06 mars 2008

Voltaire - Château de Cirey

 

Biographie de Voltaire.

 

 

 

Voltaire"Il n'y a point de mal dont il ne naisse un bien".

 

Voltaire, de son véritable nom François Marie Arouet, est né à Paris le 21 novembre 1694. Il est le cinquième enfant et le troisième fils d’un notaire au Châtelet, puis payeur des épices de la Chambre des Comptes. Sa mère meurt en 1701.

Voltaire effectue de 1704 à 1711 de brillantes études de rhétorique et de philosophie chez les jésuites du collège Louis Le Grand. Entré dans la société du Temple par l’intermédiaire de son parrain, l’abbé de Châteauneuf, il a très rapidement le goût des plaisirs, du théâtre et des conversations brillantes. Il est présenté à Ninon de Lenclos, qui lui lègue une somme de deux mille livres pour sa bibliothèque, et aux autres habitués du Temple : il débute sous leurs auspices.

Le jeune François Marie Arouet néglige ses études de droit. Il part comme secrétaire d’ambassade à la Haye. Il tombe amoureux d’une jolie huguenote et l’ambassadeur le renvoie à Paris.

En 1717, quelques mots de trop contre le Régent (Puero regnante) et surtout pour des vers qu’il n’a pas faits (les "J’ai vu"), l’envoient à la Bastille pendant onze mois. Il en profite pour terminer sa tragédie "Œdipe", commencer le poème de "La Ligue", première version de "La Henriade". En sortant de prison, il prend le nom de Voltaire, anagramme de son nom (AROVET Le Jeune, où le U et V, J et I se confondent à cette époque).

Le duc d’Orléans lui fait bon accueil et lui donne 1200 livres de pension. "Œdipe" est joué le 18 novembre 1718, avec un grand succès, que n’obtiendra pas "Artémise" en 1720. En 1722, il hérite de son père et commence une carrière de dramaturge et de poète mondain.
Une dispute qui l’oppose en 1726 au chevalier de Rohan-Chabot lui vaut un deuxième séjour à la Bastille, par lettre de cachet. C’est à cette occasion que le chevalier, manifestant du mépris pour ce bourgeois sans nom, s’était vu répondre : "Mon nom, je le commence, et vous finissez le vôtre".
Aussitôt libéré, Voltaire s’exile en Angleterre, où il est accueilli par son ami Bolingbroke, il y rencontre Pope, Swift. Il découvre la philosophie de John Locke. Il est frappé du contraste économique, social, politique, scientifique, que l’Angleterre présente avec la France.

En 1729, de retour en France, il reconquiert peu à peu la société parisienne et publie plusieurs pièces, telles que "Brutus" (1730) et "Zaïre" (1732), tragédie écrite en trois semaines qui obtient un immense succès. En 1734, les "Lettres sur les Anglais" dites "Lettres philosophiques" font grand scandale. Le Parlement condamne l’ouvrage comme "propre à inspirer le libertinage le plus dangereux pour la religion et l’ordre de la société civile". Il est brûlé au pied du grand escalier du palais. Le libraire Jore est mis à la Bastille, et Voltaire, pour éviter le même sort, s’enfuit précipitamment en Lorraine. Au bout d’un mois, Voltaire revient en France avec une permission tacite. Il s’installe, non à Paris qui lui était interdit, mais en Champagne, au château de Cirey, chez Mme du Châtelet, avec qui, en ces derniers temps, il s’était étroitement lié. Il y restera un familier jusqu’en 1749, année de la mort de sa bienfaitrice. Un théâtre est installé au grenier, et c’est là une véritable fièvre de représentations dramatiques. Voltaire écrit alors toute une série de tragédies et de comédies à un rythme soutenu . Il installe un laboratoire, fait venir des instruments, concourt pour un prix de l’Académie des sciences, en même temps que son amie : ni elle, leibnizienne, ni lui, newtonien n’eurent le prix. Il s’occupe de physique, de chimie, d’astronomie, écrit un "Essai sur la nature du feu", une "Épître sur Newton", vulgarise un "Éléments de la philosophie de Newton" en 1738. Et au milieu de cette prodigieuse activité, il lui reste du temps pour se chamailler avec toute sorte d’ennemis : avec Jean-Baptiste Rousseau, d’abord son ami et maintenant son mortel ennemi (Utile examen des épîtres du sieur Rousseau, 1736) ; avec l’abbé Desfontaines, qu’il avait jadis arraché à la prison, et qui lançait contre lui en 1738, la sanglante Voltairomanie. Voltaire écrit contre lui "L’Envieux" (entre 1736 et 1738), et fait appel aussi au lieutenant de police.
En 1744, Marc-Pierre D’Argenson, son ancien condisciple chez les jésuites de Louis-le-Grand, devenu ministre, le rappelle à Versailles. Pendant trois ans, Voltaire va s’acquitter de diverses missions diplomatiques et s’abandonner au tourbillon de la cour. Historiographe du roi en 1745, puis gentilhomme ordinaire de la chambre, il écrit des opéras pour les fêtes royales.

