domaine viticole.

 

 

les Romains qui développent la culture de la vigne et les communications, apportant du même coup la richesse à cette région qui allait devenir la GASCOGNE. Un peu plus tard, passent les Sarrazins qui amènent avec eux l'alambic.

 

Le décor est planté, les éléments sont en place pour permettre à l'esprit inventif des Gascons de s'exprimer pleinement.

Ajoutons que les Anglais, occupants repoussés du pays gascon au 14° siècle, voient d'un très mauvais oeil le commerce des marchands Hollandais avec leurs anciens domaines et vous avez la naissance de l'Armagnac. En effet, les bateaux Hollandais n'étaient autorisés à franchir l'étape de Bordeaux, toujours Anglais, et à remonter la Garonne pour venir charger les vins du Haut-Pays Gascon qu'à partir du printemps suivant la récolte. Il était alors déjà trop tard pour bon nombre des vins de cette époque, qui, plus ou moins bien stockés, n'avaient pas la patience d'attendre de longs mois et se trouvaient abîmés à l'arrivée des marchands Hollandais. Ceux-ci eurent alors l'idée de faire distiller une partie de ces vins pour incorporer l'alcool obtenu aux vins restants. Ce vinage avait pour effet de garantir une bonne conservation des vins.

Quelque vigneron distrait oublia-t-il un peu de cette eau-de-vie au fond d'un fût de chêne? Nul ne le sait avec certitude. Mais quoiqu'il en soit, à partir de cette époque on se mit, en Armagnac, à distiller du vin pour produire un alcool de bouche. C'était, au 15° siècle, une grande originalité, puisque jusqu'alors, l'alcool était réservé aux médecins, aux parfumeurs et aux alchimistes.

Les siècles passant, la renommée de l'Armagnac et des Gascons grandit peu à peu, tandis que les villages médiévaux comme Saint-Puy, perchés sur leurs collines à l'écart des routes et des rivières, commençaient à perdre de leur influence et s'endormaient. Cependant, le génie créatif des Gascons, bien vivant lui, fut transmis de génération en génération. Il n'est donc pas surprenant que les vignerons locaux et, parmi eux, l'arrière grand-père de René Lassus, aient toujours pensé à expédier leurs vins hors de leur région: ils ne faisaient que suivre en cela une tradition séculaire. Et les viticulteurs gascons qui, à la fin du siècle dernier, vendaient leurs vins en Champagne ne s'y étaient pas trompés: terroir et qualité des vins de nos côteaux se prêtent admirablement à l'élaboration de vins vifs, secs et de race. C'est ainsi que René Lassus, approfondissant tout naturellement la démarche de son aïeul, eut l'idée de champagniser les vins de son vignoble tout en continuant à en distiller une partie. Le Château de Saint-Puy est en Ténarèze, une des régions fortes de l'Armagnac et la distillation a toujours tenu une grande place dans l'activité de ses vignerons. La juxtaposition de l'esprit inventif des Gascons et de leur admirable eau-de-vie devait, on l'imagine, entraîner le foisonnement de recettes familiales dont certaines étaient tout à fait originales. L'idée du Cocktail POUSSE-RAPIERE ne vint pas autrement et René Lassus, améliorant la recette familiale, associa la liqueur d'Armagnac au Brut qu'il produisait en méthode traditionnelle champenoise pour créer le Cocktail POUSSE-RAPIERE que nous connaissons. Le succès, jamais démenti, de ce Cocktail tient au fait que les deux composants sont élaborés, dès l'origine, dans le souci de réaliser un mélange équilibré. Le vin et la liqueur sont faits l'un pour l'autre, à partir du même terroir, du même vignoble et leur mariage est le plus heureux, le plus harmonieux et le plus naturel qui soit.

 

 

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09 janvier 2011

John Milton - Chalfont St Giles

Biographie de John Milton

 

1434"Celui qui tue un homme tue un être raisonnable créé à la ressemblance de Dieu, mais celui qui détruit un bon livre anéantit la raison elle-même"

 

Le père de John Milton est un notaire puritain qui écrit des madrigaux pour la reine Elizabeth Ire. Il s’installe à Londres aux alentours de 1583, pour avoir caché son protestantisme car son propre père, Richard Milton, riche propriétaire du comté d’Oxford et dévot catholique, l’a déshérité. Vers 1600, le père du poète épouse Sara Jeffrey et John Milton naît le 9 décembre 1608 à Cheapside, Londres.

John Milton commence à écrire dès l’âge de dix ans. Puis, il débute ses études à l’école de St Paul's à Londres. À cette époque, Milton se destine au ministère du culte anglican et pour cela, il se montre très assidu dans ses études. Il est admis le 12 février 1625 au Christ’s College de Cambridge. Cette période à Cambridge, de 1625 à 1632, est plutôt tumultueuse. Il s'avère en profond désaccord avec son directeur d’étude William Chappel, peut-être pour avoir été fouetté par lui. Milton est temporairement révoqué durant un trimestre, de janvier à mars 1626. À son retour, le 19 avril 1626, il se voit attribuer un nouveau directeur d’études qu’il garde jusqu’à la fin de ses années d’université. Il obtient son diplôme "cum laude", c'est-à-dire avec les félicitations du jury, le 3 juillet 1632. Durant cette période, Milton écrit plusieurs poèmes en latin et des lettres en prose, et donne des cours d’hébreu au théologien américain Roger Williams en échange de cours de néerlandais.

Manifestement, les expériences de Milton à Cambridge n’ont pas été particulièrement fructueuses et ont contribué pour une bonne part à ses vues sur l’éducation. Après l’obtention de son diplôme, John Milton va vivre pendant six ans, de 1632 à 1638, dans la maison de ses parents à Hammersmith, puis à Horton dans une retraite studieuse. Il approfondit ses connaissances en grec et en latin, mais aussi en hébreu, en français, en espagnol, en italien et en vieil anglais, et dans des disciplines anciennes ou modernes comme la théologie, la philosophie, l’histoire, la politique, les lettres, la science, pour préparer sa future carrière de poète. Il acquiert ainsi une formidable érudition et rédige plusieurs œuvres importantes en prose comme en poésie. Il publie son premier poème en 1632. C’est durant cette période que Milton va progressivement abandonner son projet de prêtrise et que s'affirme sa vocation de poète.

Après la mort de sa mère en avril 1637, Milton envisage, comme il est alors d’usage chez les jeunes gens de bonne famille, de partir en voyage sur le continent, en France et en Italie, puis de retourner à Londres pour continuer ses études et donner des cours privés. Il embarque donc pour la France au début de l’année 1638, passe par Paris et Nice, puis arrive en Italie où il visite de nombreuses villes, Gènes, Pise, Florence, Sienne, Rome, Naples, Venise... Il rencontre nombre de personnalités célèbres et d'influence, dont le cardinal Francesco Barberini, mais aussi l’astronome Galilée dont la condamnation renforce l’attachement que Milton porte aux libertés religieuses de son pays. Milton, informé des prémices de la guerre civile qui gronde en Grande-Bretagne, se décide à rentrer en passant d’abord par Genève.

À son retour, Milton devient le professeur privé de ses neveux mais aussi de plusieurs enfants de la haute noblesse. Il écrit d’ailleurs un traité sur l’éducation en 1644. Parallèlement à cette activité, immergé dans la controverse religieuse, il rédige cinq pamphlets contre la hiérarchie de l’Église qui le font connaître et attirent sur lui l’ire des défenseurs du clergé.

En mai ou en juin 1642, John Milton se marie avec Mary Powell dont le père est débiteur de John Milton senior. La différence d’âge (16 et 33 ans), le caractère sévère et introverti de Milton, les opinions royalistes de la famille Powell sont autant de facteurs qui peuvent expliquer la fuite de Mary après seulement un mois de mariage. Celle-ci profite, en effet, d’une visite chez ses parents pour ne plus revenir au domicile conjugal. Milton va alors écrire The Doctrine and Discipline of Divorce (La doctrine et la discipline du divorce) où il défend la légalisation et la moralité du divorce, ce qui lui attire les foudres de nombre de ses contemporains (la loi anglaise sur le mariage, inchangée ou presque depuis le Moyen Âge catholique, n’acceptant le divorce que pour stérilité). Face à la virulence de ses détracteurs et contre la censure qui s’applique à ses pamphlets, il écrit Areopagitica : A speech of Mr John Milton for the liberty of unlicensed printing to the Parliament of England ( Aeropagitica : Discours de Mr John Milton au Parlement de l'Angleterre pour la liberté de libre publication) qui s’attaque à une loi autorisant la censure instituée un an plus tôt. Mary et John se réconcilient en 1645 et la famille Powell emménage tout entière chez le couple. Mary donne le jour à quatre enfants : Anne, Mary, John (mort à l'âge de 15 mois) et Deborah. Malgré leur première séparation, l'entente semble avoir règné dans la famille. Mary, cependant, décède prématurément à l'âge de 26 ans en 1652. C’est à cette époque aussi qu’apparaissent chez Milton les premiers signes d’une faiblesse oculaire due sans doute à un glaucome qui le rendra progressivement aveugle.

La victoire parlementaire et le procès du roi Charles Ier à la fin de l’année 1648 et au début de l’année 1649 donnent à Milton l’espoir de voir émerger une plus grande liberté. Il apporte son soutien à un régime parlementaire et argumente en défaveur du roi dans The Tenure of Kings and Magistrates (Le mandat des rois et des magistrats). Cette œuvre en prose ne prône pas ouvertement le régicide mais le soutient implicitement. Sa réputation politique et son érudition le font connaître du parlement qui le nomme, le 15 mars 1649, Secrétaire d’État aux langues étrangères. Il est chargé des relations épistolaires avec les puissances étrangères et du compte-rendu des communications relatives à ce ministère au parlement. Plus tard, il est également conduit à exercer des fonctions de censeur.

Son poste est important dans la mesure où la jeune République tient à se faire reconnaître diplomatiquement en Europe. Milton a aussi la charge de rédiger des ouvrages de propagande en faveur du régime. Le premier écrit sur commande est Eikonoklastes de 1649 qui répond à un ouvrage en faveur du roi, "Eikon Basilike", dont la popularité croissante inquiète le Conseil d’État. Une autre commande, Pro Populo Anglicano Defensio (Pour la défense du peuple anglais), écrite en 1651, est rédigée en réponse à l’ouvrage de Claude Saumaise publié par la famille royale en exil, Defensio regia pro carolo I. Ces ouvrages déclenchent de nombreuses réactions en Europe et les défenseurs de la Maison des Stuart n’hésitent pas à affirmer que la cécité qui touche Milton est une punition divine due à ses prises de position et à son mode de vie dissolu.

Sa cécité le contraint à progressivement diminuer son activité et l’importance de son poste s'en trouve réduite. Pour l'aider dans ses travaux, il bénéficie désormais d’assistants dont le jeune poète Andrew Marvell. John Milton reste en poste jusqu’à la fin de l’année 1659, après la mort d’Oliver Cromwell et la démission de son fils Richard. Face à la dégradation de la situation politique et à l’émergence d’une tendance au retour à la monarchie, il écrit plusieurs ouvrages pour défendre la cause de la liberté et dénoncer les dangers d’un État religieux.

