04 août 2008

Stephane Mallarmé - Vulaines sur Seine

Biographie de Stephane Mallarmé.

 

 

 

Mallarme"Ce n'est pas avec des idées qu'on fait des vers, c'est avec des mots".

 

 

Stéphane Mallarmé naît le 18 mars 1842 à Paris au sein d’une famille de fonctionnaires dévoués depuis plusieurs générations au service de l’État. Numa Mallarmé est ainsi sous-chef à l’Administration de l’Enregistrement et des Domaines. Le 14 juin 1841, il épouse Élisabeth Desmolins, dont le père est employé dans son service. Le couple aura deux enfants. La sœur de Stéphane, prénommée Maria, naît le 25 mars 1844. Avec le décès accidentel de leur mère, le 2 août 1847, au retour d’un voyage en Italie, les deux enfants sont élevés par leurs grands-parents maternels.

En 1852, Stéphane Mallarmé entre à Auteuil dans une pension religieuse. Il se sent alors marginalisé dans l’institution, fréquentée par les fils de famille. Quelques années plus tard, le 15 avril 1856, l’adolescent est inscrit au Lycée de Sens, ville où réside son père. Il effectuera toute sa scolarité secondaire dans l’établissement. En dehors de ses cours, qui ne le passionnent guère, Stéphane Mallarmé rédige quelques vers. Pendant l’été 1859, il écrit ainsi un long poème en deux parties, "Sa fosse est creusée, Sa fosse est fermée", réminiscence d’une disparition qui le marque profondément, celle de sa sœur Maria au mois d’août 1857.

Enfin reçu bachelier, le 8 novembre 1860, Mallarmé, suivant en cela le cursus familial, entre en tant que surnuméraire à l’Enregistrement, à Sens. Toujours épris de littérature, le jeune homme s’imprègne à cette époque de l’œuvre poétique de Théophile Gautier et surtout des "Fleurs du Mal" de Charles Baudelaire. Dans les années qui suivent, Mallarmé se lie d’amitié avec un jeune professeur de littérature, Emmanuel des Essarts, nommé récemment au Lycée de Sens. Celui-ci le distrait par sa conversation de cette morne et pesante vie de fonctionnaire provincial.

Alors qu’il commence à publier quelques-unes de ses œuvres dans de modestes revues littéraires, Mallarmé fait la connaissance d’une jeune allemande, Maria Gehard, demoiselle de compagnie dans une riche famille de la bourgeoisie locale. Ensemble, les deux amants effectuent plusieurs séjours en Angleterre, en 1862 puis en 1863, se mariant bientôt dans la capitale londonienne, le 10 août de cette dernière année. Le 17 septembre suivant, Mallarmé obtient son certificat d’aptitude à l’enseignement de l’anglais. Au mois de novembre 1863, il est alors nommé au Lycée de Tournon, en Ardèche, où le couple s’installe, au 19 de la rue Bourbon. Une fille, Geneviève, naît quelques temps plus tard, le 19 novembre 1864.

L’enseignant poursuit son activité littéraire. En 1864, chez des amis communs, il fait bientôt la connaissance de Frédéric Mistral puis de Villiers de l’Isle-Adam. Mallarmé, chahuté pendant la journée par ses élèves, se réfugie le soir venu dans l’écriture. Il s’emploie ainsi à la rédaction "d’Hérodiade". Le 12 mai 1866, le Parnasse contemporain publie dix de ses poèmes. Nommé au Lycée de Besançon puis à Avignon où il fréquente les représentants du Félibrige, Stéphane Mallarmé entame à cette époque une correspondance avec Paul Verlaine. C’est alors que le poète connaît des problèmes de santé. Son état neurasthénique rend bientôt nécessaire une mise en congé de longue durée qu’il sollicite auprès de ses supérieurs le 20 janvier 1870.

Installé maintenant à Paris, au 3 de la rue Vivienne, Hôtel des Étrangers, Mallarmé est contraint après quelques mois de repos de reprendre son métier de professeur d’anglais. Le 25 octobre 1871, il est nommé chargé de cours au Lycée Fontanes (actuel Lycée Condorcet). Résidant à présent dans la capitale, le poète ne se mêle que peu à la vie littéraire. Il fait néanmoins la rencontre d’Arthur Rimbaud, que lui présente son ami Verlaine, puis d‘Émile Zola. De nombreux autres écrivains lui témoignent également leur soutien, parmi lesquels Leconte de l’Isle, José Maria de Heredia, Théodore de Banville ou Catulle Mendés. Après sept années de silence, Mallarmé se remet alors à la poésie pendant l’été 1873.

L’année suivante, au mois de septembre, il lance une revue, La Dernière Mode, gazette du monde, qui connaîtra neuf livraisons jusqu’au mois de janvier 1874. Le 15 mars 1875, les Mallarmé s’installent au 87, rue de Rome. En 1876 paraît une édition de "L’Après midi d’un faune", qu’avait refusé deux ans plus tôt l’éditeur Lemerre. Le poète travaille également à traduire les œuvres d’Edgar Allan Poe. Celles-ci paraissent, dans La République des Lettres notamment. Mallarmé est affecté par le décès, le 6 octobre 1879, de son fils Anatole âgé de huit ans. Et au Lycée Fontanes, les rapports d’inspection se font de plus en plus durs à son encontre. En 1880 cependant, commencent les "mardis" de la rue de Rome, des soirées au cours desquelles l’écrivain reçoit chez lui d’autres poètes.

Stéphane Mallarmé se trouve désormais investi d’une nouvelle notoriété. Paul Verlaine lui consacre un chapitre dans son étude sur "Les Poètes maudits", qui prend place dans les colonnes de la revue Lutèce à la fin de l’année 1883. Au mois de septembre 1884, paraît "A Rebours", un roman de Joris-Karl Huysmans, dont le héros, des Esseintes, professe une grande admiration pour Mallarmé. Le 6 août 1885, c’est en malmenant l’œuvre de l’écrivain que le critique Paul Bourde s’en prend aux auteurs dits "décadents" (bientôt nommé "symbolistes" à l’invitation de Jean Moréas), dans un article publié dans le journal Le Temps. Au cours de ces années, Mallarmé, le poète "incompréhensible" fait la connaissance de l’actrice (et courtisane) Méry Laurent, dont il devient bientôt l’intime.

D’avril à octobre 1887, est publié un recueil de ses poèmes, sobrement intitulé "Poésies", qui offre au public un large choix de ses textes. Stéphane Mallarmé occupe maintenant une place importante dans le monde des lettres. Il complète son activité d’écrivain en donnant à La Revue indépendante des articles de critique. Ses "mardis" sont maintenant fréquentés, outre la présence des symbolistes, par les poètes de la jeune génération, Pierre Louys, Paul Valéry ou André Gide entre autres. En 1891, Mallarmé fait paraître "Pages", un volume où est rassemblée la quasi-totalité de ses poèmes en prose. Il préside maintenant à de nombreuses manifestations littéraires, au banquet de La Plume qui réunit les écrivains en vogue notamment.

L’année suivante, le 1er octobre, Mallarmé reçoit enfin à son domicile son arrêté de mise à la retraite. Celle-ci est vécue comme une délivrance par l’enseignant. En 1894, paraît un recueil de morceaux choisis, "Vers et Proses". Le 22 décembre de la même année a lieu à la Société nationale de musique la première audition du "Prélude à l’après-midi d’un faune", mis en musique par Claude Debussy. Le 27 janvier 1896 enfin, Stéphane Mallarmé est élu prince des poètes. L’année suivante voie la sortie en librairie de "Divagations", qui rassemble l’essentiel de ses articles de critique.

Le 8 septembre 1898, le poète est soudain pris par un accès de suffocation. Le lendemain matin, Stéphane Mallarmé décède à Valvins d’un spasme de la glotte. Son corps est inhumé au cimetière de Samoreau, en Seine-et-Marne.

 

 

 

Sa maison à Vulaines sur Seine.

 

 

 

 

VulainesC'est à quelques kilomètres de Fontainebleau, au Pont de Valvins, sur la commune de Vulaines que se trouve le musée départemental Stéphane Mallarmé. Il a ouvert ses portes au public en 1992.

Professeur d'anglais enseignant à Paris à partir de 1871, Stéphane Mallarmé découvre cette maison en 1874. Il la loue pour y séjourner régulièrement à Pâques, l'été et à la Toussaint... Très attaché à ce lieu, il effectue même d'importants travaux après sa retraite en 1893, afin de s'y installer définitivement. Il y meurt le 9 septembre 1898. Inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1946, la maison reste la propriété des héritiers du poète jusqu'en 1985, date à laquelle elle est achetée, avec son mobilier et sa bibliothèque, par le Département de Seine-et-Marne.

Entièrement rénovée par l'architecte Bruno Donzet, la maison comporte aujourd'hui deux espaces ouverts au public : au premier étage, on visite les appartements de Mallarmé, sa chambre, avec sa bibliothèque anglaise, différents objets et photographies, son châle, et la vue sur la Seine à laquelle il tenait tant. La salle à manger montre la "table des mardis littéraires", autour de laquelle s'assirent des artistes célèbres, ainsi que la pendule de Saxe. La chambre de Madame Mallarmé, le cabinet japonais du poète, complètent cette atmosphère intime et sereine.

Au rez-de-chaussée, une bibliothèque et des expositions temporaires. Lieu de mémoire rassemblant des souvenirs du grand poète symboliste, ce musée restitue l'atmosphère et l'ambiance qui régnaient à son époque. Les décors, les lumières et les meubles sont ceux de Mallarmé et les pièces dans lesquelles il vécut ont été reconstituées à l'identique ainsi que son jardin, conçu à partir des tracés au sol,  qui comprend un espace consacré aux fleurs (nombreuses variétés de roses, clématites,...)et un verger de plein vent. L'on peut s'y reposer et en rapporter, en septembre, des pommes.
Outre l'univers de Mallarmé, ce musée présente les oeuvres de ses amis peintres et sculpteurs ainsi que des expositions temporaires.

 

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01 août 2008

William Butler Yeats - Thoor Ballylee

Biographie de William Butler Yeats.

 

 

 

William_Butler_Yeats"Dans les rêves commence la responsabilité".

 

Fils du peintre John Butler Yeats, William Butler Yeats, est un poète irlandais, né le 13 juin 1865 à Sandymount (Dublin) et mort le 28 janvier 1939 à Roquebrune-Cap-Martin, en France. Yeats est l'un des instigateurs du renouveau de la littérature irlandaise et co-fondateur de l'Abbey Theatre.

Ses premières œuvres aspiraient à une richesse romantique, ce que retrace son recueil publié en 1893 "Crépuscule celtique", mais la quarantaine venant, inspiré par sa relation avec les poètes modernistes comme Ezra Pound et en lien avec son implication dans le nationalisme irlandais, il évolua vers un style moderne sans concession. Yeats fut aussi un sénateur de l'État libre d'Irlande (Seanad Éireann).


Quand Yeats avait deux ans, sa famille déménagea d'abord de Sandymount, Comté de Dublin, au Comté de Sligo, puis à Londres pour permettre à son père John de poursuivre sa carrière d'artiste. Les enfants Yeats furent éduqués à la maison. Leur mère, nostalgique de Sligo, leur racontait des histoires et des contes de leur comté d'origine.

En 1877, il entre à la Godolphin School pour quatre ans et n'y brille pas particulièrement. C'est là que s'éveille son nationalisme irlandais. Pour des raisons financières, la famille retourne à Dublin vers la fin des années 1880, d'abord dans le centre de la ville puis dans la banlieue de Howth.

En octobre 1881, Yeats termine intègre la Erasmus Smith High School de Dublin. L'atelier de son père est situé non loin et il passe une grande partie de son temps à fréquenter de nombreux artistes et écrivains de la ville. Il reste dans cette école jusqu'en décembre 1883.

C'est pendant cette période qu'il commence à écrire des poèmes et en 1885, ses premiers poèmes, ainsi qu'un essai titré "La poésie de Sir Samuel Ferguson", sont publiés dans la Dublin University Review. De 1884 à 1886, il étudie à la Metropolitan School of Art (actuellement le National College of Art and Design).



Déjà avant d'écrire de la poésie, Yeats associait celle-ci à des idées religieuses.

La poésie de Yeats à cette période est largement imprégnée de mythes et de folklore irlandais mais aussi de la diction des vers pré-raphaélites. C'est Percy Bysshe Shelley qui exerce alors sur lui la plus grande influence et cela demeurera ainsi tout au long de sa vie.


En 1889, Yeats rencontre Maud Gonne, une jeune héritière qui commençait alors à se consacrer au mouvement nationaliste irlandais. Maud Gonne aimait le poème de Yeats "The Isle of Statues".

Deux ans plus tard, Yeats lui propose une vie commune, mais elle refuse. Et ainsi trois fois par la suite en 1899, 1900 et 1901. Elle épouse finalement en 1903 le nationaliste catholique John MacBride. Cette même année Yeats séjourne quelques temps en Amérique et y rencontre Olivia Shakespeare.

En 1896, il est présenté à Lady Gregory par leur ami commun Edward Martyn. Lady Gregory encourage le nationalisme de Yeats et le persuade de continuer à écrire des pièces de théâtre. Bien qu'influencé par le Symbolisme français, Yeats se concentre sur des textes d'inspiration irlandaise, ce penchant est renforcé par l'émergence d'une nouvelle génération d'auteurs irlandais.

Avec Lady Gregory, Martyn et d'autres écrivains parmi lesquels J M Synge, Sean O'Casey, et Padraic Colum, Yeats fonde le mouvement littéraire connu sous le nom de Irish Literary Revival (ou encore Celtic Revival).

Ce groupe acquiert une propriété à Dublin où ils ouvrent l'Abbey Theatre le 27 décembre 1904. La pièce de Yeats "Cathleen Ni Houlihan" et celle de Lady Gregory, "Spreading the News", sont données lors de la soirée d'ouverture. Yeats continuera à s'occuper de ce théâtre jusqu'à sa mort, à la fois comme membre du comité de direction et comme dramaturge.

Contemporain de Wilde, il oscille longtemps entre le Londres décadent de la fin du XIXe siècle et l'Irlande en pleine ébullition indépendantiste. Ses premières poésies se caractérisent par un usage marqué de symboles repris de traditions diverses (irlandaise, kabbale, catholicisme, grecque et romaine). Les œuvres de la maturité forment une véritable cosmogonie. William Butler Yeats conçoit son œuvre comme un tout organique. Chaque poème correspond à une pièce du système général, sensé expliquer l'univers dans son entier. Ce travail aboutit à une trame élaborée, principalement inspirée par une passion pour l'occulte et des souvenirs de la mythologie de Blake. Cependant, les figures bibliques de Blake sont remplacées, chez Yeats, par des motifs tels que la Grande Roue, symbole de toutes les phases de l'Histoire et de toutes les incarnations de l'homme. Ce canevas fournit au poète une imagerie riche, regorgeant de sens symboliques.


William Butler Yeats reçoit le Prix Nobel de littérature en 1923. Le Comité Nobel qualifie alors son œuvre de  "poésie toujours inspirée, dont la forme hautement artistique exprime l'esprit d'une nation entière".

Cependant ses chefs-d'œuvre, "La Tour" (1928) et "L'Escalier en spirale" (1933), sont postérieurs à cette reconnaissance suprême.

 

 

 

Thoor Ballylee sa maison.

 

 

 

2366846734_6613a412dbEn 1917, William Butler Yeats fit l'acquisition de cette tour fortifiée du 16ème siècle, afin de se rapprocher de Coole Park, résidence de Lady Gregory, avec qui il fonda l'Abey Theater de Dublin.

Cette maison forte qui servit onze ans de résidence d'été à William Butler Yeats sa femme et ses deux enfants, est un symbole très présent dans son oeuvre poétique, comme en témoigne l'inscription sur le mur qui fait face à la route.

Il passa le plus clair de ses étés à réaménager les 4 étages de la tour. Il dut l'abandonner en 1928. En 1964, la Kiltartan Society entreprit la restauration du bâtiment, avec le cottage de meunier et la roue de moulin attenants.

Cette tour était un ancien château normand, construit par la famille de Burgo au 16ème siècle. Elle comporte quatre étages, d'une pièce chacun, reliés par un escalier de pierre en spirale, construit dans l'épaisseur du mur externe massif. Chaque étage possède une fenêtre donnant sur la rivière attenante. Sur le toit, une terrasse, que l'on peut atteindre par un escalier très raide partant du dernier étage.

Ce donjon, qui inspira nombre de ses oeuvres, fut restauré en 1961 et inauguré, en même temps que le musée en 1965, l'année du centenaire de la naissance du poète. On peut y voir une collection très intéressante rassemblant les premières éditions des oeuvres de William Butler Yeats, ainsi que des objets, des meubles et des photographies ayant appartenu à la famille.