En 1746, il est élu à l'Académie Française à l’unanimité, le 2 mai  en remplacement de Jean Bouhier et reçu par son ancien maître l’abbé d’Olivet le 9 mai suivant. Son discours est uniquement littéraire et il n’y fait aucune allusion aux questions qui auraient pu soulever des protestations : il a pour sujet : "Des effets de la Poésie sur le génie des langues".
Mais, à la cour, Voltaire se fait des ennemis, dont Mme de Pompadour. Il fréquente alors à Sceaux la cour plus riante de la duchesse du Maine. Dans "Memnon, histoire orientale" (1747), première version de "Zadig", il décrira toutes ses mésaventures de courtisan. Homme extrêmement imprudent, il est à nouveau disgracié et trouve refuge auprès du roi Stanislas, à Lunéville.


En 1749, très touché par la mort de Mme du Châtelet, il cède rapidement aux avances de Frédéric II, le roi de Prusse, qui lui fait une pension de 20 000 livres, les soupers du roi et du philosophe sont célèbres. Voltaire reste quatre ans au château de Sans-Souci. Sa relation avec Frédéric II fut d’abord l’idéal de ce que pouvait être la relation entre un homme de pouvoir et un homme de lettres. En 1753, l’opposition de Voltaire à Maupertuis, président de l’Académie de Berlin, lui vaut de se brouiller avec le monarque, il doit fuir à nouveau.

Il contribue de 1754 à 1758 à l’Encyclopédie. Il retrouve le calme hors de France mais près de la frontière, il s’installe en 1755 aux " Délices ", aux portes de Genève. À soixante ans, Voltaire découvre la nature, la vie rustique. Avec Mme Denis, sa nièce devenue sa maîtresse dix ans auparavant, il reçoit ses amis. Il va aménager la région, bâtir, planter, semer et développer l’élevage. Il y fait vivre un millier de personnes, se fait agriculteur, architecte, fabricant de montres et de bas de soie. Avec son sens de la formule, il résume l’entreprise : "Un repaire de 40 sauvages est devenu une petite ville opulente habitée par 1200 personnes utiles".


En 1759, de sa brouille, célèbre, avec Rousseau, (cf la Lettre à Rousseau) , naît un petit chef-d’œuvre du conte philosophique : "Candide ou l’Optimisme".

En 1760, il s’installe définitivement à Ferney, à portée de la Suisse, prêt à s’y réfugier à la moindre alerte. Par sa vaste correspondance (plus de 6 000 lettres de 1760 à 1778), il est en relation avec toute l’Europe : Frédéric II, Catherine de Russie, les rois de Pologne, de Suède, du Danemark. Il écrit surtout à Paris, où Thiériot (son ami de toujours) et d’Argental font jouer ses pièces, ou d’Alembert, Helvétius, Condorcet, diffusent sa prose, où Choiseul et Turgot le protègent de leur influence.
En 1764, Voltaire poursuivit son œuvre de réflexion avec le "Dictionnaire philosophique". Le choix de la forme du dictionnaire illustre bien l’ambition que les Lumières avaient d’embrasser la totalité des connaissances humaines. À l’origine le "Dictionnaire philosophique" devait être une réfutation rationaliste de l’Ancien et du Nouveau Testament, mais il fut augmenté par son auteur, qui y joignit des articles défendant les idées de progrès, de justice et de tolérance.

En 1765, il obtient la réhabilitation de Jean Calas.

À quatre-vingt-quatre ans, Voltaire fait un retour triomphal à Paris en février 1778. C’est le 30 mars qu’il reçoit l’hommage de l’Académie française et qu’il est porté en triomphe par la foule pour aller assister à la sixième représentation "d’Irène" sa dernière tragédie.

Il meurt le 30 mai 1778 à l’angle de la rue de Beaune et du quai Voltaire dans l’hôtel du Marquis de Villette. Le curé de saint Sulpice refuse de l’inhumer, mais garde le silence. Pour lui éviter d’échouer dans un quelconque terrain vague, sa mort toujours gardée secrète, son neveu Mignot, abbé de l’abbaye de Sellières, le transporte dans un fiacre, en catastrophe (la dépouille étant assise, poudrée et perruquée, ligotée à sa banquette) jusqu’à l’abbaye, près de Romilly sur Seine. L’inhumation a lieu dans l’abbatiale, le 2 juin, après une nuit veillée par les moines. Pari gagné puisque l’interdiction d’obsèques religieuses émanant de l’évêque arrive juste un peu plus tard .