À la Restauration, malgré l’autodafé que subissent ses livres, Milton n’est, dans un premier temps, pas inquiété. En octobre 1660, cependant, il est arrêté et emprisonné à la Tour de Londres où il reste jusqu’au 15 décembre. Ses amis, dont Andrew Marvell, alors membre du Parlement, interviennent pour obtenir sa libération.

Sa seconde femme, Katherine Woodcock, épousée en 1656, et leur fille meurent toutes deux au début de l’année 1658. Milton vit alors seul avec les trois filles de son premier mariage jusqu’en février 1663 où il se marie avec Elisabeth Minshull. En 1662, son notaire ayant fait faillite, il perd tous ses biens. Milton va vivre ses dernières années dans un certain dénuement, consacrant son temps à une retraite vouée à l’étude, à la dévotion et à la rédaction de ses œuvres les plus célèbres. Milton voit sa santé s'altérer mais reste intellectuellement actif. Il reçoit encore la visite de divers dignitaires étrangers, d’amis et de connaissances, mais ces rencontres s’espacent de plus en plus. Il se fait faire la lecture et dicte ses œuvres à ses assistants dont ses deux plus jeunes filles, Mary et Deborah.

Son chef d’œuvre, le poème épique Paradise Lost (Le Paradis perdu) est publié en 1667 mais ne rencontre pas immédiatement le succès ; il faut attendre 1688, une dizaine d’années après la mort de Milton, pour que le poème soit largement reconnu. Il publie également en 1670, son History of Britain (Histoire de la Grande-Bretagne) puis en 1671 Paradise Regained (Le Paradis retrouvé) et encore Samson Agonistes, toutes, des œuvres poétiques majeures. En 1674, paraît la seconde édition de Paradise Lost en douze livres. John Milton meurt le 8 novembre de cette même année.

À cause de sa cécité, Milton s'est astreint à mémoriser de vastes pans de ses œuvres pour en poursuivre l'agencement et aussi les réciter. C'est là une prouesse qu'il est possible de mesurer à l'aune de leur complexité.

Malgré l’étendue de l’érudition de Milton, certaines influences cruciales sur sa création poétique peuvent être décelées. La Bible en a constitué le premier matériau, en particulier la Genèse, le livre de Job, les psaumes, le Nouveau Testament, ce dernier pour les Sonnets. Des poètes comme Homère, Virgile ou Lucain, l’historien Salluste apparaissent aussi en filigrane dans ses vers. De plus, si la culture classique de Milton reste prépondérante, on retrouve chez lui des traces de ses contemporains, Edmund Spenser, Sir Philip Sidney, John Donne et William Shakespeare. Certains commentateurs ont émis l'idée qu’il cherchait à revivifier dans les conversations d’Adam et Ève les figures de style employées par des poètes chevaliers tels que John Wilmot, comte de Rochester et Sir John Suckling.

La carrière littéraire de Milton a éclipsé la poésie des XVIIIe siècle et XIXe siècles, si bien qu’on l’a souvent préféré à tous les grands poètes anglais, y compris Shakespeare. On peut citer l'épopée de Lucy Hutchinson sur la chute de l’humanité, Ordre et désordre, et l’opéra de John Dryden, L’état d’innocence et la chute de l’homme, comme exemples de son influence immédiate dans le champ culturel.

Le projet inégalé du Paradis perdu dresse le portrait de Dieu justifiant ses actes. Le poème dépeint aussi la création de l'univers, de la terre, et de l'humanité ; il exprime l'origine du péché, la mort et le Mal, imagine des évènements dans le royaume des cieux, le jardin d'Eden et l'histoire sainte d'Israël ; il aborde et discute les idées politiques de tyrannie, liberté et justice ; il défend les idées théologiques de Milton sur la prédestination, le libre arbitre et le salut.

L'influence de Milton sur le romantisme a été très profonde. John Keats, cependant, trouvait le joug de son style trop difficile à porter. Il ajoutait que le Paradis perdu était une belle et grandiose curiosité. Il s'est lui-même essayé au genre dans Hyperion, mais sans vraiment réussir à trouver un ton épique original. Plus tard dans le siècle, George Eliot et Thomas Hardy se sont eux aussi inspirés de l'exemple miltonien. En revanche, le siècle dernier, sensible aux critiques exprimées par T.S. Eliot et Ezra Pound, a vu temporairement régresser l'intérêt porté à Milton.

La carrière de Milton a eu un impact sur le monde moderne dans d'autres domaines, en particulier celui de la langue. Comme Rabelais ou les poètes de la Pléiade en France, Milton a forgé de nombreux mots : le Paradis perdu est truffé de néologismes comme dreary, pandæmonium, acclaim, rebuff, self-esteem, unaided, impassive, enslaved, jubilant, serried, solaced, satanic qui sont restés dans la langue anglaise. Enfin, les écrits républicains de Milton, en particulier l'Areopagitica, ont été consultés pendant l’élaboration de la Constitution des États-Unis d'Amérique.

En tout, John Milton a composé vingt-trois sonnets. Ce sont des moments d'exception, dans lesquels il exprime ses impressions et ses sentiments sur des événements précis, historiques ou personnels. Ainsi, le premier est consacré à chanter le rossignol (O Nightingale), comme l'ont fait la plupart des poètes anglais, William Shakespeare, John Keats, en particulier. Le VIIe commente son entrée dans l'âge adulte (On his Being Arrived at the age of 23). Le XIe et le XIIe dénoncent la critique de certaines de ses œuvres (On the Detraction Which Followed Upon My Writing Certain Treatises) . Neuf s'adressent à des personnalités ou des amis, dont deux à des femmes. Parmi eux, un, le XIVe, sert de mémorial (On the Religious Memory of Mrs. Catherine Thomson). Le XVIIIe concerne un massacre récent dans le Piémont (On the Late Massacre in Piemont). Le XXIIe est adressé à un ami, comme lui affligé de cécité (To Mr. Cyriack Skinner Upon His Blindness). Les plus personnels sont le XIXe (On His Blindness) et le XXIIIe consacré à la vision de sa femme décédée (Methought I Saw my late Espousèd Saint) , connu aussi sous le titre On His Deceased Wife. Un, le XVIe, s'adresse à Oliver Cromwell, chef de la révolution puritaine du Commonwealth.

John Milton fait partie des premiers partisans de la liberté de la presse dans le royaume britannique au XVIIe siècle, et il est aussi considéré comme un des précurseurs du libéralisme. Il a écrit un manifeste intitulé Pour la liberté d’imprimer sans autorisation ni censure (Areopagitica), où il exprime ses premières distances avec le gouvernement en vigueur.

 

On His Blindness


When I consider how my light is spent
Ere half my days, in this dark world and wide,
And that one talent which is death to hide,
Lodged with me useless, though my soul more bent

To serve therewith my Maker, and present
My true account, lest he, returning, chide:
Doth God exact day labour, light denied?
I fondly ask. But Patience, to prevent

That murmur, soon replies: God doth not need
Either man's work or his own gifts. Who best
Bear his mild yoke, they serve him best. His state

Is kingly; thousands at his bidding speed
And post o'er land and ocean without rest;
They also serve who only stand and wait.

 

 

Sur sa cécité


À mesurer que ma lumière s'est épuisée
Avant le midi de mes jours, dans l'obscurité du vaste monde,
Et que mon précieux talent, voué à la mort s'il demeure enfoui,
Est vainement niché en moi, alors que mon âme penche encore plus

À s'en servir pour mon créateur et lui présenter
Le compte qui est mien, de peur qu’il ne me tance à son retour :
Dieu exige-t-il le labeur quotidien, quand la lumière est refusée ?
Questionné-je sottement. Mais Patience, pour prévenir

Ma fâcheuse récrimination, aussitôt répond :  Dieu n’a nul besoin
De la tâche de l'homme ou de ses offrandes. Qui mieux
Supportent son aimable joug, mieux le servent. Son état

Est souverain ; des milliers sont-ils qui à son appel se lancent
Et se hâtent par la terre et les océans sans répit.
Ils le servent aussi qui debout savent attendre.

 

 

Milton's Cottage à Chalfont St Giles

 

1477

 

Milton's Cottage, demeure du poète et parlementaire Milton, est située à Chalfont st Giles dans le Buckinghamshire en Angleterre.

C'est en 1665 que Milton et sa troisième femme Elisabeth Minshull, ainsi que ses trois filles nées de son premier mariage, vont emménager dans ce cottage pour échapper à la Grande Peste de Londres (1665 - 1666).

Bien que la famille n'ait vécu que moins d'un an dans cette maison, elle est importante à double titre. En effet c'est la seule maison encore existante de nos jours où Milton a séjourné et c'est aussi ici que le poète a terminé son oeuvre la plus réputée Paradise Lost et les graines de Paradise Regained ont aussi été semées dans cette demeure. Thomas Eldwood, ami de la famille, aimait à appeler ce cottage "that pretty box in St. Giles" (la jolie petite boîte de St Giles).

De nos jours, le rez-de-chaussée de ce cottage est devenu un Musée dédié à Milton et à ses oeuvres. Les quatre pièces que comporte ce musée renferment la plus grande collection au monde concernant Milton avec entre autres de très nombreuses premières éditions datant du XVIIe siècle, de recueil de poésie et de prose.

La visite du Musée explique de façon très claire la remarquable carrière de ce génie aveugle, ses pensées et la nature divers de ses travaux nous montrent bien pourquoi il a eu un tel rayonnement.

Les jardins du cottage sont aussi ouverts au public, ils sont de pure tradition anglaise.

C'est la Reine Victoria qui en 1887, avait ouvert une liste de souscription pour l'achat de la maison. Depuis, c'est une tradition,  chaque membre de la famille royale vient visiter cette demeure.

 

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30 décembre 2010

Jules Verne - Nantes

Biographie de Jules Verne.

 

Jules_Verne"Il faut reconnaître que la nature est très artiste. La loi des contrastes, elle la pratique; en grand d'ailleurs, comme tout ce qu'elle fait".

 

Jules Verne naît en 1828 au sein d'une famille aisée de la bourgeoisie nantaise. Son père a fait quelques années auparavant l'acquisition d'une étude d'avoué, tandis que sa mère appartient au milieu des armateurs et des navigateurs. A partir de 1840 d'ailleurs, la famille Verne s'installe dans le quartier de l'île Feydeau, près des quais et du port. Cet environnement explique l'attirance précoce de l'enfant pour la mer, les horizons lointains et l'aventure. A 9 ans, après avoir acheté l'engagement d'un mousse, Jules Verne s'embarque sur un long-courrier en partance pour les Indes, la Coralie, avant d'être rattrapé à Paimbeuf. Inscrit en 1844 au Lycée de Nantes, il y fait sa rhétorique et sa philosophie, passant avec succès le baccalauréat. Il entame ensuite des études de droit, celles-ci devant lui permettre de prendre la succession de son père à laquelle il est destiné.

Parallèlement, l'adolescent passionné par les lettres s'essaie à la rédaction de quelques sonnets, de tragédies en vers, voire de pièces de théâtre. Ses pensées se tournent alors vers Paris. En avril 1847, il obtient de son père l'autorisation de se rendre dans la capitale afin de terminer son droit. L'étudiant obtient le grade de licencié en 1849. Il fréquente également les salons parisiens que lui ouvrent les relations familiales. Jules Verne y fait la connaissance d'Alexandre Dumas. En 1850, le grand romancier lui permet de faire représenter au Théâtre Historique une comédie en vers. La même année, Jules Verne passe avec succès sa thèse. Cependant, son existence parisienne est fréquemment à l'origine de conflits avec l'autorité paternelle. Ceux-ci trouvent leur dénouement pendant l'année 1852. L'écrivain naissant repousse alors de façon définitive l'idée d'un retour à Nantes et entame une carrière dans la magistrature.