Ne pas oublier de passer voir à Coole Park, l'arbre aux autographes, où les plus grands auteurs irlandais ont gravé leurs initiales (W. B. Yeats, G. B. Shaw, J.M. Synge, S. O'Casey...)

 

 

 

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Vie et oeuvre de William Butler Yeats : Exposition à la National Library of Ireland.

 

 

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29 juillet 2008

Curzio Malaparte - Capri

Biographie de Curzio Malaparte.

 

 

Malaparte"Un état totalitaire est un état où tout ce qui n'est pas défendu est obligatoire".

 

Kurt Erich Suckert est né à Prato en Toscanne et 1898, de père allemand et de mère lombarde.Très jeune,il est éloigné de ses parents et est élevé par de pauvres paysans. En 1925, il adopte le pseudonyme de Malaparte et renonce à son nom allemand, qui est emprunté au titre d'un pamphlet "I Malaparte et i Bonaparte" de 1869. Il aimait dire à propos de son pseudonyme : "Napoléon s'appelait Bonaparte, et il a mal fini : je m'appelle Malaparte et je finirai bien." Il s'engage dans la première guerre mondiale à 17 ans dans l'armée française pour combattre les allemands.

 

En 1922, il rejoint le parti fasciste. Ecrivain et journaliste, il devient directeur de La Stampa de Turin en 1929 et fonde La Conquista dello Stato, où il adopte une position politique radicale, invitant Mussolini à dissoudre le Parlement et à introduire un syndicalisme total. Lorsque Mussolini, après l'affaire Mattéotti, essaie de trouver des compromis aussi bien avec les fascistes extrémistes qu'avec l'opinion publique scandalisée, Malaparte maintient dans un premier temps sa position radicale, du côté des Squadristi, comme Farinacci, ensuite, dès que celui-ci perd son poste, remplacé par Turati, il l'attaque dans La Conquista dello Stato. Dans cette même période il publie : "Viva Caporetto" et "La rivolta dei santi maladetti" (la révolte des saints maudits) en 1921, ces oeuvres sont censurées. Puis "L'Europa vivente" en 1923 et "Italia Barbara" en 1925.

 

En 1931, il est à Paris, il écrit en cachette "Technique du coup d'Etat" ouvrage interdit en Italie jusqu'en 1948. Il est envoyé au "Confino" dans l'île de Lipari. Huit mois après, sous la protection de Galeazzo Ciano, il peut être transféré à Versilia, la plage la plus VIP de l'Italie fasciste. En 1937, il fonde une revue de propagande fasciste et de culture sensible aux avant gardes "Prospettive". Il écrit des nouvelles "Sangue" en 1937 "Donna come me" en 1940 et il travaille pour Il Corriere della Sera, en particulier comme correspondant à l'étranger, en 1939 il est en Ethiopie. Pendant la deuxième guerre mondiale, il part comme correspondant de guerre, en particulier dans les pays de l'Est.

En 1943, il est arrêté par décision du gouvernement Badoglio et conduit à la prison de Naples par les Américains pour son passé fasciste. Il en sort grâce à des amis puissants. Il entre alors dans la Résistance, pendant quatre mois. Il publie "Kaputt" en 1944, "La Pelle" en 1949.

 

Il est à Paris en 1947, où il monte deux pièces "Du côté de chez Proust" en 1948 et "Das Kapital" en 1949. Dans les années 50, il écrit une rubrique "Battibecco" pour le journal Il Tempo et voyage en Amérique du Sud, en Chine, en Russie et dans l'Europe de la reconstruction. En 1951, il sort son premier film "Il Cristo proibito".

Ultime provocation: en 1957, le poète, sur son lit d'hôpital, à l'aube de son décès, adhère au parti communiste.

 

 

 

Capri  sa demeure.

 

 

Casa_Malaparte"Il y avait à Capri, en la partie la plus sauvage, la plus solitaire, la plus dramatique, en cette partie entièrement tournée vers le midi et l'orient, où l'île, d'humaine, devient féroce, où la nature s'exprime avec une force incomparable et cruelle, un promontoire d'une extraordinaire pureté de lignes, qui déchirait la mer de sa griffe rocheuse. Nul lieu, en Italie, n'offre une telle ampleur d'horizon, une telle profondeur de sentiment. C'est un lieu, certes, propre seulement aux êtres forts, aux libres esprits. Car il est facile de se laisser dominer par la nature, d'en devenir l'esclave, de se laisser déchiqueter par ces crocs délicats et violents, de se faire engloutir par cette nature comme Jonas dans sa baleine."

 

 

 

Extrait de "Ritratto di pietra" (Portrait de pierre) 1940 de Curzio Malaparte.

La Casa Malaparte est une œuvre architecturale moderne de 1937, construite dans un des plus beaux sites géographiques du monde, à flanc de falaise au bord de la Méditerranée, à l'est de Capri en Italie.

La villa a été conçue et construite en 1937 par l'architecte Adalberto Libera suite à la demande de l'écrivain. C'est du moins ce que l'on croyait avant les recherches de Marida Talamona. Il apparaît maintenant que cette demeure est essentiellement due à Malaparte, Libera n'aurait dessiné qu'une ébauche de la maison et servi de prête nom pour obtenir un permis de construire. Dans "Ritratto di piera" Malaparte s'en attribue explicitement la création, et insiste sur ce "portrait essentiel, nu, sans ornement". Le vrai n'est jamais facile à démêler du faux chez Malaparte, mais l'hypothèse est plus que vraisemblable, et semble vérifiée par l'absence du moindre plan achevé dans les papiers de Libera.

Cette villa, paradoxale et provocante, solitaire et offerte au regard, secrète et mythique, est à l'image de son propriétaire. Construite au bord extrême du cap Massullo, à Capri, parallèle au ciel, elle semble à la fois se fondre dans le paysage de roches et insolemment rivaliser avec la mer et les Faraglioni, les rochers qui lui font face à fleur d'eau. L'ocre très rouge des murs, la géométrie des lignes, la pente redoutable de l'escalier en trapèze qui occupe un pan entier et mène à la terrasse, la virgule blanche qui ponctue le toit comme une voile, en font un étrange vaisseau échoué sur le roc, dont les fenêtres s'ouvriraient sur l'éternité.

L'essentiel de la construction a été confié à un maçon de l'île, Arturo Amitriano, aidé par ses deux fils. La correspondance de Malaparte avec cet artisan, atteste du soin constant accordé à ce chantier. En 1942, la maison est achevée. Savinio, le frère du peintre Chirico, dessine les meubles en choisissant la lyre comme motif central. Toute en longueur, construite sur deux niveaux, la maison s'articule autour d'un immense atrium dallé, dont les baies dessinent le paysage naturel comme de gigantesques tableaux hyperréalistes. A l'avant, la chambre de la Favorite et sa salle de bain en marbre vert, et, symétriquement, celle du maître des lieux. Malaparte y vient de préférence l'hiver, quand la mer monte à l'assaut de la pierre.

La maison fut longtemps abandonnée après la mort de Curzio Malaparte. Très endommagée par le temps et par le vandalisme, elle perdit même son somptueux poêle en céramique avant de faire l'objet d'un long et coûteux programme de restauration dans les années 1980-1990.

La villa fut laissée en héritage par l'écrivain à la République populaire de Chine. Le legs fut contesté par la famille de Malaparte, et après des années de procédure, ceux ci ont obtenu gain de cause. Grâce à l'obstination du petit-neveu de Malaparte, Niccolo Rositani, et au soutien de mécènes privés, une fondation a pu être créée afin de sauver la Casa Malaparte de l'abandon, mais aussi des promoteurs qui voulaient en faire une pizzeria.

De nombreux industriels italiens ont participé à la préservation de cette architecture exceptionnelle, la façade a déjà retrouvé son allure originale.

Ce parallélépipède de maçonnerie rouge entaillé par un monumental escalier en pyramide inversée est implanté sur une falaise abrupte, 32 mètres au-dessus de la Méditerranée, dominant le golfe de Salerne. L'accès à la propriété n'est possible qu'à pied depuis Capri ou bien par la mer grâce à un escalier taillé dans le rocher.

Trop volumineux pour quitter l'édifice, la majeure partie du mobilier original est toujours dans la villa. La baignoire de marbre de la chambre de la maîtresse de l'écrivain est toujours fonctionnelle. Sa chambre et son bureau bibliothèque sont également intacts.

La villa est devenue un lieu d'étude pour les architectes et les amateurs du monde entier. Divers évènements culturels se tiennent également sur le site. Pas question pour les héritiers d'en faire un musée, cette maison doit selon eux, rester un lieu privé et créatif.

C'est aussi en ces lieux que fut tourné "Le Mépris" de Jean Luc Godard, d'après un roman d'Alberto Moravia qui fut l'un des hôtes de Malaparte à Capri.

 

 

 

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La Casa Malaparte dans Le Mépris.

Curzio Malaparte.

 

 

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25 juillet 2008

Victor Hugo - Place des Vosges Paris

Biographie de Victor Hugo.

 

 

 

victorhugo1"Le plus grand ennui c'est d'exister sans vivre".

 

Victor Hugo est né le 26 février 1802, à Besançon. Il est le dernier fils d’un général d’Empire, le comte Léopold Hugo. Sa mère, née Sophie Trébuchet, élève seule ses trois enfants à Paris, son mari s’éloignant au gré de ses obligations militaires, en Corse puis à l’île d’Elbe en 1803. Victor et ses frères passent leur enfance à lire et à se cultiver grâce aux bons soins maternels, notamment au parc des Feuillantines près duquel la famille Hugo s’est installée au mois de mai 1809. Celle-ci doit cependant quitter la France et suivre en Italie en 1808 le comte Léopold Hugo, nommé gouverneur d'Avellino par le roi Joseph Bonaparte, puis en Espagne en 1811.

Avec la chute de l’Empire, Léopold Hugo est de retour à Paris. Victor et son frère Eugène sont alors retirés à leur mère, séparée de fait depuis quelques années d’avec son mari, et placés à la pension Cordier. Selon les vœux paternels, ils se destinent à intégrer l’École Polytechnique. En 1816, Victor entre ainsi au Lycée Louis le Grand, délaissant parfois ses études pour rédiger des vers. Il obtient en 1818 une distinction en sciences physiques au Concours général. La même année, une procédure de divorce prononce enfin la séparation de corps et de biens des époux Hugo.

Encouragé par sa mère chez laquelle il peut enfin résider, Victor s’adonne alors aux lettres avec l’ambition de réussir. "Je serai Chateaubriand ou rien", écrit-il à l’âge de quatorze ans sur un cahier d’écolier. En 1817, il reçoit les encouragements de l’Académie Française, qui a remarqué l’un de ses poèmes. En 1819, le Lys d’or lui est décerné pour la rédaction d’une ode d’inspiration royaliste : le jeune homme milite pour le rétablissement de la statue d’Henri IV... Ce prix est la plus haute récompense décernée par l’Académie des Jeux floraux de Toulouse.

Au mois de juin 1822, Victor Hugo publie son premier volume intitulé "Odes et Poésies diverses". Cette œuvre le fait remarquer des cercles royalistes. Louis XVIII lui attribue une pension de mille francs, obtenue à la demande de la duchesse de Berry. Les années qui suivent sont très prolifiques pour l’écrivain. Les recueils de poèmes, "Nouvelles Odes" en 1824, "Ballades" en 1826, ainsi que les romans, "Han d’Islande" en 1823 et "Bug Jargal" en 1826 se succèdent. Charles X, le nouveau souverain, le fait chevalier de la Légion d’honneur en 1825, alors qu'il n'est âgé que de vingt-trois ans. La même année, l'écrivain pensionné et membre de la Société royale des bonnes lettres, assiste d'ailleurs au sacre du roi, qui a lieu le 29 mai en la cathédrale de Reims. Une ode rédigée pour l’occasion par le poète, chantre de l’alliance du trône et de l’autel, lui vaut un service de table en Sèvres ainsi qu’une entrevue avec le nouveau monarque.

Après le décès de sa mère hostile au projet de son fils, Hugo se marie le 12 octobre 1822 à Adèle Foucher, une amie d’enfance dont il s’est épris. L’écrivain est bientôt le père de quatre enfants. Se consacrant à son travail d’homme de Lettres, il se détourne peu à peu de ses obligations familiales et conjugales, s’éloignant de sa femme. Celle-ci se lie alors à son ami Charles Augustin de Sainte-Beuve, qui devient davantage qu’un consolateur amical auprès de la jeune épouse, à partir de 1830. Quelques années plus tard, en 1833, l'écrivain fait la connaissance de Juliette Drouet, une comédienne du Théâtre de la Porte Saint-Martin qu’il ne quittera plus.

"Poète du parti ultra" suivant le mot de Stendhal, ses convictions politiques évoluent au cours de ces années. Dès 1824, il fréquente le salon de Charles Nodier, à l’Arsenal où celui-ci est bibliothécaire, et se rapproche de l’opposition libérale. La mort de son père en 1828 réveille également son intérêt pour le passé napoléonien dont il découvre la grandeur. L'écrivain se prononcera d’ailleurs en faveur du retour en France de Louis-Napoléon Bonaparte, en d’autres temps, en 1847. Au mois de février 1827, le poète compose son ode "A la Colonne de la place Vendôme", un monument symbole de la gloire de l’Empereur des Français, fondu dans le bronze des canons pris aux armées prussiennes en 1806. Le 13 août 1829, Charles X fait interdire la représentation de sa pièce de théâtre "Marion Delorme" pour atteinte à la majesté royale. Victor Hugo refuse l’offre d’une pension royale de quatre mille francs, qui est censée le dédommager, et rompt alors avec le régime en place.

Son œuvre littéraire évolue également. Le drame de "Cromwell" en 1827 puis le recueil des "Orientales" au mois de janvier 1829 et leurs retentissantes préfaces en dessinent la nouvelle orientation. L’écrivain réclame d’avantage de liberté dans l’art et dans la création. Ceci est le prétexte de la bataille littéraire qui accueille la représentation du drame "Hernani", dont la première a lieu le 25 février 1830 au Théâtre-Français. Victor Hugo se présente alors comme le chef de file de la jeune génération romantique en animant le Cénacle, un cercle qui se réunit dans son appartement de la rue Notre Dame des Champs où se rencontrent les écrivains et les artistes de la jeune génération romantique. Parmi ceux-ci : Alfred de Vigny, Alfred de Musset, Gérard de Nerval, Eugène Delacroix… Le 23 novembre 1832, la censure royale s'exerce de nouveau à propos de sa nouvelle pièce de théâtre, "Le Roi s'amuse", représentée la veille sur la scène du Théâtre-Français.

Hugo est désormais un auteur à succès et s’illustre avec les poèmes publiés dans "Les Feuilles d’automne" en novembre 1831, "Les Chants du crépuscule" en 1835, "Les Voix intérieures" au mois de juin 1837 ainsi que dans "Les Rayons et les Ombres" en 1840. Ces recueils d'inspiration lyrique lui permettent de rivaliser auprès du public avec Alphonse de Lamartine, tandis que les représentations au théâtre de ses drames comme "Lucrèce Borgia", dont la première a lieu le 2 février 1833 à la Porte Saint-Martin, ou "Ruy Blas", en 1838 et avec Frédérick Lemaître dans le rôle titre, lui assurent de confortables revenus. Victor Hugo montre également ses préoccupations humanitaires dans "Le Dernier Jour d’un condamné" au mois de février 1829, puis "Claude Gueux" en juillet 1834, où il se fait le défenseur de l’abolition de la peine de mort. Une voix puissante et inspirée, mais trop isolée dans le siècle. Un nouveau roman, "Notre-Dame de Paris", publié le 16 mars 1831, connaît également un grand succès d’édition. Ce drame passionnel qui se noue autour de la personne d'Esméralda, cette redécouverte d’un passé médiéval mythifié et placé en toile de fond en font l’une des œuvres emblématiques du mouvement romantique. Le 7 janvier 1841, Hugo est enfin élu à l’Académie Française, après quatre échecs retentissants. C’est pour l'écrivain la consécration de sa gloire littéraire.

A cette époque, Victor Hugo entreprend également quelques voyages en compagnie de Juliette Drouet. Les deux amants visitent ensemble la Bretagne et la Normandie en 1836, puis la Belgique en 1837, l’Alsace et la Provence en 1839 et enfin les bords du Rhin l’année suivante. En 1842, l'écrivain publie à cette occasion un recueil de texte intitulé "Le Rhin", des impressions de voyage étoffées de quelques réflexions de circonstances. Laissant en effet de côté les polémiques qui opposent les milieux littéraires français et allemands, ce texte se conçoit comme un véritable programme de politique étrangère pour la France de la Monarchie de Juillet. Victor Hugo est ainsi favorable à l'unité allemande, celle-ci devant selon les vues de l'écrivain se réaliser au sein d'une Europe fédérale dont l'artère serait le Rhin, un axe franco-allemand.