Le 8 mai 1791, les officiers municipaux de Paris, sur la requête du marquis de Villette, neveu par alliance de Voltaire, demandèrent à l’Assemblée le transfert des cendres de l’abbaye de Sellières. L’abbaye de Sellières venait d’être vendue, il y avait urgence, car le département de l’Aube, le club des Jacobins de Troyes et la municipalité de Romilly songeaient à se partager les ossements. Le décret rendu et l’exhumation faite, le directoire du département de Paris fut chargé du transfert et de l’ordonnance du cortège. Après un séjour dans l’église de Romilly dont le curé constitutionnel le régala d’une oraison funèbre et des vêpres des morts, le corps de Voltaire se mit en branle le 5 juillet sur un char attelé de quatre chevaux blancs caparaçonnés de violet. On gagna Nogent et Provins, le 6 ; Nangis, le 7 ; Guignes, le 8 ; Brie-Comte-Robert, le 9 ; enfin le 10 au matin on se mit en route, et après un arrêt à midi à Créteil on entra dans Paris à la nuit close. La cérémonie révolutionnaire eut lieu le 11 juillet 1791, avec le transfert de ses cendres au Panthéon. Il faut noter qu’elle se déroula sans la participation du clergé et que Mirabeau, premier à y être rentré mais expulsé en 1794,  fait de Voltaire le premier occupant dans la durée du temple républicain.

 

 

Le château de Cirey sa maison.

 

 

819038777_8f3299fe2dSitué en Haute-Marne à environ 250 km de Paris, le château de Cirey a été fortement marqué par la présence de Voltaire, qui y séjourna pendant 15 ans de 1734 à 1749, invité par Gabrielle Émilie de Breteuil, Marquise du Châtelet, autre brillant esprit du XVIIIème siècle. C'est en 1734 que Voltaire fuit Paris après la publication, à son insu, des Lettres Philosophiques (également appelées Lettres Anglaises), pour trouver refuge à Cirey. Ces Lettres, qui critiquent vivement les institutions françaises, sont très mal perçues du parlement qui ordonne par lettre de cachet que Voltaire soit emprisonné. Deux précédents séjours à la Bastille et un exil en Angleterre lui font préférer la fuite.

La Marquise du Châtelet, dont il a fait la connaissance à Paris une année auparavant, et avec laquelle il entretient une relation privilégiée, lui propose asile dans sa propriété de Cirey. Le château de Cirey, situé à la limite de la Lorraine alors indépendante, est un refuge idéal pour Voltaire qui peut s'enfuir à l'étranger, s'il est inquiété.

Voltaire pense rester à Cirey jusqu'à la levée de la lettre de cachet, qui l'autoriserait enfin à regagner la capitale. Lorsqu'il arrive à Cirey, il découvre un château très délabré, où le vent s'engouffre de toute part. La demeure se limite alors à l'aile droite, celle dominant le canal et dont les toits sont les plus élevés. Cette aile en brique et pierre, de style Louis XIII, a été construite par Louis Jules du Châtelet en 1643, sur les ruines d'une forteresse datant du XI ème siècle. Contre toute attente, Voltaire est séduit par les lieux, change ses plans, et décide de s'installer définitivement à Cirey en faisant de cette habitation un lieu agréable.

Avec l'accord du Marquis du Châtelet, il engage alors de grands travaux de restauration. Puis, trouvant le château trop petit pour y recevoir, il l'agrandit et entreprend la construction d'une longue galerie surmontée d'une terrasse. C'est sur la porte d'honneur de cette galerie qu'il exprime ses convictions philosophiques et son attachement aux arts et aux sciences. Ainsi apparaît sculpté dans la pierre de cette majestueuse porte, un décor marin composé de coquillages et de deux faces de Neptune, éveillé et dormant. Voltaire professe pendant quelque temps les idées évolutionnistes de Maupertuis qui pense que l'origine de la vie se trouve dans la mer. Il symbolise ainsi la vie à travers ce décor marin.

Les travaux engagés par Voltaire ont également pour but de séduire la Marquise du Châtelet. Elle tarde en effet à le rejoindre, préférant les mondanités de la capitale à la vie austère de la campagne. Mais Émilie finit par renoncer à Paris et à ses plaisirs, et retrouve Voltaire à Cirey. C'est ainsi que commencera une des plus grandes aventures intellectuelles et amoureuses du XVIIIème entre deux êtres exceptionnels. Seule la mort en 1749 de la Marquise du Châtelet mettra un terme à cette histoire et séparera à jamais Voltaire de Cirey.

Le château de Cirey, nous le connaissons tous, c'est celui qui figurait sur les billets de 50 Francs avant que Voltaire ne soit remplacé par Antoine de Saint Exupéry.