A Paris, Jules Verne doit désormais donner des cours particuliers pour subvenir à ses besoins. Il fait bientôt publier dans la revue Le Musée des familles une nouvelle intitulée "Martin Paz". Quelques années plus tard, en 1856, il devient l'associé d'un agent de change à la Bourse, l'entreprise étant financée par un apport d'argent d'origine familiale. Jules Verne se marie le 10 janvier de l'année suivante avec une veuve, Honorine de Viane. Il continue également d'écrire pour le théâtre et voyage en Angleterre et en Écosse en 1859 puis en Scandinavie en 1861.

L'année 1862 décide de son avenir littéraire. Jules Verne présente à l'éditeur Jules Hetzel "Cinq Semaines en ballon". Publié le 24 décembre en librairie, c'est un franc succès et le début d'une longue et fructueuse collaboration. Jules Verne signe alors un contrat qui l'engage pour vingt années avec Hetzel et participe régulièrement à l'une de ses publications, Le Magasin d'éducation et de récréation, une revue destinée à la jeunesse. L'écrivain s'installe à cette époque à Auteuil avant de céder sa charge d'agent de change.

Les romans qui suivent trouvent également un public de lecteurs passionnés : "Voyage au centre de la Terre" en 1864 puis "De la Terre à la Lune" en 1865. L'écrivain a décidément trouvé sa voie ; il se consacrera jusqu'à la fin de sa vie à la description d'un monde, celui des "Voyages extraordinaires". Dans ses écrits, Jules Verne se fait l'apologiste de la technique et des sciences, des prouesses de l'homme moderne. S'il décrit certaines réalisations futures en se projetant dans un univers imaginaire, il peut également être considéré comme l'écrivain de son temps et de ses traits les plus visibles (l'industrialisation, la découverte du monde...) ou de ses passions (la foi dans le progrès, le colonialisme...) mais également de son milieu, la bourgeoisie et de ses valeurs (le mérite personnel qui repose sur la réussite individuelle bâtie grâce à l'éducation et au travail, un antisémitisme latent...).

Les succès se suivent, succès d'édition en France où son public de lecteurs s'élargit, et dans le monde grâce aux traductions de ses œuvres majeures : "Les Enfants du Capitaine Grant" en 1867, "Vingt mille lieues sous les mers" en 1869, "Le Tour du monde en quatre-vingts jours" en 1873, "L'Île mystérieuse" en 1874, "Michel Strogoff" en 1876, "Les Indes Noires" en 1877... Quelques ouvrages d'érudition prennent également place au milieu de cette production littéraire, une "Géographie illustrée de la France et de ses colonies" publiée en 1868 notamment.

En 1866, Jules Verne loue une maison au Crotoy, en baie de Somme. L'année suivante est l'occasion d'un voyage aux États-Unis. Il effectue la traversée sur le transatlantique Great Eastern. La consécration l'attend à son retour. La Légion d'Honneur lui est en effet remise en 1870 tandis que son oeuvre est couronnée par l'Académie française. L'écrivain est mobilisé quelques temps plus tard comme garde-côte pendant le conflit franco-prussien. Il se rend alors dans la capitale où les événements de la Commune parisienne l'horrifie.

En 1872 enfin, Jules Verne s'installe définitivement à Amiens, la ville natale de sa femme, où il fait l'acquisition en octobre 1882 d'un hôtel particulier situé au n°2 de la rue Charles Dubois dans les quartiers en construction par lesquels la ville s'étend en direction du Sud. Il y mène une existence bourgeoise de représentation, de participation à la vie politique locale. Jules Verne est élu au Conseil municipal de la ville en 1888 sur une "liste de protestation patriotique" composée de notables et de représentants des milieux populaires en tête de laquelle figure le nom du général Boulanger. Il s'attachera à la promotion des Beaux-arts, décidant notamment de la construction du Cirque municipal.

Jules Verne ne néglige pas pour autant son travail d'écrivain ("Les Cinq Cents millions de la Bégum" 1879 ; "Robur le Conquérant" 1886 ; "Le Château des Carpates" 1892 ; "L'Ile à hélices" 1895...). Il effectue également quelques croisières à bord de son yacht à voiles et à vapeur le Saint Michel III (en Mer du Nord et en Mer Baltique en 1881, en Méditerranée en 1884).



Affaibli depuis 1897, Jules Verne est terrassé le 16 mars 1905 par une crise de diabète. L'auteur des "Voyages extraordinaires" décède quelques jours plus tard, le 24 mars, à Amiens. Il est inhumé au cimetière de la Madeleine où le sculpteur Albert Roze l'a immortalisé en ornant son tombeau d'un buste représentant l'écrivain la main tendue vers le ciel.

 

 

Nantes sa maison.

 

 

1348Pierre Verne, originaire de Provins, acheta en 1826 une charge d'avoué à Nantes, et épousa l'année suivante Sophie Allotte de la Fuÿe. De cette union naquirent cinq enfants : Jules, Paul, Anna, Mathilde et Marie.

L'île Feydeau, où se trouve la maison natale de Jules Verne, était alors vraiment une île, enserrée entre deux bras de Loire. L'immeuble du 2, quai Jean-Bart, où il passa les quatorze premières années de sa vie, dominait le confluent de la Loire et de l'Erdre. De la maison de campagne de Chantenay, on voyait l'activité du port se déployer jusqu'au cœur de la ville.

Jules Verne n'a vu la mer pour la première fois qu'à l'âge de douze ans, mais les îles, les ports et les bateaux, qui seront les thèmes favoris de tant de ses œuvres, étaient depuis longtemps déjà dans sa vie et dans ses rêves.


Dans la famille Verne, on pratiquait volontiers la poésie de circonstance : naissances et mariages étaient l'occasion de célébrer en vers les joies de l'amour et de la famille. Jules Verne a commencé à versifier très jeune : "Dès l'âge de douze ou quatorze ans", devait-il déclarer en 1904 à un journaliste, "j'avais toujours un crayon sur moi et du temps où j'allais à l'école, je n'arrêtais pas d'écrire, travaillant surtout la poésie", à l'adolescence, il commença de remplir les deux cahiers de poésies qui l'ont accompagné toute sa vie et qui, restés inédits à sa mort, ne furent publiés qu'en 1989. Poésie lyrique ou satirique, émois amoureux ou rimes de chansonnier, les genres les plus divers s'y côtoient. Plus tard, il fut aussi parolier, fournissant à son ami le compositeur Aristide Hignard des poèmes à mettre en musique. Ces chansons, réunies en recueil, parurent en 1857, sous le titre de "Rimes et mélodies".

La vie de Jules Verne, c'est vingt ans à Nantes, vingt-trois ans à Paris, et trente-quatre ans à Amiens, 61 063 habitants, comme il l'écrit dans sa "Géographie de la France".

Nantes, la Loire et ses îles. le port et les bateaux, l'agitation du quai de la Fosse, l'appel vers l'ailleurs. le jardin des Plantes et la richesse exotique du patrimoine végétal nantais. tous ces éléments ont durablement marqué Jules Verne. Nantes a été la source du rêve et le creuset de l'inspiration des Voyages extraordinaires.

"Je suis né à Nantes, où mon enfance, s'est tout entière écoulée. Fils d'un père à demi-parisien et d'une mère tout à fait bretonne, j'ai vécu dans le mouvement maritime d'une grande ville de commerce, point de départ et d'arrivée de nombreux voyages au long cours. Je revois cette Loire, dont une lieue de ponts relie les bras multiples, ses quais encombrés de cargaisons, sous l'ombrage de grands ormes, et que la double voie du chemin de fer, les lignes du tramway ne sillonnaient pas encore. Des navires sont à quai sur deux ou trois rangs ; d'autres remontent ou descendent le fleuve.

Pas de bateaux à vapeur, à cette époque, ou du moins très peu ; mais de ces voiliers dont les Américains ont si heureusement conservé et perfectionné le type avec leurs clippers et leurs trois-mâts goélettes. En ce temps-là, nous n'avions que les lourds bâtiments à voile de la marine marchande. Mais que de souvenirs ils me rappellent ! En imagination, je grimpais à leurs haubans, je me hissais à leurs hunes, je me cramponnais à la pomme de leurs mâts ! Mon plus grand désir eût été de franchir la planche tremblotante qui les rattachait au quai pour mettre le pied sur leur pont !
Mais avec ma timidité d'enfant, je n'osais ! Timide ? Oui, je l'étais, et pourtant, j'avais déjà vu faire une révolution, renverser un régime, fonder une royauté nouvelle, et bien que je n'eusse que 2 ans alors, j'entends encore les coups de fusil de 1830 dans les rues de Nantes où, comme à Paris, la population se battit contre les troupes royales".

 

Inauguré en 1978 à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de l'écrivain à Nantes et rénové dans le cadre de l'année du centenaire de la disparition de Jules Verne en 2005, le Musée Jules Verne invite, à travers livres, documents, extraits des oeuvres et illustrations, affiches, jeux et objets, à un "voyage au centre de l'écriture vernienne" : ses sources d'inspiration, ses méthodes de travail et son environnement éditorial ; ses multiples facettes et sa postérité...

La nouvelle scénographie, qui optimise tous les espaces, met en valeur les fac-similés des manuscrits et les différents documents - livres, extraits des œuvres et illustrations, affiches, jeux et objets - par de nouveaux mobiliers et un nouvel éclairage.

Elle s’appuie également sur des objets ayant appartenu à l’écrivain et légués par ses descendants et s’accompagne de supports multimédias pour satisfaire les nouvelles pratiques du public, en particulier du public jeune.

 

Le parcours muséographique est donc un véritable "voyage au centre de l’écriture vernienne" s’attachant à faire connaître l’œuvre dans sa richesse et sa diversité. Il ménage des temps d’arrêt pour permettre au visiteur un véritable contact avec les collections et crée à chaque fois une ambiance en rapport avec le temps de la salle.

Après le salon où sont accrochés les portraits de Jules Verne et de sa femme Honorine, les salles évoquent successivement l’enfance et l’environnement familial de l’écrivain ainsi que Chantenay avec un télescope tourné vers la Loire ; la mer et la navigation source de "ce long désir du monde" chez Jules Verne selon l’expression de Michel Butor ; le"système Hetzel" dans un décor de librairie du 19e siècle avec affiches, cartonnages, catalogues… ; l’univers romanesque des Mondes connus et inconnus avec le globe de Jules Verne, des maquettes de machines extraordinaires, le Nautilus, l’espace vu de Autour de la Lune ; les adaptations théâtrales de quelques-uns des Voyages extraordinaires. Le parcours se termine par un salon de lecture et une salle audiovisuelle.

 

 

 

La visite du musée pas à pas :

 

 Le salon de Jules Verne.

Le vieillard à barbe blanche passé à la postérité tel que l’a représenté Wertheimer, “avec un visage qui rappelle celui de Victor Hugo”, accueille le visiteur aux côtés de sa femme Honorine de Viane portraiturée par De Coninck. Les sièges et la pendule provenant de son salon, la vaisselle, offerts à la Ville de Nantes par ses descendants évoquent le décor – “la pièce d’un homme aisé et qui a des loisirs, mais sans ostentation” - où furent reçus les journalistes venus d’Amérique, d’Angleterre, d’Italie, d’Allemagne ou plus simplement de France pour s’entretenir avec le déjà très célèbre romancier.