Grâce à ses droits d’auteur, Hugo vit désormais avec de confortables revenus. Sa nouvelle demeure, située au 6 de la Place Royale (actuelle Place des Vosges) où il s’est installé au mois d'octobre 1832, est un lieu chic et mondain. Négociant habilement la publication de ses œuvres complètes, il vit dans l’aisance. A la différence de François-René de Chateaubriand, Hugo n’éprouve aucun regret pour le régime défunt, celui de la Restauration. Répondant à une commande du nouveau gouvernement, n’a t-il pas rédigé un "Hymne aux morts de juillet" en1831, exécuté au Panthéon lors de la célébration des "Trois Glorieuses" ?

A partir de 1837, l’écrivain est l’hôte assidu du duc d’Orléans, héritier du trône. Il se rapproche ainsi de la cour et se rallie bientôt à la Monarchie de Juillet. Le 13 avril 1845, le roi Louis-Philippe Ier le nomme Pair de France ce qui lui permet alors de siéger à la Chambre. Cependant, une nouvelle liaison avec une jeune femme mariée, Léonie d’Aunet, fait scandale. Les deux amants sont en effet surpris, le 5 juillet suivant, en flagrant délit d’adultère. Le prestige du notable en est éclaboussé, la jeune femme effectuera quant à elle deux mois de détention dans l'infamante prison de Saint-Lazare.

L’année 1843 amène de profonds bouleversement dans son existence. L’échec de sa nouvelle pièce de théâtre, "Les Burgraves", et surtout le décès accidentel de sa fille aînée Léopoldine, le 4 septembre, qui se noie avec son mari dans la Seine à Villequier, le touchent profondément. Au mois de novembre 1845, celui qui est un observateur attentif de la vie du peuple lors de ses promenades parisiennes entame un nouveau roman, qui devrait s’intituler "Les Misères". Victor Hugo noircit pendant cette période des centaines de feuilles de papier, autant de textes qui seront publiés par la suite, pendant ses années d'exil ainsi qu'au soir de sa vie.

Éloigné des problèmes politiques malgré ses fréquentations, la révolution de 1848 est pour l'écrivain une nouvelle commotion. Après avoir tenté de faire proclamer la régence de la duchesse d’Orléans, haranguant les ouvriers parisiens en armes place de la Bastille, le 24 février, il se rallie rapidement à la Seconde République. Le 2 mars suivant, Victor Hugo prononce d'ailleurs un vibrant discours Place des Vosges à l’occasion de la plantation d’un arbre de la liberté. Il appelle alors à vive voix l'avènement de la "République universelle". Le 4 juin 1848, lors d’élection complémentaire, l'écrivain est désigné comme député de Paris à l’Assemblée Constituante puis, le 13 mai 1849, à l’Assemblée Nationale avec l’appui des conservateurs. Au Palais-Bourbon, Hugo, prenant place sur les bancs de l’Assemblée, s’installe à droite.

Au cours des "Journées de Juin" pendant lesquelles le pouvoir réprime une insurrection populaire, à l'origine de laquelle se trouve la fermeture des Ateliers nationaux, le représentant du peuple, qui avait appelé à faire disparaître ces ateliers de charité quelques jours plus tôt, fait partie des soixante délégués chargés de tenir l'Assemblée au courant de la situation. Il préside également au mois d'août de la même année le Congrès de la paix qui se tient à Paris. Victor Hugo prononce à cette occasion un discours pacifiste qui connaît un grand retentissement en Europe. Fondateur d’un journal d’opinion, "L’Événement", avec ses deux fils et avec l'aide d'Émile de Girardin le 31 juillet 1848, il fait campagne pour l’élection à la présidence de la République de Louis-Napoléon Bonaparte. L’écrivain est alors le fervent partisan d’une démocratie libérale et sociale.

Cependant la vision qu’a Victor Hugo de sa mission d’homme politique a évolué au cours des derniers mois. Si le notable est toujours aussi effrayé par la violence utilisée par les agitateurs socialistes, par Adolphe Blanqui ou Armand Barbès notamment, il montre de plus en plus ses préoccupations humanitaires, s’inquiétant de la condition du peuple. Victor Hugo rompt bientôt avec la majorité conservatrice en prononçant des discours dénonçant la misère, le 9 juillet 1849, puis critiquant la loi Falloux, le 15 janvier 1850, ainsi que le vote de restrictions à la pratique du suffrage universel, le 20 mai suivant. "L’Événement" est d'ailleurs interdit au mois de septembre 1851.

Victor Hugo participe à l’opposition républicaine par le coup d’État du 2 décembre. Avec quelques autres députés républicains, il tente de former un comité de résistance, de soulever le peuple des faubourgs de la capitale après avoir lancé un appel à l'armée. En vain. Placé le 9 janvier 1852 sur la liste des proscrits et désormais interdit de séjour en France, il s’est exilé à Bruxelles depuis le 11 décembre précédent, voyageant muni d'un passeport au nom de Jacques-Firmin Lanvin. Les deux décennies de règne de Napoléon III seront pour l’écrivain et l’homme politique des années d’opposition et d’éloignement. Cet exil devient volontaire, après son refus de l’amnistie offerte par l’Empereur avec le décret du 16 août 1859.

Victor Hugo réside alors à proximité de la France, dans les îles Anglo-Normandes de la Manche. Dans sa villa de Marine-Terrace à Jersey, il s’initie aux "tables parlantes" grâce à Delphine de Girardin, épouse de l’homme de presse. Cependant, le 27 octobre 1855, l'écrivain est expulsé par les autorités après avoir protesté contre la visite de l'Empereur Napoléon III en Angleterre. Installé à Guernesey, il fait l’acquisition de Hauteville-House en 1856. Souffrant de la gorge et du froid, le proscrit se laisse pousser la barbe à partir de 1861. Dans les années qui suivent, sa famille s'éloigne de plus en plus fréquemment, afin notamment de s'occuper du devenir de ses contrats d'auteur. Sa femme, malade, le quitte bientôt et décède le 27 août 1868 à Bruxelles.

L'exilé rappelle régulièrement aux sujets de l'Empereur son existence. Membre du Comité de résistance au coup d'État, Victor Hugo fait entendre sa voix au moment de l'organisation d'un plébiscite le 21 novembre 1852 et destiné au rétablissement de la dignité impériale dans la personne de Louis-Napoléon Bonaparte. Il rédige pour l'occasion une lettre de protestation. L'année suivante, le 21 novembre 1853, l’écrivain fait également paraître "Les Châtiments", un pamphlet dirigé contre Napoléon III qu’il a précédemment surnommé "Napoléon-le-Petit". Son œuvre s’enrichit ensuite de romans qui constituent de véritables épopées humaines. "Les Misérables" publiés en 1862 sont un immense succès littéraire. Suivent "Les Travailleurs de la mer" en 1866 puis "L’Homme qui rit" en 1869. En 1859, un recueil de poèmes, "La Légende des siècles", qui vient après "Les Contemplations", s’inscrit dans cette veine d’inspiration.

Après la défaite de Sedan et la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, Victor Hugo est de retour à Paris. Symbole vivant de la résistance républicaine au Second Empire, l'écrivain est accueilli en héros par la foule des Parisiens à la gare du Nord. Son "Appel aux Allemands", un texte maladroit et décalé, publié le 9 septembre suivant, n’ayant eu que peu d’effets sur les troupes ennemies, celles-ci entament un siège en règle de la capitale. Hugo participe alors à l’effort collectif de défense en distribuant les dividendes de ses droits d’auteur.

Élu député de la gauche républicaine dans la capitale le 8 février 1871, en seconde position après Louis Blanc mais devant Léon Gambetta, il démissionne quelques semaines plus tard, le 8 mars, peu satisfait de la volonté de restauration monarchique que montre l’Assemblée qui siège à Bordeaux. Victor Hugo n’approuve ni la paix signée le 1er mars 1871 ni l’accueil réservé à l'italien Giuseppe Garibaldi, celui-ci ayant pris part aux combats contre la Prusse aux côtés des Français. Se désolidarisant de l'aventure de la Commune, l'écrivain accueille néanmoins publiquement chez lui à Bruxelles, où il réside depuis le 22 mars, les communards réfugiés pendant la répression versaillaise.

Expulsé de Belgique, Victor Hugo se rend alors à Vianden au Luxembourg voisin. Il évoque bientôt les événements dramatiques de ces derniers mois dans "L’Année terrible", publiée en 1872. Le 7 janvier de la même année, l'écrivain est battu lors d'une élection législative partielle. Il lui faudra attendre quatre années et le 30 janvier 1876 pour retrouver sous la Troisième République un siège de parlementaire, en étant élu sénateur de Paris. Il milite alors au sein de l'assemblée pour l'amnistie des communards, celle-ci intervenant le 11 juillet 1880.

Entre temps, Hugo fait éditer de nouvelles œuvres. 1874 voit la parution de son dernier roman, "Quatre-vingt treize", dédié à la Révolution française et à la Convention. Des textes écrits le plus souvent pendant les années d’exil à Guernesey paraissent également : "L’Art d’être grand-père" au mois de mai 1877, "La Pitié suprême" en 1879, "Torquemada" en 1882, "L’Archipel de la Manche" au mois d’octobre 1883.

Cependant la santé du patriarche se détériore. Une congestion cérébrale qui le terrasse le 28 juin 1878 le laisse diminué. L'écrivain délaissera maintenant l'écriture, se contentant de mettre en forme et de publier ses productions inédites. En 1881, le nouveau régime "installé" fête son entrée dans sa quatre-vingtième année, ce qui donne lieu à une grande célébration populaire, le 27 février. L'avenue d'Eylau, dans la partie où il est installé depuis 1879, porte dorénavant son nom. Juliette Drouet décède le 11 mai 1883, Victor Hugo le 22 mai 1885 à 13 h 27 minutes, des suites d’une congestion pulmonaire.

La Troisième République lui offre alors des funérailles nationales. Celles-ci se déroulent le 1er juin suivant et sont l’occasion d’un vaste rassemblement populaire autour d’une des gloires nationales. La veille de l’événement, un immense catafalque stationné sous l’Arc-de-Triomphe permet à la foule de venir se recueillir pendant la nuit auprès du grand homme. Le corbillard des pauvres, que celui-ci a demandé dans son testament rédigé le 2 août 1883, s’élance enfin, suivi par un interminable cortège composé de deux millions d'admirateurs et de badauds. Il conduit le corps de Victor Hugo au Panthéon.

 

 

Place des Vosges sa demeure.

 

 

Rohan_GuemeneEn 1832, Victor Hugo s'installe au 6 Place Royale pour une longue période, résidant en ce lieu durant seize ans. Le tumulte provoqué dans Paris par le scandale de la "bataille d'Hernani" avait poussé son propriétaire à lui demander de quitter en 1830 la maison de Notre Dame des Champs qu'il habitait depuis trois années. Après avoir vécu deux ans rue Jean Goujon, il louera l'appartement de la Place Royale situé dans l'hôtel de Rohan Guémené.

Certains de ses amis lui feront le reproche de s'excentrer, de s'éloigner des quartiers des artistes de la Nouvelle Athènes. Les motivations de son choix restent obscures, si ce n'est la proximité de son ami Théophile Gautier et surtout celle de l'Arsenal où Charles Nodier tenait ses réunions, entourés de jeunes écrivains et poètes.

Son salon où se réunissait depuis plusieurs années le cénacle romantique continue à être très fréquenté, les artistes ont suivi, et Théodore de Banville vante la douceur des soirées de la Place Royale : "En été, surtout, c'était ravissant; la grande porte de l'appartement restait ouverte, le parfum des fleurs et des feuillages entrait par les fenêtres et la soirée avait lieu sur la Place Royale en même temps que dans les salons, car les jeunes gens allaient fumer leur cigarette dans les allées, autour de Louis le Chaste, puis tout de suite remontaient grisés de nuit et d'azur, dans l'éblouissement des flambeaux et des danses pareilles à des choeurs de déesses".

La demeure est cossue, décorée des oeuvres des amis peintres ou sculpteurs, Boulanger, Châtillon, David d'Angers. Mais ces oeuvres représentent Hugo lui même ou des membres de sa famille, ou encore illustrent des scènes de poèmes. L'intérieur bourgeois n'est pas celui d'un collectionneur ou d'un dandy comme celui de Théophile Gautier. Peut être Hugo est il trop soucieux de son oeuvre pour laisser place à celle d'un autre artiste dans sa propre demeure, si ce n'est pour témoigner encore de lui même au travers de portraits de ses proches ou d'illustrations de sa propre création. Mais cet appartement est aussi le lieu auquel sont associés l'ascension sociale, un certain embourgeoisement et la tragique disparition de Léopoldine.

En cette année 1832, Hugo est le chef incontesté de l'école romantique, sa plume est depuis longtemps reconnue, son avis recherché en littérature comme en politique. Pourtant son parcours n'a pas été rectiligne. Ses convictions restent incertaines, ayant subi des influences diverses et souvent contradictoires, mais aussi le poids des événements.

 

Le musée de la place des Vosges fut fondé en 1902, année du centenaire de la naissance de Victor Hugo, à l'initiative de Paul Meurice (1818-1905), ami de longue date, ardent défenseur de Hugo et de son oeuvre, et grâce à l'importante donation qu'il fit alors à la Ville de Paris. Premier musée monographique et littéraire, la Maison de Victor Hugo recèle le fonds d'oeuvres graphiques et de manuscrits de Victor Hugo le plus important avec celui de la Bibliothèque nationale de France: éditions originales de l'écrivain, peintures et sculptures lui rendant hommage, estampes, photographies, caricatures et pièces de mobilier.

L'hôtel, parmi les plus beaux de la place Royale (aujourd'hui place des Vosges), fut construit par Isaac Arnauld, conseiller du roi et intendant des Finances, à qui l'emplacement avait été cédé en juin 1605, lors du lotissement du parc des Tournelles, à l'époque de la conception de la place. Vendu en 1612 au marquis de Lavardin et en 1621 à Pierre Jacquet, seigneur de Tigery, l'hôtel devint la propriété de Louis de Rohan, prince de Guémenée et resta dans cette illustre famille jusqu'en 1784.

Deux balcons, aujourd'hui disparus, furent édifiés en 1785, au premier et au deuxième étage. En 1797, l'hôtel passa aux mains de la famille Péan de Saint-Gilles puis fut cédé par ses descendants en 1873 à la Ville de Paris. Une école y fut alors transférée.

L'hôtel se composait d'un corps de logis sur la place et de deux ailes en retour portant dix croisées de façade chacune et donnant sur la cour. Celle-ci, bordée d'écuries et de remises, communiquait avec l'impasse Guéménée. De nouveaux aménagements intérieurs furent effectués pendant la deuxième moitié du XIXème siècle.

Victor Hugo loua de 1832 à 1848 un appartement d'environ 280m² au deuxième étage de l'Hôtel de Rohan-Guémenée. Les lieux ont connu jusqu'à l'inauguration du musée, en 1903, de nombreux changements. Si la surface est restée inchangée, les espaces ont été redistribués et les couloirs supprimés, ainsi que le balcon qui donnait sur la place. En juin 1852, alors que le poète proscrit s'était réfugié à Bruxelles depuis le 12 décembre 1851, son mobilier fut mis aux enchères et ses biens dispersés. Certains furent alors achetés par des amis, Paul Meurice avant tout. Ce sont ceux-là qui aujourd'hui permettent, avec ceux que Victor Hugo avait emportés en exil, de reconstituer l'atmosphère de ses lieux de vie.

En effet, adoptant un parti chronologique, la visite propose aujourd'hui une évocation des trois grandes étapes de la vie de l'écrivain, telles qu'il les avait lui même définies dans "Actes et Paroles" : Avant l'exil, Pendant l'exil, Depuis l'exil.

L'antichambre : à l'époque où Victor Hugo résidait place Royale, cette pièce était l'antichambre de son appartement avec une même petite fenêtre d'angle donnant sur la place et un même dallage en pierre de liais. Cette salle évoque aujourd'hui la famille, l'enfance et la jeunesse de l'écrivain, ses lieux de vie, ses fiançailles avec Adèle Foucher, les premières années de leur mariage et la naissance de leurs enfants.

Le salon rouge : la deuxième salle restitue l'atmosphère du salon de la place Royale, qui se trouvait à l'emplacement de l'actuel salon chinois. Les murs tendus de damas rouge, les consoles dorées et la glace de Venise évoquent le décor de l'époque ; certaines oeuvres se trouvaient alors dans le salon : le portrait d'Adèle Hugo par Louis Boulanger, ainsi que celui de Victor Hugo et de son fils Victor par Auguste Châtillon. Ces tableaux orneront plus tard le billard de Hauteville House à Guernesey. Figure aussi le portrait de leur fils Victor par Charles de Champmartin vers 1834. La coiffeuse à décor laqué provient de la chambre de Madame Hugo à Hauteville House. Comme Le Feu du ciel de Louis Boulanger, le buste du poète sculpté par David d'Angers se trouvait en bonne place dans le salon de la place Royale. Le buste en marbre, dédicacé et signé par l'artiste, est daté de 1838.

