29 janvier 2009

Bram Stoker - Dublin et Londres

Biographie de Bram Stoker.

 

Bram_Stoker"Il est des mystères que l’on peut à peine imaginer, et que l’on ne résoudra qu’en partie".

 

Bram Stoker naît le 8 novembre 1847, à Dublin, en Irlande, au sein d’une famille protestante appartenant aux classes moyennes. Sa mère est très impliquée dans les actions charitables de la ville. Elle s’occupe de l’éducation de l’enfant, l’initiant notamment à la lecture. Son père est fonctionnaire, un avenir professionnel auquel il destine également son fils unique. Après une scolarité perturbée par de nombreux problèmes de santé, celui-ci entre au Trinity College de Dublin, au mois de novembre 1864. L’adolescent se prend de passion pour le sport et les activités physiques, alors en vogue dans les établissements britanniques. Bram Stoker se plonge aussi dans le monde des lettres. La poésie, celle de l’américain Walt Whitman, ou le théâtre notamment. C’est d’ailleurs dans cette voie qu’il se dirige après avoir été diplômé de l’Université de Dublin en 1867, en ayant reçu à cette occasion les Honours en mathématiques.

Devenu fonctionnaire au Dublin Castle, Bram Stoker s’investit dans les activités de plume. En 1873, il se voit ainsi proposer le poste de rédacteur en chef d’un nouveau journal, The Irish Echo. Celui-ci fait faillite dès l’année suivante. Au cours de ces années, paraît son premier ouvrage, "The Chain of Destiny". Celui-ci appartient déjà au genre de l’étrange. Stoker se fait ensuite essayiste et critique dramatique, livrant quelques articles à d’autres feuilles irlandaises, le Dublin's Evening Mail notamment. En 1876, ceci lui offre l’opportunité de rencontrer Sir Henry Irving, l’un des grands acteurs shakespeariens de l’époque, que Stoker avait admiré dans sa jeunesse. Ce dernier se prend d’affection pour le jeune homme, qui quitte bientôt son poste d’employé de bureau dans l’administration pour se mettre au service du comédien.

En sa compagnie, Bram Stoker effectue un voyage en Angleterre en 1878. A Londres, Irving vient en effet de faire l’acquisition du Lyceum Theatre. Il en offre la direction à celui qui était son secrétaire depuis quelques mois. La même année, celui-ci fait la rencontre d’une jeune actrice de dix-neuf ans, Florence Balcombe, alors dans l’entourage du comédien de renom. Stoker l’épouse au mois de décembre 1878. Le couple aura un enfant, Noël, qui naît l’année suivante. En 1882, paraît "Under the Sunset", la nouvelle œuvre de Bram Stoker, qui se destine d’ailleurs à un tout autre public. Il s’agit en effet d’un recueil de contes pour enfants. Tout entier à sa tache, le directeur du London Lyceum Theatre effectue plusieurs voyages aux États-Unis en compagnie de la troupe du théâtre. A cette occasion, il fait la rencontre de Walt Whitman.

Dès 1890, Bram Stoker se consacre à la rédaction d’un roman dédié au vampirisme. C’est dans son entourage qu’il puise son inspiration. L’écrivain est depuis quelque temps membre de la Golden Dawn in the Outer, une société secrète fondée en 1887. Versés dans l’ésotérisme, ses membres cultivent les sciences occultes et la magie, se réclamant notamment de l’héritage rosicrucien. "Dracula" paraît enfin le 26 mai 1897. L’œuvre est aussitôt adaptée au théâtre par son auteur afin d’établir officiellement un copyright la protégeant. Le roman de Bram Stoker est en effet un grand succès de librairie, que confirment dans les années qui suivent de multiples rééditions. Le nom de son auteur devient inséparable du comte Dracula, le vampire. Ce dernier est un mort qui quitte son tombeau la nuit pour se nourrir de sang, la force vitale des vivants. Il puise celui-ci à même la source, en plongeant ses dents acérées dans le cou de ses victimes, les liant ainsi définitivement à lui. Ce baiser à la fois cruel et sensuel du vampire a d’ailleurs inspiré de nombreux cinéastes.

C’est en Roumanie, dans le château du monstre, qu’un jeune clerc de notaire, Jonathan Parker, fait sa connaissance. Le comte a fait l’acquisition d’un appartement à Londres. Ayant fait le trajet dans son cercueil, c’est dans la plus grande ville du monde, autrement dit dans l’anonymat le plus complet, que le vampire compte exercer ses méfaits. Cependant Dracula trouvera en la personne du docteur Van Helsing un adversaire à sa taille. L’illustre homme de sciences identifie les victimes du monstre ainsi deviné. Pourchassé, le comte doit se réfugier dans son repaire au beau milieu des Carpates, avant d’être définitivement vaincu. Au cours de ces aventures, on prend connaissance des mérites de l’eau bénite ou de la croix, ces symboles religieux ayant la vertu de repousser le vampire. L’ail également. Ce dernier ne peut sortir parmi les Hommes que la nuit venue. C’est qu’il doit éviter la lumière du jour, de même que les miroirs.

Dans les années qui suivent la publication de son chef d’œuvre, l’auteur de "Dracula" poursuit sa carrière littéraire. Paraissent "Miss Beauty" en 1898, "The Mystery of the Sea" en 1902, "The Jewel of the Seven Stars" l’année suivante, "The Man" en 1905 et enfin "Lady of the Should" en 1909, des romans de style gothique de moindre envergure. Très affecté par la disparition de Sir Henry Irving en 1905, Bram Stoker décède à Londres, le 20 avril 1912, à l’âge de soixante-quatre ans.


Ses maisons à Dublin puis Londres.

 

Bram Stoker, fonctionnaire au Dublin Castle, où son père avait aussi travaillé, assure par ailleurs une chronique théâtrale au Dublin Mail. Séduit par le talent de l'acteur Henry Irving, en tournée à Dublin en 1876, il lui consacre des articles élogieux qui marquent le début d'un très longue amitié. En 1878, Stoker rédige "The Duties of Clerks of Petty Sessions in Ireland" qui devient un ouvrage de référence. Il épouse Florence Balcombe, également courtisée par Oscar Wilde.

C'est à ce moment là que le couple part pour Londres, où à la demande d'Irving, Stoker devient administrateur du Lyceum Theater, charge qu'il honorera pendant 27 ans. Il consacre toute son énergie à sa tâche, et se trouve plongé au milieu d'une vie brillante. Dans sa belle maison de Cheyne Walk, en fac du parc de Battersea, il reçoit Rosseti, Oscar Wilde,George Elliot, James Abbott McNeill Whistler et Sir Arthur Conan Doyle.

Au Lyceum Theater, il cumule alors les postes de gestionnaire, directeur artistique, costumier, chef décorateur sans oublier le recrutement des comédiens et le calendrier des tournées. Malgré un emploi du temps surchargé, il signe des nouvelles fantastiques, genre qu’il affectionne tout particulièrement en souvenir des histoires entendues durant son enfance.

Son goût pour l’étrange le pousse à rejoindre la "Compagnie des Beefstaeks", un groupe d’amateurs d’histoires insolites se réunissant toutes les semaines au Lyceum Theatre. Il y fait la connaissance du docteur Arminius Vambery, professeur de langues orientales à l’université de Budapest. Passionné de surnaturel et de folklore, il relate à Stoker diverses légendes d’Europe centrale, notamment celle concernant le mythe entourant Vlad Tepes III surnommé l’Empaleur. Fasciné par ses récits, Stoker entame des recherches pharaoniques sur le sujet, avec une prédilection pour l’ésotérisme.

C’est à cette époque qu’il intègre la fameuse société secrète "Golden Dawn" fondée en 1888 par le révérend Woodford, le docteur Westcott, William Woodman et Samuel Mathers avec pour but l’étude et l’enseignement des sciences occultes. Il y croise l’occultiste Alister Crowley, le poète William Butler Yeats, l’actrice Florence Farr ou encore l’écrivain Arthur Machen. Durant plus de dix ans, Stoker accumule les notes, s’abreuve de récits souvent farfelus ou romancés, et s’imprègne de tout ce qui compose cet univers trouble.

 

 

Lorsqu'en 1898 il publie "Dracula" sur lequel il travaillait depuis plusieurs années, le succès est immense et Wilde qui en 1890 avait donné au genre fantastique l'un de ses chefs d'oeuvre; "The Picture of Dorian Gray" y voit "le plus beau roman du siècle".

 

 

 

Irving étant mort en 1905, Stoker rédige alors deux volumes de mémoires intitulés "Personnal Reminiscences of Henry Irving" qui montrent à quel point il idôlatrait celui-ci.

En 1912, une néphrite chronique aura raison de la robuste constitution d'un homme en qui le Times verra "un écrivain flamboyant".

Les maisons où il vécut ne se visitent pas, de simples plaques commémoratives permettent de suivre le parcours de l'écrivain.

 

 

Sa maison à Dublin.

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Première édition de Dracula au Writter's Museum de Dublin.

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Sa maison à Londres.

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Le Lyceum Theater à Londres.

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18 janvier 2009

Robert Frost - Ripton Vermont

Biographie de Robert Frost.

 

 

Robert_Frost"Le bonheur compense en intensité ce qui lui manque en durée". 

 

Les meilleurs critiques américains s'accordent à reconnaître que Robert Frost occupe, aux côtés de T. S. Eliot, une place centrale dans la poésie américaine du XXe siècle. On lui reproche parfois le caractère exclusivement champêtre de son œuvre, qui semble condamner toute notre civilisation. Il n'en est pas moins poète, parce qu'il a tenté de communiquer avec sincérité, d'une manière à la fois lyrique et impersonnelle, l'émerveillement qu'il éprouvait à vivre.

 

Il est le seul poète américain à obtenir quatre fois le prix Pulitzer.

 

Ce poète de la Nouvelle-Angleterre est né à San Francisco, le 26 mars 1874, et a passé en Californie les dix premières années de sa vie. À la mort de son père, journaliste politique passionné, il fut ramené par sa mère, qui était institutrice, dans la Nouvelle-Angleterre de ses ancêtres. Il y fit de très bonnes études secondaires et, après avoir enseigné pendant quelque temps dans une école primaire, il suivit des cours de latin, de grec et de philosophie à l'université Harvard. Il en partit sans diplôme au bout de deux ans et essaya alors, sans grand succès, de gagner sa vie comme fermier. Il lui fallut redevenir instituteur, mais sa vocation, depuis son adolescence, était d'être poète. Aussi, en 1912, à trente-huit ans, las d'enseigner, de végéter et d'être incompris dans son pays, il rompit avec son passé et s'installa en Angleterre avec sa femme et ses quatre enfants, dans une petite ferme du Buckinghamshire, puis dans le Gloucestershire. Pour la première fois de sa vie, il y rencontra des poètes tels que Lascelles Abercrombie, W. W. Gibson, Rupert Brooke, Edward Thomas. Encouragé par eux, il publia en 1913 à Londres son premier recueil, "A Boy's Will" (Ce que veut un garçon), qui fut très favorablement accueilli par les critiques anglais. L'année suivante, "North of Boston" (Au nord de Boston) eut encore plus de succès que le précédent recueil.

 

La guerre ayant dispersé ses amis anglais, il rentra aux États-Unis au début de 1915. Il en était parti inconnu, faisant même figure de raté aux yeux des siens. Il y revenait célèbre. "North of Boston" était presque devenu un best-seller. Tout autre aurait été grisé et se serait fait une situation à New York : Frost acheta une ferme à Franconia dans le New Hampshire, puis plus tard à Ripton dans le Vermont. Enfin, il partageait son temps entre ses fermes et les universités où on l'invitait à venir lire ses poèmes ou donner des cours de littérature, ce qu'il fit très régulièrement à Amherst et occasionnellement à Dartmouth et à Harvard. Il n'enseignait pas vraiment : sa fonction était de faire sentir aux étudiants ce qu'est la poésie. Il se définissait lui-même comme "une sorte de radiateur poétique" et comme "un professeur d'oisiveté".

 

Son éditeur aurait aimé qu'il lui remît chaque année le manuscrit d'un nouveau livre ; mais Frost ne voulait pas être une "usine d'automobiles" et il se contenta de faire paraître un recueil tous les cinq ou six ans : "Mountain Interval" (Entre les monts), 1916, dont le titre évoque sa ferme de Franconia, New Hampshire (1923), "West-Running Brook" (Le Ruisseau qui coule vers l'ouest), 1928, "A Witness Tree" (Un arbre témoin), 1942, "A Masque of Reason" (Masque de la raison), 1945, où il fait dialoguer Dieu, Job et Satan, et qui sera suivi de "A Masque of Mercy" (Masque de la miséricorde), 1947, où il met en scène un libraire, Jonas et saint Paul, enfin "Steeple-Bush" (1947), du nom d'une fleur de Nouvelle-Angleterre qui ressemble à la reine-des-prés. Aux poèmes lyriques et narratifs de ses débuts, qui répondaient à des émotions réellement ressenties, succédèrent peu à peu des œuvres composées et souvent spirituelles. Ce qui ne l'empêche pas d'être inspiré jusqu'au bout, comme en témoigne son dernier recueil, "In the Clearing" (Dans la clairière), 1962.

 

Poète limpide, apparemment sans mystère, il fut populaire et très fêté. Il devint en quelque sorte le poète lauréat des États-Unis, et, lorsqu'il mourut à Boston, le 29 janvier 1963, il était au comble de la gloire.

 

Poète de la Nouvelle-Angleterre, et non pas de tous les États-Unis, il a chanté la vie rude de cette région, les hivers interminables et la solitude oppressante des fermes perdues dans la montagne, mais aussi le soudain réveil de la nature au printemps et les joies que procurent les travaux des champs. Sans tomber cependant dans le régionalisme : il s'est lui-même proclamé "universalist"; son sujet n'est pas le fermier de Nouvelle-Angleterre, mais l'homme face au monde. Ses poèmes sont des métaphores, ou des "synecdoques", disait-il. Chacun d'eux est "une partie prise pour le tout", un fragment du puzzle universel dont le poète essaie de reconstituer le dessin.

 

Il n'écrivait pas par jeu, mais pour voir plus clair en lui-même et dans le chaos du monde. "Tout poème clarifie quelque chose". Par "clarifier", il entendait "faire prendre conscience" d'horizons infinis sans donner pour autant dans le mysticisme ou la sentimentalité. Il ne s'apitoie jamais sur l'homme ni ne se lamente sur son insignifiance. Mais son stoïcisme n'exclut pas l'angoisse. Pour lui, comme pour les plus désespérés des poètes, la vie peut-être débouche sur le néant ou l'absurde plutôt que sur Dieu et l'harmonie, mais ironie et humour à tout moment freinent ses envolées lyriques et l'empêchent de sombrer dans le désespoir. Toute son œuvre mériterait le titre d'un de ses poèmes : "Feu et Glace". Un feu caché y couve ; la glace de son scepticisme ne l'empêche pas de promener sur le monde un regard curieux et de décrire avec amour le décor dans lequel évoluent ces étranges créatures qu'on appelle les hommes et qui ne savent pas très bien ce qu'elles font là. Ses poèmes commencent par l'émotion (begin in delight) et s'achèvent par la sagesse (end in wisdom).