Aux sources du rêve.

Rédigeant à la demande du Youth’s Companion de Boston le seul texte autobiographique qu’il ait jamais écrit afin d’expliquer comment lui “vint cette vocation d’écrire”, Jules Verne se tourne vers son “enfance très heureuse”,
cette “famille aussi nombreuse qu’unie”, où l’on tenait “en grand honneur
les lettres et arts”.

Auprès d’un père féru de littérature et curieux de science, et d’une mère à l’imagination débordante – “l’imagination Allotte ! Il n’y a pas de locomotive Crampton, d’étincelle électrique qui puisse lutter de vitesse avec elle !”, écrira-t-il à vingt ans – les dispositions artistiques du jeune homme s’épanouissent dans un environnement propice au rêve : “dès l’âge de douze ou quatorze ans, j’avais toujours un crayon sur moi et du temps où j’allais à l’école, je n’arrêtais pas d’écrire, travaillant surtout la poésie”.
Sous les fenêtres de la famille Verne se déploie l’activité portuaire. A Chantenay, il robinsonne d’île en île de Loire, et ne manque pas une occasion de visiter les arsenaux de la marine à Indret, fasciné par le fonctionnement des machines. Toutes les composantes du rêve sont en place. Les premiers souvenirs transmis intacts à l’adulte par un enfant rêveur sont bien le creuset de l’œuvre à venir.

La mer toujours renouvelée.

Première expression de ce “long désir du monde” dont a si bien parlé Michel Butor pour caractériser l’œuvre de Jules Verne, la mer et la navigation resteront cet horizon inaccessible et toujours poursuivi, appel enivrant de l’aventure plus fort que la réalité même, espace onirique, lieu idéal de merveilleux mondes imaginaires. S’il n’avait pas été l’heureux propriétaire de trois bateaux successifs, jusqu’au Saint-Michel III, “charmant yacht à vapeur, long de trente-trois mètres” acheté 55.000 francs or à Nantes en 1877 sur un coup de cœur, Jules Verne serait-il devenu le romancier des sept mers qui décrit des voyages maritimes dans plus de la moitié des Voyages extraordinaires et dans quatre d’entre eux – Vingt mille lieues sous les mers, Les Enfants du capitaine Grant, Le Tour du monde en quatre-vingts jours et Mirifiques aventures de maître Antifer – en fait le principal vecteur d’un tour du monde ?

Les deux Jules.

Lorsque Jules Verne part poursuivre ses études à Paris en 1847, les jeux sont faits : “La littérature avant tout, puisque là seulement je puis réussir, puisque mon esprit est invariablement fixé sur ce point !” Inébranlable dans sa détermination même quand il semble y renoncer pour une charge d’agent de change et un mariage de convenance, soutenu par des parents inquiets mais compréhensifs, il mettra quinze ans à trouver sa voie, alliant formes littéraires conventionnelles et recherche de “systèmes nouveaux” dans une stratégie d’écriture dont il ne se départira plus.

En 1862 il propose à l’éditeur Pierre-Jules Hetzel, que son engagement dans les événements de 1848 avait contraint à l’exil et qui venait tout juste de rentrer à Paris, le récit d’Un voyage dans les airs. Publié l’année suivante sous le titre de Cinq semaines en ballon, le roman connaît un succès immédiat, et lance la série des Voyages extraordinaires, à laquelle Jules Verne lié à la maison Hetzel par cinq contrats successifs va consacrer le reste de sa vie.
Cette relation entre l’auteur et son éditeur, «probablement sans autre exemple dans la littérature française”, est toujours abondamment commentée. Certes Hetzel est continûment intervenu dans le processus rédactionnel, corrigeant le style, donnant son avis sur l’intrigue et les personnages, refusant des situations qui seraient venues à l’encontre de son programme idéologique ou de ses intérêts commerciaux. Mais entre eux c’est en fait un véritable rapport dialectique qui s’instaure. Le talent de Jules Verne, qui résista d’ailleurs à bien des demandes, est stimulé par les “colères au crayon” de son éditeur. Celui-ci, en assumant les charges de la maison d’édition et le travail commercial, assure en outre à l’auteur les conditions d’un travail régulier et continu, c’est-à-dire d’une création sereine en lui permettant de vivre de sa plume. Sa politique commerciale avisée, son sens remarquable du marketing contribuent largement au succès de l’auteur. Affiches et cartonnages d’Etrennes constituent en effet de formidables outils promotionnels. On lui est enfin redevable des illustrations qui accompagnent les romans et en renforcent si bien la force d’évocation : fonctionnant comme autant de fenêtres directement ouvertes sur le rêve, elles en sont devenues le complément indispensable.

Les mondes connus et inconnus.

Sur et sous la terre, sur et sous les mers, dans l’air et à travers l’espace, va ainsi peu à peu s’élaborer l’encyclopédie romanesque des “mondes connus et inconnus” que constituent Les Voyages extraordinaires. Exact contemporain des grandes découvertes de la deuxième moitié du 19e siècle, Jules Verne effectue “un parcours systématique du globe”, que l’on peut suivre sur la surface usée de son globe terrestre. Déplacement, aventure, connaissance et quête de soi-même sont les quatre sens de l’écriture vernienne. Exerçant son regard au moment où se dessinent les contours de notre monde actuel, où se mettent en place le village mondial et les problématiques qui y sont liées, il est un témoin essentiel qui nous aide à mieux comprendre ce que nous sommes devenus.
Pour mener à bien un tel projet Jules Verne s’est appuyé sur une sensibilité lyrique qui peut aller jusqu’à l’exaltation, aussi bien que sur un sens de l’humour pratiqué depuis l’enfance, qui résiste mal à l’esprit potache mais fait le plus souvent mouche, et sur l’habileté de l’auteur dramatique qu’il est toujours resté. Le fantastique, d’autant plus fort qu’il est contenu par le souci de vraisemblance, est toujours sous-jacent et omniprésent. Il surgit de la description des machines extraordinaires imaginées par Jules Verne pour servir de véhicules à ses voyages : chambre des machines “nettement éclairée” du Nautilus, grand vaisseau “en papier de paille, devenu métal sous la pression” de l’Albatros. Un grand souffle tellurique traverse l’œuvre, en s’appuyant en permanence sur les quatre éléments – air, eau, feu et terre – et les mythes fondateurs qui y sont liés.

Les Voyages au théâtre.

Publié en feuilleton dans le journal Le temps en 1872, Le tour du monde en quatre-vingts jours fut le best-seller de Jules Verne. A la première édition vendue à 108.000 exemplaires succédèrent éditions illustrées, rééditions, traductions, adaptations cinématographiques et télévisées, dessins animés… La première de ces adaptations fut l’œuvre de Jules Verne lui-même, qui, renouant avec sa première vocation, transforma le roman en pièce de théâtre à grand spectacle en collaboration avec Adolphe Dennery. Les représentations triomphales qui remplirent le théâtre de la Porte Saint-Martin, puis celui du Châtelet, augmentèrent la célébrité de Jules Verne et lui apportèrent l’aisance financière. Les nombreux “produits dérivés” inspirés du roman et de la pièce (jeux de société, puzzles, plaques de lanterne magique …) témoignent aussi de ce succès, et ne sont que le début d’une longue série qui se poursuit toujours.
L’expérience sera renouvelée, avec le même succès, pour Michel Strogoff et Les enfants du capitaine Grant.

Un salon de lecture.

Un salon de lecture, une salle audiovisuelle et le monde des jeux inspirés par les romans complètent la visite.

 

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21 mars 2010

William Wordsworth - Cockermouth, Dove Cottage et Rydal Mount

Biographie de William Wordsworth.

 

"La poésie est la surabondance spontanée de sentiments puissants; son origine se trouve dans l'émotion dont on a souvenance dans la tranquillité".

william_wordsworthDeuxième d'une famille de cinq enfants, William Wordsworth est le fils de John Wordsworth et d'Ann Cookson. Il naît à Cockermouth, dans l'ancien comté du Cumberland, aujourd'hui le comté de Cumbria.

Sa sœur est la poétesse Dorothy Wordsworth. Son frère aîné, Richard, fut homme de loi, le quatrième, John, veut également devenir poète quand il meurt lors d'un naufrage en 1805, Christopher, le puîné, devient un savant. Leur père est le représentant légal de James Lowther, premier comte de Lonsdale.

À la mort de sa mère en 1778, son père l’envoie à la Hawkshead Grammar School. Son père décède en 1783, laissant un maigre héritage à ses descendants.

Wordsworth entre au St John's College de Cambridge en 1787. En 1790, il se rend en France et soutient les républicains de la Révolution française. Il obtient son diplôme l’année suivante, sans mention, puis part pour un tour d’Europe incluant les Alpes et l’Italie. Il s'éprend d’une Française, Annette Vallon, avec qui il a un enfant, Caroline, née le 15 décembre 1792 à Orléans. La même année, le manque d’argent le contraint à retourner, seul, en Grande-Bretagne.

Accusé d’être girondin sous la Terreur, il prend ses distances avec le mouvement républicain français ; de plus, la guerre entre la France et la Grande-Bretagne l’empêche de revoir sa femme et sa fille.

C’est en 1793 qu’il publie ses premiers poèmes dans les recueils "An Evening Walk" et "Descriptive Sketches". Il reçoit un don de £900 de Raisley Calvert en 1795, ce qui lui permet de continuer à écrire et de s’installer avec sa sœur à Racedown. Il rencontre Samuel Taylor Coleridge à Somerset cette même année. Les deux poètes deviennent rapidement des amis proches.

En 1797, Wordsworth et sa sœur Dorothy déménagent pour Somerset, à quelques kilomètres de la maison de Coleridge, à Nether Stowey. Ensemble, ils publient "Lyrical Ballads" (1798), qui s'avère d'importance capitale pour le mouvement romantique en Grande-Bretagne. L’un des poèmes les plus connus de Wordsworth, Tintern Abbey est publié dans ce recueil ainsi que The Rhyme of The Ancient Mariner (Le dit du vieux marin) de Coleridge.

Wordsworth, Dorothy et Coleridge se rendent en Allemagne. Durant l’hiver 1798-1799, Wordsworth vit à Goslar et commence à écrire un poème autobiographique, "The Prelude". Sa sœur et lui reviennent en Angleterre et s'installent à Grasmere, dans le Lake District, non loin du lieu de résidence de Robert Southey. Wordsworth, Southey et Coleridge deviennent alors les " poètes du Lac" (Lake district poets).

En 1802, Wordsworth se rend en France avec Dorothy pour revoir Annette et Caroline. Il se marie ensuite avec son amie d’enfance, Mary Hutchinson. Dorothy n’apprécie pas ce mariage mais continue à vivre avec le couple. L’année suivante, Mary donne naissance au premier de leurs cinq enfants, John.

Lorsque Napoléon devient Empereur des Français en 1804, les derniers rêves de libéralisme de Wordsworth s’écroulent et il se décrit alors comme conservateur. Il travaille beaucoup cette année-là, ce qui lui permet de terminer "The Prelude" en 1805, mais il n'aura de cesse de l’améliorer et le recueil ne sera publié qu’à titre posthume. Il sera, cette même année, profondément affecté par le décès de son frère John.