Le souvenir de Léopoldine, décédée en 1843, est toujours évoqué. Un dessin de Madame Hugo, daté d'avril 1837, la représente lisant. Il est accompagné d'un petit échantillon de la robe qu'elle porte sur le tableau d'Auguste de Châtillon, Léopoldine au livre d'heures.
Victor Hugo plaça plus tard ce morceau d'étoffe en écrivant Robe de Didine. 1834. V.H. ainsi que les deux vers : "Oh ! la belle petite robe Qu'elle avait, vous rappelez-vous" ? (Les Contemplations, IV, VI)

Auguste Châtillon, ami de la famille, réalise en 1835 le portrait de Léopoldine au livre d'heures. Le tableau porte en haut à droite les dates 28 août 1824 (naissance de Léopoldine), 28 août 1835 (date probable de l'achèvement de l'oeuvre). En 1836, Léopoldine fait sa Première Communion dans l'église de Fourqueux, entourée de ses proches, de son grand-père Pierre Foucher, de Théophile Gautier et d'Auguste Châtillon qui peint la scène : sur cette oeuvre, on aperçoit Victor Hugo, la tête penchée. Le tableau sera placé, durant l'exil, dans la chambre de Madame Hugo à Guernesey. D'autres souvenirs de Léopoldine sont parfois présentés dans les vitrines : son châle de cachemire, ses gants de peau accompagnés de leur pochette, son rond de serviette marqué Didine, sa petite boîte à onguent et son porte-aiguilles en velours brodé.

Un coffre de bois gravé et peint par Victor Hugo porte les initiales du second fils du poète, François-Victor. En 1849, alors qu'il collabore au journal L'Evénement, Victor adopte le prénom de François-Victor afin d'éviter toute confusion avec son père. La tradition veut que Louis Napoléon Bonaparte, venu en octobre 1848 solliciter rue de la Tour-d'Auvergne l'appui de Victor Hugo pour sa candidature à la présidence de la République, se soit assis sur ce coffre.
    
Une toile de Charles de Champmartin (vers 1827) nous présente Juliette Drouet que Victor Hugo rencontre en 1833 lors des répétitions de sa pièce 'Lucrèce Borgia'.

Le salon chinois d'Hauteville Fairy : le Salon Chinois occupe actuellement l'emplacement du grand salon de Victor Hugo de 1832 à 1848.
      
Après le coup d'Etat de Napoléon III, le 2 décembre 1851, auquel s'est opposé l'écrivain, ce dernier, proscrit, quitte la France pour la Belgique le 11 décembre, muni d'un faux passeport. Une longue période d'exil commence.
Victor Hugo et sa famille, ainsi que Juliette Drouet, s'établissent tout d'abord à Jersey en août 1852 puis à Guernesey en novembre 1855 (Iles Anglo-Normandes). Le succès éditorial que connaît le recueil de poèmes  "Les Contemplations", en 1856, permet à Victor Hugo d'acheter une maison qu'il baptise Hauteville House.
Juliette Drouet emménage dans la même rue, dans une maison appelée Hauteville Fairy. Le décor d'inspiration chinoise est une partie du décor original provenant de la demeure de Juliette Drouet.
      
Vendu par Louis Koch, neveu et héritier de Juliette Drouet, à Paul Meurice qui en a fait don au musée lors de sa fondation, ce décor a pu être remonté grâce à des photographies anciennes. Celles-ci montrent de petites pièces et les agendas de Victor Hugo nous révèlent que ces pièces étaient éclairées au gaz. Il faut donc imaginer des pièces modestes et relativement peu éclairées, donnant ainsi une impression d'intimité, le décor très chargé saturant l'espace.
      
L'élaboration et la mise en place du décor à Hauteville Fairy commença en juillet 1863 et s'acheva le 14 juin 1864. La correspondance de Juliette Drouet avec Victor Hugo en donne quelques échos au cours de l'été 1863. Entièrement conçu par Victor Hugo, le décor se déployait dans le salon et la chambre de Hauteville Fairy et peut-être dans une troisième pièce. Il se compose de panneaux décoratifs peints et dorés, à motifs de personnages, d'animaux et de fleurs où les initiales du poète et celles de Juliette Drouet se mêlent en plusieurs endroits, quelquefois agrémentées d'un papillon évoquant le poème "La pauvre fleur disait au papillon céleste" (Les Chants du crépuscule, XXVII). Des caissons garnis d'assiettes ornent également une cheminée qui porte un miroir de Venise et des figures en porcelaine, à la lumière d'un lustre chinois.

La salle à manger d'inspiration médiévale : cette salle réunit plusieurs meubles que l'on retrouve sur les photographies anciennes de la chambre de Juliette Drouet à Hauteville Fairy. Aux murs, deux dessins du poète illustrent la genèse du travail de l'écrivain décorateur. Ces dessins sont autant de projets de meubles totalement composites que Victor Hugo concevait à partir des nombreux coffres et éléments de bois sculptés, qu'il achetait lors de ses pérégrinations sur l'île, et dont la réalisation était confiée à un artisan nommé Mauger, aidé de trois ouvriers.

Un bahut montre comment Victor Hugo laissait son imagination prendre le pas sur le côté fonctionnel : le meuble se compose d'un coffre orné de divinités marines, d'une sorte de petit tabernacle et d'un buffet dont les deux tiroirs ont perdu toute utilité. Un buste de Victor Hugo en porcelaine exécuté par Louis-Joseph Leboeuf, qui apparaît sur une photographie de Hauteville Fairy exposée dans la salle, est une copie du buste exécuté par le sculpteur lors d'un séjour à Guernesey en 1864.

Le grand meuble garni d'un miroir a lui aussi été réalisé à partir d'éléments hétérogènes. Les panneaux supérieurs évoquent les stalles sculptées du Moyen Age. Comme à Hauteville Fairy, ce meuble est surmonté des bustes de plâtre de Juliette et de sa fille Claire Pradier, exécutés par Victor Vilain.
Claire, née en 1826 et dont le père était le sculpteur James Pradier (1792-1852), mourut en 1846. Victor Hugo l'associa au souvenir de Léopoldine et lui consacra plusieurs poèmes des "Contemplations".

 

Les motifs floraux qui ornent le troisième bahut rappellent ceux fréquemment utilisés à Hauteville House. Les armes de Victor Hugo sont apposées sur deux de ces meubles. Sur un banc apparaît l'inscription VIVE AMA, évoquant les nombreuses devises, souvent latines, que Victor Hugo apposa en de nombreux endroits à Hauteville House.

Salle 5 les photographies de l'exil : cette salle occupe l'emplacement d'un cabinet de travail dépendant semble-t-il de la chambre attribuée à Léopoldine puis à ses frères. Les photographies réalisées par Victor Hugo, ses fils et Auguste Vacquerie, durant l'exil à Jersey, sont souvent présentées dans cette salle.

Victor Hugo et les siens passèrent un peu plus de trois ans à Jersey (d'août 1852 à octobre 1855) où ils louèrent une maison, Marine Terrace. Un petit atelier photographique fut aménagé dans un coin de la serre. Victor Hugo et sa famille, le cercle des proscrits de Jersey, paysages et objets constituent l'essentiel des sujets. Adèle Hugo écrit dans son Journal qu'une galerie de portraits photographiques ornait les murs de la salle à manger de Marine Terrace. On estime à environ 350 les images produites entre 1853 et 1854, et l'on dénombre une soixantaine de portraits du poète.

Victor Hugo ayant montré tout au long de sa vie une très grande curiosité d'esprit, on ne s'étonnera pas de son intérêt immédiat pour la photographie. Toutefois, selon le témoignage de Madame Hugo, il ne semble pas qu'il ait lui même utilisé les appareils photographiques. En revanche, le poète intervenait dans le choix des sujets et bien entendu dans la mise en scène de ses portraits. Cette technique très nouvelle va servir admirablement les ambitions politiques de l'écrivain et sa littérature de combat.

Aux murs, quatre médaillons de terre cuite, représentant Victor Hugo, sa femme Adèle, Charles et François-Victor, qui furent exécutés par Victor Vilain lors de son séjour à Guernesey en 1860. La "table aux quatre encriers" évoque les actions sociales menées par les époux Hugo à Guernesey. En 1860, Madame Hugo organise une vente de charité au profit des enfants pauvres de Guernesey. Elle demande à Victor Hugo, George Sand, Alexandre Dumas et Alphonse de Lamartine de lui faire don de leur encrier.
Lamartine envoie une petite boîte de verre qui avait contenu la poudre facilitant le séchage de l'encre et George Sand ajoute un briquet. Chacun accompagne son envoi d'un autographe. Le plateau à tiroirs comportant ces différents objets qui fut alors exécuté ne trouva aucun acquéreur et Victor Hugo l'acheta.

 

 

 

 

 

Le salon du retour d'exil : le 5 septembre 1870, après la défaite de Sedan, Victor Hugo rentre en France après dix-neuf années d'exil. Il s'installe en avril 1874 dans un appartement 21, rue de Clichy, puis en novembre 1878, il emménage avec Juliette Drouet dans un hôtel particulier, aujourd'hui disparu, 130, avenue d'Eylau (à l'emplacement de l'actuel 124 de l'avenue Victor Hugo). Il y restera jusqu'à sa mort.

 

 

 

Le mobilier présenté dans cette salle et le lustre de Murano aux couleurs de la République, proviennent du salon de cet hôtel. Le portrait de Victor Hugo peint par Léon Bonnat est une copie exécutée par Daniel Saubes, sous la direction de l'artiste, à la demande de Paul Meurice pour l'inauguration du musée. Le poète, assis de face, s'appuie du bras gauche sur un exemplaire d'Homère posé sur une table. Un autre tableau peint par Charles Voillemot en 1879, représente les petits enfants de Victor Hugo, Georges et Jeanne, tenant "L'Art d'être grand-père", publié en 1877. Ce sont eux qui offriront à la Ville de Paris l'ensemble du mobilier qui garnissait la chambre de Victor Hugo, avenue d'Eylau, dans laquelle le poète décéda le 22 mai 1885

 

L'un des miroirs, dont le cadre est l'une des compositions décoratives de Victor Hugo, orné d'oiseaux et de fleurs, a été réalisé à Guernesey, peu de temps avant son retour en France. On peut encore y lire quelques vers destinés à Georges.

 

Des photographies de Victor Hugo par Nadar (1878), Charlot (1884) ou Gallot (1885) montrent le poète vers la fin de sa vie. Le buste de bronze exécuté par Auguste Rodin, souvent présenté dans cette salle, est l'une des nombreuses commandes adressées par Paul Meurice à des artistes à l'ouverture du musée.

 

 

 

 

 

La chambre de Victor Hugo : Elle occupe l'emplacement d'une partie de l'ancien cabinet de travail de Victor Hugo et de sa chambre, à l'époque où il résidait place Royale. La chambre de l'hôtel de l'avenue d'Eylau, où Victor Hugo a demeuré de 1878 à sa mort est ici reconstituée grâce à ses petits-enfants Georges et Jeanne qui ont fait don du mobilier et des objets composant cette pièce en 1903 pour l'inauguration du musée.

 

Grâce aux illustrations figurant dans la presse de l'époque et à la description qu'en donne Georges Hugo dans son livre de souvenirs : "Mon Grand-père", publié à Paris en 1902, la reconstitution est très fidèle.

 

La Justice de plâtre doré que mentionne Georges Hugo est en réalité une statue de la République tenant un glaive et appuyée sur une stèle, exécutée en 1878 par Auguste Clésinger (mari de Solange, fille de George Sand) qui l'offrit à Victor Hugo pour son anniversaire, le 26 février 1879. Sur la commode, un vase de Sèvres à fond bleu sur lequel se déroule un décor peint par Fragonard, illustrant Le Joueur de Jean-François Regnard, fut offert à Victor Hugo qui entrait dans sa quatre-vingtième année, le soir du 25 février 1881, par Jules Ferry, président du Conseil, au nom du gouvernement. Enfin, on peut voir la table conçue par l'écrivain à partir de deux tables superposées et sur laquelle il écrivait debout.

 

Victor Hugo a vécu dans cette dernière demeure avec Juliette Drouet, non loin de ses petits-enfants qui habitaient l'hôtel voisin. Juliette Drouet s'est éteinte le 11 mai 1883 et repose auprès de sa fille, Claire Pradier, au cimetière de Saint-Mandé.

En 1882, le quatre-vingtième anniversaire de Victor Hugo fut l'occasion d'un grand hommage populaire et officiel. La même année, la Ville de Paris donna à la partie de l'avenue d'Eylau, où il résidait, le nom d'avenue Victor Hugo.

 

A l'annonce du décès de l'écrivain le 22 mai 1885, le gouvernement décida des funérailles nationales et le Panthéon (encore église sous Napoléon III) revint alors à la laïcité. Le 1er juin 1885, deux millions de personnes suivirent le cortège. Rarement écrivain français aura autant contribué à forger sa propre légende de son vivant et aura reçu de la nation une reconnaissance officielle. La IIIe République, en s'emparant du personnage et de son mythe, en construisant une autre légende, léguera à la postérité une image, républicaine et nationale de l'écrivain, qui est encore aujourd'hui dans la mémoire collective.

 

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23 juillet 2008

Maxime Gorki - Moscou

Biographie de Maxime Gorki.

 

 

Maxime_Gorky"Les gens ne cessent de chercher, ils veulent toujours trouver mieux".

 

Maxime Gorki est né le 28 mars 1868 à Nijni Novgorod sur la Volga dans un milieu modeste. Il passa les toutes premières années de sa vie à Astrakhan où son père était agent maritime après avoir quitté son atelier d'artisan de Nijni Novgorod, mais l'enfant revint dans sa ville natale quand son père mourut alors que Maxime avait trois ans et que sa mère retourna chez ses parents qui tenaient un petit atelier de teinturerie. Orphelin de mère un peu plus tard, à dix ans, il fut élevé durement par un grand-père violent et une grand-mère excellente conteuse, douce et pieuse : il apprit ainsi à survivre dans un contexte difficile mais pittoresque qu'il évoquera dans le premier volet de son autobiographie "Enfance".

Forcé par son grand-père de quitter l'école à douze ans, il pratiqua plusieurs petits métiers comme cordonnier ou graveur dans la ville de Kazan. Très affecté par la mort de sa grand-mère, il tenta de se suicider en décembre 1887 mais survécut à la balle qu'il s'était tirée près du cœur, celle-ci cependant endommagea gravement son poumon et il souffrit toute sa vie de faiblesse respiratoire. Il entreprit ensuite une très longue errance à pied de plusieurs années dans le sud de l'empire russe et les régions du Caucase, lisant en autodidacte, effectuant différents métiers comme docker ou veilleur de nuit et accumulant des impressions qu'il utilisera plus tard dans ses œuvres : il racontera cette période de formation dans "Mes universités".

A 24 ans, il décida de rentrer dans le rang et devint journaliste pour plusieurs publications de province. Il écrivait sous le pseudonyme de Jehudiel Khlamida, nom évoquant par sa racine grecque le masque et les services secrets, puis il commença à utiliser aussi le pseudonyme de "Gorki" (qui signifie littéralement amer) en 1892 dans un journal de Tiflis : ce nom reflétait sa colère bouillonnante à propos de la vie en Russie et sa détermination à dire l'amère vérité.

Le premier ouvrage de Gorki "Esquisses et récits" parut en 1898 et connut un succès extraordinaire, en Russie et à l'étranger, ce qui lança sa carrière d'écrivain pittoresque et social. Il y décrivait la vie des petites gens en marge de la société (les bossiaks, les va-nu-pieds), révélant leurs difficultés, les humiliations et les brutalités dont ils étaient victimes mais aussi leur profonde humanité. Gorki acquit ainsi la réputation d'être une voix unique issue des couches populaires et l'avocat d'une transformation sociale, politique et culturelle de la Russie, ce qui lui valut d'être apprécié à la fois de l'intelligentsia, il entretiendra des liens de sympathie avec Anton Tchekhov et Léon Tolstoï, et des travailleurs.