 

Homer Noble Farm sa maison à Ripton dans le Vermont.

 

 

 

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Robert Frost a acheté cette ferme un an avant le décès de sa femme en 1938, afin d'avoir un pied à terre dans le Vermont car il enseignait la poésie à la "Bread Loaf School of English of Middlebury College".

La propriété est composée d'un large corps de ferme et d'une grange.

 

De nos jours, la propriété appartient au Middlebury College, le corps de ferme est utilisé par les enseignants.

 

Robert Frost utilisait la petite grange située sur une petite colline un peu à l'écart du bâtiment principal. C'est là qu'il écrivait. Il aimait aussi recevoir dans cette grange, ses amis et ses admirateurs pour de longues discussions qui finissaient tard dans la nuit. Plusieurs de ses amis, dont Peter Stanlis, Reginald Cook et Larry Thompson, ont mentionné cette grange dans leurs écrits.

 

De nos jours, cet endroit fragile, n'est ouvert que pour de grandes occasions.

 

Les conférences de la Bread Loaf Writter's qui ont commencé dans les années 20, ont toujours lieu de nos jours. En 1999, à l'occasion du 125ème anniversaire du poète, un grand rassemblement d'universitaires, d'amis de Robert Frost a eu lieu pendant trois jours à la Homer Noble Farm.

 

Ce lieu de mémoire a été saccagé le 31 décembre 2007 :

 

 

"Le sergent Lee Hodsen a déclaré qu'une cinquantaine de personnes devait se trouver sur les lieux durant cette soirée improvisée.

 

Ayant fracturé un carreau pour entrer, tables et chaises ont été brisées pour faire le ménage par le chaos. Appareils ménagers, plats, meubles en osier et buffets ont subi également les foudres des jeunes frigorifiés, qui auront mis le feu à tout ce bois pour se réchauffer, le bâtiment n'étant pas chauffé.

 

Autre détail fort agréable, des bouteilles de bière et des canettes vides, autant que des gobelets en plastiques jonchaient le sol. On appréciera leur degré d'alcoolémie en notant qu'ils ont vomi dans le salon...

 

Aucune arrestation à ce jour, même si la traque s'est organisée. Les dégâts n'ont de fait été constatés que plusieurs jours après par un randonneur. Il a ensuite averti la police de Middlebury College, chargée de la surveillance du site".

Le 18 janvier 2008, vingt-huit personnes ont été interpellées et reconnues coupable d'avoir participé à ce saccage.

 

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Dégats causés par une surpise partie sauvage le 31 décembre 2007

 

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The Friends of Robert Frost.

Une promenade avec Robert Frost (1955).

 

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15 décembre 2008

Alfred Jarry - Corbeil

Biographie d'Alfred Jarry.

 

Alfred_Jarry"L'oubli est la condition indispensable de la mémoire".

 

Alfred Jarry naît à Laval le 8 septembre 1873. Il est issu d’une famille de la bourgeoisie locale ; son père est négociant en tissu et sa mère la fille d’un juge de paix. Les Jarry possèdent d’ailleurs quelques biens, des maisons louées dans la ville, qui leur assurent de confortables revenus. L’enfant, baptisé sur le tard, le 8 juin 1874, entre au mois de mai 1878 au petit lycée de Laval. Il y est scolarisé jusqu’au mois de juillet 1879, année où Anselme Jarry connaît d’importants revers de fortune. Sa mère, Caroline Quernest, choisit de s’éloigner de son mari et rejoint sa Bretagne natale. Elle s’installe auprès du grand-père d’Alfred, à Saint-Brieuc. L’enfant poursuit alors ses études au lycée de la ville.

C’est en 1885 qu’Alfred Jarry rédige ses premiers textes, des comédies en vers et en prose, réunis avec soin par l’écrivain dans un dossier intitulé "Ontogénie". S’il se prend de passion pour ces activités littéraires, Alfred Jarry ne néglige pourtant pas ses cours. Il est d’ailleurs un élève brillant, qui obtient de nombreux prix dans les années qui suivent, notamment en composition française et en langues latine et grecque. L’entrée au lycée de Rennes où sa mère s’est installée à partir du mois d’octobre 1888 ne nuit en rien à ces excellents résultats.

Maintenant en Première, Alfred Jarry se lie d’amitié avec un élève de sa classe, Henri Morin, dont la grande occupation est de brocarder Monsieur Hébert, professeur de sciences physiques, à qui il décerne des surnoms imagés : Père Heb, Ebon… A cette époque, ce dernier a déjà rédigé une pièce intitulée "Les Polonais", dont le Père Hébert est le héros. Celle-ci est bientôt jouée, au mois de décembre 1888, chez les Morin. Jarry signe à cette occasion les décors qui situent les ébats des personnages. L’année suivante, il accède au mois d’octobre à la classe de philosophie puis obtient en 1890 le Baccalauréat. Alors que "Les Polonais" sont de nouveau joués, cette fois-ci rue Belair, chez les Jarry, Alfred entre en rhétorique supérieure au Lycée de Rennes.

Au mois de juin 1891, la famille Jarry s’installe à Paris, au n°11 de la rue Cujas. Après avoir échoué au concours d’entrée à l’École normale supérieure, l’adolescent poursuit sa classe de rhétorique supérieure au Lycée Henri IV. Il a alors pour professeur de philosophie Henri Bergson. Un nouvel échec au mois de juin 1892 lui impose une nouvelle année préparatoire. La même année, Alfred Jarry choisit de loger au n°84 du boulevard de Port-Royal. En 1893 paraissent ses premiers textes dans la presse parisienne, dans les colonnes de L’Écho de Paris littéraire et illustré notamment. Il collabore aussi à L’Art littéraire. A cette époque et en compagnie de son ami Léon-Paul Fargue, le jeune homme fréquente assidûment les galeries d’art et les théâtres. Déclaré éliminé par le jury de la licence es lettres le 13 mars 1894, il se décide alors à mettre un terme à ses études.

Alfred Jarry est maintenant un familier des milieux littéraires et artistiques. Actionnaire des éditions du Mercure de France, on le rencontre chez le poète Stéphane Mallarmé, lors des "mardis" de la rue de Rome. Au mois de juin 1894, il rend visite à Pont-Aven au peintre Paul Gauguin. De retour à Paris pendant l’été, Alfred Jarry loue un appartement au n°162 du boulevard Saint-Germain. Avec l’aide de Rémy de Gourmont, il fonde au mois d’octobre 1894 une revue d’estampes, L’Imagier. Quelques mois plus tard cependant, le 13 novembre, Alfred Jarry est incorporé au 101ème régiment d’infanterie à Laval. Ce service militaire, qui doit en théorie durer trois années, lui laisse néanmoins beaucoup de temps libre. Aussi se consacre t-il dans les mois qui suivent à la liquidation des biens familiaux, après la mort de son père survenue le 18 août 1895. Ces opérations financières laissent à Alfred Jarry et à sa sœur Charlotte de confortables revenus. Hospitalisé à l’hôpital du Val-de-Grâce au mois de décembre 1895, le conscrit en sort quelques temps plus tard réformé pour une lithiase biliaire chronique.

Le 11 juin 1896 est enfin publié "Ubu roi" aux éditions du Mercure de France. L’œuvre est saluée par Émile Verhaeren dans l’Art moderne. Quelques temps auparavant, Alfred Jarry avait été nommé secrétaire du Théâtre de l’Oeuvre. C’est à l’intérieur de ses murs qu’il prépare la mise en scène de sa pièce. La première a lieu le 10 décembre 1896. "Ubu roi" fait scandale et la presse se déchaîne contre son auteur, qui ne s’attendait d’ailleurs pas à ce que la représentation aille à son terme. Celui-ci règle bientôt ses comptes avec la critique. Le 1er janvier 1897, est ainsi publié le texte d’une conférence intitulée "Questions de théâtre". Cependant, Alfred Jarry, qui a dilapidé en quelques mois l’héritage paternel, connaît maintenant la gêne financière. Il quitte son logement du boulevard Saint-Germain et est hébergé avenue du Maine par le Douanier Rousseau. Le peintre lui offre l’hospitalité pendant quelques temps, avant qu’il ne s’installe dans une mansarde au n°7 de la rue Cassette.

Le 20 janvier 1898, "Ubu roi" est de nouveau créé au Théâtre des Pantins, avec des marionnettes de Pierre Bonnard, Jarry se réservant celle qui représente le Père Ubu. Au mois de décembre suivant, un "Almanach du Père Ubu illustré" est également publié. Avec ses amis, en compagnie de Pierre Quillart notamment, l’écrivain loue la même année une villa à Corbeil, au n°19 du quai de l’Apport. Ce Phalanstère, suivant le mot de Jarry, est cependant dissout au mois de janvier 1899, la propriétaire inquiète pour le devenir de son bien exerçant son droit de contrainte. Le petit groupe s’installe alors dans une autre demeure, située à La Frette. C’est là que l’écrivain achève "Ubu enchaîné", au mois de septembre de la même année. A cette époque, Alfred Jarry se consacre également à l’élaboration de quelques traductions, à la rédaction de livrets d’opéras bouffes.

Il fait aussi paraître "Messaline" au mois de janvier 1901. Grâce à une collaboration régulière avec La Revue blanche, pour laquelle il livre une abondante critique livresque et théâtrale, Jarry dispose maintenant de davantage de ressources financières. Au mois de mai 1901, l’écrivain prononce une conférence intitulé "Le Temps dans l’art" au Salon des Indépendants. Au Cabaret des 4-z’Arts, boulevard de Clichy, est représentée la suite des aventures du Père Ubu, intitulée "Ubu sur la butte", à la fin de la même année. Alfred Jarry fait publier au mois de mai 1902 "Le Surmâle". L’année suivante, il participe avec assiduité à la rédaction du Canard sauvage, dirigé par Franc-Nohain. A cette époque, l’écrivain fréquente toujours la bohème artistique de la capitale. Ces derniers temps, il s’est ainsi lié au poète Guillaume Apollinaire, à Pierre Mac Orlan et au peintre Pablo Picasso. Jarry multiplie aussi les séjours chez ses amis les Demolder, demeurant aux Bas-Vignon, dans la commune du Plessis-Chenet, au bord de la Seine. En 1905, il achète non loin de chez eux quelques parcelles de terrain où sera bientôt installé le Tripode, une baraque de bois destinée à le loger.

Alfred Jarry cependant souffre de plus en plus de problèmes de santé. Atteint de la tuberculose, il rejoint sa sœur à Laval au printemps 1906 et reçoit alors des soins suivant l’avis insistant de cette dernière. De retour à Paris, ses amis, Charles Valette et Octave Mirbeau notamment, se mobilisent pour lui apporter leur aide financière. Jarry est en effet dans le dénuement le plus complet. Son propriétaire de la rue Cassette menace d’ailleurs de lui donner congé. L’écrivain lance alors chez l’éditeur Sansot une collection de "Théâtre mirlitonesque", qui doit réunir les différentes pièces où apparaît sa plus célèbre création, le "Père Ubu". Poursuivit par les créanciers, il travaille également l’année suivante à une nouvelle œuvre, "Le Moutardier du pape". Sans nouvelle de son ami depuis quelques jours, Valette se rend le 29 octobre 1907 au domicile parisien d’Alfred Jarry. Affaibli, celui-ci est incapable de lui ouvrir la porte. Un serrurier appelé sur les lieux intervient alors. L’écrivain est aussitôt transporté à l’hôpital de la Charité où il décède le 1er novembre 1907 d’une méningite tuberculeuse.



Ses maisons à Corbeil.

 

 

Le jeune Alfred Jarry qui débarque à Corbeil au printemps 1898 n'est pas un débutant du monde des lettres. Il a déjà donné des preuves de son talent original et il a sa place parmi les écrivains de son époque, celle du symbolisme.

Jarry, et cinq de ses amis dont les deux Vallette, louent pour l'année une maison à Corbeil, pour écrire et se reposer, au bord de la Seine, au numéro 19 du quai de l'Apport.

Ce secteur du val de Seine était alors prisé par un certain nombre de gens de lettres qui y avaient une résidence. On y notait deux pôles: la forêt de Sénart où on trouvait Alphonse Daudet à Champrosay, Nadar à l'ermitage de Sénart, Demolder-Rops, illustrateur de Baudelaire, à Essonnes; et la forêt de Fontainebleau, avec les Goncourt à Barbizon, Mallarmé à Valvins, Mirbeau à Veneux-Nadon, Pierre Louÿs et quelques autres à Montigny-Marlotte. Tous étaient liés et se recevaient entre eux. La région était devenue une colonie littéraire.

La maison du quai de l'Apport, élue par les amis, existe encore, inchangée, à Corbeil. Attenante à une autre, en tout sa semblable, un peu en retrait de la rue dans son jardin et derrière sa grille, elle comprend un rez-de-chaussée, un étage et un comble. Seul a disparu le hangar à bateaux à droite, à la suite du percement d'un nouvel accès aux Grands Moulins de Corbeil qui sont sur l'arrière.

Si Jarry profite de cette maison des bords de Seine pour travailler à ses "Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien" et à son "Almanach du Père Ubu", ce cadre bucolique va lui permettre de donner cours à sa fantaisie et ce, quelle que soit l'activité pratiquée.

Jarry est un cycliste passionné et c'est sur sa machine, achetée mais non payée, qu'il se fait photographier devant le "Phalanstère" , nom donné à la petite commune corbeilloise. Les "cycleries" sont fréquentes, en groupe ou en solitaire, quand il doit se rendre chez son éditeur parisien, Jarry n'emprunte que son vélo. Mais il possède aussi "un as", longue périssoire à un seul rameur, aussi nommé "noie chretien" qu'il met à l'eau à tout propos. Promenades, mais aussi pêches sur la Seine, il traque ainsi le "gros pohasson", de préférence en aval de Corbeil, au lieu-dit "les Iles", grâce aux asticots qu'il commande à un fournisseur local, qui livre parfois par erreur, la marchandise chez son homonyme, le pharmacien Jarry dont le nom se lit encore sur une maison au fond de la place de la mairie.

Las des extravagances répétées de Jarry qui tire au revolver sur les oiseaux du jardin, effarouchant ses voisins au passage, le propriétaire met fin au séjour de la bande d'amis.