En 1807, ses "Poems in Two Volumes" sont publiés, incluant "Ode: Intimations of Immortality from Recollections of Early Childhood". Pour un temps, Wordsworth et Coleridge se sont éloignés l’un de l’autre en raison de l’addiction de ce dernier à l’opium.

Deux de ses enfants, John et Catherine, meurent en 1812. L’année suivante, il emménage à Rydal Mount, Ambleside, non loin de la propriété de Harriet Martineau, essayiste engagée et militante qui vit seule au milieu de ses moutons et de ses chèvres, c'est là qu"il passera le reste de sa vie. Il publie "The Excursion" en 1814, prévue comme deuxième partie d’une trilogie. La critique moderne souligne que ses œuvres, plus particulièrement celles qu’il écrit au milieu des années 1810, ont perdu en qualité.

Dorothy tombe gravement malade en 1829, ce qui la laisse invalide. En 1835, Wordsworth verse une pension à Annette et Caroline. Le gouvernement lui accorde une pension civile d’un montant de 3 000£ par an en 1842.

À la mort de Robert Southey en 1843, Wordsworth devient le "Poet Laureate". Lorsque sa fille, Dora, meurt en 1847, il arrête d’écrire momentanément.

Wordsworth meurt en 1850 à Rydal Mount et est enterré à St Oswald’s Church, Grasmere. Mary publie son long poème autobiographique, "The Prelude", plusieurs mois après sa mort.

Wordsworth est le fondateur de la "Literary Society".

 

La vie de Wordsworth et de Coleridge, et, en particulier, leur collaboration pour les "Lyrical Ballads", sont au cœur du film Pandaemonium (2000).

 

 

 

 

Cockermouth sa maison natale.

 

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William Wordsworth est né le 7 avril 1770 dans une superbe maison géorgienne à Cockermouth, maison aujourd'hui appellée "Wordsworth House".

Construite en 1745 pour le shérif de Cumberland Joshua Lucock, elle fut rachetée en 1761 par Sir James Lowther, le fils de Sir John Lowther qui fut l'architecte de Whitehaven et son port.

John Wordsworth, le père du poète, alors au service de Sir James, fut muté à Cockermouth en 1764 ; en tant qu'agent immobilier, il était logé gratuitement dans cette demeure. En 1766 il épouse Anne Cookson et 5 enfants viennent au monde :  Richard (19 Aout 1768), William (7 Avril 1770), Dorothy (25 Decembre 1771), John (4 Decembre 1772) and Christopher (9 Juin 1774). Leur mère décède en 1778 alors que William est âgé de huit ans, c'est à cette période qu'il passe la majeure partie de son temps à Penrith dans la famille de sa mère. Cinq ans plus tard son père meurt à son tour dans cette maison, le 30 décembre 1783, et c'est en 1784 que tous les enfants la quittent pour aller vivre chez des parents.

La maison est restée un logement privé jusque dans les années 1930. En 1937, la bibliothèque de Cockermouth a essayé de réunir la somme nécessaire à l'achat de la maison, mais la compagnie locale de bus l'a doublé, avec l'intention de la démolir et d'ériger à sa place une gare routière. La presse et la radio ont alerté l'opinion publique et de nombreux dons ont permis à la ville de racheter la maison. Celle-ci a été inscrite au National Trust en 1938. Le 3 juin 1939 elle a ouvert ses portes en tant que mémorial de Worsdworth.

En 2003, une dotation de plus d'un million de livres sterling a permis des travaux de grande envergure et de redonner à la maison un cachet 18ème siècle. Le 22 juin 2004 la demeure a réouvert ses portes, elle représente la maison familliale des Wordsworth dans les années 1770. Elle offre une visite animée et participative avec des activités manuelles et costumées. On peut y voir une cuisine du 18ème siècle, les chambres des enfants, le bureau de monsieur Wordsworth ainsi que bien d'autres pièces. Le jardin et sa terrasse surplombant le fleuve Derwent, terrain de jeu favori des enfants Wordsworth, a retrouvé lui aussi sa splendeur du 18ème siècle.

 

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Dove Cottage (1799 - 1808)

 

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Dove Cottage situé à Grasmere fut la maison de William Wordsworth et de sa soeur Dorothy de 1799 à 1808, c'est là qu'il écrivit la plupart de ses poèmes et que sa soeur tint son fameux journal.

Dove Cottage a été construit au tout début du 17ème siècle et pendant près de 170 ans il abrita une auberge appelé "'Dove and Olive" (la colombe et l'olive). Cette auberge ferma ses portes en 1793, William et sa soeur y emménagèrent en 1799. En 1802 le poète se maria avec avec Mary Hutchinson, leur trois premiers enfants naquirent dans cette maison : John en 1803, Dora en 1804 et Thomas en 1806. Sara Hutchinson, soeur de Mary ainsi que Thomas de Quincey, grand ami de William y vécurent aussi.

La famille recevait beaucoup de monde, parmi les visiteurs on peut nommer : Walter Scott, Charles et Mary Lamb, Robert Southey et bien évidemment Samuel Taylor Coleridge.

Les nombreuses visites, la famille grandissante, autant de raisons qui firent que la maison devint vite  trop petite et en 1808 la famille déménagea pour Allan Bank, toujours à Grasmere.

Comme beaucoup de maisons à Lake District, Dove Cottage est faite de pierres locales avec les murs extérieurs blanchis à la chaux afin d'empêcher l'humidité de s'infiltrer. Le toit est recouvert d'ardoises et les cheminées ont des dispositifs empêchant la fumée de refouler. Toutes les pièces à l'étage ont un plancher d'ardoise, les pièces du rez de chaussée sont la salle de séjour, la cuisine et les dépendances. A l'étage se trouvent la chambre de Dorothy, le bureau de William, les chambres des enfants ainsi qu'une chambre d'invités.

Le jardin et le verger prenaient une grande place dans la vie familiale, ils ont retrouvé toute leur splendeur.

En 1891 fut créé le Wordsworth Trust afin de préserver Dove Cottage. En 1981 un musée ouvre ses portes ainsi qu'une bibliothèque qui peut s'enorgueillir de posséder, encore de nos jours, la plus importante collection de manuscrits, livres et peintures, consacrée au Romantisme Britannique.

En 2004 pour remplacer l'ancienne bibliothèque, Jerwood Center fut créé. Il est doté d'équipements modernes facilitant la conservation des oeuvres ainsi qu'un département recherche.

 

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Rydal Mount (1813 - 1850)

 

 

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Rydal Mount, au coeur de Lake District, surplombant le lac Windermere et la rivière Rydal, fut la dernière demeure de William Wordsworth, il y vécut de 1813 à 1850.

La maison qui appartient encore de nos jours aux descendants du poète a su conserver son atmosphère de maison familiale et a très peu changé depuis l'époque où William et sa famille y vécurent.

Ils louaient cette demeure à Lady Le Fleming qui habitait la maison voisine Rydal Hall.

On peut visiter les chambres de William et Mary, Dorothy, et Dora, ainsi que le bureau de William situé dans le grenier. La maison possède de nombreux portraits de famille, des objets personnels et de nombreuses premières éditions des recueils du poète.

La salle à manger située dans une partie de la maison datant de l'époque Tudor date de 1574 et contraste avec les grandes pièces que sont les salons et la bibliothèque, qui ont été rajoutées en 1750.

Wordsworth aimait la nature, il passait des heures à façonner son jardin. Les quatres acres sont restés tels qu'il les avait conçus. On y trouve des arbustes rares, des cultures en terrasse , de la pelouse, des bassins et un tertre antique. Ce tertre date du 9ème sicèle, c'est là que l'on érigeait un feu qui servait de balise frontière.

A la belle saison, les jonquilles, les jacinthes et les rhododendrons éclatent en une palette de couleur spectaculaire. De la maison la vue sur la rivière Rydal est splendide.

A la mort de sa fille Dora, en 1847, William et sa femme plantèrent dans un champ des milliers de jonquilles à sa mémoire. Le Dora's Field, appartient de nos jours au National Trust. Aux jonquilles, succèdent en avril les jacinthes.

 

 

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24 décembre 2009

Charles Dickens - Londres

Biographie de Charles Dickens.

 

dickens1"Si j'avais le pouvoir d'oublier, j'oublierais. Toute mémoire humaine est chargée de chagrins et de troubles."

 

Charles Dickens naît le 7 février 1812 à Landsport, à proximité de Portsmouth. Son père, John Dickens, issu d'une famille de domestiques, est employé dans l'administration de l'Amirauté, tout comme son beau-père. En 1816, il est nommé à Chatham, près de Rochester, puis à Londres en 1822. L’enfance de son fils Charles est rythmée par les déménagements successifs des Dickens, qui se fixent à Camden Town, un faubourg ouvrier du Nord de la capitale. Ceux-ci connaissent des difficultés financières et l’enfant doit interrompre ses études en 1823. Son père s’est en effet endetté. Il passe même quelques semaines à la prison de Marshalsea en 1824, tandis que Charles, du mois de février au mois de septembre, doit travailler dans une fabrique de cirage. Cette expérience du monde du travail issu de la Révolution industrielle le marquera pour le restant de sa vie. Il est ensuite placé dans une pension, la Wellington House Academy.

Au mois de mai 1827, l’adolescent trouve à s’employer au service d’un avoué, Edward Blackmore de Gray's Inn. Là également, dans l’étude de l’homme de loi, il mémorise quelques scènes qui l’inspireront par la suite. Dès l’année suivante cependant, Charles Dickens est engagé par le Collège des Docteurs en tant que sténographe, un art qu’il a appris en autodidacte au cours des années passées. Il fréquente en effet avec assiduité les salles de lecture pendant son temps libre. En 1831, Dickens fait son entrée dans le monde de la presse écrite. Divers journaux londoniens, comme The Mirror of Parliament ou True Sun, l’emploient afin de prendre en notes les débats parlementaires à la Chambre. A la même époque, le banquier Beadnells envoie sa fille Maria, dont Charles Dickens était tombé amoureux, achever ses études en France. Ce départ sonne la fin de leur liaison, socialement mal assortie. Au mois d’août 1834, le jeune homme devient journaliste auprès de l’Evening Chronicle.

Cependant, il se fait avant tout remarquer en publiant des récits humoristiques dans les pages du quotidien, sous le pseudonyme de " Boz ". Ces scènes de la vie urbaine, rédigées sur le mode grotesque ou satirique, connaissent un énorme succès populaire. Présenté au directeur du journal, Georges Hogarth, et à sa famille, Charles Dickens tombe amoureux de sa fille aînée, Catherine. Une promesse secrète de fiançailles lie bientôt les deux jeunes gens. La notoriété lui vient alors de la parution, à partir du mois d’avril 1836, des Pickwick Papers. La même année, le 2 avril, il épouse enfin Catherine Hogarth, dont il héberge la jeune sœur Mary à son domicile de Furnival’s Inn, à Holborn. La mort de celle-ci, âgée de seize ans à peine, le 7 mai 1837, affecte profondément Dickens qui l’idolâtrait. Jusqu’en 1852, dix naissances rythmeront la vie du couple, qui s’installe à présent au 48, Dougty Street.