Dans le même temps, à partir de 1899, il s'affichait proche du mouvement social-démocrate marxiste naissant et s'opposait publiquement au régime tsariste, d'où de nombreuses arrestations : il sympathisa avec de nombreux révolutionnaires, devenant même l'ami personnel de Lénine après leur rencontre en 1902. Il gagna encore en célébrité quand il démontra la manipulation de la presse par le gouvernement lors de l'affaire Matvei Golovinski, qui fut contraint à l'exil après la dénonciation de Gorki prouvant l'implication de la police secrète, l'Okhrana, dans la rédaction et la publication du "Protocole des sages de Sion". Son élection en 1902 à l'Académie Impériale fut annulée par le tsar Nicolas II, ce qui entraîna par solidarité la démission des académiciens Anton Tchekhov et Vladimir Korolenko.

Les années 1900-1905 montrent un optimisme grandissant dans les écrits de Gorki et ses œuvres les plus déterminantes dans cette période sont une série de pièces de théâtre à thèmes politiques dont la plus célèbre est "Les Bas-fonds", représentée après des difficultés avec la censure en 1902 à Moscou avec un grand succès et montée ensuite dans toute l'Europe et aux États-Unis. Maxime Gorki s'engagea alors davantage dans l'opposition politique et fut même emprisonné brièvement pour cet engament en 1901. Il fut de nouveau incarcéré à la Forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg durant la révolution avortée de 1905 : il y écrivit sa pièce "Les Enfants du soleil", formellement située durant l'épidémie de choléra de 1862, mais clairement comprise comme représentant les évènements de l'actualité.

Devenu riche par ces activités de romancier, de dramaturge et d'éditeur, il apporta son aide financière au Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) en même temps qu'il soutenait les appels des libéraux pour une réforme des droits civiques et sociaux. La brutale répression de la manifestation des travailleurs demandant une réforme sociale le 9 janvier 1905, évènement connu sous le nom de "Dimanche sanglant" qui marqua le début de la Révolution de 1905, semble avoir joué un rôle décisif dans la radicalisation de Gorki. Il devint alors très proche du courant bolchevique de Lénine sans qu'il soit assuré qu'il adhéra à ce mouvement : ses relations avec les Bolcheviques et Lénine demeureront d'ailleurs difficiles et conflictuelles.

En 1906, les Bolcheviques l'envoyèrent aux États-unis pour lever des fonds de soutien et c'est pendant ce voyage que Gorki commença son célèbre roman "La Mère" (qui paraîtra d’abord en anglais à Londres et finalement en russe en 1907) sur la conversion à l'action révolutionnaire d'une femme du peuple à la suite de l'emprisonnement de son fils. Cette expérience de l'Amérique, où il rencontra Théodore Roosevelt et Mark Twain mais aussi les critiques de la presse qui se scandalisait de la présence à ses côtés de sa maîtresse Moura Budberg et non de sa femme Yekaterina Peshkova, l'amena à approfondir sa condamnation de l'esprit bourgeois et son admiration pour la vitalité du peuple américain.

De 1906 à 1913, Gorki vécut à Capri à la fois pour des raisons de santé et pour échapper à la répression croissante en Russie. Il continua cependant à soutenir les progressistes russes, particulièrement les Bolcheviques, et à écrire des romans et des essais. Il bâtit aussi avec d'autres émigrés bolcheviques comme Bogdanov ou Lounatcharski, un système philosophique controversé intitulé "Construction de Dieu" qui cherchait, en prenant appui sur le mythe de la révolution, à définir une spiritualité socialiste où l'humanité riche de ses passions et de ses certitudes morales accèderait à la délivrance du mal et de la souffrance, et même de la mort. Bien que cette recherche philosophique ait été rejetée par Lénine, Gorki continua à croire que la culture, c'est à dire les préoccupations morales et spirituelles, était plus fondamentale pour la réussite de révolution que les solutions politiques ou économiques. C'est le thème du roman "La Confession", paru en 1908.

Profitant de l'amnistie décrétée pour le 300e anniversaire de la dynastie des Romanov, Gorki revint en Russie en 1913 et poursuivit sa critique sociale en guidant de jeunes écrivains issus du peuple et en écrivant les premières parties de son autobiographie, "Ma vie d'enfant" (1914) et "En gagnant mon pain "(1915-1916).

Durant la Première Guerre mondiale, son appartement de Petrograd fut transformé en salle de réunion bolchevique mais ses relations avec les communistes se dégradèrent. Il écrivit ainsi deux semaines après la Révolution d'octobre : "Lénine et Trotsky n'ont aucune idée de la liberté et des droits de l'homme. Ils sont déjà corrompus par le sale poison du pouvoir ... ". Son journal "Nouvelle vie" fut censuré par les bolcheviques et Gorki écrivit en 1918 une série de critiques du Bolchevisme au pouvoir intitulées "Pensées intimes" qui n'ont été publiées en Russie qu'après la chute de l'Union soviétique. Il y compare Lénine à la fois au tsar pour sa tyrannie inhumaine d'arrestations et de répression de la liberté de penser et à l'anarchiste Serge Netchaïev pour ses pratiques de comploteur. En 1919, une lettre de Lénine le menaça clairement de mort s'il ne changeait pas ses prises de position.

En août 1921, il ne put sauver son ami Nikolaï Goumiliov qui fut fusillé par la Tcheka malgré son intervention auprès de Lénine. En octobre de la même année 1921, Gorki quitta la Russie et séjourna dans différentes villes d'eau en Allemagne et ayant achevé le troisième volet de son autobiographie, "Mes universités" publié en 1923, retourna en Italie pour soigner sa tuberculose : installé à Sorrente en 1924, il resta en contact avec son pays et revint plusieurs fois en URSS après 1929, avant d'accepter la proposition d'un retour définitif que lui fit Staline en 1932 : on discute les raisons de ce retour expliqué par des difficultés financières pour les uns comme Soljenitsyne, ou par ses convictions politiques pour les autres.

Sa visite du camp de travail soviétique des Îles Solovetski, maquillé à cette occasion, le conduisit à écrire un article positif sur le Goulag en 1929, ce qui déclencha des polémiques en Occident : Gorki dira plus tard l'avoir écrit sous la contrainte des censeurs soviétiques. Il fut honoré par le régime qui exploita dans sa propagande son départ de l'Italie fasciste pour retrouver sa patrie soviétique : il reçut la médaille de l'Ordre de Lénine en 1933 et fut élu président de l'Union des écrivains soviétiques en 1934, ce qui lui valut d'être installé à Moscou dans un hôtel particulier qui avait appartenu au richissime Nikolaï Riabouchinski et est devenu le Musée Gorki aujourd'hui, et on lui accorda également une datcha dans la campagne moscovite. Une des artères principales de la capitale, rue Tverskaïa, reçut son nom comme sa ville natale qui retrouvera son nom primitif de Nijni Novgorod en 1991, à la chute de l'URSS. Le plus gros avion du monde construit au milieu des années trente, le Tupolev ANT-20, fut baptisé lui aussi "Maxime Gorki". Cette consécration soviétique est illustrée par de nombreuses photographies où il apparaît aux côtés de Staline et d'autres responsables de premier plan comme Kliment Vorochilov et Viatcheslav Molotov. Par ailleurs, Gorki participa activement à la propagande stalinienne comme dans l'éloge du "Canal de la mer Blanche" à propos duquel, évoquant les bagnards du goulag chargés des travaux, il parle de "réhabilitation réussie des anciens ennemis du prolétariat".

Cependant, Gorki semble avoir été partagé entre sa fidélité au bolchevisme et ses idées sur la liberté indispensable aux artistes. Il était d'ailleurs suspect aux yeux du régime et après l'assassinat de Sergueï Kirov en décembre 1934, le célèbre écrivain a été assigné à résidence à son domicile. La mort soudaine de son fils Maxim Pechkov en mai 1935 et la mort rapide, attribuée à une pneumonie, de Maxime Gorki lui-même le 18 juin 1936 ont fait naître le soupçon d'empoisonnement mais rien n'a jamais pu être prouvé. La presse internationale annonce cette mort le 19 juin comme en témoignent les numéros de L'Humanité et d'Ouest-Éclair en France. Staline et Molotov furent deux des porteurs du cercueil de Gorki lors de ses funérailles qui furent mises en scène comme un événement national et international le 20 juin 1936 sur la Place Rouge à Moscou. André Gide qui commençait son célèbre voyage en URSS y prononça un discours d'hommage.

Maxime Gorki est inhumé dans le cimetière du Kremlin derrière le mausolée de Lénine.

 

 

 

Moscou sa maison.

 

 

 

ScreenHunter_01_JulCet hôtel particulier est le chef-d'œuvre de Féodor Ossipovitch Chekhtel, architecte peu connu en dehors de Russie, mais dont l'œuvre d'importance internationale est parallèle à celle de Frank Lloyd Wright et de Charles Rennie Mackintosh.

 

L'escalier de marbre sculpté tout en courbes est l'un des éléments marquants de cette maison. Sa torchère en bronze, ses vitraux rétro-éclairés et tout son équipement furent dessinés en même temps que les plans de la maison. Une restauration récente a remis en valeur l'éclat de la serrurerie de cuivre et les coloris délicats des motifs Arts Nouveau peints sur les murs et les plafonds. Malheureusement, la façade de brique aux mosaïques naturalistes n'a pas eu la même chance et aurait grandement besoin de réparations.

 

La maison fut commandée en 1900 par Stephan Riabouchinsky,(frère de Dimitri Riabouchinsky) grand mécène des arts d'avant la Révolution et membre de la secte des Vieux Croyants. Les pratiques religieuses de celle-ci ayant déjà été interdites avant 1917 (son fondamentalisme déplaisait à l'église orthodoxe), il avait fait construire une chapelle secrète sous l'avant toit de sa demeure.

 

La résidence Riabouchinsky, dans laquelle vécut l'écrivain Maxime Gorki impressionne autant par son style Art Nouveau que par le luxe de ses détails : escalier principal spectaculaire, boiseries merveilleusement travaillées, ferrures des portes et des fenêtres, vitraux et verrières. Ils montrent la recherche d'un équilibre entre l'utilitaire et le décoratif. Même dans cette maison, d'inspiration essentiellement européenne, le profond désir russe d'harmonie entre l'homme et la nature transparaît. Dans leur recherche d'un nouveau confort, les meilleurs créateurs du XIXe siècle tentèrent d'insuffler davantage de poésie dans la vie quotidienne, comme savaient le faire les paysans dans leur pauvre isba. A la différence de l'opulence exacerbée des palais et des grandes demeures, les maisons bourgeoises russes aspiraient moins à la prétention qu'au charme et à la Gemütlichkeit, manifestant cet idéal profondément ressenti que la beauté peut parfaire l'homme et l'enrichir.

 

L'escalier de marbre crée un lien fluide entre le second niveau et l'étage principal tout en équilibrant le vestibule central. Ses courbes intègrent jusqu'à la marqueterie du parquet. Le vitrail a sans doute été réalisé à Saint-Pétersbourg. La torchère a été dessinée par l'architecte. A l'étage supérieur, un chapiteau en plâtre sculpté met un point final à l'envolée de l'escalier. Dans toute la maison, les couleurs pâles des peintures contrastent fortement avec les tonalités profondes des boiseries. Les portes de chêne vernis de chaque pièce étaient sculptées selon des motifs tous différents. Les poignées en cuivre sont remarquablement délicates et élégantes.

 

L'architecture est une longue variation sur un même thème. Elle s'affirme dès l'entrée, très simplement aménagée, où les boiseries de chêne sont incrustées de cuivre. Le sol aux anneaux concentriques est en mosaïque de marbre et de granit. De lourdes draperies étaient tirées pour se protéger des courants d'air.

 

L'hôtel Riabouchinski est un excellent exemple d'art total associant architecture, peinture, sculpture, arts appliqués dans un même édifice, jusqu'au moindre détail, des façades aux ustensiles de cuisine. L'Art nouveau transforme tout objet en objet d'art, chaque détail devient partie d'un tout, qui ressemble à un organisme vivant.

 

Riabouchinski vécut dans cette maison jusqu'à son départ pour l'Italie lors de la révolution bolchevique. Après la révolution le bâtiment sera nationalisé. En 1918, il est dévolu aux services de visas et de passeports. En 1919, il devient le siège des Editions nationales de l'URSS. Il abrite à partir de 1923 l'Institut de psychanalyse et en 1926, la Société d'échanges culturels internationaux.

 

En 1931, l'hôtel est attribué à Maxime Gorki (les intérieurs ont, à cette époque, été modifiés et les meubles changés). Lorsque Gorki emménage dans cette maison il ne lui reste que 5 ans à vivre et sa carrière d'écrivain est sur le déclin. On y trouve cependant exposés, de nombreuses photos de l'auteur en compagnie de fonctionnaires ambitieux, son chapeau, son manteau et sa canne, ainsi que sa collection de sculptures orientales, de nombreuses lettres et des livres, dont quelques premières éditions.

 

En 1932, une rencontre mémorable entre Staline et les écrivains socialistes a lieu dans la salle à manger, c'est là que le terme de "réalisme socialiste" est inventé. Depuis 1936, c'est le musée Gorki. La femme de Gorki, bien plus jeune que lui, habitera le premier étage de la maison jusque dans les années 1970.

 

 

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12 juillet 2008

Pablo Neruda - La Isla Negra

Biographie de Pablo Neruda.

 

Pablo_Neruda"Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette".

 

Neftali Ricardo Reyes est né en 1904, à Parral (Chili). Il est le fils d'un cheminot et d'une institutrice qui meurt deux mois après sa naissance. Le futur poète passe son enfance à Temuco, en Auracanie, près d'une vaste forêt. C'est là qu'en 1917, il publie son premier article dans le journal local. L'année suivante paraissent ses premières poésies qu'il signera Pablo Neruda à partir de 1920. Ce pseudonyme deviendra son nom légal en 1946. Il l'a choisi en hommage au poète tchèque Jan Neruda (1834-1891).

En 1921 Il s’installe à Santiago où il suit, à l’Institut pédagogique, les cours de préparation au professorat de français. Il publie régulièrement des poèmes ainsi que des articles de critique littéraire pour Claridad. En juin 1924, son premier chef-d'œuvre, "Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée" est publié par les Éditions Nascimento (Santiago).

Très tôt reconnu, il abandonne ses études pour se consacrer à la littérature, avec un penchant marqué pour l'avant-garde de l'époque, André Breton et ses précurseurs  : William Blake, Rimbaud, Lautréamont. Ne bénéficiant pas des revenus qui lui permettraient, comme tout littérateur qui se respecte, de vivre en rentier, il entre dans la "carrière", comme on dit encore à cette époque où la langue internationale est le français, où Neruda excelle.

En 1927, il est nommé consul ad honorem à Rangoon, Birmanie, puis en 1928 consul à Colombo, Ceylan. En 1929 il assiste au Congrès panindien de Calcutta. L'année suivante, il est consul à Batavia (Java), puis à Singapour. En 1932, il retourne au Chili.

Avec Lorca, à travers lui, Neruda établit un pont avec toute la jeune poésie espagnole. Un poste à Barcelone en 1934 puis à Madrid en 1935, le lie durablement avec cette génération. Il reçoit "l'hommage des poètes espagnols", fonde la revue de poésie Caballo Verde, qui publie des poètes des deux continents. C'est là qu'il rencontre Délia, sa deuxième femme, et Rafael Alberti leur trouve à Madrid la fameuse "maison des fleurs", celle dont il refusera de parler à cause du "sang dans les rues". La guerre civile éclate, en effet, l'année suivante. Sa vie bascule. Lorca est assassiné. Neruda écrit alors le fameux "J'explique certaines choses" et "le Chant aux mères des miliciens morts", qui figureront dans "Espagne au coeur", recueil qui sera une des parties de la troisième et dernière "Résidence sur la terre". Ses écrits n'étant pas très diplomatiques, et il est renvoyé.

En 1936, il est relevé de ses fonctions consulaires. Pablo Neruda se rend à Valence, puis à Paris, où il fonde, avec César Vallejo le Groupe hispano-américain d’Aide à l’Espagne. En 1939, Neruda est nommé consul à Paris, chargé de l’immigration au Chili des réfugiés espagnols. Il passe par Montevideo où il assiste au Congrès international des Démocraties, comme délégué de l’Alliance des Intellectuels chiliens.

En 1940, il est de retour au Chili, où il commence "Le chant général". Il voyage ensuite au Mexique, à Cuba, en Colombie… En 1945, Pablo Neruda est élu sénateur des provinces minières du Nord (Tarapaca et Antofagasta), peu après il adhère au Parti communiste. Il écrit "les Hauteurs de Machu-Picchu". En 1947, ses œuvres sont censurées. L'année suivante après son discours "J'accuse", il est déchu de son mandat de sénateur et poursuivi. Il passe dans la clandestinité et fuit le pays en passant la cordillère par les régions australes.