Il en fallait plus pour décourager notre homme, deux ans plus tard il est de retour à Corbeil. Il loue aux Dunou, qui tiennent un petit cabaret pour mariniers près du barrage du Coudray, un appentis adossé à une vieille remise. Rebaptisé très vite sa "chaumière" ou son "studio du barrage", l'appentis est régulièrement envahi par l'eau de la Seine l'hiver. Qu'importe, Jarry s'en sort en montant sur la table, mais les éclats de verre et les têtes de poissons jonchent le sol, et les rats menacent les pneus de sa bicyclette, le sol n'était balayé que par "celui qui souffle", le vent.

Il décide alors d'acheter, par devant notaire, un petit terrain pour y construire sa propre maison de vacances et commande au menuisier Dubois, une cabane de 3,50 m de côté montée sur quatre pieds, appelée le "Tripode". Sur un devis de mille deux cent vingt francs, il devait encore mille deux cent onze francs au menuisier le jour de son décès.

Alfred Jarry n'y est venu que de rares fois, sa mauvaise santé l'obligeant à se réfugier à Laval chez sa soeur et la cabane ayant été terminée dix huit mois avant sa mort.

Bien qu'éloigné de son cher Tripode, il y pensait constamment. Les fidèles Vallette surveillaient son petit bien. Après un dernier passage au Tripode en septembre-octobre 1906, il n'y revint plus et mourut à Paris à l'hôpital de la Charité le jour de la Toussaint 1907.

Ainsi s'en alla le pauvre petit père Ubu, Corbeillois d'adoption, étrange phalanstérien et propriétaire peu commun sur ces bords de Seine qu'il a tant aimés.

 

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08 décembre 2008

Franz Kafka - Prague

Biographie de Franz Kafka.

 

Franz_Kafka"On ne devrait lire que des livres qui nous piquent et nous mordent. Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d'un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ?"

 

Franz Kafka naît le 3 juillet 1883 à Prague, en Bohème. Le royaume est alors rattaché à la couronne autrichienne. Il est l’aîné des quatre enfants de la famille Kafka, et l’unique garçon. Ses deux frères, nés en 1885 et 1887, décèdent en bas âge. Sa mère, Julie Kafka, née Löwy, est issue d'une famille aisée de Juifs allemands, tandis que son père, Hermann Kafka, est originaire d'un milieu beaucoup plus modeste. D'abord marchand ambulant, celui-ci a ouvert à Prague un magasin de nouveautés, qui prospère à l’époque. Membre des classes moyennes, il ambitionne suivant son exemple que ses enfants s’élèvent dans la hiérarchie sociale et use parfois de  brutalité à leur encontre.

Le jeune Franz fréquente ainsi l'école primaire allemande, avant d’entrer en 1893 au lycée classique d'État de langue allemande, situé dans la Vieille Ville. L’établissement est d’ailleurs essentiellement fréquenté par des élèves issus de la bourgeoisie juive. En 1901, après avoir obtenu son diplôme de fin d’études secondaires, il commence sans enthousiasme des études de droit à l'université de Prague. Mais l’adolescent souffre de plus en plus de l’ambiance familiale, notamment des relations conflictuelles avec son père qui règne en patriarche chez les Kafka. Au mois de novembre 1919, Franz Kafka décrira le conflit qui le ronge sans parvenir à l’exorciser en rédigeant une "Lettre au père", que jamais il ne remettra à son destinataire. Tout oppose alors l’autorité paternelle et le fils. Ce dernier n’est que fragilité et interrogation. Il lui est impossible de répondre aux attentes de son père, qui lui mène la vie dure au sein du foyer. L’adolescent est davantage attiré par son oncle Siegfried Löwy, demi-frère de sa mère, médecin de campagne à Triesch et homme d’une grande culture. En 1904, il rédige d’ailleurs une première et longue nouvelle, "Description d'un combat".

Franz Kafka achève ses études supérieures en 1906, année où il est fait docteur en droit. Il effectue alors différents stages, chez un oncle avocat, puis dans deux tribunaux de Prague. Par la suite, il travaille quelque temps comme auxiliaire à la filiale praguoise des Assicurazioni Generali, une entreprise particulièrement dure avec ses employés, avant d'obtenir, le 30 juillet 1908, un poste plus tranquille à l’Institut d’assurances contre les accidents du travail, à Prague. Ses premiers textes sont alors publiés par le journal Bohemia ainsi que dans la revue Hyperon. L’année suivante, il commence à rédiger un journal, qui laisse entrevoir la morosité de son existence de fonctionnaire consciencieux. Celui-ci nous apprend que Kafka est attiré par l’idéologie sioniste, son idéal communautaire en particulier. Il fréquente également les milieux socialistes et anarchisants de la capitale tchèque, les jeunes gens du Klub mladych notamment.

Franz Kafka vit toujours sous la dépendance de ses parents. Il tente parfois de s’en éloigner, soit en prenant une chambre indépendante, soit pour s'installer chez sa sœur Ottla. En 1911, Kafka voyage en compagnie de Max Brod. Ensemble, les deux amis parcourent la Suisse, l’Italie du Nord, effectuant également un séjour à Paris. Chez les parents de celui-ci, Kafka fait la rencontre de Felice Bauer, une jeune fille dont il devient immédiatement amoureux. Alors que Max Brod se marie, Franz Kafka est plus que jamais obsédé par la solitude et son célibat. Le 20 septembre 1912, commence une abondante correspondance entre les deux jeunes gens. Au mois de décembre suivant paraît "Regard", un recueil qui comporte dix-huit récits. En 1913, Kafka demande pour la première fois Felice en mariage, sans succès. Une des amies de la jeune fille, Grete Bloch, intervient alors auprès d’elle et les fiançailles sont enfin prononcées, le 1er juin 1914, à Berlin. Celles-ci sont cassées par la volonté de la belle-famille, dès le 12 juillet. L’année suivante, Kafka quitte enfin le foyer parental. Il continue de voir la jeune fille, mais de manière plus espacée. En 1915, "La Métamorphose", celle de Grégoire Samsa en cloporte, paraît en volume, de même que "Le Verdict" l’année suivante. Au mois de juillet 1917, Franz Kafka et Felice Bauer sont de nouveau officiellement promis l’un à l’autre, avant la rupture définitive au mois de décembre…

Cette année là se manifestent chez Kafka les premiers symptômes d’une tuberculose pulmonaire. Dans la nuit du 9 au 10 août, une crise d’hémoptysie se déclare. Pendant l’automne, il part alors en convalescence à Zurau, une ville située dans les monts Tatra, au nord-ouest de Prague, non loin de chez sa sœur Ottla. En 1919, commence une relation amoureuse avec Julie Wohryzek, année où est également publiée "Dans la colonie pénitentiaire". "Un médecin de campagne" parait peu après. A partir du mois d’avril 1920, Kafka entame une correspondance avec Milena Jesenska-Pollak, sa traductrice tchèque. Il lui confie la lecture du commencement de son journal, au mois d’octobre 1921. Peu à peu cependant, son état de santé s'aggrave et rend nécessaire un long séjour en sanatorium, du mois de décembre 1920 à l'automne 1921. Kafka, qui ne peut plus depuis longtemps accomplir son travail d’employé à l’Institut d’assurances, est bientôt mis à la retraite. En 1923, il fait la rencontre de Dora Diamant, sa dernière compagne. Ensemble, ils passent quelques mois sur les cotes de la Baltique, puis à Berlin. Le 3 juin 1924, Franz Kafka décède dans sa quarante et unième année au sanatorium de Kierling, près de Vienne.

Pendant cette courte existence, bien monotone, Franz Kafka a beaucoup écrit. Comme il l’affirme lui-même dans son journal en 1912 : "l’écriture était l’organisation la plus productive de ma nature". Mais la plupart de ses textes n’était pas destinée à être lue. Ainsi en témoignent les recommandations qu’il destine en 1922 à son ami Max Brod, alors qu’il se sait condamné, dans le chiffon de papier qui est considéré comme son testament. Celui-ci, connaissant la valeur littéraire des manuscrits du défunt, rompt son engagement. Tout les écrits de Kafka seront ainsi livrés au public : des textes achevés, des ébauches et des brouillons, des récits réprouvés ou qu’il aurait été nécessaire à l’écrivain de retravailler. Au delà d’une curiosité malsaine, c’est surtout le respect que l’on éprouve désormais pour celui que l’on considère comme un auteur majeur qui commande cette exhumation systématique. On en saura d’ailleurs davantage sur l’existence de Kafka en 1937, année où Max Brod publie à Prague une biographie de son ami.

"Le Procès", son texte apocryphe le plus abouti, paraît ainsi dès le 26 avril 1925, suivi par "Le Château" l’année suivante, "Amerika" en 1927 ainsi que "La Muraille de Chine", un recueil de nouvelles en 1931. Au public cultivé, qui avait pu apprécier les œuvres de Kafka publiées de manière isolée avant-guerre, s’ajoute désormais un lectorat beaucoup plus large. Et dans les deux décennies qui suivent, l’écrivain tchèque de langue allemande connaît une véritable vogue, un enthousiasme littéraire. Ne décrit-il pas dans le roman, "Le Procès", les bureaucraties policières qui fleurissent à l’Est de l’Europe ? Et de plus, ne peut-on voir avec "Dans la Colonie pénitentiaire", une préfiguration des camps ? Parallèlement à cette lecture politique de l’œuvre de Kafka, se développe également un commentaire plus philosophique. Joseph K., l’angoissé, celui qui est perdu au milieu d’un monde absurde, préfigure ainsi les personnages d’Antoine Roquentin de "La Nausée" de Sartre ou le Meursault de "L’Étranger" de Camus. Autrement dit, l’œuvre posthume de l’écrivain tchèque apporte de l’eau au moulin de l’existentialisme et le mot "kafkaïen", un nouvel adjectif qui rappelle l’atmosphère oppressante de ses textes, apparaît peu après la fin de la seconde Guerre mondiale dans la langue française.

 

Sa ville : Prague.

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"Prague ne vous lâche pas. Pas un seul d'entre nous. Prague, la mère des villes et des serres... Il nous faudrait l'enflammer des deux côtés, à Vysehrad et à Hradcany, alors il serait possible de nous en débarrasser." Ainsi, le jeune Franz Kafka exprime sommairement et brutalement son rapport vis-à-vis de sa ville natale. En 1902, il adresse une lettre à son ami Oscar Pollak dans laquelle on trouve ces lignes. Plusieurs fois, il tente d'échapper à sa ville. En 1902, par exemple, il envisage de partir pour étudier à l'Université de Munich. Mais il ne reste dans la capitale de Bavière que quelques jours et décide bientôt de revenir à Prague pour étudier le droit. Prague ne le lâchera vraiment qu'une seule fois, lorsqu'il ira mourir à Vienne. On sent la présence de cette ville dans tout ce qu'il écrit, même, et surtout, dans les livres où il n'y a presque pas de description de lieux.

Franz est né le 3 juillet 1883 dans la Vieille Ville de Prague dans la maison "U veze" (A la tour). La maison qui se trouve au coin de la rue près de l'église Saint-Nicolas est ravagée par un incendie en 1897 et reconstruite en 1902. Le seul vestige de la maison natale de Franz est le portail, tout le reste date du début du 20ème siècle. Dans la maison, il y aujourd'hui le Musée Kafka et sur sa façade on a installé, en 1966, un relief représentant l'écrivain, réalisé par le sculpteur Hladik.

La famille déménage souvent. Elle habite, entre autres, la maison médiévale "Minuta" (A la minute) au numéro 2 de la place de la Vieille Ville, qui sera une des plus belles de la place mais, à l'époque elle n'est pas encore restaurée et ses beaux graffites sont cachés par le crépi. La famille y vit pendant sept ans et c'est là que naîtront les trois soeurs de Franz: Elli en 1889, Valli en 1890 et Ottla en 1892.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Kafka doit immédiatement quitter l'appartement qu'il partage avec ses parents, au numéro 36 de la rue Mikulaska, aujourd'hui Parizska (l'Avenue de Paris). Il doit céder la place à sa soeur Elli qui y aménage avec ses deux enfants. Franz habitera par la suite plusieurs appartements dans les rues Bilkova et Dlouha, mais aussi au numéro 2 de la Ruelle d'or, une maisonnette située dans la célèbre rue des alchimistes au Château de Prague. En mars 1917, il loue un deux-pièces dans le palais Schönborn au quartier de Mala Strana, qui abrite aujourd'hui l'ambassade des Etats-Unis. C'est là qu'il tombera malade de la tuberculose qui finira par l'emporter. Son dernier logement pragois se trouvera dans la maison Oppelt formant le coin de la rue Mikulaska et de la Place de la Vieille Ville, tout près de l'endroit où il est né.

 

Kafka a marqué par sa présence nombre de rues et de maisons pragoises. Un promeneur informé peut suivre pas à pas toutes les étapes de sa vie, car presque toutes les maisons qu'il a habitées sont là, intactes. Aujourd'hui, la mode littéraire aidant, on trouve son nom et son portrait dans les rues, dans les kiosques où l'on vend des cartes postales, sur les affiches des spectacles inspirés par ses romans et nouvelles, et même sur les murs des jardins de Mala Strana. Quel était donc, en réalité, le rapport entre l'écrivain et Prague? Comment cet homme hypersensible voyait cette ville qu'il haïssait presque, mais qui faisait quand même partie de sa vie?

 

Voici ce qu'en dit Marthe Robert, traductrice de son journal :

 

"La ville apparaît, certes, avec ses rues, ses places, ces vieux ponts, avec son atmosphère médiévale qui s'accorde si intimement avec l'inspiration de Kafka que son entourage a pu voir, dans le style du Procès ou du Château, une sorte de réplique au style gothique pragois. Mais derrière ce cadre familier, qu'il contemple dans ses promenades solitaires, c'est autre chose qu'il voit, une fatalité qui partout lui fait signe. (...) Cette fatalité ne tient pas uniquement au fait que Kafka était Juif dans un pays où l'antisémitisme était, pour ainsi dire, traditionnel. Elle est en grande partie déterminée par la situation historique, sociale et ethnique de Prague... Juif, Kafka est triplement suspect aux yeux des Tchèques, car il n'est pas seulement Juif, il est aussi Allemand... Mais Allemand, il ne l'est que par la langue, ce qui, certes, le relie fortement à l'Allemagne, mais nullement aux Allemands de Bohême qui, à ses yeux, ne peuvent être qu'une piètre caricature. Il est d'ailleurs séparé d'eux non seulement par leurs préjugés de race, mais encore par le ghetto aux murs invisibles dont la bourgeoisie juive s'est volontairement entourée. Ainsi, Prague donne chaque jour à Kafka le spectacle d'une société où la proximité ne fait qu'aggraver la distance, où la séparation, fondée sur une loi tacite, est tacitement observée par tous, comme si la ville elle-même était victime d'un charme."