Charles Dickens accepte bientôt le poste de rédacteur en chef du Benthley’s Miscellany, une revue littéraire mensuelle. Celle-ci fait paraître "Oliver Twist", son premier roman, dans ses pages, avant qu’il ne soit publié en volume au mois de novembre 1838. Avec cette première œuvre, l’écrivain montre notamment les effets néfastes de la Poor Law (loi sur les pauvres), qui vient d’être réformée en 1834. Il rédige ensuite "Nicolas Nickleby". Par la suite, ses textes seront publiés dans L’Horloge de Maître Humphrey, un hebdomadaire lancé par Dickens, dont le premier numéro est en vente le 4 avril 1840. Ainsi, en est-il pour "The Old Curiosity Shop" (Le Magasin d’antiquités) quelques mois plus tard et "Barnaby Rudge" en 1841. Au cours de ces années, l’écrivain accède à la célébrité auprès du public anglais. Ses écrits lui assurent de confortables revenus, comme en témoigne l’installation des Dickens près de Regent Park, au 1, Devonshire Terrace, York Gate.

Pendant l’été 1841, Charles Dickens effectue un premier voyage en Écosse. L’année suivante, il est reçu avec enthousiasme aux États-Unis, où il rencontre Edgar Poe, puis au Canada. L’écrivain se fait l’avocat du copyright, le droit d’auteur alors peu respecté outre-Atlantique. Cependant la publication de ses "Notes américaines" à son retour, puis celle de "Martin Chuzzlewit" en 1843, un nouveau roman où il critique le matérialisme américain, susciteront de vives réactions chez ses anciens hôtes. Dès cette époque et jusqu’en 1848, Charles Dickens rédige des "Contes de Noël". Se succèdent ainsi : "A Christmas Carol" (Le Carillon de Noël), "The Chimes", "The Cricket on the Hearth" (Le Grillon du foyer), "The Battle off the Life" (La Bataille de la Vie), "The Haunted Man". L’homme de lettres, fêté par ses contemporains, séjourne fréquemment en Italie, en Suisse et en France, où il rencontre les grands écrivains de l'époque.

Débordant toujours d’activité, Dickens crée une troupe de théâtre en 1845. L’année suivante, il fonde un journal, le Daily News, qui paraît à partir du 21 janvier. Ses préoccupations sociales l’amènent à soutenir également l’initiative d’Angela Burdett-Coutts, qui aide dans son institut d’Urania Cottage les prostituées à commencer une nouvelle vie. Après "Dombey and Son" en 1848 commence la parution de "David Copperfield", un roman qui compte comme toujours quelques épisodes autobiographiques. L’écrivain lance également Household Words. Cet hebdomadaire, dont le premier numéro paraît le 30 mars 1850, obtient un grand succès auprès du public. "Bleak House" en 1852, puis "Hard Times" en 1854, deux œuvres où la critique du capitalisme se fait plus virulente, paraissent dans ses pages. En 1851, les Dickens s’installent à Tavistock House. Pendant l’été 1853, ainsi que l’année suivante, l’écrivain effectue un séjour en famille sur la côte française, à Boulogne-sur-Mer. Au mois de mars 1856, il fait l’acquisition d’une maison de campagne à Gad’s Hill Place, près de Rochester. Ceci permet aux couples et à leurs enfants de s’éloigner de Londres.

Au cours de l’été 1857, c’est à Gad’s Hill que l’écrivain reçoit la visite d’Hans Christian Andersen, qui l’admire. Peu après, il fait la rencontre d’Ellen Ternan, une jeune actrice qui a rejoint sa compagnie de théâtre. Celle-ci joue à cette époque à Manchester The Frozen Deep, une pièce écrite en collaboration avec Wilkie Collins. En 1858, Charles Dickens se sépare de sa femme. L’événement a un tel retentissement qu’il doit s’expliquer publiquement sur leur incompatibilité d’humeur. En 1853, paraît "A Child’s History of England" (Histoire d'Angleterre à l'usage des enfants). La même année, Dickens commence à organiser des lectures publiques de ses œuvres. Au mois de décembre, il donne ainsi rendez-vous à ses lecteurs à Birmingham. Cette initiative, qui se fera de plus en plus fréquente, rencontre un immense succès, tant en Angleterre qu'à l’étranger, aux États-Unis notamment, où l’écrivain se rend de nouveau en 1868.

Toujours à son travail d’écriture, Charles Dickens achève "Little Dorrit" en 1855. Quatre années plus tard, son périodique, qui est une réussite artistique et commerciale, change de titre : Household Words (" Paroles familières ") devient ainsi All the Year Around (Tout le long de l’année). Dès le 15 novembre 1859, "A Tale of Two Cities" (Histoire de deux villes) commence à paraître en feuilletons dans ses colonnes. Viennent ensuite "Great Expectations" (Grandes Espérances) l’année suivante puis "Our Mutual Friend" (L’ami commun) en 1864. L’année suivante, au retour d’un de ses fréquents voyages à Paris en compagnie d’Ellen Ternan, Dickens échappe à la mort lors d'un grave accident ferroviaire à Staplehurst, le 9 juin. L’écrivain en demeure choqué pendant quelques temps. S’il poursuit inlassablement ses lectures publiques, devenues payantes en 1858, sa santé se dégrade à présent et ces séances doivent être fréquemment interrompues en 1869, sur l’avis des médecins.

Épuisé, il entame néanmoins un nouveau roman, "The Mystery of Edwin Drood"qui restera inachevé. Contraint de se reposer dans sa propriété de Gad' s Hill, Charles Dickens décède le 9 juin 1870. Il repose à l’abbaye de Westminster, dans le " coin des poètes ".

 

 

Sa maison à Londres.

 

23_DecAu 48 Doughty Street, dans le quartier de Bloomsbury à Londres, se trouve le musée Charles Dickens. Ce musée, qui a ouvert ses portes en 1925, se trouve dans la seule maison encore debout de nos jours où l'écrivain a séjourné de 1837 à 1839. Sur quatre étages, les visiteurs peuvent admirer des peintures, des éditions rares, des manuscrits et des meubles originaux ayant appartenu à la famille Dickens, ainsi que de nombreux articles retraçant la vie de l'une des personnalités les plus populaires et les plus aimées de l'ère victorienne.

Charles Dickens et sa famille ont vécu au 48 Doughty Street, d'avril 1837, exactement un an après son mariage avec Catherine à décembre 1839. Ce qui correspond à une période de grande prospérité pour le jeune nouvelliste. La parution des "Pickwick Papers" était un tel succès que c'est grâce aux rentrées d'argent que le couple pu quitter Furnival’s Inn, à Holborn et s'installer à Bloomsbury.

A cette époque, Doughty Street était une rue privée, isolée aux deux extrémités par des portes gardées. Il ne vécut que deux ans et demi en ces lieux, période très courte par rapport à ses autres domiciles, mais c'est durant cette période qu'il écrivit et publia certains de ses plus célèbres travaux, tels que "The Pickwick Papers", "Oliver Twist" et "Nicholas Nickelby". Ce fut une période extrémement active et productive pour lui.

La famille de Dickens augmentait avec sa renommée ; après la naissance de son troisième enfant, il devint nécessaire de rechercher un logement plus spacieux, c'est ainsi qu'ils déménagèrent pour le 1 Devonshire Terrace à Regents Park,  demeure qui fut détruite en 1959. La maison de Doughty Street, quant à elle, faillit disparaître en 1923, mais fut sauvée par l'association "the Dickens Fellowship" créée en 1902, qui a soulevé l'hypothèque et racheté la propriété. La maison fut rénovée et le musée Charles Dickens créé. Notons que de son vivant Charles Dickens avait été l'un des principaux instigateurs de la création du musée Shakespeare à Stratford upon Avon.

Dans tous les livres de Dickens, Londres occupe une part importante de l'oeuvre. On découvre au fil des histoires des descriptions remarquablement vivantes des vieilles auberges, de la Tamise, de la City et de l'East End. Dickens travaillait étroitement avec les artistes qui illustraient ses livres, leur donnait un résumé général de ses histoires dès le départ, et approuvait les dessins, s'assurant que les personnages et les décors apparaissaient tels qu'il se les représentait.

Le "Grand Londres" comptait une population de seulement 2,2 millions de personnes en 1841 (contre 7 millions aujourd'hui), et la vie quotidienne était très difficile pour la majorité des habitants. L'espérance de vie pour le Londonien moyen à l'époque de Dickens n'était que de 37 ans et un grand nombre de choses que nous tenons à présent pour acquises, comme de l'eau pure, étaient une rareté. L'air de Londres était très pollué et tout était noir de suie, sauf les immeubles les plus récents. Les rues étaient inondées de boue et d'eaux usées et les piétons devaient faire attention aux pickpockets qui vivaient de leurs larcins.

D'après le Dr Florian Schweizer, du London's Dickens Museum : "Si un Londonien d'aujourd'hui pouvait remonter dans le temps jusqu'à l'époque victorienne, il aurait l'impression que ses cinq sens sont littéralement pris d'assaut. Londres était bruyante, sombre et malodorante, la saleté était repoussante et il régnait une extrême pauvreté dans les quartiers qui sont maintenant les plus à la mode."

Aux yeux d'un visiteur venu d'une petite ville ou de la campagne, le Londres de Dickens serait apparu comme un immense chantier de construction. La City, jusqu'alors quartier résidentiel, était en train de devenir un centre bancaire et financier, et ses anciens résidents se déplaçaient vers les banlieues, faisant chaque jour le trajet vers le centre, les transports en commun avaient fait leur apparition.

La gare ferroviaire de Paddington avait déjà été construite, mais il n'y avait pas encore de métro, et les gares importantes de Waterloo et de King's Cross n'existaient pas.

Buckingham Palace et Trafalgar Square existaient, et la colonne de Nelson fut érigée l'année où parut "A Christmas Carol", mais les quatre lions de bronze qui sont au pied ne seraient sculptés et coulés que plus tard, tout comme la statue d'Eros à Piccadilly. Le Royal Albert Hall n'existait pas (il fut bâti en l'honneur du mari très aimé de la reine Victoria, le prince Albert, après la mort de celui-ci, pour devenir un centre des arts et des sciences, grâce aux recettes de la Grande Exposition de Crystal Palace qu'Albert avait organisée en 1851). Tower Bridge non plus n'existait pas.

La tour de l'horloge qui abrite Big Ben était en construction, tout comme le palais de Westminster, les bâtiments originaux ayant été détruits par le feu en 1834. Le musée de cire de Madame Tussaud, qui est encore aujourd'hui l'une des attractions touristiques les plus populaires de la ville, a ouvert ses portes en 1835 à l'emplacement actuel, dans Baker Street. Dickens vécut tout près de là et se rendait fréquemment au musée.

A l'époque de Dickens, les rues de Londres étaient éclairées au gaz, par des réverbères, et des centaines d'allumeurs de réverbères sillonnaient la ville pour les allumer à la tombée de la nuit.

Il n'y avait pas de voiture du temps de Dickens, et pour les riches, la façon la plus rapide de se déplacer était à cheval ou en voiture à cheval. On estime aux environs de 250 000 le nombre de chevaux travaillant dans la ville au milieu du XIXe siècle. Le célèbre métro de Londres, l'Underground, fit de timides débuts en 1863 avec l'ouverture d'une ligne longue de six kilomètres reliant Paddington à Farringdon Street. Les trains de cette ligne souterraine étaient tous à vapeur.