En 1949, il séjourne à Paris, à Moscou et dans divers pays communistes. Il assiste au Congrès latino-américain des Partisans de la Paix, à Mexico, mais, malade, il doit rester plusieurs mois alité. Plusieurs pays organisent des soirées en son honneur et éditent ses poèmes. Pablo Neruda continue ses voyages, il retourne à Paris, se rend en Inde où il rencontre Nehru… Il reçoit, avec Picasso et d’autres artistes, le Prix international de la Paix pour son poème "Que Réveille le bûcheron". Ses œuvres sont traduites dans de très nombreuses langues. En 1950, il voyage dans le bloc soviétique puis se rend de Mongolie en Chine… il tient le rôle de personnage représentatif du communisme mondial. Préoccupé par la question sociale au Chili, où les méfaits du capitalisme sont criants, il ne prête pas attention à la terreur stalinienne.

En 1952, il est de retour au Chili après l'annulation du mandat d'arrêt lancé contre lui en 1948. En 1954, son cinquantième anniversaire est l'occasion d'un hommage particulier. Il continue à voyager dans le monde entier. En 1959, Pablo Neruda commence à construire, à Valparaiso, sa maison "La Sebastiana" où il s'installe en 1962.

En 1969, il est désigné par le Parti communiste comme candidat à la présidentielle. Avec la mise en place de l'Unité populaire (1970), négociée avec le parti socialiste, il s'efface devant Salvador Allende, qu 'il soutient. Pablo Neruda est nommé ambassadeur à Paris par le nouveau président.

En 1971 Neruda reçoit le prix Nobel de Littérature et se rend à New-York pour dénoncer le blocus organisé par les États-Unis visant à mettre en difficulté le gouvernement de gauche.

Le poète est mis en résidence surveillée par les putschistes du 11 septembre 1973. Il meurt 12 jours plus tard, officiellement d'un cancer. Ses maisons de Santiago et d’Isla Negra, sont plusieurs fois perquisitionnées et saccagées. Ses obsèques sont l'occasion d'une grande manifestation d'opposition à la junte qui vient de prendre le pouvoir, des chants jaillissent de la foule, témoignant, par-delà la mort, du pouvoir subversif de la poésie.

En 1974, l’autobiographie de Neruda : "Confieso que he vivido" (Je confesse que j’ai vécu), paraît à titre posthume.

 

 

 

 

 

La Isla Negra sa maison.

 

 

 

Islanegra2A 100 Km de Valparaiso, Isla Negra n'a d'île que le nom, il s'agit en fait d'une petite colline boisée dominant la plage.

Pablo Neruda acheta en 1938 une ruine, qu'il retapa et agrandit au fil du temps pour en faire cette merveilleuse maison. Entièrement de granit et de bois, la maison est largement ouverte vers la mer par de nombreuses baies vitrées.

Du haut de la colline la vue est imprenable sur la plage et l'Océan Pacifique. "Cette maison est mon bateau ancré sur terre".

Pablo Neruda est resté fidèle à son principe architectural favori (tout comme dans sa maison "la Sebastiana" à Valparaiso) il ne bâtit pas "une" maison mais un puzzle d'habitations séparées par des petites portes, des escaliers, des sentiers caillouteux...

Les pièces sont plutôt exiguës, les escaliers étroits, les fenêtres immenses sur la mer... Chez Neruda, on n'entre pas, on embarque !

On y trouve une exceptionnelle collection d'objets insolites, venus du monde entier. Un inventaire à la Prévert, mêlant humour et poésie. De magnifiques figures de proue, des coquillages, des statuettes, des maquettes de bateaux, des instruments nautiques, des carafes colorées, des cartes postales... Dans la cour, face à la mer, un joli bateau de pêche... Et, côté terre, une locomotive à vapeur...

Pablo Neruda a vécu ici les dernières années de sa vie auprès de sa dernière épouse et muse, Matilde Urrutia. Cette maison est une véritable caverne d’Ali Baba, un capharnaüm qui ferait le délice des enfants. "Dans ma maison, sont réunis des jouets petits et grands, sans lesquels je ne pourrais pas vivre", s’amusait à raconter le poète, montrant les multiples objets qu’il collectionnait d’un air enjoué, comme s’il s’excusait de tant de candeur. "L’enfant qui ne joue pas n’est pas un enfant, mais l’homme qui ne joue pas perd pour toujours l’enfant qui vivait en lui. (...) J’ai construit ma maison comme un divertissement et je joue dedans du matin au soir".

Conformément à ses voeux, Pablo Neruda est enterré dans le jardin de sa maison, face à l'océan, aux côtés de sa dernière épouse Matilde.

De nos jours cette maison est devenu un musée et est admirablement conservée.

 

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Pablo Neruda.

La Isla Negra.

 

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17 juin 2008

Joachim du Bellay - Chateau de La Turmelière

 

Biographie de Joachim du Bellay.

 

 

 

Joachim_du_Bellay"Et ne vaut-il pas mieux quelque orage endurer, Que d'avoir toujours peur de la mer importune ? Par la bonne fortune on se trouve abusé, Par la fortune adverse on devient plus rusé".

 

Joachim du Bellay est né près de Liré, en Anjou, sans doute en 1522, au sein d'une famille de notables provinciaux de grand renom. C'est à Poitiers, où il fut envoyé pour étudier le droit, qu'il commença à s'intéresser à la poésie, il se lia d'ailleurs à cette époque avec des poètes tels que Jean de La Péruse, Jacques Peletier du Mans, tous deux futurs membres de la Pléiade, mais surtout avec Pierre de Ronsard, dont il fit la connaissance en 1547, et qui devait devenir son meilleur ami en même temps que son plus grand rival en matière de poésie et de renommée.

Avec ce dernier, en effet, il gagna Paris et fut introduit au collège de Coqueret, où il rencontra encore Jean Antoine de Baïf. Ce collège du Quartier latin était alors dominé par la personnalité de son proviseur, Jean Dinemandi, dit Dorat, fervent admirateur des Anciens, grecs et romains, et qui devait rejoindre plus tard le groupe de la Pléiade à l'invitation de Ronsard. Du Bellay se trouva bientôt admis dans un cercle restreint de lettrés dont la principale occupation était l'étude des auteurs grecs et latins et des poètes italiens. Ce cercle, baptisé d'abord "La Brigade", puis "La Pléiade", exposa pour la première fois une véritable théorie littéraire après la publication de l'Art poétique (1548) de Thomas Sébillet, qui préconisait l'usage aussi bien des formes médiévales françaises que des formes antiques.

En réponse à Sébillet, avec lequel en réalité le désaccord était mince, du Bellay rédigea une sorte d'art poétique intitulé "Défense et Illustration de la langue française" (1549), généralement considéré comme le manifeste de "la Pléiade". Le poète y préconise, contre les défenseurs du latin, l'usage de la langue française en poésie. Il appelle en outre de ses vœux l'enrichissement du vocabulaire par la création de termes nouveaux (abréviations de termes existants, création de mots composés, réactivation du sens des racines anciennes, etc.). Les emprunts à d'autres langues, régionales ou étrangères (grecque et latine notamment), sont également conseillés, à condition que les mots choisis soient adaptés en français. Du Bellay recommande aussi d'abandonner les formes poétiques médiévales employées jusqu'à Clément Marot et préconise l'imitation des genres en usage dans l'Antiquité, tels que l'élégie, le sonnet, l'épopée ou l'ode lyrique, mais aussi la comédie et la tragédie.

L'art du poète, tel que le définit du Bellay, consiste donc à se consacrer à l'imitation des Anciens, tout en respectant certaines règles de versification spécifiquement françaises, son but ne doit pas être de distraire seulement, mais de célébrer des valeurs éternelles et de chanter les louanges des grands hommes, qui se trouvent ainsi voués à l'immortalité grâce à la beauté de ses vers.

L'importance de ce texte fondateur dépasse les limites du XVIe siècle puisque son influence reste sensible dans la poésie contemporaine malgré les révolutions littéraires successives.

Du Bellay mit en application ses théories dans l'ensemble de son œuvre poétique. Il publia en 1549 un recueil de sonnets amoureux, "l'Olive", dont l'inspiratrice reste à ce jour mystérieuse. Dans sa première édition, l'ouvrage regroupait cinquante poèmes, mais il fut considérablement étoffé en 1550 sous le titre "l'Olive augmentée" (cent quinze sonnets). Le succès du sonnet en France doit sans doute beaucoup à cet ouvrage élégant et raffiné, qui mêle sonnets originaux et sonnets imités des canzoniere de Pétrarque.

Dans la même veine et à la même époque, du Bellay écrivit également des "Vers lyriques" (1549) à l'imitation d'Horace.

De 1553 à 1557, du Bellay vécut à Rome, pour y remplir la fonction de secrétaire auprès de son oncle le cardinal Jean du Bellay. Ce séjour au pays d'Horace et de Pétrarque le séduisit d'abord, puis le déprima profondément. D'une santé fragile, isolé par la surdité dont il était atteint, et surtout nostalgique de son Anjou natal, il ne put apprécier la beauté de Rome sans amertume : le spectacle des ruines le plongea dans une sombre méditation sur le déclin de toute chose, qui lui inspira le recueil "les Antiquités de Rome", publié à son retour en France, en 1558, sous le titre complet de : "le Premier Livre des Antiquités de Rome, contenant une description générale de sa grandeur et comme une déploration de sa ruine".

Ce recueil de 32 sonnets, d'une tonalité grave et presque solennelle, reprend un motif traditionnel de la poésie consacrée à Rome, puisqu'il chante la gloire passée de la Rome antique, contrastant violemment, aux yeux du poète, avec la Rome dans laquelle il évolue, celle des papes, où il ne voit que luxure, bassesse et compromission. Du Bellay sut pourtant renouveler ce thème, en élargissant l'objet de sa déploration à la disparition fatale de toute chose créée, ce qui donne lieu à une méditation sincère et émouvante sur le temps destructeur et sur la vanité de l'existence.

À Rome, il composa aussi ses célèbres "Regrets", qu'il publia en France la même année que "les Antiquités", ce recueil lyrique, qui regroupe 191 sonnets, présente un tableau émouvant des états d'âme du poète, en particulier sa nostalgie profonde de la France et de la campagne angevine.

Comparés aux "Antiquités de Rome", "les Regrets" sont, aux yeux de leur auteur, un projet poétique plus modeste, car plus intime : ce n'est plus Rome qui occupe ici le devant de la scène, mais sa mélancolie et ses regrets, saisis au jour le jour. Composés dans une langue simple qui délaisse les artifices de la rhétorique et le style élevé, les sonnets du poète exilé représentent aujourd'hui encore la part la plus lue et la plus appréciée de l'œuvre de du Bellay.

Du Bellay publia aussi, à son retour en France, d'autres recueils d'une tonalité plus légère, tels ses "Poemata" en latin (1558), "les Divers Jeux rustiques" (1558), ou le satirique "Poète courtisan" (1559), tout en se consacrant à des travaux de traduction ou d'imitation des Antiques, qui font de lui l'un des plus éminents spécialistes de son temps en la matière.

Enfin, dès son retour il est frappé par de graves ennuis domestiques et doit lutter pour sauver sa maison des créanciers. Sourd, tourmenté, découragé, vieilli avant l'âge, il meurt dans la nuit du premier janvier 1560, à l'âge de 37 ans.

Resté de son vivant dans l'ombre de son ami Ronsard, du Bellay se distingue nettement de lui par son inspiration plus sincère, intime et pessimiste.

 

 

 

Le Château de La Turmelière sa demeure.

 

 

 

La_TurmeliereAu fond d'un vaste parc romantique s'élève un château massif construit à la fin du XIXe siècle. Derrière cet édifice, un peu en contrebas et dissimulés par les arbres, s'élève les restes imposants d'un château médiéval. Ces ruines sont celles de la demeure natale de Joachim du Bellay.

Le château primitif date du XIIIe siècle. Il fut restauré au XVe siècle par Perceval Chabot, aïeul de la mère de Joachim du Bellay. La Turmelière est alors une place forte, située au confins de l'Anjou où les Seigneurs de Liré se retranchaient en cas de guerre. La position du bâtiment, entre des coteaux escarpés et la Loire, le rendait quasiment imprenable.

L'arrière grand-père du poète, Jean du Bellay (1400-1480) s'y installe en 1472.

Son grand-père Eustache du Bellay, est également seigneur de Gizeux, autre résidence familiale des du Bellay, situé à l'autre bout de l'Anjou, au nord de Bourgueil.

En 1504 Jean du Bellay, père de Joachim, épouse Renée Chabot, l'héritière de la Turmelière et de Liré, qui entrent dans le patrimoine des Du Bellay.

Joachim du Bellay est né à la Turmelière vers 1522-1525. Il y passera toute sa jeunesse et il est certain que les paysages de bocage qui entourent le château ont pu inspirer au poète son attachement à la douceur angevine… La Turmelière demeure possession des du Bellay jusqu'en 1562, date à laquelle décède, sans descendance, Claude du Bellay, neveu de Joachim, mort deux ans plus tôt. Le domaine revient alors à la sœur du poète Catherine, mariée à Christophe du Breil. Jusqu'en 1643 les du Breil sont maîtres de la Turmelière.

Aujourd'hui les ruines appartiennent à la commune de Liré. Le château du XIXe est le siége de l'association "la Turmelière" qui accueille de nombreux scolaires, collégiens, lycéens et étudiants ainsi que de nombreux touristes qui viennent découvrir ce lieu chargé d'histoire et de poésie.

A Liré se trouve le Musée Joachim du Bellay. Il est situé dans une maison ayant appartenu aux du Bellay et présente cinq salles dédiées à l’œuvre du poète, à la poésie et à la Renaissance. Un jardin Renaissance lui fait face.

 

 

 

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Musée Joachim du Bellay à Liré.

 

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04 juin 2008

George Orwell - Londres

Biographie de George Orwell.

 

 

George_Orwell"Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante".

 

Eric Arthur Blair est né le 25 juin 1903, à Motihari au Bengale, où Richard Walmesley Blair, et son épouse, née Ida Mabel Limouzin sont installés depuis plusieurs années. Son père travaille au département opium du gouvernement indien, et sa mère, beaucoup plus jeune que son mari, élève Marjorie, la sœur aîné d'Eric. En Inde, la vie est agréable, mais la famille ne vit pas dans l'opulence et quand en 1907, Ida rentre avec ses deux enfants en Angleterre, elle laisse sur place son mari qui ne les rejoindra qu'en 1912, au moment de sa retraite.

A leur retour, la famille s'installe à Henley-on-Thames, dans le comté d'Oxford, et Eric est inscrit à Sunnylands, une école anglicane du Sussex qu'il fréquente de 1908 à 1911. Il entre ensuite comme pensionnaire à St Cyprian, une école préparatoire d'Eastbourne où il restera jusqu'en 1916. Les moyens de sa famille restant limités, le gain d'une bourse pour Wellington, puis pour Eton, est providentiel. Eric, qui a publié son premier poème en 1914, est atterré quand il intègre Eton, du peu d'intérêt manifesté par ses condisciples pour la littérature. Il reste à Eton, jusqu'en 1921 et sort 138 eme sur une promotion de 167. Il aura découvert seul pendant cette période, Jonathan Swift, Jack London et autre Sterne.

Son père ne souhaitant pas qu'il poursuive ses études à l'université d'Oxford, il prépare de janvier à juin 1922 à Southwold, les examens pour entrer dans la police impériale indienne. Fin 1922, il rejoint la police indienne à Burma, où il passe 5 longues années solitaires.

A l'issue de cette période, il est revenu du colonialisme et profite d'un séjour en Angleterre pour démissionner et se lancer dans la carrière d'écrivain. Il s'installe dans une petite chambre de Portebello Road, où il partage la vie des plus pauvres tout en apprenant son métier d'écrivain. Il passe également quelques mois à Paris où il travaille comme plongeur tout en accumulant du vécu qu'il utilise pour écrire "Down and out in Paris and London". En février 1929, une pneumonie nécessite son hospitalisation. Quelques mois supplémentaires le conduisent dans une quasi misère et entraînent son retour au domicile familial pour les fêtes de Noël 1929.

Durant plusieurs années, il alterne enseignement, écriture et documentation sur le terrain. "Down and out …" est publié en 1933, en utilisant comme pour "A hanging" paru en 1931, son nom de naissance. A partir de cette date, il adopte le pseudonyme de George Orwell qu'il utilisera dès 1934 pour la publication de "Burmese day" qui relate son expérience indienne. En 1934, il travaille dans une librairie "the booklover's corner" d'Hampstead à Londres, se frotte aux idées socialistes et rencontre Eileen Maud O'Shaughnessy, diplômé d'Oxford et psychologue. En 1936, il travaille dans la boutique du village de Wallington, mène des investigations sur les conditions de vie et de chomage des ouvriers du Lancashire et du Yorkshire qui lui permettront d'écrire "The road to Wigan Pier" et le 9 juin épouse Eileen Maud O'Shaughnessy.