 

 

 

Maison natale 'U veze"

 

 

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Maison de son adolescence "Minuta"

 

 

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Maison de la ruelle d'or

 

 

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Franz Kafka images d'une vie.

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01 décembre 2008

Alfred de Musset - Manoir de Bonaventure et Rue du Mont Thabor

Biographie d'Alfred de Musset.

 

Alfred_de_Musset"Crois tu qu'on oublie autant qu'on le souhaite ?"

 

 

Alfred de Musset naît à Paris le 11 décembre 1810. Son père est un littérateur, devenu célèbre grâce à ses travaux sur Jean-Jacques Rousseau, à l’édition des œuvres du philosophe genevois. En compagnie de son frère Paul, l’enfant est confié dès 1817 aux soins d’un précepteur avant d’entrer deux années plus tard comme externe au Collège Henri IV. L’adolescent rédige alors des vers et conclut brillamment ses études secondaires en obtenant en 1827 le deuxième prix de dissertation latine au Concours général. Il refuse cependant d’entrer à l’École polytechnique malgré les injonctions de ses parents. Musset s’interroge au sujet de son avenir, abandonnant successivement des études de droit puis de médecine.

Au mois d’avril 1829 et sur les conseils de son père, il s’emploie dans une entreprise de fabrication d’appareils de chauffage à destination des armées. Il songe alors à entrer en littérature et fait la rencontre de Victor Hugo, le chef de file de la jeune génération romantique. Au mois de décembre de la même année paraissent d’ailleurs les "Contes d’Espagne et d’Italie". Au soir du réveillon de Noël, Musset fait ensuite la lecture de ses poèmes dans le salon familial et en présence d’Alfred de Vigny, de Charles Augustin Sainte-Beuve et de Prosper Mérimée.

Les années qui suivent confirment cette vocation. En 1830, commence une collaboration avec le journal Le Temps. Alfred de Musset livre quelques articles de critique à la rédaction du périodique. La même année cependant, deux de ses pièces de théâtre connaissent un destin médiocre. "La Quittance du diable" ne peut être jouée au Théâtre des Nouveautés et, le 1er décembre à l’Odéon, c’est l’échec que connaît "La Nuit vénitienne". Dépité, Musset fait alors le choix de s’éloigner de la "ménagerie", ne concevant désormais ses œuvres que pour la lecture. Au mois de décembre 1832 paraissent ainsi "Un Spectacle dans un fauteuil" qui contient "Namouna" et "A quoi rêvent les jeunes filles". Sans grand succès là encore auprès du public.

En 1833, Musset entre à La Revue des Deux-Mondes. La même année est publié "Andréa Del Sarto", le 1er avril, puis "Les Caprices de Marianne" le 15 mai suivant et enfin "Lorenzaccio" le 18 juillet. L’écrivain mène une vie très mondaine. C’est à cette époque qu’il fait la rencontre d’Eugène Delacroix et surtout de George Sand. Au mois de juillet, celle-ci devient sa maîtresse et, le 12 décembre, les deux amants partent ensemble pour un voyage romantique à destination de l’Italie. En compagnie de Stendhal, ils descendent la vallée du Rhône en bateau avant de s’installer, le 1er janvier de l’année suivante, à l’Alberto Reale Danieli à Venise. Musset tombe alors gravement malade. Remis, il quitte enfin Venise en compagnie de George Sand après un séjour idyllique et passionné.

De retour à Paris, l’écrivain publie "On de badine pas avec l’amour" le 1er juillet 1834. La fin de l’année est alors faite de ruptures et de réconciliations entre celui-ci et sa maîtresse. George Sand entretient d’ailleurs une liaison avec un autre amant, le médecin italien Pagello qui avait soigné Musset à Venise. La rupture est inévitable. L’année suivante est particulièrement féconde pour l’écrivain. Le 1er février 1836 paraît "La Confession d’un enfant du siècle" puis "Il ne faut jurer de rien" le 1er juillet suivant. Musset se lie alors avec Aimée Dalton. Le 19 octobre 1837, le duc d’Orléans que l’écrivain avait connu au cours de ses études au Collège Henri IV le fait nommer bibliothécaire du ministère de l’Intérieur. Cet emploi permet à Musset de toucher une confortable pension de 3.000 francs par an.

Le poète poursuit son activité dans la presse parisienne. Il fait bientôt l’éloge de la comédienne Rachel qui débute alors à la Comédie Française au mois de novembre 1838. Au mois de juillet 1840 paraissent chez l’éditeur Charpentier des Poésies complètes et des Comédies et Proverbes. Musset multiplie les productions littéraires, celles-ci paraissant toujours dans La Revue des Deux Mondes : Une Soirée perdue le 1er août de la même année, "le Rhin allemand" le 6 juin 1841, "Histoire d’un merle blanc" le 14 octobre 1842.

Après une grave crise en 1840, sa santé s’altère. Pendant l’automne 1843, Alfred de Musset effectue un séjour à la maison d’arrêt de la Garde nationale pour n’avoir pas pris sa faction. Il est atteint d’une pleurésie en 1844. Nommé Chevalier de la Légion d’honneur le 24 avril 1845, l’écrivain renoue l’année suivante avec le succès théâtral. Sa pièce, "Un Caprice", est jouée à la Comédie française. L’actrice Madame Allan s’illustre dans le premier rôle. Celle-ci sera bientôt l’amante de Musset. La même année paraît "Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée", le 7 avril. Cependant, quelques temps plus tard, l’écrivain perd son emploi, les Journées de Février marquant la chute de la Monarchie de Juillet.

Sous la Seconde République, les pièces de Musset continuent à être jouées sur les scènes parisiennes : "Louison" au mois de février 1848 au Théâtre Français, "Le Chandelier" au mois de juin 1850. Enfin le 14 juin 1851, "Les Caprices de Marianne" est créé à la Comédie Française, à l’initiative de Bulloz, ancien directeur de La Revue des Deux-Mondes devenu administrateur de l’institution. Auréolé par ce nouveau succès, l’écrivain est enfin élu à l’Académie française, le 12 février 1852 et après trois tentatives. Installé au n°6 de la rue du Mont Thabor, Musset est nommé au mois de mars 1853 bibliothécaire du ministère de l’Instruction publique.

Dans les années qui suivent, il effectue de longs séjours au Croisic en 1854 puis au Havre l’année suivante pour des raisons de santé. Son état s’aggrave d’ailleurs rapidement. Alfred de Musset décède le 2 mai 1857. Après des obsèques à l’église Saint Roch le surlendemain, l’écrivain est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

 

 

 

 

Le manoir de Bonaventure sa demeure.

 

Après avoir traversé les siècles accompagné de son cortège de légendes et d’ombres illustres, le manoir de Bonaventure demeure, malgré les outrages que le temps- et parfois les hommes- lui ont infligés, l’un des hauts–lieux de la vallée du Loir. Dans un cadre paisible et verdoyant, au confluent du Loir et du ruisseau du Boulon, le site est aussi un lieu de passage puisque la route de Montoire à Vendôme et une des anciennes voies de Paris à Tours croisent tout près de là au Gué du Loir.

L’origine du nom du lieu est mystérieuse et, faute de document antérieur au 16ème siècle, c’est sur la légende qu’il faut s’appuyer. S’agit-il du nom de la chapelle dédiée à saint Bonaventure, mort en 1274 et qui séjourna chez les moines Cordeliers de Vendôme ? Est-ce une allusion à l’heureuse traversée du Gué pendant la guerre de Cent Ans qui fit de cette zone une frontière entre possession anglaise et française ? Encore ne serait-on oublier le jeu de mot plaisant (Bonne aventure) dont Molière s’inspira pour la chanson galante que fredonne Alceste dans "le Misanthrope" :

"si le roi m’avait donné
Paris sa grand-ville
Et qu’il me fallut quitter
L’amour de ma vie,
Je dirais au roi Henri :
Reprenez votre Paris ;
J’aime mieux ma vie, au gué
J’aime mieux ma vie"

Heureusement, l’archéologie et l’histoire lèvent le voile sur le mystère et éclairent de leurs précisions le flou de la tradition. Les fouilles actuelles ont mis à jour de très anciennes fondations sur lesquelles s’élevait au XIIIè siècle une maison religieuse appartenant aux Templiers de Vendôme, puis après 1312 aux Cordeliers dont Bonaventure était le grand saint. Au début du XVème siècle, les Cordeliers, pour observer la règle de pauvreté, doivent abandonner la Bonaventure qui échoit à des laïques. En 1533, le manoir est la possession de Nicolas Girard de Salmet, seigneur attaché au service d’Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, père du futur Henri IV.

La tradition veut que la Bonaventure ait alors été le théâtre de réjouissance auxquelles aurait participé Pierre de Ronsard, venu en voisin de son manoir de la Possonnière, à Couture-sur-Loir, c’est à cette époque qu’aurait vu le jour le refrain "La Bonne Aventure au Gué".

Ce seizième siècle voit l’édifice s’enrichir d’un bâtiment Renaissance qui coiffe le bâtiment des Templiers et d’une chapelle Renaissance sur l’emplacement de celle des Templiers. L’enceinte d’origine est complétée par des fossés et un pont-levis, avec l’autorisation de celui qui allait devenir "le bon Roi Henri", Henri de Navarre, duc de Vendôme, en 1579.

En 1537, la Bonaventure change de propriétaire, à l’occasion du mariage de Marie, fille de Nicolas Girard de Salmet avec Claude de Musset. Elle restera propriété de la famille de Musset pendant 3 siècles, malgré deux interruptions(de 1699 à 1707 puis de 1786 à 1802).

En 1809, le domaine revient à Victor Donatien de Musset – Patay, propriétaire du domaine de la Vaudurière à Lunay, et père du poète Alfred de Musset qui, sous la restauration, y fait de fréquents séjours.Mais en 1833, dernier héritier des seigneurs de La Bonnaventure, il vend le manoir familial où sont nés tous les siens.

En 1847, la Bonaventure passe à la famille de Sachy de Fourdrinoy, puis en 1869 à la famille Memme dont le dernier possesseur, Robert, meurt en 1969. C’est à cette date que la Bonaventure est achetée par ses actuels propriétaires, la famille Magnant.

Après avoir traversé le XVIIème siècle en conservant son aspect médiéval et ses aménagements intérieurs, le bâtiment fut transformé et endommagé à la fin du XVIIIème siècle : sculptures rasées, meneaux de fenêtres brisés, vitrages au plomb supprimés, cheminées démolies, fenêtres murées. Le XIXème siècle accéléra la déchéance avec la destruction des linteaux des fenêtres et de leur décoration, la disparition d’une tour d’angle du bâtiment et d’une tour du portail. Le pigeonnier fut transformé en maison d’habitation puis en étable. Lorsque le manoir fut racheté en 1969, il était au bord de la ruine.

Classé monument historique en 1966, la Bonaventure est livrée en 1970 aux mains des ouvriers. D’abord orienté vers l’arrêt de la destruction et le sauvetage des bâtiments encore debout, l’essentiel du gros œuvre a été réalisé en dix ans, et grâce à l’acharnement de ses propriétaires, la Bonaventure est désormais sauvée.

 

 

 

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La rue du Mont Thabor.

 

Numéro 6, dernière adresse de Musset.

Il avait quitté le numéro 11 de la rue Rumfort en octobre 1852 pour venir s'y installer.

 

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24 novembre 2008

Guillaume Apollinaire - Le Vesinet

Biographie de Guillaume Apollinaire.

 

 

apollinaire"Je veux vivre inhumain, puissant et orgueilleux,puisque je fus créé à l'image de Dieu".

 

Guglielmo Alberto Kostrowitzky naît à Rome, le 26 août 1880. Sa famille cependant est d’origine polonaise. Son grand-père, Apollinaire Kostrowitzky, d’illustre ascendance aristocratique, quitte le domaine familial, aux environs de Minsk, pour participer à la guerre de Crimée. Blessé en 1855 lors du siège de Sébastopol, l’officier, pensionné désormais par le tsar, se marie à une jeune italienne, Julia Floriani. Celle-ci lui donne une fille prénommée Angelina Alexandrina, en 1858. Commence à cette époque pour les Kostrowitzky une longue période d’errance, de dénuement, de mésentente conjugale, en Europe.

Apollinaire Kostrowitzky échoue dans la ville des Papes, avec sa fille, en 1866. Celle-ci entre au couvent des Dames françaises du Sacré-Cœur. Après y avoir reçu une éducation religieuse, la jeune femme quitte l’institution en 1874, à l’âge de vingt ans, pour indiscipline. Quelques années plus tard, en 1880, un enfant lui naît, fruit d’une liaison avec un officier, Francesco Flugi d’Aspermont. Le petit Guglielmo aura un frère, prénommé Alberto, en 1882. Ensemble, ils passent leur petite enfance en Italie.

En 1887 cependant, Angelina Kostrowitzky et ses deux fils s’installent à Monaco. Guillaume effectue ses études au collège Saint-Charles, de 1887 à 1895, année de sa fermeture, puis au collège Stanislas de Cannes au cours des deux années qui suivent, et enfin au lycée de Nice en 1897. Pieux – il effectue sa première communion en 1892 - et studieux, l’étudiant montre des dispositions pour la littérature et les arts. Cependant, il n’obtiendra pas le Baccalauréat.

Au printemps 1899, les Kostrowitzky, couverts de dettes, arrivent à Paris. Angelina, qui se fait appeler Olga à présent, ne bénéficie plus des subsides que lui versait son père, devenu Camérier - Officier de la Chambre - du Pape. Dans la capitale, Guillaume Kostrowitzky mène une vie laborieuse, prêtant sa plume à divers écrivaillons, avant de faire ses débuts journalistiques à Tabarin, une feuille politico-satyrique. A partir du mois d’août 1901, il effectue un long voyage en Allemagne, qui le mène jusqu'à Berlin. Le jeune homme a en effet été engagé par Madame de Milhau, pour être le précepteur de sa jeune fille. Le périple se poursuit au cours du printemps 1902, époque pendant laquelle le jeune homme découvre Prague, Munich, Vienne.