Les riches de l'époque victorienne se reposaient sur des domestiques - femmes de chambre, majordomes, bonnes d'enfant, jardiniers et cuisiniers - pour subvenir à leurs moindres besoins, et il y avait environ 120 000 domestiques à Londres à l'époque de Dickens. Les hommes employés dans les ateliers et fabriques de la ville travaillaient dans des conditions difficiles et souvent dangereuses, parfois pendant douze heures d'affilée. Les enfants travaillaient eux aussi, dès l'âge de cinq ans, nettoyant les cheminées, faisant les commissions, balayant les rues, cirant les chaussures, et vendant des allumettes ou des fleurs. Dickens lui-même travailla dans une fabrique de cirage quand il avait douze ans, alors que son père était en prison pour dettes.

Ce n'est qu'en 1870 que l'école est devenue obligatoire pour les enfants de cinq à douze ans. On utilisait alors des ardoises pour écrire, et les leçons se concentraient essentiellement sur les bases de la lecture, de l'écriture et de l'arithmétique. Les professeurs pouvaient punir les enfants qui n'apprenaient pas bien leurs leçons en les obligeant à porter un bonnet de cancre en classe. Ils pouvaient aussi recevoir des coups de canne. Les enfants attendaient avec impatience leurs deux semaines de congés à Noël, une semaine à Pâques et trois à quatre semaines en juillet et août.

La Metropolitan Police, la police métropolitaine de Londres, fait son apparition dans les rues en 1829. Ses 3000 membres devaient porter l'uniforme bleu et le haut-de-forme en toutes circonstances, même lorsqu'ils n'étaient pas en service. Les pendaisons publiques étaient encore chose courante à l'époque de Dickens et l'auteur lui-même a assisté à une pendaison dans une prison de Londres en 1849. Il a écrit par la suite plusieurs lettres au Times en réclamant l'abolition de tels spectacles publics.

Au moment où Dickens écrivit Un chant de Noël, les restaurants étaient encore rares à Londres et n'étaient accessibles qu'aux riches. Les moins nantis préparaient leurs repas chez eux sur un foyer ouvert. Le "range" (fourneau), ancêtre victorien de la cuisinière moderne, n'a été inventé que dans les années 1840 et est resté un article de luxe pendant plusieurs années. Les Londoniens les plus pauvres vivaient souvent dans des maisons ne possédant aucune installation pour cuisiner et devaient acheter leurs repas dans les échoppes et les magasins ou aux vendeurs ambulants. Certains commerçants peu scrupuleux mélangeaient de la sciure de bois, des cendres, de la craie ou même de la poudre d'os à la nourriture qu'ils vendaient.

Le lait était un plaisir rare pour la plupart des Londoniens parce qu'il n'existait aucun moyen de le conserver au frais et avant le développement du chemin de fer, il était impossible d'en livrer en ville tous les jours. Même le thé était cher parce qu'il était lourdement taxé. Il n'est donc pas surprenant que nombre de Londoniens du XIXe siècle se soient tournés vers l'alcool. Le gin et la bière étaient très bon marché et il a été calculé qu'il y avait un pub ou un magasin vendant de l'alcool tous les cent mètres dans la plupart des rues de Londres.

Les Victoriens ne comptaient que sur eux-mêmes pour se divertir. On jouait beaucoup à des jeux de cartes comme le whist ou le bridge, aux échecs et au backgammon, et à des jeux de salon comme les charades ou le Blindman's Buff (colin-maillard). Les enfants jouaient aux billes, à la toupie, au cerceau ou à la poupée. La lecture était aussi très populaire, et Dickens a écrit certains des plus grands best-sellers de son époque.

Dans les années 1840, on avait abandonné les modes flamboyantes de la génération précédente et on portait souvent des vêtements de couleur sombre, en partie à cause de la suie omniprésente. Les riches faisaient faire leurs vêtements par des tailleurs ou des couturières. Tous les autres achetaient leurs habits dans des boutiques d'occasion. Le premier costume en prêt-à-porter ne sera disponible qu'au milieu des années 1850.

La meilleure source d'information sur la vie à Londres à l'époque de Dickens reste l'œuvre elle-même de ce grand écrivain. Très souvent, Dickens allait faire de grandes promenades à pied,  pouvant aller jusqu'à 15 ou 20 kilomètres, dans les rues de la ville, et il racontait ensuite ce qu'il avait vu et entendu dans ses livres.

 

 

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29 novembre 2009

Beatrix Potter - Hill Top

Biographie de Beatrix Potter.

 

ScreenHunter_22_Nov"Je ne suis jamais allée à l'école, quelle chance ! Cela aurait enlevé une partie de mon originalité".

 

Beatrix Potter est née à Londres, le 28 juillet 1866, dans une famille de la grande bourgeoisie enrichie par le commerce du coton. En cette fin de XIXème siècle, les enfants de la bonne société n'ont que peu de contacts avec leurs parents. Ils sont élevés à l'écart du monde par des gouvernantes et les garçons rapidement envoyés en pension. La petite Helen Beatrix souffre d'une profonde solitude, à peine comblée par un environnement propice aux activités artistiques. Lorsque son frère, Bertram, qui avait six ans de moins qu’elle, était à l’école, les seuls compagnons de la petite fille étaient ses animaux, hébergés dans sa salle d’étude (des lapins, des grenouilles et même une chauve-souris). Elle aimait les observer et les dessiner.

Son père est un photographe amateur, féru d'art, qui emmène sa fille et son fils Bertram aux expositions de la Royal Academy. Le peintre préraphaélite John Millais est un ami de la famille. Beatrix est littéralement en adoration devant son tableau Ophelia qui est à ses yeux " la plus merveilleuse peinture du monde ".

Les mois d'été, la famille s'installe à Wray Castle, près d'Ambleside, le pays des lacs, au nord de l'Angleterre. C’est un véritable paradis pour la jeune fille qui trompe son ennui grâce à l'étude frénétique de la nature : herbier, collection de fossiles ou d'insectes. Tout lui est bon pour approfondir ses connaissances scientifiques. C'est également à Wray Castle qu'elle fait la rencontre, déterminante, du vicaire Hardwicke Rawnsley. Ce grand amoureux des lacs milite pour la protection de l'environnement et fondera en 1895 le National Trust. Il encourage son goût du dessin naturaliste et la pousse à fréquenter le British Museum.

Beatrix se passionne pour la mycologie. Pendant des années, elle récolte des spécimens, les dissèque, les dessine dans les moindres détails et développe bientôt une théorie sur la propagation des lichens. Soutenue par son oncle, le chimiste Sir Henry Enfield Roscoe, elle présente ses recherches aux botanistes des Jardins botaniques royaux de Kew. En pure perte. Elle est victime de l'ostracisme d'une communauté scientifique qui ne lui pardonne pas d'être une femme et la relègue au rang d'amateur. Maigre consolation : la Linnaean Society of London accepte de dévoiler ses travaux lors d'une conférence à laquelle, comble de l'ironie, elle n'aura pas, en tant que femme, le droit d'assister.

En 1890, sur le conseil d'un de ses amis, Canon Rawnsley, elle crée à partir de ses dessins d'animaux et de plantes ses premières cartes de vœux qui, à sa grande surprise, sont achetées par Hildesheimer & Faulkner en Allemagne. À la même époque, le fils de sa gouvernante attrappe la scarlatine. Pour accompagner sa convalescence, Beatrix lui compose l'histoire de quatre petits lapins nommés Flopsy, Mopsy, Cottontail, et Peter.

Il faudra attendre sept ans pour que cette histoire originale soit étoffée et devienne un véritable ouvrage illustré en noir et blanc. Aucun éditeur ne semble intéressé. Devant des refus successifs et parfois méprisants, Beatrix Potter choisit de publier elle-même un recueil qu'elle souhaite différent des livres d'enfants de l'époque, peu maniables. Elle opte pour un petit format (15 cm), un papier résistant et, surtout, des illustrations sur chaque page. Deux atouts les différencient des publications traditionnelles :

  • L'anthropomorphisme de ses personnages est contrebalancé par la précision anatomique de son trait. Ses lapins ressemblent à des lapins au poil près et se conduisent comme tels. Leurs rapports avec les humains ne sont jamais édulcorés. Ainsi, le père de Peter Rabbit finit ses jours dans une tourte cuisinée par Madame McGregor.

  • Son exigence du mot juste : convaincue que les enfants sont sensibles aux mots qu'ils apprennent, elle s'est toujours refusée à remplacer un terme, si difficile soit-il, par un autre, plus simple mais moins précis.

Ce premier tirage de 250 exemplaires est un véritable succès. Conan Doyle lui-même en achète pour ses enfants. Trois mois plus tard, Peter Rabbit est réédité à 250 exemplaires. Frederick Warne & Co., l’un des éditeurs qui l'avaient précédemment refusé, accepte de publier Peter Rabbit avec des illustrations en couleurs. En 1902, le livre paraît et, dans l'été de la même année, les premières copies "pirates" circulent aux États-Unis.

Beatrix Potter a 36 ans, vit toujours chez ses parents, mais gagne sa vie pour la première fois. C'est en 1905 qu'elle fait l'acquisition de sa première propriété située dans la région des lacs, la ferme de Hill Top, dans le village de Near Sawrey. Les bâtiments et la campagne alentour sont décrits dans ses histoires et quelques-unes de ses illustrations  montrent des scènes de cette contrée, pratiquement inchangée de nos jours.

Norman Warne fut son premier amour. Un des motifs qui va sceller leur amour est l’admiration sans borne que lui voue Norman. En parlant de ses animaux, il confie qu’ils sont "extraordinaires, charmants, magiques, magnifiquement dessinés". Les jeunes gens vont, ensemble, être les créateurs des livres pour enfants que nous connaissons. Et leur amour sera placé sous le signe des animaux : lorsqu’elle lui enverra des lettres, les animaux seront toujours présents, témoins de cet amour. Norman et Beatrix se ressemblent beaucoup : ils doivent tous les deux faire leurs preuves vis-à-vis de leur famille. Beatrix doit faire admettre à sa mère "qu’une célibataire de 32 ans à mieux à faire que prendre le thé et sourire à des propos stupides", tandis que Norman doit montrer à ses frères aînés qu’il peut travailler. À son contact, Beatrix va apprendre à danser ou plutôt apprendre à aimer un homme, et ce dernier va se libérer de l’emprise de ses frères en devenant un éditeur à part entière. Ils se fiancent en secret, mais malheureusement Norman décède quelques semaines plus tard.

Les dix années qui suivent verront la naissance de 23 albums. La famille de Peter Rabbit s'agrandit : Jeremy Fisher le Crapaud, Cecily Parsley, Miss Moppet et bien d'autres évoluent dans un univers souvent cruel, alors que leur auteur, reconnue, se délivre peu à peu de la tutelle pesante de ses parents.

En 1913, son mariage avec William Heelis signe l'arrêt de sa carrière littéraire. Madame Heelis est une femme différente de la jeune Potter. À 47 ans, aimée, accompagnée par un homme qui partage son amour de la nature, elle n'a plus besoin de son univers de papier pour meubler sa solitude. Elle abandonne progressivement Peter Rabbit pour se consacrer, avec son mari, à la vie rurale et à l'élevage des moutons.