De nos jours, il se visite. Celle-ci débute par la galerie, lieu où Voltaire a monté son laboratoire de sciences expérimentales. Il faisait des expériences en physique, en chimie, et en astronomie. Il a décrit les résultats de ses cinq années d'études dans deux volumes sur les sciences. Voltaire avait l'habitude de travailler sur plusieurs projets à la fois. En plus de ses études scientifiques, il écrivait des épigrammes, des essais, des pièces de théâtre, et des oeuvres historiques, politiques,sociales, et philosophiques. Il a correspondu avec plus de 1700 personnes pendant sa vie. Voltaire et Madame du Châtelet se réunissaient pour discuter des grands livres philosophiques et scientifiques. Ils lisaient et critiquaient leurs ouvrages réciproques. Madame du Châtelet avait son propre bureau et son laboratoire. Voltaire et Émilie du Châtelet communiquaient en s'envoyant des mots personnels pendant la journée.

La chambre à coucher de Voltaire était à côté de son bureau. Aujourd'hui cette chambre sert de salon, décoré de meubles et de tapisseries du XVIIIe siècle. La petite chapelle de famille faisait partie du bâtiment original. Au temps de Voltaire, la bibliothèque contenait 21.000 livres.

La cuisine, avec sa grande cheminée, comportait d'une nouvelle invention,un monte-plat. Les repas préparés à la cuisine étaient transportés par le monte-plat pour arriver chauds à la salle à manger à l'étage supérieur. La salle à manger est restée comme elle était autrefois quand Voltaire et Madame du Châtelet recevaient leurs invités distingués. Le repas commençait à 9 h et durait plusieurs heures. Les invités parlaient de poésie, d'art, de théâtre, de sciences, et des dernières nouvelles de Paris. De grandes fêtes étaient organisées, avec des repas pouvant compter jusqu'à cent plats différents.

Voltaire a écrit plusieurs pièces de théâtre pendant son séjour au Château de Cirey. Il a créé un petit théâtre dans le grenier pour ses représentations. Voltaire, Mme de Châtelet, et leurs invités interprétaient des rôles dans les pièces. De nombreuses pièces ont été jouées à Cirey avant d'être montées à Paris. Cette pièce est d'autant plus remarquable qu'il s'agit de l'un des rares exemplaires de théâtre privé datant du XVIIIème siècle en France. Des travaux de restauration des actuels propriétaires ont permis de lui redonner sa splendeur d'antan : rideau de scène en lés de tissus cousus peint en trompe-l'oeil en couleur bleue, ainsi que les banquettes.

"Madame du Châtelet est devenue architecte et jardinière. Elle fait mettre des fenêtres où j'avais mis des portes. Elle change les escaliers en cheminées et les cheminées en escaliers. Elle fait planter des tilleuls où j'avais proposé des ormes ; et si j'avais planté un potager, elle aurait fait un parterre. De plus elle fait l'ouvrage des fées dans cette maison. Elle change des guenilles en tapisseries ; elle trouve le secret de meubler Cirey avec rien."

Lettre de Voltaire à la Comtesse de La Neuville, en novembre 1734.

 

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Liste des autres demeures de Voltaire.

 

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05 mars 2008

Robert Louis Stevenson - Vailima

Biographie de Robert Louis Stevenson.

 

 

 

robert_louis_stevenson"Être ce que nous sommes et devenir ce que nous sommes capables de devenir, tel est le seul but de la vie".

 

 

Robert Louis Stevenson naît le 13 novembre 1850, à Édimbourg, en Écosse. Son père, Thomas Stevenson est à la tête de l’entreprise familiale qui s’est spécialisée dans la construction de phares. A l’époque, les affaires sont prospères, grâce notamment à l’emploi d’un nouveau procédé d'éclairage lenticulaire. Sa mère, Margaret Balfour, fille cadette du révérend Lewis Balfour, est de constitution fragile. Aussi dès l’âge de deux ans, l’enfant est confié aux bons soins d'une nourrice, Alison Cunningham, qu’il surnommera affectueusement "Cummy". Robert Louis, lui aussi, connaît des problèmes de santé, une affection pulmonaire qui l’étreindra sa vie durant. Ceux-ci perturbent sa scolarité, qu’il effectue à partir de 1857 à l’Henderson's Preparatory School d’Édimbourg. De fréquents séjours de convalescence dans des stations balnéaires interrompent ainsi ses études. En 1862, ses parents l’emmènent en voyage à travers l’Europe. Stevenson découvre l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie et la France. En villégiature à Menton puis sur la Côte d'Azur, l’enfant rédige une revue manuscrite, "The Schoolboy's Magazine". Dès cette époque d’ailleurs, grâce notamment aux lectures et aux chansons de Cummy, s’est éveillée chez lui une passion pour les récits d'aventures et les voyages au long cours.