Son contrat achevé, Guillaume Kostrowitzky est de retour en France. Quelques-uns de ses contes sont alors publiés par La Revue blanche : "L’Hérésiarque" en mars, "Le Passant de Prague" en juin. Celui qui prend à cette époque le pseudonyme de Guillaume Apollinaire collabore également à La Grande France, à L'Européen, une revue de politique internationale, ainsi qu’à La Revue d'art dramatique. Dans cette dernière feuille, il assure une chronique des publications périodiques. Au mois de novembre 1902, Apollinaire fonde sa propre revue, Le Festin d'Ésope, toute entière consacrée à la poésie. Celle-ci aura neuf livraisons. Grâce à Max Jacob, il fait à cette époque la connaissance de Picasso, Vlaminck, Derain. En ces années 1903 et 1904, Apollinaire rejoint aussi fréquemment à Londres Annie Playden, une jeune anglaise rencontrée alors qu’il était auprès de Madame de Milhau. Sans grand succès amoureux cependant.

Résidant au Vésinet, le poète fréquente de plus en plus Montmartre, où il s’installe en 1907, abandonnant au passage son emploi dans une banque pour vivre de sa plume. La même année, Guillaume Apollinaire fait la rencontre de Marie Laurencin, à qui l’unira au cours des cinq années suivantes une liaison orageuse et discontinue. Le poète publie beaucoup à présent, dans diverses revues, et en particulier dans les pages de La Phalange, dédiée au mouvement néo-symboliste, en 1908. Son premier livre, "L'Enchanteur pourrissant", parait l’année suivante, qui fait néanmoins suite aux "Onze Mille Verges", un roman érotique qui circule sous le manteau dans Paris. Vient ensuite "L'Hérésiarque et Cie", un recueil de contes, en 1910, le "Bestiaire ou cortège d'Orphée" en 1911.

Celui, qui a servi de modèle au Douanier Rousseau en 1910, se fait critique d'art dans L'Intransigeant, ce qui lui assure quelques revenus réguliers. Dès le 1er avril 1911, Apollinaire anime également la rubrique "La Vie anecdotique" dans le Mercure de France. A l’automne cependant le poète est incarcéré une semaine durant à la Santé. Il est en effet accusé de complicité de vol pour avoir restitué des statuettes dérobées au Louvre par Géry Pieret, qu’il hébergeait jusque là. Après la disparition de La Joconde dans le même musée, l’opinion cherchait en effet un coupable. Au mois de février 1912, paraît le premier numéro des Soirées de Paris, consacrées à l’art moderne. Seize autres suivront jusqu’au mois de juin 1913, année où paraît "Alcools", le premier grand recueil du poète.

Guillaume Apollinaire effectue quelques séjours en Normandie, à La Baule puis à Deauville. Il est de retour à Paris à l'annonce de l'imminence d'une mobilisation générale, et y rencontre Louise de Coligny-Chatillon, "Lou". Désireux de s’engager, Guglielmo Kostrowitzky passe le conseil de révision à fin du mois de novembre. Le 5 décembre 1914, le poète est incorporé au 38ème régiment d'artillerie de campagne à Nîmes. Deuxième cannonier-conducteur, il est admis à un peloton d’élève-officiers créé à l’intérieur du régiment. Le 2 janvier 1915, de retour d'une permission passée à Nice, le poète rencontre dans le train Madeleine Pagès, une nouvelle liaison commence pour le poète. Au mois d’août 1915, la jeune femme deviendra sa fiancée.

Le 4 avril 1915 enfin, c’est le grand départ pour le front. Deux jours plus tard, il est à Mourmelon-le-Grand. Brigadier, Apollinaire est désigné comme agent de liaison. Son régiment est ensuite transféré aux Hurlus, puis près de Perthes. Nommé maréchal des logis, il occupe à présent les fonctions de chef de pièce. Le 1er novembre 1915 cependant, pour pallier au manque d’officiers dû aux pertes, Apollinaire est transféré dans l'infanterie comme sous-lieutenant et est affecté, le 20 novembre, au 96ème Régiment de ligne. En première ligne, il connaît à présent la vie des Poilus, dans la tranchée, face à l’ennemi. Ayant obtenu une permission, l’officier est à Oran, chez Madeleine Pagès depuis le 26 décembre jusqu'au 11 janvier 1916. De retour sur le front, Apollinaire est à Damery, en seconde ligne, quand, le 9 mars, il prend connaissance de la publication de son décret de naturalisation.

Quelques jours plus tard, le 14 mars 1916, l’officier monte en ligne avec son unité au Bois-des-Buttes, dans le secteur de la vallée de l'Aisne, au nord-ouest de Reims. Le 17, il est blessé à la tête d’un éclat d’obus qui perce son casque. Alors qu’il est évacué vers le Val-de-Grâce, un abcès provoque des paralysies partielles, son état nécessitant une trépanation. L’opération est un succès, mais suit une longue convalescence à l'hôpital du Gouvernement italien du quai d'Orsay. Au cours de cette période difficile, Apollinaire s'éloigne de Madeleine Pagès. Au mois d’octobre 1916, le "Poète assassiné" est publié, Avec ce recueil de nouvelles, le poète fait sa rentrée littéraire, ses amis profitant de l’évènement pour organiser un banquet en son honneur, le 31 décembre suivant.

L’année 1917 est particulièrement féconde. Les "Mamelles de Tirésias" paraissent le 24 juin, puis, en novembre, "Vitam impendere amori". Apollinaire prépare également une édition de ses "Calligrammes", auxquels il travaillait déjà avant la déclaration de guerre, et qui parait au mois d’avril 1918. Toujours tenu par ses obligations militaires, le poète est affecté au Bureau de Censure, jusqu’en avril 1918, moment où le ministre des Colonies Henri Simon le prend à son service dans son cabinet. Le 1er janvier 1918, Apollinaire est atteint d’une congestion pulmonaire. Hospitalisé à la villa Molière, transformé en hôpital, le poète y demeurera deux mois. Quelques temps plus tard, le 2 mai, il se marie à Louise Emma Kolb.

 

Atteint par la grippe espagnole, le poète décède le 9 novembre 1918. Il est inhumé le 13, au Père-Lachaise, alors que dans les rues de la capitale, les Parisiens fêtent l’armistice et la victoire sur l’Allemagne de Guillaume II.

 

 

Sa maison au Vesinet.

 

 

La commune du Vésinet se trouve au milieu d'un méandre de la Seine, sans accès au fleuve, à 19 kilomètres à l'ouest de Paris et à quatre kilomètres à l'est de Saint-Germain-en-Laye. Guillaume Apollinaire y a résidé, de 1904 à 1907, au 8, boulevard Carnot. Né à Rome en mai 1880, il avait alors vingt-quatre ans.

En fait, il était hébergé par sa mère, la comtesse polonaise de Kostrowitzky, qui avait loué au début de l'été 1904 une villa appartenant à un artiste lyrique, Charles-André Royer, et y vivait avec son ami du moment, Jules Weil, employé à la Banque de l'Ouest, place du Havre, face à la gare St-Lazare et son plus jeune fils, Albert, né, lui aussi, à Rome. Etranger à la vie des lettres, ce jeune homme devait s'embarquer en 1912 pour le Mexique où, sans avoir fait parler de lui, il mourrait du typhus, quelques mois après son frère Guillaume et leur mère. La location de la villa du 8, boulevard Carnot était faite au nom de celle-ci qui y vécut jusqu'à sa mort en 1919.

"Au Vésinet, écrit Pierre-Marcel Adéma, Madame de Kostrowitzky donna toute la mesure de son original caractère et de ses humeurs fantasques. La villa qu'elle occupe est spacieuse, deux étages, atelier vitré, terrasse sur le boulevard, vastes communs, parc garni de beaux arbres, avec un bassin surmonté d'un petit pont rustique. Bientôt, elle fera combler le bassin, brûler le ponceau dans le calorifère, abattre un grand chêne dont elle trouva l'ombre excessive, envoyant promener le propriétaire qui s'est permis quelques observations". Il s'agit d'une construction brique et pierre assez soignée, à peu près abandonnée aujourd'hui semble-t-il, cernée par des pavillons élevés plus récemment aux dépens de son parc, réduit, en façade, à quelques mètres. Plus de soixante ans ont passé et s'il leur était donné de revivre, ni le propriétaire ni l'irascible locataire ne s'y retrouveraient.

"Selon son état de fortune, le couple engage une domestique ou la renvoie, à moins que les subits emportements, facilement suivis de voies de fait de Madame de Kostrowitzky ne provoquent le départ prématuré de la servante. Si le caractère paisible de son frère s'accommode de l'humeur de leur mère, Guillaume ne réagit pas de même et, déjà très indépendant, il ne séjourne au Vésinet que le strict nécessaire. En semaine, il ne s'y rend que le soir fort tard s'il n'a pas trouvé asile chez l'un ou l'autre de ses amis. Le dimanche, il s'échappe vers la campagne environnante..."

La campagne environnante, c'est la boucle de la Seine, le pont de Chatou, la Grenouillère, rendez-vous de peintres et de canotiers. Joyeux compagnon, le jeune Guillaume s'y fait des amis, lesquels ont nom André Derain et Maurice de Vlaminck. D'autre part, ses allées et venues ferroviaires du Vésinet à Paris lui valent (la fréquentation des cafés des environs de la gare St-Lazare lui plaisant davantage que celle des salles d'attente) de faire la connaissance de Pablo Picasso et de l'écrivain Max Jacob.

On peut penser que c'est grâce à son séjour au Vésinet que ce fils naturel d'une aventurière russo-polonaise et d'un brillant militaire italien qui ne l'a pas reconnu, a vu sa carrière littéraire prendre son orientation définitive, orientation dont Montmartre d'abord, Montparnasse ensuite confirmeront le caractère ultra fantaisiste et feront de lui le chantre de toutes les avant-gardes artistiques.

 

 

 

 

 

 

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17 novembre 2008

Sigmund Freud - Vienne

Biographie de Sigmund Freud.

 

Sigmund_Freud"L'humour a non seulement quelque chose de libérateur, mais encore quelque chose de sublime et d'élevé."

 

Sigmund Freud naît le 6 mai 1856 à Freiberg, en Moravie. Il est le fils aîné de Jakob et d’Amalia Freud, sa seconde épouse. Alors qu’il n’est âgé que de trois ans, son père, négociant en laine, fait faillite. Après un séjour à Leipzig, les Freud s’installent à Vienne, en 1860, dans le quartier juif. Entré au lycée en 1865, Sigmund obtient son baccalauréat à l'âge de dix-sept ans. A cette occasion, il traduit "L’Œdipe-Roi" de Sophocle pour son examen de sortie. A l’Université, après une année passée à la faculté de philosophie – où Freud suit notamment les cours de Franz Brentano -, l’étudiant opte finalement pour la physiologie et la médecine.

Après avoir fait son entrée
à l'école médicale viennoise, e
n 1876, il rejoint le laboratoire de Ernst Wilhelm Brücke, se spécialisant dans l’anatomo-physiologie du système nerveux. Diplômé en 1881, il est interne à l’Hôpital général l’année suivante. Déprimé, Freud s’essaie à la cocaïne, une drogue dont il étudiera par la suite les effets, ses propriétés analgésiques. Ayant obtenu une bourse, Freud assiste aux leçons de Jean-Marie Charcot à l’hôpital parisien de la Salpetrière. Après avoir traduit en allemand ses "Leçons sur les maladies du système nerveux", il publie bientôt un ouvrage traitant de l’hystérie masculine et s’inspirant des discours du savant français. De retour à Vienne, le médecin autrichien ouvre son propre cabinet, y pratiquant l’électrothérapie, selon la mode du temps. Le 14 septembre 1886, il se marie à Martha Bernays. De leur union naîtront six enfants.

A cette époque, Sigmund Freud, élu membre de la société médicale de Vienne en 1887, commence à pratiquer l’hypnose, la méthode de la catharsis notamment. Au patient, le médecin, qui se consacre à présent entièrement au traitement des malades, demande de revenir aux circonstances qui étaient celles de l’apparition des premiers symptômes. Peu après la mort de son père, en 1896, Minna, la sœur de sa femme – avec laquelle il vit "désormais dans l’abstinence" - rejoint le domicile des Freud. Après des "Etudes sur l’aphasie" en 1891, l’analyste publie ses "Etudes sur l’hystérie" en 1895, avant de parler pour la première fois l’année suivante de "psycho-analyse" dans un article rédigé en français. Après avoir découvert l'Œdipe, en 1898, "La Sexualité dans l’étiologie des névroses", puis "L’interprétation des rêves" en 1899, précisent sa pensée.

Ainsi, selon le médecin viennois, les causes des maladies névrotiques "sont à trouver dans des facteurs issus de la vie sexuelle". Quant aux rêves, c’est la "voie royale de l’accès à l’inconscient". Nommé en 1902 professeur associé à l’université de Vienne, le médecin réunit le mercredi soir dans son appartement un petit cercle de ses proches – la Société du mercredi - , parmi lesquels figurent Otto Rank, Alfred Adler, Paul Federn, Carl Gustav Jung… En 1904, la publication en volume de sa "Psychopathologie de la vie quotidienne" popularise l’approche freudienne des phénomènes psychiques. Selon lui, en effet, le lapsus et l'inconscient sont intimement liés. Peu après "Trois essais sur la théorie de la sexualité" font de la
psychanalyse une théorie globale du fonctionnement de l'appareil psychique.


Celle-ci est d’ailleurs discutée par les plus grands psychiatres, tandis qu’en 1908 est fondée la Société psychanalytique de Vienne et celle de Berlin. La même année, un Congrès international est réuni à Salzbourg. Freud étend ses investigations aux enfants ("Analyse d’une phobie d’un garçon de cinq ans" qui paraît 1909), analyse également un texte issu d’un patient qu’il ne connaît pas, avant de publier, de 1911 à 1915, cinq articles définissant le code de conduite de l’analyste. Ceux-ci contredisent ouvertement sa propre pratique. Le freudisme s’étend au continent américain. En 1909, Freud est en effet invité à effectuer un cycle de conférences à l’université Clarck, au Massachusetts, avant que ne soit fondée, deux années plus tard, la Société psychanalytique de New York.

C’est au moment où naît l’Association internationale de psychanalyse qu’apparaissent les premières dissensions au sein de la communauté d’initiés. Steckel, Adler, puis Jung lui-même, pourtant nommément désigné par Freud comme son successeur, sont expulsés du petit cercle des intimes du maître. Peu après la parution de "Totem et Tabou", qui contient la notion de "narcissisme", Freud n’a pas renoncé à populariser ses idées et rédige en 1916 ses "Leçons d’introduction à la psychanalyse". S’il s’intéresse à l’impact émotionnel de la guerre en cours sur les combattants, le docteur Freud lui-même, au cours de la première Guerre mondiale, ne verra aucun de ceux qui affluent pourtant dans les hôpitaux de Vienne. En 1921, avec "La Psychanalyse et les névroses de guerre", il affirmera que ces symptômes particuliers "sont de nature sexuelle".