À sa mort, le 22 décembre 1943, elle laisse au National Trust 14 fermes, 4 000 acres (16 km²) de terre, ses troupeaux de moutons Herdwick et, bien sûr, ses lapins, qui, affirmait-elle, étaient les descendants du véritable Peter Rabbit.

 

 

Hill Top sa maison.

 

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Beatrix a toujours aimé la Région des Lacs (Lake District) et ce depuis les vacances de son enfance et c'est grâce à l'argent obtenu avec le succès de son livre Pierre Lapin, qu'elle a pu s'offrir la ferme Hill Top dans le village de Sawrey.

Elle garda John Cannon, l'intendant agricole, et acheta tout de suite un troupeau de mouton Herdwick. Elle ne pouvait pas résider à plein temps dans sa nouvelle maison qu'elle aimait tant, car elle devait s'occuper de ses parents à Londres, mais c'était son premier pas vers l'indépendance et elle s'y rendait dès qu'elle le pouvait.

Depuis toujours Beatrix Potter été passionnée par les animaux, après son mariage avec William Heelis elle put s'installer à Lake District de manière permanente et se consacrer entièrement à l'agriculture.

Beatrix prit une part très active dans la conservation des fermes de la région du Lake District. Parée de ses sabots, de son châle et de sa vieille jupe de tweed, elle participait à la récolte du foin, pataugeait dans la boue pour dégager des évacuations et partait à la recherche des moutons perdus dans les landes. Elle se disait la plus heureuse des femmes quand elle était avec ses animaux dans sa ferme.

Avec Tom Storey, son berger, elle éleva des moutons Herdwick, une race rare et menacée, originaire de la région. Elle encouragea la relance de l'élevage de ce mouton dans toutes ses fermes et ses moutons gagnèrent la plupart des prix dans les expositions locales. En 1943, Beatrix est devenue la première femme élue Président de l'Association des Sélectionneurs de Mouton Herdwick, ce qui était un très grand honneur et un signe du haut respect dans la communauté agricole locale.

Beatrix Potter a utilisé sa ferme Hill Top comme décor pour plusieurs de ses contes. Le premier était le conte de Samuel le Moustachu, qu'elle écrivit en 1906 après avoir acheté la ferme. Ses vues préférées de sa nouvelle maison se trouvaient dans les contes de Sophie Canétang et Rebondi cochonnet; tandis que Tom Chaton et ses soeurs montaient sur le mur rocailleux au fond du jardin de Hill Top, alors que Gingembre et son épicerie se situaient dans le village de Sawrey. En 1947, le National Trust ouvrit sa maison au public et, depuis, la ferme Hill Top reçoit des milliers de visiteurs chaque années.

 

 

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Pour voir l'intérieur de la maison, feuilletez ce livre (les photogtraphies n'étant pas libre de droit).

Site du film Miss Potter, retraçant la vie de Beatrix.

L'univers de Beatrix Potter.

 

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12 octobre 2009

Louis Pergaud - Belmont

Biographie de Louis Pergaud.

 

Louis_Pergaud"Dire que, quand nous serons grands, nous serons peut-être aussi bêtes qu'eux !"

 

Le 22 janvier 1882, Louis Pergaud naît à Belmont, dans le département du Doubs, en Franche-Comté. Son père, Elie Pergaud, instituteur de la commune, a épousé quelques années auparavant Noémie Colette, fille de paysan. L’année suivante, un frère, Lucien Amédée, vient au monde à son tour et agrandit la famille. Les deux frères passeront les années qui suivent à jouir des plaisirs de la vie à la campagne : chasser en compagnie de leur père, pécher la truite dans le Dessoubre, rivaliser avec les bandes d’enfants des villages des environs… Autant de souvenirs qui alimenteront l’œuvre du futur écrivain.

En attendant, celui-ci obtient son certificat d’études, à l’âge de douze ans. A Orchamps-Vennes, lieu de l’examen, il est reçu premier sur les quatre-vingt cinq candidats présents, ce qui lui vaut les félicitations du jury. Mais à présent, Louis Pergaud doit quitter Belmont et sa famille pour entrer en pension à l’Ecole de l’Arsenal, à Besançon. Il loge néanmoins, non pas à l’internat, mais chez un ami de son père, concierge de l’hôtel de Ville. En 1897, Elie Pergaud est muté à Fallerans. Son fils Louis est reçu premier au concours d’entrée à l’Ecole Normale, au mois de juillet 1898. Deux années plus tard, l’adolescent apprend tour à tour le décès de son père, le 20 février 1900, puis de sa mère, le 21 mars suivant.

Recueilli avec son frère par leur oncle de Belmont, Louis Pergaud quitte l’Ecole Normale, le 30 juillet 1901. Le lauréat est troisième de sa promotion. Nommé à D’urnes, où il effectue donc sa première rentrée scolaire, il se lie avec une collègue d’un village voisin, La Barèche. Les deux enseignants se marient en 1903. L’année suivante, au mois d’avril, l’instituteur fait paraître un premier recueil de ses poésies, "L’Aube". Sans grand succès. Les relations dans le ménage Pergaud se tendent, d’autant plus qu’une enfant, prénommée Gisèle, qui naît le 16 août 1903, décède quelques mois plus tard. Sa vie professionnelle se fait également plus conflictuelle, avec la population locale notamment. C’est que les tensions sont vives en ce début de siècle entre l’Eglise et l’Ecole républicaine. Louis Pergaud quitte son poste et se voit attribué celui du village de Landresse.

Partagé entre sa passion pour la chasse et la compagnie du cordonnier de la commune, Jules Duboz, l’instituteur quitte néanmoins cette existence qui ne le satisfait point et rejoint à Paris son ami, Léon Deubel, au cours de l’été 1907. Delphine Duboz, la fille de l’artisan, est sa nouvelle compagne. Employé à la Compagnie des Eaux, Louis Pergaud ne tarde pas à se faire connaître des milieux littéraires parisiens grâce à la publication de son deuxième recueil de poésies, "L’Herbe d’Avril", dans le journal Le Beffroi. Encouragé par celle qui devient son épouse, au mois de juillet 1910, l’écrivain, redevenu enseignant, se consacre à présent à la prose et au récit animalier. Ses souvenirs alimentent sa plume et, au mois d’août 1910, le Mercure de France fait paraître son premier roman, "De Goupil à Margot".

Le 8 décembre 1910, le prix Goncourt, huitième du nom, lui est attribué et, avec la gloire littéraire, la somme de 5.000 francs lui est remise. L’ouvrage connaît le succès auprès du public et son auteur multiplie dans les années qui suivent les nouvelles publications : "La Revanche du Corbeau" en 1911, "La Guerre des Boutons" en 1912, "Le Roman de Miraut" en 1913… Au début de l’été 1914, l’écrivain remet un nouveau manuscrit à son éditeur, celui d’un recueil de nouvelles, "Les Rustiques", ayant toujours pour cadre la vie des campagnes, le monde animalier. Quelques jours plus tard cependant, la guerre est déclarée par la France de la Troisième République au IIème Reich de l’Empereur Guillaume II.

Le 3 août 1914, le sergent Louis Pergaud, après avoir reçu son ordre d'affectation, rejoint son régiment, le 166ème d'infanterie, où il est accueilli avec le grade de sergent. Au mois d'octobre enfin, il est au front, dans la région de la Woëvre. La violence des combats, la mortalité chez les soldats mobilisés, cette guerre nouvelle de tranchée… tout cela le bouleverse et l’écrivain se promet d’en témoigner dans un futur ouvrage de souvenirs. Il continue de correspondre avec son épouse, sa famille, ses amis. A l’un d’entre eux, au mois de mars 1915, le sous-lieutenant Pergaud confie ainsi : "Notre 166ème est un régiment des plus solides et des plus vaillants : ça été un des piliers de la défense de Verdun. On y trouve pas mal de Parisiens, des gens de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle, et beaucoup de mineurs du Nord et du Pas-de-Calais. Ce sont de vrais poilus qui ont du mordant, de l’entrain et de l’esprit parfois, souvent même".

Son régiment appartient au début du conflit au groupe de Verdun, la 132ème Division d’Infanterie - la Division de Marche de Verdun ou Division de Morlaincourt - , est affectée à la défense de la forteresse de Verdun. Au soir du 7 avril 1915, à Fresnes, l’officier Pergaud reçoit l’ordre d’attaquer la côte 233 de Marchéville, dans la nuit, à 2 heures du matin. A la tête de ses hommes, sous une pluie battante, il quitte ainsi la tranchée de départ, franchit deux rangs de fils barbelés et arrive en face des lignes ennemies. Là, les assaillants sont accueillis par un feu nourri.Louis Pergaud, blessé - au pied peut-être -, demande alors à ses soldats de poursuivre l’offensive. Alors que le jour se lève, les rescapés français se replient vers leur ligne, Louis Pergaud ne reparaissant pas à leurs côtés. Comme beaucoup d’autres de ses frères d’armes, l’officier est alors porté disparu. Il avait trente-trois ans et naissait alors à la vie littéraire.

 

Belmont sa maison natale.

 

 

Le 29 novembre 1879, Elie Pergaud, instituteur à Belmont (Doubs) depuis 1877, épouse Noémie Collette, fille de fermiers dans la même commune. Très rapidement, un garçon viendra égayer le foyer : Pierre Amédée voit le jour le 9 août 1880. Malheureusement, il décédera le 5 octobre suivant. Sa mère le pleure longtemps. Mais, le 22 janvier 1882, une nouvelle naissance apporte une certaine consolation : Louis Emile Vincent respire pour la première fois l’air de la Comté. Son père a 30 ans, sa mère 32. Le 18 octobre 1883, un autre fils, Lucien Amédée, complète le foyer Pergaud. Deux enfants solides, une mère pleine d’affection, un père qui les ouvre à la vie, à la nature : la famille savoure son bonheur. Louis fera ses premiers pas dans ce village. Souvent, il traversera le chemin pour rejoindre, juste en face de l’école, ses grands-parents maternels. Et puis, il y aura les prés, les champs, les bois, les bêtes, la vie rurale et ses enchantements.

Mais en février 1889, Elie Pergaud est muté. Instituteur de la nouvelle Ecole Laïque, il est victime du rejet de la République par la population locale. Toute la famille ira donc à Nans-sous-Sainte-Anne. Louis Pergaud quitte à 7 ans le berceau de sa première enfance. Premier profond chagrin : les grands-parents s’éloignent. Son petit coin de terre comtoise, exploré avec tant d’émerveillement, se dérobe. Transplantée, la famille Pergaud aura du mal à s’adapter à sa nouvelle résidence. Une page se tourne.

 

Depuis 1989 un musée est dédié à "l’enfant du pays". Installé dans une maison, autrefois presbytère, il rend hommage à l’auteur de "De Goupil à Margot", ouvrage pour lequel Louis Pergaud reçoit, en 1910, le prix Goncourt. Ses autres oeuvres s’enchaînent à un rythme soutenu, dont La Guerre des Boutons en 1912. La prose magique et hilarante de cette oeuvre est empreinte de nostalgie. Pergaud écrit son roman à Paris, 3 rue Marguerin, en se remémorant son enfance à Belmont et ses années d’instituteur à Durnes et Landresse. Il décrit cette "grande guerre" des enfants et ignore qu’aura bientôt lieu celle des adultes, à laquelle il partira en vaillant républicain. Le musée de Belmont a accueilli plus de 45 000 visiteurs depuis sa création.

 

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