 

 

Dès cette époque, ce qui fera la force d'Orwell est présente dans son œuvre : la recherche de la justice et l'amour de la vérité. La pensée d'Orwell est encore aujourd'hui d'une actualité brûlante, et pose de façon complexe, les dilemmes auxquels nous sommes toujours confrontés. Orwell plaidait pour une société juste, refusant de tout détruire pour la construire et en affirmant la nécessité de limites ordinaires (common decency). Orwell faisait de la politique pour préserver des valeurs non politiques. Il n'hésite pas pour ce faire à pourfendre les baudruches pensantes, qui tel Sartre, cautionnaient des totalitarismes qui au delà des atrocités que l'histoire a retenues, cherchent à détruire la notion de vérité objective en prétendant contrôler aussi bien le passé que l'avenir.

C'est dans cet état d'esprit militant qu'il gagne en décembre 1936, l'Espagne. Il s'enrôle dans les milices du POUM (d'obédience marxiste) où après une brève formation militaire, il est envoyé sur le front près de Saragosse. Il passe deux mois sur place avant d'être blessé à la gorge et d'être rapatrié sur Barcelone qu'il retrouve en proie aux luttes intestines. Il quitte alors l'Espagne au mois de juin, ayant accumulé la matière de ce qu'il intitule "Hommage à la Catalogne" qui paraît en 1938.

A ce moment, il est dans un sanatorium du Kent pour soigner une tuberculose, il passe ensuite sa convalescence au Maroc en septembre. Il regagne l'Angleterre en mars, et alors que la guerre éclate, il perd son père.

Il tente alors de s'engager, mais son état de santé le fait réformer. Installé à Londres, il travaille pour la tribune et commence à écrire "Les animaux de la ferme" qui est, autant que "1984" un chef d'œuvre. Satire du communisme, qu'il ne condamne toutefois pas, ce livre est une fable dans laquelle Orwell démontre de façon implacable que les meilleurs idées, émises au nom de la justice, se pervertissent jusqu'à la tyrannie quand elles sont confrontées au pouvoir et à ses attraits.
Dans la même période, il travaille également à la BBC, en charge de la diffusion sur l'Inde et L'Asie du Sud. Sa mère meurt en 1943.

En 1944, le couple Blair adopte un enfant d'un mois, Horatio Eric Blair, l'année suivante alors que "Les animaux de la ferme" est publié et connaît un certain succès, il est correspondant de guerre à Paris et Cologne. C'est pendant l'un de ses déplacements en Allemagne qu'il apprend le décès de sa femme, le 29 mars, lors d'une intervention chirurgicale sous anesthésie.

Il déménage à plusieurs reprises, fait la connaissance de Sonia Brownell, surnommée "la Venus d'Euston Road " en hommage à sa beauté et commence à écrire "1984" en 1948. Malheureusement à partir de 1947, il passe d'hôpital en sanatorium, sans jamais retrouver une santé correcte ce qui ne manque pas d'affecter son moral.

 

En juin 1949, "1984" est publié, le succès est immense et plus de 400 000 exemplaires sont vendus en moins d'un an. Le thème de "1984" fait aujourd'hui partie du patrimoine littéraire de l'humanité : Ce monde de 1984 où le héros Winston Smith, modeste employé au Ministère de la vérité, réécrit l'histoire pour que Big Brother apparaisse comme un dirigeant qui n'a pas fait d'erreur, où l'individu est nié, la langue (la novlangue) standardisée, l'amour interdit et où Big Brother vous regarde où que vous soyez, est celui d'un totalitarisme qui fait froid dans le dos, mais qui par certains aspects pouvait sembler prophétique à court terme. Terry Gilliam s'est largement inspiré de ce livre pour écrire le scénario de "Brazil", chef d'œuvre absolu du cinéma.

"1984" est un livre essentiel, il importe peu qu'il relève ou non de la science-fiction, tant ce qu'il nous dit, résonne dans nos têtes et nous avertit de ce que peut être une dérive totalitaire. Tout ce qu'utilise Orwell dans son roman, est, malheureusement, possible. Il ne faut pas grand chose pour qu'ici ou là, une des caractéristiques de "1984" cherche à s'épanouir. Orwell nous appelle à un devoir de vigilance.

Son succès lui apporte la sécurité financière, mais pas la guérison. En septembre 1949, il est transféré du comté de Gloucester à l'university college hospital de Londres. C'est là qu'il épouse Sonia Brownell, le 13 octobre. Le 21 janvier, sans avoir quitté l'hôpital, il meurt soudainement d'une hémorragie. Il est incinéré dans le cimetière de All Saints de Sutton Courtney.

 

 

Londres sa maison.

 

 

George Orwell a vécu de nombreuses années à Notting Hill, célèbre quartier de Londres riche et aseptisé (au niveau de Westbourne), mais où l'on trouve aussi la trépidante et populaire Portobello Road. La spécialité de cette très longue rue est la brocante, tout ici rappelle les Indes. Passé Colville Terrace, Portobello se fait plus dense, plus colorée aussi. Les brocanteurs se mélangent aux maraîchers. C'est au numéro 22 que se trouve la maison de l'écrivain. Elle ne se visite pas, seule une plaque rappelle la présence de George Orwell au début du XXème siècle.

 

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Site très complet sur George Orwell.

 

Je vous donne les liens pour un magnifique documentaire réalisé par la BBC sur la vie et l'oeuvre de George Orwell, malheureusement cette émission est en 17 parties, mais elle est excellente !

 

 

 

 

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31 mai 2008

Herman Melville - Arrowhead

Biographie de Herman Melville.

 

 

Herman_Melville"Qu'est ce que la réalité, sinon un impondérable" ?

 

Herman Melville naît à New York, le 1er août 1819. Il est le troisième des huit enfants d’Allan Melville, un négociant d'origine écossaise. Dès 1826, celui-ci connaît des difficultés dans son entreprise, avant de faire faillite quatre années plus tard. Il décède en 1832 et laisse ainsi sans ressources les Melville, installés à présent à Albany.

A l’âge de douze ans, Herman doit interrompre ses études secondaires, commencées à l'Albany Academy en 1830. Afin de gagner sa vie et de subvenir aux besoins de la maisonnée, il exerce divers métiers. Herman Melville est successivement ouvrier agricole, vendeur dans un magasin, instituteur et enfin employé de banque. Il occupe son temps à suivre quelques cours à l’Albany Classical School, devenant même membre de la société littéraire locale. En 1837, les Melville s’installent dans la ville voisine de Lansingburgh.

Deux années plus tard, Melville s’embarque comme garçon de cabine sur un navire marchand en partance pour Liverpool, le St. Lawrence. A son retour l’année suivante, il enseigne quelques mois à Greenbush. A New York, le jeune homme trouve à s’employer chez un avocat, avant de s’engager à New Bedford sur le baleinier Acushnet, en partance pour le Pacifique Sud. Alors qu'il n'est âgé que de vingt-trois ans, débute alors un voyage qui durera cinq années. La chasse à la baleine, qui commence le 3 janvier 1841, mène le navire à Rio de Janeiro, avant qu’il ne franchisse le Cap Horn. Le 9 juillet 1842, l’Acushnet arrive enfin aux îles Marquises, après dix huit mois passés en mer dans des conditions éprouvantes de discipline.

Dans l’archipel, Melville déserte avec un camarade de bord, Toby Green. Il vit alors quatre semaines parmi les indigènes de la tribu des Taipis, avant de s’enfuir à bord d'un baleinier australien, le Lucy Ann. Le 20 septembre 1842, à la suite d’une mutinerie à bord à laquelle il a participé, Melville est débarqué à Tahiti et mis aux arrêts. Jugé et condamné, il est néanmoins engagé comme harponneur sur le Charles & Henry, qui s’apprête à quitter Papeete. Après un voyage de six mois jusqu’à l’archipel des Hawaï, le marin reprend sa liberté à Lahaina, le 2 mai1843. A Honolulu, alors qu’il vient de signer un contrat qui le lie à une maison de commerce britannique, Melville s'engage comme simple matelot sur un navire de guerre de la marine américaine, le United States. A son bord, il arrive enfin à Boston, le 14 octobre 1844.

À son retour aux États-Unis, Melville rejoint sa famille à Lansingburgh. Il s'installe ensuite à New York, auprès de ses frères, et travaille à transposer le récit de ses voyages dans des romans d’aventures. "Taïpi, récit d’un séjour de quatre semaines parmi les indigènes d’une vallée dans les îles Marquises" paraît le 27 février 1846, suivi par "Omoo" l’année suivante. Ces deux ouvrages connaissent un grand succès auprès du public, toujours avide d'exotisme. Fort de cette nouvelle notoriété d’écrivain, Herman Melville est sollicité par les magazines new-yorkais. Il livre des articles de critique dans The Literary World, ainsi que quelques textes satiriques pour le Yankee Doodle.

Le 4 août 1847, Herman Melville épouse Elizabeth Shaw, fille d'un magistrat (chief justice) de Boston. Le couple, établi à New York, aura quatre enfants. Au mois de mars 1849, paraît à Londres "Mardi and a Voyage thither", un troisième roman à la tonalité plus ambitieuse. C’est un échec et les Melville sont maintenant fortement endettés. L’écrivain se met alors à écrire comme un forcené, à la vitesse de 3.000 mots par jour ! Paraissent bientôt deux récits de voyage, "Redburn" en 1849 et "White Jacket" l’année suivante, qui ont à son grand contentement autant de succès que ses deux premiers romans.

De retour d’un voyage en Angleterre au mois de février 1850, le romancier travaille à présent à la rédaction d’une œuvre d’une tout autre ampleur, l'histoire d’une chasse après une baleine blanche, une quête initiatique pour le narrateur qui révèle également toute l’étendue de la monstruosité de l’Homme. Au mois de septembre 1851, Melville fait l’acquisition d’une ferme dans les Berkshires, près de Pittsfield, dans le Massachusetts. A cette époque, il se lie d’amitié avec son illustre voisin, Nathaniel Hawthorne.

Le 18 octobre suivant, paraît enfin "Moby Dick, or the White Whale", qui connaît malheureusement un accueil médiocre. On attend en effet de Melville davantage de légèreté et surtout du rêve, mais celui-ci a choisi d’engager son œuvre dans une autre direction. Au printemps 1852, paraît "Pierre ou les Ambiguïtés", un roman qui traite de l’inceste. Nouvel échec commercial. Fort heureusement, Herman Melville collabore régulièrement au Putnam's Monthly Magazine, à qui il envoie des nouvelles comme "Bartleby the scrivener", "Benito Cereno" ou "Israël Potter". En 1856, certaines d’entre-elles seront réunies en volume dans les "Piazza Tales". L’année suivante, paraît son dernier roman, intitulé "The Confidence Man" (Le Grand Escroc). Cette critique violente du culte de l’argent aux États-Unis s’inscrit dans la lignée de ses œuvres précédentes, toutes marquées par un profond pessimisme.

L’écrivain connaît maintenant des problèmes de santé. Son moral est atteint et ceci décide son beau-père, le juge Shaw, à l’aider à financer un long voyage outre-Atlantique. Après avoir quitté le continent américain, le 11 octobre 1856, Melville gagne l’Écosse et l’Angleterre, avant de faire une croisière en Méditerranée. De retour le 20 mai 1857, suivant l’exemple de Mark Twain ou de Ralph Emerson, il entreprend une grande tournée de conférences à travers le Tennessee, le Wisconsin, jusque Chicago. L’écrivain fait le récit de ses nombreux voyages dans les Mers du Sud et sur le "vieux continent", avant d’abandonner en 1859 devant le peu de succès que connaît l’entreprise.

Au mois d’avril 1860, Herman Melville renonce à un tour du monde, un voyage qu’il devait effectuer en compagnie de son frère Allan, capitaine du Meteor. En 1863, ses difficultés financières l’amènent à céder sa propriété de Pittsfield et regagner New York. Enfin, trois ans plus tard, l’écrivain obtient un poste dans la haute administration, réalisant une ambition vieille d’une quinzaine d’années pour laquelle il avait multiplié les démarches auprès des gouvernements successifs. Ce poste d’inspecteur des douanes au port de New York, qu’il occupera près de vingt années jusqu’à sa démission en 1885, lui apporte enfin la sécurité matérielle.

En 1866, ceci lui permet de publier à compte d'auteur "Battle-Pieces and Aspects of the War", des poèmes qui lui ont été inspirés par la guerre civile. En 1875 et grâce à l’aide financière d‘un de ses oncles, paraît également "Clarel, Poèmes et Pèlerinage en Terre sainte". Viennent ensuite "John Marr et Autres marins" en 1888, ainsi que "Timoléon" en 1891. A présent oublié de ses contemporains, Melville vit reclus dans la solitude. Il travaille encore à un récit de mer, "Billy Budd, gabier de misaine", achevé au printemps 1891. Herman Melville décède le 28 septembre suivant.

 

 

 

Arrowhead sa maison.

 

 

 

ArrowheadAprès avoir parcouru les océans, Herman Melville a vécu de 1850 à 1863 à Arrowhead une ferme dans le Massachusetts, où il a partagé son temps entre les labours et l'écriture.

En 1850, "Moby Dick" était déjà commencé. Melville était alors le chef d'une famille qui s'agrandissait, formée non seulement de sa femme et son fils, mais aussi de sa mère et de ses soeurs. Lassé de Manhattan, de son agitation et de sa vie littéraire incestueuse, Melville décida sur un coup de tête d'acheter cette vieille ferme et ses 83 hectares au sud du bourg de Pittsfield. Il était encore assez jeune et robuste pour s'attaquer au dur travail de la ferme avec confiance. Une autre raison avait motivé cette décision, et pas des moindres : la présence de l'écrivain Nathaniel Hawthorne un peu plus au sud, à Lenox, et donc, dans l'esprit de Melville, tout au moins, la promesse d'une amitié rapidement nouée.

Acheter Arrowhead était, pour Melville, l'aboutissement d'une histoire d'amour avec le Berkshire, commencée dans son enfance. Son oncle Thomas avait une ferme au sud de Pittsfield, et les visites rendues par Melville, lorsqu'il était enfant dans les années 1830 et qu'il se promenait librement à travers champs, bois et collines, figurèrent toujours parmi ses souvenirs les plus heureux.

Arrowhead (pointe de flèche) a été baptisée ainsi par Melville d'après les objets indiens qu'il trouva dans la terre en labourant les champs. Après la confusion des premiers jours d'emménagement, il établit bien vite la routine qu'il suivrait pendant toutes les années suivantes et qu'il décrivit dans l'une des premières lettres adressées à Hawthorne. "Voulez-vous savoir comment je passe mon temps ? Je me lève à huit heures, à peu près, et je vais dans ma grange. Je souhaite le bonjour au cheval et lui sers son petit déjeuner. (Cela me fend le coeur de lui en donner un froid, mais on n'y peut rien.) Puis je rends visite à ma vache, je découpe une citrouille ou deux pour elle et reste à ses côtés pour la regarder manger, car c'est une vision plaisante que de voir une vache bouger ses mâchoires - elle le fait avec tant de douceur et de sainteté. Après mon propre déjeuner, je me rends dans mon bureau et y allume mon feu, puis j'étale mon manuscrit sur la table, j'y jette un rapide coup d'oeil professionnel, et je me mets au travail de bon coeur..."

L'été était toujours le meilleur moment à Arrowhead. Melville aimait les pique-niques, et souvent des visiteurs venaient de New York et des excursions étaient organisées au lac Pontoosuc ou au réservoir de Stockbridge, ou bien encore sur les flancs escarpés du mont Greylock.

Melville, en plus de ses écrits, se consacrait à la ferme, et, à la fin de la journée, il s'écroulait, épuisé, dans un rocking-chair posé sous l'étroit porche qu'il avait construit sur le côté nord de la maison, lieu immortalisé dans "Les Contes de la véranda". "J'ai labouré et semé et cultivé et imprimé et prié", écrivit-il dans une autre lettre à Hawthorne, "et je commence aujourd'hui à aborder une période plus paisible et à profiter de la perspective tranquille des choses depuis une jolie véranda au nord de cette vieille ferme."

Les hivers étaient particulièrement éprouvants pour tout le monde. La famille se trouvait plus isolée et, entre l'incessant travail de la ferme, les déceptions écrasantes quand l'Amérique littéraire commença à ignorer ses livres et la pression de vivre dans une petite maison avec une famille qui ne cessait de s'agrandir (trois des enfants de Melville sont nés à Arrowhead), le Berkshire finit par perdre de son charme. Puis, Hawthorne déménagea en 1851, emportant avec lui beaucoup de l'attrait littéraire de la région. En 1863, écrasé par les soucis financiers et trop malade pour s'occuper de la ferme, Melville ramena sa famille à New York.