Dans "Au-delà du principe de plaisir", publié l’année précédente, Freud expose sa découverte de ce qu'il désigne comme les pulsions de vie et de mort, "l’instinct de mort", mais aussi le Moi, le Ça et le Surmoi. Au mois d’avril 1923, apparaissent les premiers symptômes d’un cancer de la bouche qui l’atteint. A la suite d’une opération maladroite, il doit porter une prothèse de la mâchoire supérieure pour pouvoir parler, manger… Alors que le mouvement psychanalytique bénéficie à présent du soutien financier de Marie Bonaparte, une riche française, Freud et la psychanalyse obtiennent un succès de mode - s’allonger sur le divan du médecin à New York, lors de son séjour en 1925 est très en vue. Ce dernier reçoit un prestigieux prix littéraire en 1930, le prix Goethe, avant que Stephan Zweig ne dresse un portrait flatteur du psychanalyste avec "La Guérison par l’esprit" l’année suivante.

Au mois de mai 1933, peu après l’accession d’Adolf Hitler et du parti nazi au pouvoir, les livres de
Sigmund Freud, le médecin juif, sont brûlés à Berlin. La même année, il correspond avec Albert Einstein. Ensemble, les deux hommes se demandent "Pourquoi la guerre ?" A cette époque, Freud entend d’ailleurs donner davantage d’ampleur à sa pensée. En 1927, il dénonce, avec "L'avenir d'une illusion", l'assujettion des "masses paresseuses et inintelligentes" au fait religieux, la croyance en Dieu n’étant, selon lui, qu’une projection psychologique de la figure du père. Avec "Malaise d'une civilisation" en 1929, Freud met en avant la fonction de culpabilité et met en garde contre le progrès qui n’est pas forcément source de bonheur.

En 1938, un groupe de militants nazi pénètre dans la maison viennoise de Freud. Sa fille Anna est arrêtée, puis relâchée, par la Gestapo. L’année suivante, grâce à l’intervention du président américain Roosevelt, le fondateur de la psychanalyse obtient des autorités allemandes de pouvoir émigrer vers l’Angleterre. Au cours des ans cependant, sa maladie s’est aggravée. Alors qu’il est opéré de nouveau et à plusieurs reprises en 1936, celle-ci le fait à présent atrocement souffrir. A tel point qu’il demande à son médecin, Max Schur, d'abréger son calvaire. Ce dernier lui injecte alors deux centigrammes de morphine, une dose mortelle, qui le plonge dans le coma. La mort survient deux jours plus tard. Sigmund Freud décède à Londres, le 23 septembre 1939.


Sa maison à Vienne.

 

753793069_4c86d9800cVienne capitale de l'Autriche, c'est ici que Sigmund Freud a passé pratiquement toute sa vie. C'est dans cette capitale mythique qu'il a étudié et rencontré Martha, sa femme, avec laquelle il a eu six enfants. C'est aussi ici qu'il a découvert l'inconscient, psychanalysé des centaines de patients et écrit toute son oeuvre théorique.

En 1938, chassé par les agressions antisémites, il a dû fuir vers l'Angleterre.

 

Que reste-t-il de Sigmund Freud à Vienne ? A la fois rien et tout. Son appartement et son cabinet viennois, situés au n°19 de la Berggasse, ont été transformés en musée national, mais la plupart des pièces y sont vides. Pourtant, si les meubles sont à Londres, à Maresfield Gardens, sa dernière demeure, nul doute que Freud est encore très présent à Vienne. Comme si son âme était restée là.

 

 

Freud a toujours entretenu une relation complexe, faite d'amour et de haine, avec Vienne. Cette ambivalence, la ville la lui rend bien aujourd'hui encore : son visage est imprimé sur tous les billets de 50 schillings, son musée est l'un des lieux les plus visités, mais il n'y a pas de rue Sigmund-Freud. Il était arrivé à Vienne vers l'âge de 3 ans, quand ses parents durent quitter leur petite manufacture de textile de Tchécoslovaquie, où les affaires allaient mal. Pour le petit Sigmund, qui avait perçu l'anxiété et le chagrin de sa famille, ce premier voyage en train jusqu'à Vienne fut un traumatisme violent. Il disait : "Vienne, c'est le lieu où l'on enrage à en mourir, mais où l'on souhaite mourir tout de même."

Le conservateur du musée aime à dire combien les  Autrichiens souhaitent que les meubles et affaires personnelles de Freud restent à Londres : "Pour qu'on n'oublie jamais qu'on a chassé de notre ville l'un des plus grands esprits du siècle."

Berggasse 19 : cette adresse est mythique. Pourtant, l'Autriche n'y a installé un musée qu'à partir de 1969. Freud, alors qu'il était jeune médecin neurologue, y a emménagé en août 1891. Il y resta quarante-sept ans. La Berggasse (littéralement, rue de la Montagne) est pentue. Le n° 19 se situe dans sa partie la plus plane, parmi les maisons respectables. Les Freud occupaient tout le premier étage. A gauche du palier, les appartements privés. A droite, le cabinet de consultation du docteur.

Dans "la Maison de Freud" d'Edmund Engelman (Le Seuil, 1976), on peut y voir des clichés de l'époque, depuis rien n'a changé dans ce hall. En montant l'escalier, on ne peut s'empêcher de penser à tous les patients, anonymes ou futurs grands psychanalystes - tels Ferenczi et Jung - qui ont gravi ces marches cinq ou six fois par semaine pour vivre l'aventure d'une "cure par la parole" avec Freud. Jusqu'en 1938, ce fut un défilé. Il recevait son premier patient à 8 heures et consultait jusqu'à 13 heures, puis de 15 à 21 ou 22 heures.

Les séances duraient cinquante-cinq minutes. Lui se ménageait seulement cinq minutes entre chaque. Tout cela représentait donc douze à treize heures d'analyse par jour, suivies d'un énorme travail d'écriture. Cela semble surhumain. C'est très révélateur de la place du travail de Freud dans sa vie.

En allemand, Freud signifie "joyeux". Ceci évoque la double facette de la personnalité de Sigmund. Dans le milieu professionnel, il était plutôt distant, réservé. Mais en privé, il était, paraît-il, chaleureux, bienveillant et drôle. Freud n'a jamais parlé avec ses enfants de ses émotions, de son adolescence, de sa vie intérieure. Il maintenait sous silence toute une part de son être.

La salle d'attente est la seule pièce qui soit restée telle quelle, intacte. Ces quelques mètres carrés forment l'épicentre où naquirent toutes les fondations de la psychanalyse. Car on n'a pas seulement attendu sur ce canapé, on a aussi beaucoup débattu.

Chaque mercredi soir, en effet, tous les disciples de Freud s'y réunissaient. La Société de psychologie du mercredi, puis la Société psychanalytique de Vienne tinrent des réunions animées entre ces quatre murs : Alfred Adler, Karl Abraham, Otto Rank et Carl Jung, entre autres, y écoutèrent les enseignements du docteur. En 1910, cette pièce devint finalement trop petite pour accueillir tous ceux qui voulaient participer aux séances de travail.

Freud marchait énormément. Surtout après le déjeuner, vers 13 h 30, et après le dîner. De la Berggasse, qu'il remontait, il rejoignait son marchand de cigares près de l'église Saint-Michael ou déposait ses manuscrits chez son éditeur, au Bauermarket. Toujours impeccablement soigné, il était très soucieux de son apparence extérieure et ce, jusqu'à ses dernières heures, dans les circonstances les plus terribles. Sa canne et son chapeau,  objets abandonnés sur le portemanteau, sont très symboliques. Ils évoquent l'exil précipité, comme s'ils n'avaient pas eu le temps de les emporter avec eux, comme s'ils comptaient revenir ou laisser une trace.

Combien de patients ont emprunté les couloirs de l'hôtel Regina, sis non loin ? La plupart de ceux qui venaient de l'étranger pour suivre une analyse avec Freud séjournaient au Regina qui n'est qu'à dix minutes à pied de la Berggasse. Les disciples européens d'abord, comme Jung, ou Lou Andréas-Salomé ; puis, plus tard, quand la psychanalyse eut vraiment le vent en poupe - après la Première Guerre mondiale -, tous les futurs analystes anglais et américains. C'était alors devenu un luxe de se faire psychanalyser à Vienne par Freud.

Freud était un grand collectionneur, il disait qu'avec les cigares, sa collection de statuettes égyptiennes - terres cuites et bronzes antiques - constituait l'essentiel de ses passions. Entre 1920 et 1938, il acheta des centaines d'antiquités au marchand Robert Lustig qui tenait boutique à deux pas de la Berggasse, sur Vieblingstrasse. Dans son cabinet de consultation, les statues débordaient des vitrines pour occuper la bibliothèque, le dessus des meubles et même son bureau. Ces déesses grecques ou préhistoriques ont vraiment accompagné la naissance de la psychanalyse. Freud les comparait d'ailleurs à la "technique de défouissement d'une ville ensevelie" : il se servait de ses statuettes pour expliquer l'inconscient à ses patients, comparant l'esprit humain à Rome où les fouilles archéologiques avaient permis de déceler "plusieurs couches".

Aujourd'hui, un buste de Sigmund Freud trône parmi ceux des éminences grises de l'université. Que penserait-il de cet hommage ? C'est entre ces murs qu'il a pris conscience, à 17 ans - alors qu'il commençait ses études de médecine -, de l'antisémitisme de ses condisciples non juifs. Plus tard, il reçut le titre honorifique de chargé de cours de neurologie. Pourtant, ses recherches sur l'hypnose et l'hystérie n'étaient pas très bien vues. Il dut faire plusieurs demandes et eut même recours à une éminente patiente pour obtenir finalement le titre de professeur.

Grâce à l'intervention de Marie Bonaparte, ces collections ont pu être sauvées et rapatriées à Londres. Quelques-unes appartiennent aujourd'hui aux descendants directs. La famille a fait donation de certaines statuettes au musée de Berggasse. Vienne n'a donc plus que quelques objets que Freud aimait tant contempler durant les séances.

Freud fut dépendant du tabac toute sa vie. Cette addiction est d'ailleurs l'un des thèmes essentiels de sa correspondance avec son grand ami oto-rhino-laryngologiste, Wilhelm Fliess. Il avait commencé à fumer des cigarettes à l'âge de 24 ans, puis s'était mis de façon définitive aux cigares, des Soberanos ou des Trabuccos. Vers l'âge de 38 ans, sous les injonctions de ses amis médecins, il tenta d'arrêter. Entre rechutes et reprises, il cessa de fumer environ dix-huit mois.

Et encore, même au cour de cette période, il écrivait à son ami Fliess : "L'abstinence me fait du bien ! Ma consommation oscille entre un et quatre cigares par jour." Puis il ne s'arrêta plus, même pendant les pires assauts de son cancer de la mâchoire. Les années de pénurie de tabac en Autriche, à partir de 1918, sont aussi celles où Sigmund vécut ses plus grandes douleurs : la perte de sa fille chérie Sophie, l'annonce de son cancer, la mort de son petit-fils Heinerle. On ne peut s'empêcher de penser aux traversées intérieures que ces deuils ont dû être pour lui. Freud était persuadé que les cigares l'aidaient à se concentrer et à se détendre. Qu'aurait donc été l'oeuvre de Freud sans le tabac ?

C'est à l'hôtel Bristol, que Freud aimait prendre le thé avec Marie Bonaparte ou la chanteuse parisienne Yvette Guilbert, deux de ses muses. Les femmes ont joué un rôle prépondérant dans sa vie et son oeuvre. Martha, sa femme, et Minna, sa belle-soeur, qui vécut quarante ans avec eux, l'ont indéniablement soutenu dans l'élaboration de son oeuvre. Martha, son grand amour de jeunesse, était devenue, après six grossesses difficiles, une épouse respectée. D'ailleurs, il avoua assez tôt dans une lettre à son ami Fliess : "Comment voulez-vous que j'aie encore une vie conjugale (entendez sexuelle)? Après 22 h 30, je suis mort de fatigue."

Le théoricien des pulsions et de la libido aurait-il été abstinent à 40 ans à peine ? Les rumeurs ont fait de Minna, sa belle-soeur, sa maîtresse. Lou Andréas-Salomé ou Marie Bonaparte l'ont écouté avec fidélité. Pourtant, sur la psyché féminine, Freud n'a guère écrit. Il n'a pu que s'interroger, comme l'indique sa célèbre question : "Mais que veut la femme ?"

 

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10 novembre 2008

Alphonse Daudet - Draveil Champrosay

Biographie d'Alphonse Daudet.

 

 

alphonse_daudet"La vie c'est une boîte d'instruments qui piquent et coupent. A toute heure nous nous ensanglantons les mains."

 

Louis-Marie-Alphonse Daudet naît à Nîmes le 13 mai 1840. L’enfant est très tôt confié à un paysan des environs résidant à Belzouce. Son père se consacre à ses affaires, la direction d’une fabrique de soieries. Celle-ci est en difficulté à cette époque. Aussi doit-il en céder les bâtiments, avant de s’installer à Lyon, au n°5 de la rue Lafont. Alphonse qui avait commencé ses études à l’institution Canivet puis à la manécanterie de Saint-Pierre-des-Terreaux, à Nîmes, entre alors en 1850 en classe de sixième au Lycée Ampère. En 1857, l’entreprise familiale ayant finalement fait faillite, Ernest Daudet, ruiné trouve à s’employer comme courtier dans la maison Plissonnier et Peyrou, négociants en vin.

Son fils Alphonse, qui n’éprouve que peu de goût pour ses études, préférant les parties de canotage sur la Saône, renonce alors à passer son Baccalauréat au mois d’août 1856. Il devient maître d’études au collège d’Alès au mois d’avril 1857. Le jeune homme en est renvoyé au mois de novembre de la même année, en raison peut être de la trop grande visibilité de ses intrigues amoureuses. Après une tentative de suicide, Daudet monte à Paris où il est accueilli par son frère aîné, Ernest. Celui-ci lui trouve un logement à l’hôtel du Sénat, au n°7 de la rue de Tournon, où résident également de nombreux méridionaux. Fréquentant la brasserie de la rue des Martyrs, Alphonse Daudet multiplie les succès amoureux avant de se lier quelques temps avec une actrice, Marie Rieu. Il fréquente aussi les salons mondains, brillant auprès de la bonne société parisienne par ses talents de causeur.

Adolescent déjà, Alphonse Daudet s’essayait à la littérature. En 1858, il publie son premier recueil de vers, "Les Amoureuses", et entame une collaboration avec de nombreux journaux. Au mois de novembre de l’année suivante, c’est Le Figaro qui accueille maintenant ses chroniques. Après avoir fait la connaissance de Frédéric Mistral au mois d’avril 1859, il entre au cours de l’été 1860 au service duduc de Morny, le président du Corps législatif. Pendant trois années, attaché au cabinet du demi-frère de l’Empereur Napoléon III, Daudet occupe un bureau au Palais-Bourbon et touche de confortables appointements.