Au mois d’octobre 1867, suivant les recommandations familiales, Stevenson entre à l'école d’Anstruthen où il doit préparer un diplôme d'ingénieur. Tout ceci ne le passionne guère cependant, et il mène une vie dissolue. En 1870 d’ailleurs, l’étudiant a une liaison avec Claire, une jeune prostituée, rencontrée dans les tavernes du vieux port d’Édimbourg et qu'il envisage bientôt d'épouser. Ceci est à l’origine d’un scandale dans la famille, de confession calviniste, déjà épouvantée par la révélation de son agnosticisme. L’année suivante, il présente à la Royal Society of Arts un mémoire qui traite d’"Une nouvelle forme de lumière intermittente". Ceci lui vaut une récompense mais n’accroît en rien sa motivation et il abandonne ces études scientifiques pour se diriger vers le droit. A cette époque, Robert Louis Stevenson commence à écrire pour la revue de l'université. En 1873, de nouveau souffrant, il séjourne quelques temps dans le Suffolk et fait la rencontre de Sidney Colvin, professeur d'histoire de l'art à Cambridge, qui l’encourage et le conseille, ainsi que de Fanny Stiwel. Le jeune homme en tombe amoureux, sans succès. Ses nouveaux amis l’introduisent dans les milieux littéraires, au Savile Club notamment où se retrouve le gratin des lettres. Au mois de novembre de la même année, Stevenson est à Menton où il rencontre l’essayiste Andrew Lang. En 1874, il est accueilli à Londres chez Sidney Colvin puis effectue une croisière sur l’invitation de son riche ami Walter Simpson. Stevenson écrit pour le Cornhill Magazine. Au mois de juillet 1875, il réussit enfin son examen d'avocat.


Robert Louis Stevenson cependant ne plaidera jamais. En 1876, il quitte définitivement la maison familiale et son puritanisme. De retour en France, l’écrivain en devenir effectue ses deux premiers périples, dont les relations sont ensuite publiées. En mai 1878, "An Island Voyage" (La France que j’aime) raconte son expédition en canoë sur les canaux du nord de la France faite deux années plus tôt. Au mois de juin 1879, est ensuite éditée "Travel with a Donkey in the Cevennes" (Voyage avec un âne dans les Cévennes), souvenirs de ses treize journées de pérégrinations en compagnie de l’ânesse Modestine.

Deux mois plus tard, Stevenson est à New York, après une traversée de l’Atlantique effectuée au milieu des misérables émigrants. Après avoir parcouru le continent en train, il rejoint en Californie Fanny Osbourne, une artiste américaine rencontrée au mois d’août 1876, à Grez, près de Fontainebleau. Installé à présent à Monterey, Stevenson exerce la profession de journaliste. Au mois de décembre 1879, il est atteint d'une pleurésie et est soigné grâce au dévouement de sa compagne. Cette dernière obtient enfin le divorce, ce qui permet aux deux amants de se marier, le 19 mai 1880. Stevenson adopte alors les deux enfants de Fanny Osbourne, Isabelle et Samuel Lloyd.


De retour en Grande-Bretagne, Robert Louis Stevenson publie "Deacon Brodie", une pièce écrite avec la collaboration de William Henley. L’année suivante, l’écrivain se consacre à la rédaction de "L’Île au Trésor", qu’il commence au mois de septembre 1881 en Écosse. A Braemer, près du château de Balmoral, le temps pluvieux l’oblige en effet à inventer des jeux pour distraire son beau-fils Lloyd. Ceux-ci ont notamment pour support une belle carte au trésor coloriée qui lui donne l’idée d’un roman. Achevé par la suite en Suisse, à Davos, "Treasure Island" parait tout d’abord sous la signature du "Capitaine John North" dans le journal Young Folks destiné aux adolescent puis en volume au mois de novembre 1883. Ces aventures du jeune Jim Hawkins et du pirate Long John Silver obtiennent un grand succès qui marque le début de la popularité de l’écrivain. Le Premier Ministre lui-même, William Gladstone, en achève la lecture au milieu de la nuit.

A cette époque, les Stevenson se sont installés au chalet "La Solitude" qui domine la baie d'Hyères, dans le Sud de la France. Ils regagnent l’Angleterre en 1884 et résident à Bournemouth, dans le cottage surnommé Skerryvore offert par son père à l’écrivain. C’est là qu’ils reçoivent la visite d’Henry James l’année suivante. Au mois de janvier 1886, est publié un nouveau roman qui lui a été inspiré un mauvais rêve. Avec "The strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde" (Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde) Stevenson s’essaie au genre fantastique. C’est de nouveau un énorme succès, qui fait cette fois-ci frissonner l’Angleterre victorienne. Quarante mille exemplaires sont vendus en l’espace de six mois. Puis les éditions se multiplient, ainsi que les adaptations pour la scène. Peu après le décès de son père, le 8 mai 1887, Stevenson part pour les États-Unis. Résidant sur les bords du lac Saranac dans l'état de New York, puis à San Francisco, l’écrivain s’embarque ensuite au mois de juin 1888 à bord du Casco pour un voyage dans l’Océan Pacifique.