Arrowhead fut récupérée par le frère avocat de Melville, Allan, dans le cadre d'un échange de maisons en 1863, et la ferme resta dans la famille jusque dans les années 1920 (Melville lui-même y est retourné pendant ses vieux jours).

En 1975, la Société historique du comté du Berkshire en obtint la propriété et la transforma en lieu de pèlerinage à la mémoire de Melville, tout en créant un centre pour ses activités. La maison est une modeste ferme de la Nouvelle-Angleterre qui semble encore plus petite quand on pense que jusqu'à onze personnes y ont vécu ensemble.

Le rez-de-chaussée est dominé par une cheminée noire et massive, "personnage" principal de "Moi et ma cheminée". ("Certains disent que je suis devenu une espèce de vieux misanthrope moussu, alors que je passe simplement mon temps à surveiller ma vieille cheminée moussue.") En haut se trouve la principale chambre à coucher de la famille, et de l'autre côté d'un couloir étroit se situe le bureau de Melville, où l'on peut lire sur une petite plaque en cuivre : "Dans cette maison, Herman Melville a écrit Moby Dick ou la Baleine en 1850-1851."

Préservée au même titre que la maison, la véranda reconstruite domine le champ de maïs que Melville labourait lui-même. Un sentier montant doucement naît derrière la grange et serpente à travers bois. En s'y promenant un beau jour d'été, il est facile de faire abstraction des habitations envahissantes et d'imaginer ce à quoi cela devait ressembler quand il n'y avait que des prairies alentour. Les invités se tassaient alors dans la charrette et Herman Melville, libéré pour un après-midi entier de ses travaux d'écriture et des corvées de la ferme, bondissait à la place du cocher avec l'agilité d'un marin prêt à prendre le large, même s'il ne s'agissait que des rives tranquilles du lac Pontoosuc.

Arrowhead est l'un des trois lieux de pèlerinage consacrés à Melville dans le Berkshire.

Dans le centre de Pittsfield se trouve le Berkshire Atheneum, dont la salle Melville recèle une collection sans prix de souvenirs de la vie de l'écrivain. On y trouve des raretés comme le bureau sur lequel il écrivit "Billy Budd", une pipe dont il fit l'acquisition lors de son voyage de noces ou, le plus émouvant, le petit insigne officiel qu'il portait lorsqu'il était inspecteur des douanes sur les docks de New York durant les longues années de son éclipse littéraire.

Le troisième lieu qui lui est dédié est très différent. C'est un endroit qui a peu changé depuis l'époque de Melville et où l'on peut littéralement marcher sur ses traces. Monument Mountain est un petit pic escarpé (Sophia Hawthorne le qualifiait de "sphinx sans tête") qui émerge de la vallée de l'Housatonic à Stockbridge, non loin d'Arrowhead. C'est ici que, le 5 août 1850, a eu lieu l'excursion la plus célèbre et la plus courte de l'histoire littéraire américaine, lorsqu'un groupe comprenant Melville, Hawthorne et le poète Oliver Wendell Holmes est monté jusqu'au sommet pour un joyeux pique-nique. C'était la première fois qu'Hawthorne et Melville se rencontraient. Un orage les surprit en haut de la montagne et ils durent s'abriter sous les rochers. L'un des membres de la bande raconta qu'après la pluie Melville "monta à califourchon sur un rocher pointu semblable à un mât de beaupré, et se mit à tirer et à hisser des cordages imaginaires" comme un marin.

Melville a mis la dernière main à "Moby Dick" dans cette maison, devant une fenêtre encadrant le mont Greylock, qui domine les crêtes au nord. La masse du Greylock, le plus haut sommet du Massachusetts, avec 1063 mètres, et sa double bosse suggèrent en été une baleine verte émergeant du brouillard. Cent cinquante ans après la publication du chef-d'oeuvre, il est facile d'imaginer Melville se levant ankylosé après une longue matinée d'écriture, s'arrachant de la grande et implacable oeuvre posée sur son secrétaire, se dirigeant vers la fenêtre, s'étirant, se frottant les yeux, regardant longuement et intensément l'autre grande et implacable oeuvre à l'horizon, pour y trouver un instant de réconfort. Puis, après avoir évalué d'un coup d'oeil le maïs qu'il avait planté au printemps dans le champ du nord de l'exploitation, on le voit retourner à sa table pour continuer à écrire...

 

 

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Site officiel Arrowhead.

 

 

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04 mai 2008

Edgar Allan Poe - Philadelphie

Biographie d'Edgar Allan Poe.

 

 

Edgar_Allan_Poe"Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point".

 

 

Edgar Poe naît à Boston le 19 janvier 1809. Il est le fils d’Elysabeth Hopkins, une actrice qui joue dans une obscure compagnie de théâtre, les Charleston Players, qu’a rejoint David Poe, son père, après avoir quitté sa famille. Mariés en 1806, les deux jeunes gens ont eu un premier fils, William Henry, l’année suivante. Rosalie, leur troisième et dernier enfant, naîtra en 1810. David Poe, alcoolique et tuberculeux, est décédé l’année précédente. Son épouse, qui ne joue plus que de manière intermittente avec la troupe, trouve le réconfort et le secours auprès de John et Frances Allan, à Richmond, en Virginie. Le couple charitable, qui n’a pas d’enfants, recueille d’ailleurs Edgar, devenu orphelin après le décès de sa mère le 8 décembre 1811, à l’âge de vingt-quatre ans. L’enfant ne sera jamais officiellement adopté, même s’il porte le nom d’Allan après son baptême, le 7 janvier 1812.

En 1814, Edgar Allan Poe est scolarisé à l’école de Richmond. Dès l’année suivante cependant, pour les besoins de son commerce - il est négociant en tabac - , John Allan emmène sa famille au delà de l’Atlantique, en Angleterre. Au mois de juin 1815, les Allan, qu’accompagne leur fils adoptif, sont à Liverpool. Ce dernier est encore davantage séparé d’avec son frère et sa sœur. Il commence à fuguer. A Londres où il demeure - 31, Southampton Road - , l’enfant est scolarisé à la Manor House School de Stoke Newington que dirige le révérend John Bransby. Il est d’ailleurs élevé dans les préceptes de la religion. Après cinq années passées en Europe, la famille Allan s’en retourne aux États-Unis. Après un court séjour à New York, ils se réinstallent à Richmond au mois de juillet 1820.

Edgar Allan Poe obtient de bons résultats scolaires. Cependant, l’adolescent est de plus en plus irritable et instable, d’autant plus que l’atmosphère dans le couple Allan se fait plus pesante. Les affaires de John Allan périclitent et celui-ci fait de plus en plus d’infidélités à son épouse. La tristesse de Frances, qu’Edgar adore, ne fait qu’accentuer le fossé qui se creuse entre l’enfant adoptif et son beau-père. A la mort de son oncle, John Allan hérite d’une fortune, qui lui permet de faire l’acquisition d’une vaste demeure près de Main Street, au mois de juin 1825. Il souhaite désormais vivre comme un riche bourgeois. Le 14 février 1826, Edgar Poe quitte sa famille adoptive Allan pour Charlottesville où il est inscrit à l’Université.

S’il réussit dans ses études, l’étudiant se distingue également par son genre de vie dissolu. Il s'endette, ce qui indispose John Allan. Celui-ci s’oppose aux relations qu’entretient le jeune homme avec une amie d’enfance, Elmira Royster, et le rappelle bientôt auprès de lui. Edgar Poe se refuse à entrer dans sa maison de commerce et s’enfuit de Richmond. A Boston, est édité son premier ouvrage, "Tamerlane and Others Poems by a Bostonian", influencé par l’œuvre de Lord Byron. Pressé par le besoin d’argent, il prend un engagement de cinq années dans l’armée le 26 mai 1827, sous le nom d’Edgar A. Perry. Son régiment est à Fort Mountrie au mois de novembre suivant, puis à Fort Monroe, toujours en Virginie. Poe est promu sergent-major le 1er janvier 1829. Le mois suivant, il est enfin autorisé à se rendre sur la tombe de Frances Allan, récemment décédée. En décembre, un second volume de poèmes, "All Aaraaf, and Minors Poems", paraît à Baltimore. Celui-ci contient le poème intitulé "To Helen". Après que son beau-père eut accepté d’accorder son soutien financier, Edgar Poe entre à l’école militaire de West Point au mois de juin 1830. Cette vie de caserne le lasse cependant. A force d’excès et de négligence, une cour martiale le condamne puis le renvoie de West Point, le 6 mai 1831.

Après un court séjour à New York où est publié un troisième volume de ses "Poems", Edgar Allan Poe est à Baltimore. Auprès de sa tante, Maria Clemm, il s’investit de plus en plus dans l’écriture et plusieurs de ses textes paraissent dans le Philadelphia Saturday Courier en 1832. L’année suivante, au mois d’octobre, Poe obtient un prix de 50 $ après avoir présenté un de ses contes, intitulé "Manuscrit found in a bottle", au concours organisé par le Baltimore Saturday Visiter. Ceci lui permet d’entrer dans le petit cercle d’écrivains de la ville, dans lequel figure John Pendelton Kenedy. Ce dernier lui permet d’éditer plusieurs de ses textes dans le Southern Literary Messenger dans les années qui suivent. Ceci procure à l’écrivain quelques revenus sans pour autant lui donner un nom dans les milieux du journalisme. En 1835, son directeur Thomas Whites lui propose d’entrer à la rédaction du journal, une proposition que Poe accepte. Le 16 mai 1836, celui-ci se marie, à sa jeune cousine Virginia, qui n’a que treize ans. La même année, Edgar Poe devient éditeur en chef du Messenger, ce qui le place désormais à l’abri de tout soucis financier. A cette époque, le journal prend d’ailleurs un nouveau essor, auquel contribue l’écrivain en livrant de multiples textes : des contes, des articles de critique, des éditoriaux… Il se remet cependant à boire et est licencié au mois de janvier 1837.

Edgar Allan Poe repart alors à New York, avant de s’installer à Philadelphie en 1838. Cette année là, au mois de juillet, "The Narrative of Arthur Gordon Pym" est publié, suivi par "Tales of the Grotesque ans Arabesque" en 1840. A cette époque, l’écrivain collabore au Gentleman’s Magazine ans American Monthly Review puis entre au comité de rédaction du Graham’s Magazine. C’est dans la revue, qui voit rapidement passer le nombre de ses abonnés de 5.000 à 37.000, qu’est publiée au mois d’avril 1847 "Murders in the Rue Morgue". Dans cette nouvelle, apparaît pour la première fois le personnage d’Auguste Dupin, l’infaillible détective français. Le 6 mars 1842, l’écrivain en quête de reconnaissance fait la rencontre de Charles Dickens, en tournée aux États-Unis. Quelques temps plus tard cependant, il quitte la revue pourtant devenue populaire, son salaire n’ayant lui que peu évolué. Poe retourne à la boisson, cherchant dans la fréquentation des tavernes un remède au mal-être qui le dévore. Son épouse Virginia connaît à cette époque ses premières crises d’hémoptysie et l’horizon de son couple s’en assombrit d’autant.

Le style d’Edgar Allan Poe est davantage marqué par le goût du morbide. Quelques-uns des contes qu’il écrit en 1843, tel "Le Corbeau", "Le Chat noir" ou "Le Scarabée d’or", lui assurent cependant une nouvelle notoriété. Sa femme est mourante et l’écrivain se console à l’occasion dans les bras de quelques admiratrices, Mrs Osgood notamment. Il tente de lancer une revue, The Stylus, qui n’a qu’une durée éphémère. Au mois d’avril 1844, la famille Poe arrive à New York. L’écrivain devient le propriétaire du Brodway Journal, mais celui-ci est couvert de dettes et la publication cesse le 3 janvier 1846. Un nouveau recueil de contes, "The Raven and Other Poems", est publié quelques temps auparavant. Tout ceci cependant n’arrange pas les finances de l’écrivain. Celui-ci s’est installé avec son épouse dans un cottage, ou plutôt une masure, de Fordham, une petite ville tranquille de banlieue, au mois de mai 1846. Six mois plus tard, le 30 janvier 1847, Virginia décède de tuberculose. Edgar Poe, qui bénéficie de l’aide charitable de son voisinage et de ses lecteurs, multiplie l’année suivante les lectures publiques et les tournées.

Au mois de novembre 1848, il tombe amoureux de la poétesse Sarah Helen Whitman, mais cette dernière est réticente. C’est que l’écrivain traîne derrière lui une lourde réputation d’alcoolique. Ce dernier doit interrompre ses visites. Il hésite d’ailleurs à se livrer, bénéficiant également des faveurs d’Annie Richmond, une femme mariée. Partagé entre plusieurs passions amoureuses, il boit de plus en plus, absorbe un soir du laudanum et tente ainsi de se suicider. Réfugié à Richmond, il arrive à Baltimore, le 28 septembre 1849. 
Il eut pour finir, cette mort digne des histoires qu'il a écrites, il fut trouvé le 3 octobre 1849, sur un trottoir de Baltimore près de Light Street, sinon ivre, du moins hébété, hospitalisé, il sombra dans le coma quatre jours avant de mourir. Les responsables : la ville était en pleine campagne électorale, et des agents des deux camps la parcouraient, d’un bureau de vote à l’autre, pour faire boire aux naïfs un cocktail d’alcool et de narcotiques afin de les traîner ainsi abasourdis, au bureau de vote. Conduit au Washington College Hospital, Edgar Allan Poe décède le 7 octobre suivant, sans avoir repris connaissance.



Et il faudra attendre deux décennies pour que soit reconnu le génie de l’écrivain maudit. En 1874, paraissent une nouvelle édition de ses poèmes, ainsi qu’une biographie issue des travaux de John Henry Ingram qui le réhabilite. Le 17 novembre de l’année suivante, un mémorial est inauguré en son honneur à Baltimore. Enfin, en 1885, c’est une statue d’Edgar Poe, œuvre de Richard Henry Park, qui est installée au Metropolitan Museum de New York. Tout ceci avant que ne paraissent enfin en 1902 l’édition complète de ses œuvres, permettant par la suite aux psychologues de se saisir du personnage…

En France, l’écrivain américain est connu dès la fin de la Monarchie de Juillet. Le public accède cependant plus commodément à ses textes peu après sa disparition et grâce à Charles Baudelaire. Le poète fait ainsi paraître un essai aux mois de mars et avril 1852 dans La Revue de Paris intitulé "Edgar Poe, sa vie et ses œuvres". Dans cet écrit militant, qui s’ouvre par les mots "il y a des destinées fatales", il fait de Poe un apôtre de l’esprit décadent, un modèle à suivre pour les partisans de "l’Art pour l’Art". Suivant les soins et les choix de ce dernier, trois volumes de contes sont ensuite publiés successivement chez Michel Lévy Frères  : les "Histoires extraordinaires" au mois de mars 1856, les "Nouvelles Histoires extraordinaires" l’année suivante ainsi que les "Histoires grotesques et sérieuses" en 1864.

 

 

Philadelphie sa maison.

 

 

 

Edagr_Poe_PhiladelphieEdgar Allan Poe, son épouse Virginia et sa belle-mère Maria ont loué plusieurs maisons à Philadelphie, mais seule la dernière de ces maisons est encore debout. La maison Spring Garden, où vécut l’auteur en 1843-1844, est aujourd’hui conservée par le Service du Parc national en tant que Site historique national Edgar Allan Poe. Elle se situe entre la 7ème rue et la rue Spring Garden.

De nos jours la visite débute par la maison attenante qui a été convertie en musée, et où l'on trouve de nombreuses photographies et informations sur la vie et les oeuvres d'Edgar Allan Poe, ainsi qu'un admirable documentaire vidéo, retraçant sa vie.

Comme aucune information précise n'est parvenue jusqu'à nous, concernant l'ameublement de cette maison du temps de Poe et de sa famille, les pièces sont vides. On pénêtre en premier dans le salon, immédiatement suivi par la cuisine. Au premier étage se trouve la chambre de l'écrivain et un autre salon. A l'étage supérieur se trouvent la chambre de Virginie son épouse ainsi que la chambre de sa belle-mère, Maria Clemm. Un escalier extérieur permet de rejoindre le porche d'entrée. Il ne faut surtout pas oublier de visiter la cave, qui dit-on, a inspiré la nouvelle du "chat noir". C'est aussi dans cette maison qu'il écrivit la nouvelle "Le Corbeau".

La visite se termine par une magnifique pièce, un salon garni de meubles rouge et or, et où se trouvent toutes les oeuvres d'Edgar Allan Poe que l'on peut feuilleter et lire, ou bien s'installer confortablement et écouter les voix de Christopher Walken, Iggy Pop, Vincent Price, lisant les plus fameux textes de l'écrivain.

 

 

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Le chat noir.

Le corbeau Edgar Allan Poe. 

Le corbeau traduction Charles Baudelaire.

Le corbeau traduction Stéphane Mallarmé.

 

 

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