Cependant des problèmes de santé l’obligent à prendre de fréquents congés. Il effectue ainsi un séjour en Algérie en 1861 puis passe l’été à Fontvieille, près de la ville d’Arles, en 1863. Entre temps est représentée sa première pièce, "La Dernière Idole", au Théâtre de l’Odéon, le 4 février 1862. Celle-ci obtient un certain succès. Sa situation matérielle se dégrade bientôt avec la mort de son employeur, le 10 mars 1865. Poursuivant son activité journalistique, Alphonse Daudet s’installe dans une villa de Clamart pendant l’automne suivant, en compagnie d’amis artistes de la bohème. Il entame alors une collaboration littéraire avec Paul Irène.

Le 6 août 1863, le portrait de l’écrivain que dresse Théodore de Banville dans Le Figaro lui fait naître une réputation. Daudet prend d’ailleurs part aux querelles littéraires du moment. Le 9 décembre 1866, il publie ainsi "Le Parnassiculet contemporain", une plaquette parodiant le genre poétique alors en vogue, représenté par Paul Verlaine et Stéphane Mallarmé. En villégiature à Nîmes, Alphonse Daudet travaille aussi à un roman qui se nourrit de ses souvenirs de surveillant d’études. "Le Petit Chose" est publié en feuilletons dans Le Moniteur à partir du 27 novembre 1866. L’écrivain se marie au mois de janvier de l’année suivante avec Julie Allard. Le couple aura trois enfants : Léon qui naît le 16 novembre 1867, Lucien pendant l’été 1878 et enfin Edmée le 29 juin 1886.

La fin de l'année 1869 voit la publication en volumes des "Lettres de mon moulin". Avec ce recueil de nouvelles, Daudet chante sa Provence natale. L’année suivante l’écrivain est fait chevalier de la Légion d’honneur par le Second Empire. C’est alors qu’éclate la guerre franco-prussienne. Alphonse Daudet participe à la résistance des Parisiens lors du siège effectué par les armées ennemies. Engagé dans le 96ème bataillon de la Garde nationale, il effectue son service au fort de Montrouge. Daudet quitte ensuite Paris le 25 avril 1871 alors que la Commune est proclamée.

Le 1er octobre 1872 est créé "L’Arlésienne" au Vaudeville, une pièce en trois actes tirée d’une de ses "Lettres de mon moulin"  et pour laquelle le compositeur Georges Bizet a signé la musique. C’est un échec complet. Paraît également "Tartarin de Tarascon" puis "les Contes du Lundi" au mois de février 1873. Vient enfin le succès, en 1874 et grâce à "Fromont jeune et Risler aîné". Alors que le public redécouvre ses œuvres antérieures, Alphonse Daudet se lie avec les célébrités du monde des Arts et de la littérature. Il fait ainsi la rencontre de Gustave Flaubert et des frères Jules et Edmond de Goncourt, de Victor Hugo et d’Émile Zola. Chez les peintres, ce sont les impressionnistes Auguste Renoir, Édouard Manet ou Claude Monet qui entrent à cette époque dans ses relations. Les Daudet peuvent maintenant s’installer dans un bel appartement situé Place des Vosges, au n°18.

Dans les années qui suivent, l’écrivain poursuit la rédaction de ses romans réalistes et parisiens. Après "Jack" en 1876 vient "Le Nabab" qui paraît du 12 juillet au 21 octobre de l’année suivante dans Le Temps, un récit dans lequel Daudet fait le portrait sans complaisance du duc de Morny. "Les Rois en exilest publié en 1879. En 1881 et avec "Numa Roumestan", l’écrivain travaille également l’emploi du langage provençal tandis que "Sapho" en 1884 lui est inspiré par sa liaison avec Marie Rieu. Dans les années qui suivent, Alphonse Daudet achève les aventures de Tartarin avec "Tartarin sur les Alpes" en 1885 puis "Port-Tarascon" en 1890. Entre-temps, "L’Immortel" lui ferme les portes des honneurs littéraires et de l’Académie française.

C’est à cette époque qu’Alphonse Daudet commence à ressentir des atteintes à la moelle épinière. L’écrivain consulte de plus en plus fréquemment le docteur Charcot à l’hôpital de la Salpetrière mais la maladie qui le touche est incurable. Installé rue de Bellechasse depuis 1885, il se retire alors dans sa villa de Champrosay, près de Paris. L’écrivain y reçoit de jeunes auteurs comme Marcel Proust, ami de son fils Léon, Maurice Barrès ou Jules Renard. Il effectue encore un voyage en Italie puis à Londres, Outre-Manche, en 1895.

Alors qu’éclate l’affaire Dreyfus pendant l’automne de la même année, Alphonse Daudet affiche ses convictions anti-dreyfusardes. Quelques années auparavant, en 1886, les Daudet avaient d’ailleurs accordé un prêt à Édouard Drumont, permettant à ce dernier de faire paraître à compte d’auteur son pamphlet "La France juive". Après la publication du "Soutien de famille", Alphonse Daudet décède brusquement le 16 décembre 1897, au cours d’une réunion de famille. C’est Émile Zola qui prononce au cimetière du Père-Lachaise l’oraison funèbre de l’écrivain. Malgré les sollicitations de Georges Clémenceau, le gouvernement dirigé par Georges Méline ne lui accordera pas les funérailles nationales.

 

Sa maison à Draveil Champrosay.

 

 

ChamprosayAlphonse Daudet s’est installé à Vigneux- sur-Seine dès après son mariage, en 1867, avec Julia Allard. C’est dans le château de son beau-père, où le couple séjourne cinq mois, qu’il fait connaissance avec cette terre qui deviendra l’Essonne. Il y poursuivra notamment l’écriture du "Petit Chose" qui paraîtra en 1868. Cette même année, le château de Vigneux est vendu et les Daudet louent, à Champrosay, une petite maison qui se trouve être l’ancienne demeure du peintre Delacroix. "Nous habitons entre la Seine et la forêt de Sénart une petite maisonnette où il y a deux chambres en trop. À une demi-heure de là mon beau-père a sa chasse en pleine forêt de Sénart : lièvres, perdrix, faisans, lapins, même chevreuil. Venez passer quelques jours avec nous… Les jours où vous ne chasseriez pas, nous irons à Paris qui est à une demi-heure en chemin de fer", écrit, à l’été 1868, Daudet à un ami.

Deux ans plus tard, ses beaux-parents achètent une grande maison à Champrosay. Celle-ci compte trois appartements, dont un habité par le couple Daudet lorsqu’il séjourne aux beaux jours en Essonne. Le reste de l’année, l’écrivain désormais connu dans toute l’Europe réside à Paris. En 1887, Alphonse Daudet acquiert, toujours dans le village, sa propre maison. Les amis - nombre d’entre eux sont célèbres - se succèdent. L’accueil convivial des Daudet est réputé. Ainsi, Maupassant, Renoir, Gambetta, Zola ou encore Paul Féval y partageront de chaleureux repas.

Les séjours de l’écrivain à Champrosay sont source d’inspiration et son œuvre littéraire s’inspire très largement de situations vécues. Dans le roman "Jack", le héros, Raoul Dubief, est un jeune homme qui vivait près de la forêt de Sénart en 1868. Un autre personnage est inspiré par le docteur Rouffy, célèbre à l’époque à Draveil. Quant à la banlieue comprise entre Boissy-Saint-Léger et Corbeil, elle donnera son cadre à "La Petite Paroisse". Enfin, l’action de ""Robert Helmont", roman inspiré par la guerre de 1870, se déroule également dans les environs de Draveil. Alphonse Daudet meurt à Paris, rue de l’Université, le 16 décembre 1897. Deux ans après, les maisons Allard et Daudet de Champrosay sont vendues.

 

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03 novembre 2008

Joë Bousquet - Carcassonne

Biographie de Joë Bousquet.

 

 

Joe_Bousquet"Mon coeur sera toujours le cauchemar de ma pensée".

 

 

Joë Bousquet est né dans l’Aude, à Narbonne, le 19 mars 1897. Son père était médecin-major dans l’armée. Il passe son bac en 1912 puis fait un voyage en Angleterre qui le marquera profondément. Au début de la guerre, son père est nommé dans la région parisienne avant de revenir en 1915 à Narbonne. Joë mène une vie agitée et s’initie à la drogue, morphine, puis cocaïne et enfin opium qui l’accompagnera jusqu’à sa mort.

En 1916 il devance l’appel. Très courageux, il recevra la croix de guerre, la médaille militaire et la légion d’honneur avant d’être blessé en 1917. Il est soigné à Nancy, vit une histoire d’amour qui le conduit au désespoir.

"Je m'appelle Joë Bousquet, je suis né et mort deux fois. J'étais un enfant capricieux. On m'appelait l'homme-chien. Ma cruauté m'avait acquis ce sobriquet. Adolescent on me disait un mauvais garçon, pourtant j'étais fils de bonne famille languedocienne, mon père médecin, mon oncle chirurgien. En 1916, à dix-neuf ans, je devance l'appel. J'ai un désir de guerre, une volonté d'en découdre. Avec ça, je gagne des galons et des médailles. J'avance. Je suis blessé une première fois. Grâce à ce courage de tous les diables je suis l'officier le plus décoré de mon régiment. Convalescent, je rencontre Marthe à l'opéra de Béziers, ma première rencontre avec l'amour. Impossible : La colère de ma mère quand elle aurait su que je voulais épouser une divorcée. Vite, je veux retrouver la guerre, le front, je veux m'échapper. Et puis, lors d'une attaque allemande, moi le lieutenant Bousquet, je ne sais pourquoi, tous reculaient. Alors, j'ai compris, c'était fini et je suis resté debout".

 

 

Il retourne au front où le 27 mai 1918 il est blessé aux vertèbres. Il restera alité toute sa vie à Carcassonne, au 53 rue de Verdun, dans une chambre dont les volets sont fermés en permanence.

"Une balle, une balle dans la colonne vertébrale, ma moelle épinière coupée, mes jambes paralysées, une unique balle mettra trente-deux ans pour me tuer. Seul, couché dans mon lit, j'ai atteint des hauteurs telles, que j'ai creusé le ciel. Enfermé dans ma chambre, enfermé dans mon corps, je rayonne dans cette lumière immobile. Le mal comme le bien a son ciel en moi; et je connais la voluptueuse satisfaction de n'être médiocre en rien. Chaque jour je redécouvre que j'ai été blessé, que je suis blessé et je dois à cette blessure d'avoir appris que tous les hommes étaient blessés comme moi. Je suis né le 19 mars 1897 à Narbonne, j'ai été touché par une balle à la colonne vertébrale le 27 mai 1918 à Vailly sur le front, j'avais vingt et un ans. Qui suis-je tel qu'on me voit, flottant entre mes deux personnes, celle de mon coeur et celle de ma mort ?"

"Car il faut être sincère jusqu'au bout. J'ai été blessé à vingt et un ans. Mais j'étais déjà un type perdu. Complètement dévoyé. Incapable de gagner sa vie. Pris par l'amour de toutes les drogues. Incapable de prendre sur lui d'écrire ou même de lire. Tout cela aurait fini par un coup de revolver. Ma blessure a fait tourner les choses autrement. Je suis comme un homme de tous les vents que la solitude et le silence auraient fait prisonnier..."

 

 

"La poésie n'est plus un reflet de l'homme : elle a le poids de son être et porte tous les traits de sa destinée Et puis, la vie va continuer dans cette chambre de Carcassonne, la lumière de la lampe, les rideaux tirés, tapi dans un coin, tassé, les yeux ouverts avec cette douleur trop forte qui remonte dans le corps, une pipe d'opium à portée de main pour lutter contre. Survivre, surmonter, passer par-dessus, vivre en creux, savoir dans sa chair que tous les feux, sur la mer, chantent qu'un homme est seul, après tout, et seul avec ce qui le mène, mais ne pas s'isoler, être plus que jamais parmi les hommes, un homme très différent, un homme-chien, plus qu'un homme, moins qu'un homme, le dernier des hommes et le meilleur des chiens."

 

Le Journal Intemporel, puis La Fiancée du Vent marquent ses débuts d'écrivain, mais c'est en participant à la fondation de la revue Chantiers que son engagement prend forme. Intéressé par le mouvement surréaliste, mais au-dessus des doctrines, son leitmotiv sera d'aimer, de suivre son coeur et rien d'autre. Chantiers du groupe Carcassonne fusionnera avec la jeune revue des Cahiers du Sud du groupe de Marseille. Les Cahiers du Sud qui ne cesseront de paraître , bien après sa mort, en 1966. Orientée vers la recherche d'un génie du sud, langue d'oc, troubadours, catharisme, hors de tout folklore, ouverte aux grands courants du nord, le graal, les romantiques allemands, la revue des cahiers du Sud abordera les sujets les plus divers, de la mathématique à la poétique érudite.

 

 

Estève, Jean Paulhan, Jean Cassou, André Gide, Paul Valéry, Paul Eluard, Ferdinand Alquié, de nombreux peintres, autant d'amitiés, de rencontres, qui se nouent et se resserrent au fil des lettres et au gré des visites, autant d'amour aussi avec des femmes imaginaires ou réelles, rêvées et imaginées, relais du monde où "Mon âme est comme la présence d'un amour dont je toucherais le fond dans les choses" Une marche sans jambes, sans pieds, une marche vers l'inconnu dans l'inconnu, dans les profondeurs de la nuit intérieure. "La poésie est la langue naturelle de ce que nous sommes sans le savoir". "J'ai vécu comme une femme, souhaitant d'enfanter des esprits et de les nourrir de sa substance".

1939, la guerre, l'occupation allemande partage la France. C'est alors qu'au pays des cathares, derrière les remparts de Carcassonne, l'espace confiné de la chambre avec ses quatre murs s'ouvre encore devenant le point de ralliement des écrivains réfugiés dans la zone sud, le groupe de la N.R.F. notamment, et le numéro spécial des Cahiers du Sud sur le Génie d'oc et l'Homme méditerranéen en 1943, en codirection avec Jean Ballard, est un pied de nez contre l'occupation nazie. "Un homme vaut uniquement par la portion de son esprit qu'il a réussi à rendre positive, à reprendre à ce marais de sottise et de fureur où nous serions baignés."