Alors que paraît sa nouvelle œuvre, "Black Arrow, a tale of Two-Roses" (La Flèche noire), Robert Louis Stevenson est aux îles Marquises pendant l’été 1888, puis dans l’archipel des Tuamotu en septembre. Il passe un mois à Papeete, à Tahiti. L’année suivante, sa mère décide de rentrer en Ecosse. Stevenson lui est à Honolulu, dans les îles Hawaï. Il y achève la rédaction de "The Master of Ballantrae" (Le Maître de Ballantrae), publié quelques temps plus tard, et qu’emportera André Gide pendant son voyage au Congo. L’écrivain effectue ensuite l’achat d’un terrain près du port d'Apia à Opulu aux Samoa occidentales. Il s’y installe au mois d’octobre 1890, après avoir longuement séjourné en Australie.

Robert Louis Stevenson ne quittera plus sa résidence de Vailima et les Mers du Sud, auxquelles il consacre un nouveau récit, "In the South Seas". Son état de santé lui interdit à présent de quitter les climats tropicaux. Aussi l’écrivain se consacre à son œuvre, se fatiguant au delà de ses forces à la tache. "The Wrecker" (Les Trafiquants d’épaves) est publié en 1892, "Catriona" l’année suivante. C’est alors qu’une guerre civile met aux prises les habitants des îles Samoa en 1893. Stevenson suit de près ces événements dramatiques qui déchirent son pays d'adoption. En 1894, il reçoit d’ailleurs de la part des indigènes de nombreux témoignages d’affection au moment de son anniversaire.



Le 3 décembre 1894, Robert Louis Stevenson décède d'une rupture d'anévrisme. Il est enterré peu après au sommet du mont Vaea, qui est voisin de Vailima. Sur son sarcophage, est gravé Tusitala, le nom que lui ont donné les Samoëns et qui signifie " le conteur d’histoires". Sur sa tombe, on peut également lire les vers de son poème "Requiem", rédigé à Hyères dix années auparavant :

 

" Under the wide and starry sky
Dig the grave and let me lie.
Glad did I live and gladly die,
And I laid me down with a will.

This be the verse you grave for me;
Here he lies where he longed to be,
Home is the sailor, home from sea,
And the hunter home from the hill. "

 

 

 

Sa maison à Vailima dans les îles Samoa.

 

 

 

ScreenHunter_01_MarEn 1877, Robert Louis Stevenson tombe fou amoureux d’une Californienne, mariée, de dix ans son aînée, mère de trois enfants, ancienne chercheuse d’or dans le Nevada : Fanny Osbourne. Il n’a jusque-là que peu écrit, rien qui lui permette de vivre même si certains critiques commencent à voir en lui l'annonciateur d’une littérature nouvelle, délivrée des modèles victoriens. Fanny Osbourne repartie en Californie en août 1878, il la rejoint un an plus tard et l’épouse après son divorce, en mai 1880.

Dès son retour, lui qui n’avait jamais réussi à écrire un roman, publie chef-d’oeuvre sur chef-d’oeuvre, malgré un état de santé défaillant : "L’Ile au Trésor", "Docteur Jekyll et Mr Hyde" qui vont le rendre mondialement célèbre. Souffrant d’emphysème pulmonaire (et non de tuberculose comme il le croit), il passera les dix années suivantes en Europe, de lieu de cure en lieu de cure. La mort de son père en mai 1887, avec lequel il était pourtant réconcilié, est comme une délivrance : il quitte l’Europe avec Fanny et Lloyd, son fils.

Il passe l’hiver 1887-1888 au lac Saranac, dans les Adirondacks (État de New York) où il commence "Le maître de Ballantrae", puis, à la suite de la proposition d’un agent littéraire, s’embarque avec Fanny sur une goélette, le Casco, pour une croisière des plus risquée dans les mers du Sud. Hawaï, les Marquises, Tahiti, l’Australie, l’archipel des Gilbert, et les Samoa occidentales en 18 mois. Jamais Stevenson ne s’est senti en meilleure santé : il revit. D’autant plus qu’il lui semble découvrir un nouveau monde, fascinant, menacé de disparaître sous les coups de "L’Occident sans merci" : il va être de ceux, avec Gauguin, qui y verront un ressourcement possible pour l’art du XXe siècle.

Il choisit en 1889 de s’installer dans les Samoa, sur l’île d’Upolu,le climat tropical lui étant bénéfique. C'est ainsi qu'il fait bâtir  la propriété de Vailima où il continue d’écrire des oeuvres de plus en plus audacieuses, déroutantes, sur les mers du Sud. Il s'investit beaucoup auprès des Samoans, lors d'une guerre civile en 1893, il prend même leur défense contre l'impérialisme allemand. Il devient même un chef de tribu, appelé respectueusement Tusitala (le conteur d'histoires) par ses membres.

Quand il meurt d’une congestion cérébrale le 3 décembre 1894, toute la population unit ses efforts pour tracer dans la jungle une piste permettant d’atteindre le sommet du mont Vaea, où il désirait être enterré.

Les Samoans ont conservé la propriété de Stevenson et en on fait un musée.

 

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04 mars 2008

Oscar Wilde - Londres

 

Biographie d'Oscar Wilde.

 

 

 

Oscar_Wilde"Le monde est un théâtre, mais la pièce est mal distribuée"

 

 

Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde naît à Dublin le 16 octobre 1854 au sein d’une famille irlandaise et de confession catholique. Oscar a un frère aîné, William, et une sœur cadette, Isola, qui décédera prématurément en 1864. Sa mère, née Jane Francesca Agnes Elgree, est une active militante féministe, qui exerce une grande influence sur l’enfant. Elle rédige également des poèmes nationalistes sous le pseudonyme de Speranza. Son père est un chirurgien célèbre, auteur de traités scientifiques qui font autorité et historien de l’Irlande à ses heures.

A partir de 1864, le jeune Oscar étudie à la Public-school de Portora, à Enniskillen. En 1870, une brillante années scolaire lui vaut un prix en grec. Et l’année suivante, il entre, au Trinity College, l’université anglaise de Dublin, grâce à une bourse. Le 17 octobre 1874, Oscar Wilde s’inscrit ensuite au Magdalen College d'Oxford et gagne Londres.

Au sein de la vénérable institution, il se fait alors remarquer par l’excentricité de ses tenues, par ses premiers sonnets également. Wilde assiste aux cours d’histoire de l’art de John Ruskin et de Walter Pater, tandis que ses poèmes sont publiés dans diverses revues irlandaises et anglaises. L’un d’entre-eux, intitulé "Ravenna", obtient le Newdigate Prize en 1878. L’année précédente, Oscar Wilde est en villégiature en Grèce, à Corfou, quant l’université le somme de presser son retour afin de préparer le greats, le diplôme final en humanités. Il s’attarde néanmoins à Rome afin de se recueillir sur la tombe de John Keats. Au mois de novembre 1878, Oscar Wilde achève ses études et devient Bachelor of Arts.

L’année suivante, Wilde s'installe à Londres, puis dans le quartier chic de Chelsea, au 34, Tite Street. Il fréquente assidûment la bonne société où son allure de dandy, mais aussi l’élégance de sa conversation lui assurent le succès et lui ouvrent les portes des salons. Wilde affirme bien haut ses conceptions esthétiques, celles de "l'art pour l'art" dans les expositions, au théâtre. Il acquiert alors une notoriété suffisante dans le milieu artistique de la capitale londonienne pour être brocardé en 1881 par Gilbert et Sullivan dans Patience, un opéra comique. La même année, le jeune irlandais publie un premier recueil de poèmes puis part aux États-Unis effectuer une série de conférences. En 1883, Oscar Wilde est ensuite à Paris, où il fait la connaissance des principaux représentants du monde des lettres et de la peinture. Une pièce de théâtre, Véra, ou les Nihilistes, est créée à New York, sans grand succès. Le 29 mai 1884, il épouse Constance Mary Lloyd, une amie de jeunesse. Celle-ci lui donnera deux fils : Cyril, qui vient au monde en 1885, et Vyvyan, né l’année suivante. A cette époque, Wilde fait aussi la connaissance de Robert Ross, un jeune étudiant de dix-sept ans, qui sera son premier amant.

En 1885, Oscar Wilde devient critique pour un journal de renom, The Pall Mall Gazette. C’est ensuite la direction de The Lady’s World qui lui propose de devenir rédacteur en chef du populaire magazine féminin. Un essai, "The Portrait of Mr. W. H." à propos de l’œuvre de Shakespeare, est publié dans la revue Blackwood's Magazine. Wilde affirme dans ce texte que la plupart des sonnets du grand dramaturge sont en fait adressé à un homme... En 1888, paraissent également ses premières nouvelles réunies dans "The Happy Prince and other tales" (Le Prince heureux et autres contes). Il rédige également deux autres essais, "The Decay of Lying" (Le déclin du mensonge) ainsi que "Pen, Pencil and Poison".

Enfin Oscar Wilde accède à la célébrité grâce au succès de son roman, "The Picture of Dorian Gray" (Le Portrait de Dorian Gray), édité dans les colonnes du Lippincott's Magazine puis en volume au mois de juillet 1891. La critique cependant lui reproche son affiliation au mouvement décadent, que représentent à l’époque en France Paul Bourget et Jorys-Karl Huysmans. L’impudeur qu’il dévoile dans son œuvre choque également l’Angleterre victorienne. Après la publication d’un volume de contes, "Lord Arthur Saville’s Crimes, and Other Stones" (Le Crime de Lord Arthur Saville et autres histoires), l’écrivain poursuit la critique de la société et des mœurs de son temps. Avec des comédies comme "Lady’s Windermere’s Fan" (L'Éventail de Lady Windermere), mise en scène à Londres au mois d'avril 1893 au St. James's Theatre, ou "A Woman with No Importance" (Une femme sans importance). Oscar Wilde renouvelle ainsi le genre. Enfin "Salomé", une tragédie que l’écrivain achève en français et qui devait être jouée par Sarah Bernhardt, est interdite outre-Manche.