Le corps petit à petit se casse, avoir écrit tant et tant, des lettres innombrables, des poèmes, des romans, des journaux, avoir tant lutté, avoir tant cherché et cette balle qui continue son oeuvre, cette douleur qui empire et, l'opium, l'opium qui le drogue, seul remède à sa souffrance, à ses crises d'urémie insoutenables. "Mon corps était retranché de la vie ; par amour pour elle, je rêvais d'abord de le détruire. Cependant, les années, qui me rendaient mon infirmité plus présente, enterraient mon intention de me supprimer. Blessé, je devenais déjà ma blessure. J'ai survécu dans une chair qui était la honte de mes désirs. Alors, ma voix a surgi, elle a nommé, elle a convié et dévoyé cette brisure. Je veux recueillir mon néant à l'ombre d'une réalité digne de la lumière et forger de mes mains un objet qui efface mes traces. "

"Les dernières années viennent à moi; elles s'approchent, humbles, obligeantes, chacune avec sa lanterne...J'ai le coeur gonflé par la joie de les voir, de comprendre ce qu'elles veulent. Elles viennent. Emplir d'une clarté humaine la joie que nous eûmes d'exister...D'exister contre tout, contre l'adversité, contre nous...Avec l'aide du monde, nous guérirons de notre mort l'amour humain que nous fûmes. Le corps n'est pas un élément de dispersion."

Joë Bousquet meurt dans la nuit du 27 au 28 septembre 1950 à Carcassonne.

 

 

Carcassonne sa maison.

 

 

 

Quand on parle de maison d'Hommes célèbres, il en est une à Carcassonne qui vient automatiquement à l'esprit : celle de Joë Bousquet. Une maison restée en l'état, ouverte au public, devenue lieu d'échange, de recherches et qui abrite aujourd'hui, outre la chambre de l'écrivain, la Maison des Mémoires, le GARAË (Groupe Audois de Recherche et d'animation Ethnographique)et le Centre d'études Cathares René Nelli.

 

De 1924 à sa mort, il occupe, à Carcassonne, au 19 rue de Verdun, puis au 41 et enfin au 53 "la chambre aux volets clos". C'est là qu'il entreprend de "naturaliser sa blessure". Il commence à écrire. Telle une araignée sur sa toile, Joë Bousquet attend au centre de sa chambre. Au milieu des vapeurs d'opium et des parfums que de belles visiteuses laissent s'évaporer, il est là gisant, guettant les bruits du monde, et échangeant des lettres avec ceux qui marchent. Lui, colonne vertébrale brisée, il peut sentir physiquement en lui la terre tourner, alors que les bien portants n'y prennent garde.

Dans cette maison de la rue de Verdun à Carcassonne, cette maison aux volets toujours clos, il y a son lit immense avec le coussin réceptacle de son corps, un petit guéridon rond plein de médicaments, une table pour les manuscrits et la bibliothèque basse. Quelques tableaux et des lampes toujours allumées. De 1925 à sa mort, le soleil n'est jamais entré dans cette chambre, quelques amis et amies, oui. Cette chambre est maintenant un musée, La maison des mémoires. Dans cette tanière, il attend Aragon, Gide, le grand ami René Nelli qui lui parle de l'amour courtois, et bien d'autres encore,. car cette chambre dévouée "à la vie de l'esprit" devient l'antichambre des lettres françaises. Tapi dans la douleur, Joë Bousquet réussit à habiter la douleur. Lançant ses innombrables correspondances avec les peintres, les poètes, il a, si ce n'est sauvé le monde, du moins sauvé le sien. "Les miracles de l'amitié" l'ont tenu debout et éloigné ses ténèbres. Dans sa chambre (l'oubliette aérienne, disait-il), il s'entoure de toiles qui l'aident à vivre (Paul Klee, Max Ernst, Fautrier, Magritte...).

De nos jours rien n'a changé dit-on : "même l'odeur d'opium, drogue qu'il prenait régulièrement pour soulager ses douleurs ne semble pas vouloir s'évaporer".

 

 

 

 

 

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La page consacrée à Joe Bousquet sur ArtsLivres.

La page consacrée à Joe Bousquet sur remue.net.

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27 octobre 2008

Harriet Beecher Stowe - Hartford

Biographie de Harriet Beecher Stowe.

 

 

Harriet_Beecher_Stowe"Les larmes les plus amères que l'on verse sur les tombes viennent des mots que l'on n'a pas dits, des choses que l'on n'a pas faites".

 

Harriet Beecher naît le 14 juin 1811 à Litchfield, dans l’État du Connecticut. Elle est la dernière née d’une famille qui compte sept enfants. Son père, Lyman Beecher, qui devient veuf de manière précoce, est pasteur de l'Église Congréganiste de la tradition de Jonathan Edwards. Il est d’ailleurs réputé à l’époque pour ses talents de prédicateur. C’est peut être ce qui explique que les frères de la jeune fille suivront la même voie. Celle-ci est élève, puis professeur de littérature biblique au Hartford Female Seminary jusqu'en 1832, un établissement fondé par sa sœur aînée Catherine. L’année suivante et forte de ses premières expériences pédagogiques, Harriet Beecher publie un ouvrage de géographie à l’usage des enfants. La famille Beecher s'installe ensuite à Cincinnati, dans l'Ohio, où Lyman Beecher assure la présidence du Lane Theological Seminary.

En 1836, Harriet Beecher se marie avec Calvin Stowe, pasteur et professeur de littérature biblique au sein de l’institution. Le couple aura sept enfants ; quatre décéderont dans des circonstances tragiques. Marqué par le puritanisme de la Nouvelle-Angleterre qui a fait son éducation, Harriet Beecher-Stowe mène une existence austère, scandée par ces drames familiaux. Sa correspondance est ainsi marquée de la monotonie de cette vie quotidienne. Dotée d’une solide culture classique, celle-ci s’occupe à composer des récits publiés dans les journaux locaux. Cette activité littéraire apporte en outre un appoint financier substantiel aux revenus de son mari et améliore d’autant l’ordinaire de la famille Stowe. En 1843, est ainsi publié en volume "The Mayflower, or Sketches and Characters among the Descendants of the Pilgrims".

A l’époque, Cincinnati, qui est située à proximité du Sud esclavagiste, est une première étape importante pour les esclaves en fuite. La ville n’est séparée du Kentucky, où perdure la traite, que par le fleuve Ohio. Cependant, avec le vote du Compromis Clay par le Congrès, le 18 septembre 1850, une loi qui se destine notamment à freiner le "marronnage", les habitants de la ville doivent à présent dénoncer ou livrer les fugitifs aux autorités. Au sein même de la communauté calviniste, on s’interroge sur leur sort. Certaines situations sont autant de dilemmes moraux. Au delà, se pose la grande question : faut-il abolir l’esclavage ? En 1850, Harriet Beecher-Stowe et son mari, nommé professeur à Bowdoin College, s'installent à Brunswick, dans l’état du Maine. Ce départ de Cincinnati ne les éloigne aucunement du problème de l’esclavage. Car de leur nouvelle habitation où ils ont trouvé refuge, de nombreux esclaves Noirs gagneront le Canada et la liberté.

Harriet Beecher-Stowe prend d’ailleurs publiquement position en rédigeant "Uncle Tom’ Cabin, or Life among the Lowly". Ce texte est présenté au Dr Bailey, le directeur du National Era, une feuille anti-esclavagiste de Washington. Celui-ci accepte de le publier dans les colonnes de son journal et offre même 300 $ à son auteur. Livré en quarante feuilletons à partir du mois de juin 1851, ce roman demeure confidentiel au milieu du lectorat habituel de l’hebdomadaire. Il suscite cependant l’attention de J. P. Jewett, un éditeur de Boston, qui en assure l’impression en deux volumes, le 10 mars 1852. "La Case de l'oncle Tom" connaît alors un succès prodigieux. 3.000 ouvrages sont vendus le premier jour. Traduit rapidement en une vingtaine de langues, il est édité à 305.000 exemplaires aux États-Unis la première année, à plus de deux millions et demi au-delà. Si ce triomphe commercial s’appuie sur l’esprit du temps, il permet néanmoins une plus grande diffusion des thèses abolitionnistes, grâce aux "Tom Shows" notamment. Ces spectacles de théâtre, où sont mis en scènes des épisodes du roman Harriet Beecher-Stowe, jouent sur la sensibilité du public en forçant le grotesque et la violence du récit. En Angleterre, des éditions populaires à six pence proposent également le texte à la lecture d’un public nombreux.

Dans son "Oncle Tom", Harriet Beecher-Stowe fait voler en éclat le mythe de la bonté de certains maîtres, les planteurs, et de la condition appréciable de leurs esclaves. En 1853, alors que l’on met en doute la vraisemblance de certaines scènes de son roman, elle donne "A Key to Uncle Tom's Cabin", une série de documents sur l'esclavage qui justifie son discours. La même année, le couple séjourne pour la première fois en Europe, grâce notamment aux énormes droits d’auteur que touche Harriet Beecher-Stowe. A deux autres reprises, celle qui est devenue une militante de l’anti-esclavagisme, admirée ou décriée, reviendra sur le "vieux continent", en 1856 et 1859. En 1856, elle donne une suite à son roman avec "Dred, a Tale of the Great Dismal Swamp".

Quelques années plus tard, en 1862, Harriet Beecher-Stowe est reçue par Abraham Lincoln, lecteur attentif de ses œuvres. A la Maison Blanche, le président des États-Unis félicite alors l’écrivain, affirmant à l’assemblée qu’elle était "the little lady who made this big war" (autrement dit : "Voici la petite femme qui a commencé une grande guerre"). Élu au mois de novembre 1860, ce dernier mène en effet depuis deux années la lutte meurtrière contre les États du Sud qui avaient fait sécession. Nord et Sud s’opposent en particulier à propos de ce que l’on a baptisé "l’institution spéciale", l’esclavage des Noirs. En 1862, le Nord abolitionniste est en passe de mettre un terme à cette guerre civile qui déchire la jeune nation. Le 31 janvier 1865, quelques mois avant la reddition sudiste à Appomattox, est voté le treizième amendement à la Constitution qui abolit l'esclavage sur l'ensemble du territoire américain.

A cette époque, Harriet Beecher-Stowe est devenue une écrivain prolixe. Elle rédige un ouvrage par an. En 1859, "The Mister's Wooing" et "The Pearl of Orr's Island", publié trois années plus tard, sont deux œuvres qui évoquent la Nouvelle-Angleterre. "Agnes of Sorrerrto" a pour cadre l'Italie. Dans les années qui suivent, dominent toujours des romans : "Oldtown Folks" en 1869, "Fireside Scories" en 1871, "Poganuc People" en 1878. La plupart de ces textes sont auparavant édité en feuilletons dans quelques-uns des journaux de l’époque, comme The Atlantic Monthly, The Christian Union ou The New York Independant. Enfin, un essai intitulé "The True Story of Lord Byron's Life" qui est à l’origine d’un grand scandale. Harriet Beecher-Stowe entend dans ce texte établir qu'il y avait eu inceste entre le poète, à qui elle voue une profonde admiration, et sa sœur…

L’écrivain est décédée le 1er juillet 1896, à l’âge de quatre-vingt cinq ans.

 

 

Sa maison à Hartford.

 

2834431527_6120b23552C'est en 1873 qu'Harriet Beecher Stowe fait l'acquisition du cottage en briques peintes de Forest Road à Hartford. Cette demeure victorienne est l'une des plus modestes du quartier, en effet à l'époque toutes les demeures de Nook Farm étaient grandioses. C'est ici qu'elle a vécu jusqu'à sa mort en 1896, dans cette maison qui comprenait tout de même dix sept chambres et plusieurs salles de réceptions, avec son mari Calvin, Stowe un ancien professeur de littérature biblique et leurs jumelles Eliza et Harriet.

A l'époque, la renommée de l'écrivain n'est plus à faire, au cours de la dernière moitié du 19ème siècle, elle était l'auteur américain le plus lu en Europe et en Asie. Ses œuvres ont été traduites en plus que soixante langues.

Un an plus tard, en 1874, Samuel Clemens, mieux connu sous le nom de Mark Twain, et sa famille ont emménagé dans une vaste maison située juste en face, une simple pelouse séparait les deux demeures. C'est dans cette maison que Mark Twain a écrit ses livres les plus célèbres (Tom Sawyer et Huckleberry Finn). Les Clemens étaient une génération plus jeune que les Stowe, en fait Samuel Clemens avait le même âge que les jumelles Harriet et Eliza; Ils sont rapidement devenus amis et se fréquentaient régulièrement.

La demeure appartient au Stowe Center qui a pour mission de préserver la maison et de promouvoir les collections ainsi que d'inciter les personnes à suivre son engagement en faveur de la justice sociale, en effectuant des changements positifs.

Le rez-de-chaussée de la demeure comprend un salon avant, qui était réservé aux manifestations officielles et aux réceptions, et un salon arrière réservé aux activités familiales et qui servait pour la lecture, les jeux ou pour y prendre le thé.

L'ameublement de la maison toute entière est un mélange de styles étalés sur plusieurs siècles, avec une prédominance pour le style victorien. De nombreuses œuvres d'art décorent la maison, telles que la copie de la Madone de Raphaël ou bien encore la reproduction de la Vénus de Milo, ces œuvres sont des souvenirs de voyages en Europe, rapportés par les Stowe. Des huiles et des aquarelles peintes par Harriet, témoignent de sa passion pour l'art et de son sens artistique.

La cuisine possède une cuisinière à gaz de trois feux, ainsi qu'une grande table où la famille prenait ses repas, un vaisselier orné de sculptures d'oiseux et de fruits complète cette pièce. Il faut préciser que la cuisine tout en pin, étagères, boîtes de rangement, portes et tours de fenêtre, était au goût de l'époque et avait été recommandée par Harriet et sa sœur Catherine dans un ouvrage qu'elles avaient fait paraître en 1869 "The American Woman's Home".

Au deuxième étage se trouvent les chambres et une salle de bain ainsi qu'un salon comportant des meubles décorés par Harriet.

Là encore on peut voir de nombreuses reproductions acquises pendant les voyages de la famille dans le Maine, la Floride ou même en Ecosse. Dans la chambre des Stowe, une curiosité, un terrarium rempli de fougères et de mousses.

Harriet Beecher Stowe aimait les fleurs et les jardins, pour lui rendre hommage le Stowe Center a crée 8 jardins différents où il fait bon flâner et où des visites guidées sont organisées :

Le Woodland Garden

The Blue Cottage Garden

The Wildflower Meadow Garden

The Formal Color Coordinated Garden

The High Victorian Texture Garden

The Antique Rose Garden

The Pink & Red Cottage Garden

The Yellow & Orange Garden

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Harriet Beecher Stowe Center.

 

Procurez vous des ouvrages d'Harriet Beecher Stowe

 

 LOCALISATION DE LA MAISON :

 

 

 

 

 

Posté par pfck à 21:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]