En 1894, paraissent les "Phrases and Philosophies for the Use of the Young" (Sentences philosophiques à l'usage de la jeunesse). L’année suivante, après la création d’"An Ideal Husband" (Un Mari idéal) à l’Haymarket Theatre, a lieu la première de "The Importance of Being Earnest" (Il importe d'être constant) le 14 février 1895, une peinture impitoyable de l’aristocratie anglaise. Au cours de la soirée cependant, éclate le scandale qui amène la déchéance de l’écrivain adulé. En effet, Lord Queensberry, un illustre aristocrate écossais, dénonce publiquement la liaison qu’entretient son fils, Alfred Bruce Douglas, "Bosie", avec Oscar Wilde. Une botte de navets à la main, ce dernier s'écrie au milieu des spectateurs que l’écrivain "was posing as a Sodomite".

Celui-ci porte plainte en diffamation contre son accusateur et le tout-Londres se passionne pour l'événement. Il est cependant débouté le 5 avril suivant par la justice anglaise, qui se saisit de l’affaire. Refusant d'écouté les conseils de ses amis qui le somme de s'exiler dans la France voisine, Wilde est bientôt arrêté pour ce qui constitue alors un crime, la loi de 1885 interdisant les relations homosexuelles. Il est jugé, déclaré coupable d’ "actes indécents" et condamné à deux ans de travaux forcés, hard labour, la peine maximale prévue , le 27 mai 1895. Pendant le procès, l'opinion se retourne contre Oscar Wilde, tout comme le public qui le conspue. Le jury, invité par le président du tribunal à ne pas se laisser influencer par les journaux, n'apprécie pas le ton hautain adopté par l'écrivain, l'hédonisme qu'il affiche. C’est finalement la revanche d’un monde que l'artiste n’a cessé de tourner en dérision.

Oscar Wilde est placé en détention à la prison de Pentonville dans un premier temps, puis transféré ensuite à Wandsworth au mois de novembre 1895 et enfin à Reading. Malgré la pétition qui circule en Europe à l'initiative de Georges Bernard Shaw, il n'en sort que le 19 mai 1897, avant d’être de nouveau condamné, cette fois-ci pour banqueroute. L’écrivain perdu de réputation ne peut en effet rembourser les frais de son procès. Sa femme se sépare de lui, sans pour autant réclamer le divorce, mais donnant à ses enfants le nom de Holland. Wilde lui-même se réfugie en Bretagne, à Berneval, sous le nom de Sebastian Melmoth. Il rédige alors "The Ballad of Reading Gaol" (La Ballade de la geôle de Reading), qui paraît à Londres au mois de février 1898. Après avoir rejoint son amant Douglas à Naples au mois d’août suivant, il s’installe à Paris et demeure à l’hôtel d’Alsace, rue des Beaux-Arts. Vivant à présent dans la solitude, Oscar Wilde décède des suites d’une méningite cérébrale, le 30 novembre 1900, après avoir reçu l’absolution des mains d’un prêtre catholique. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

A noter que le "De Profundis", son testament spirituel, à l'origine une lettre écrite en prison à Lord Alfred Douglas, ne sera publié dans une version expurgée que cinq années après son décès, et enfin dans sa totalité en 1962 ! Si André Gide consacre une biographie à Oscar Wilde dès 1910, seule la permissive society permet au sulfureux écrivain de sortir de son purgatoire…

 

"En 1900, ce sont les anonymes, les bonnes gens de la rue des Beaux-Arts, qui suivent le cercueil d’Oscar Wilde jusqu’au Père-Lachaise. Nul écrivain dans le cortège, aucun de ses anciens amis qui appréciaient l’homme et encensaient l’artiste. Cinq ans plus tôt, refusant de fuir en France, comme ses amis le lui demandent, Oscar Wilde affronte la justice de son pays. Un second procès le voit condamné à deux ans de travaux forcés pour corruption de mineurs. Depuis la prison de Reading, ses amis tentent d’alerter l’opinion publique : Wilde est malade,ne mange plus, ne dort plus, ses conditions de détention sont terribles. Stuart Merrill, poète anarchiste installé à Paris et qui connaît Wilde depuis 1890, a l’idée de récolter les signatures des grands noms de la littérature française et de faire parvenir cette pétition à la reine Victoria. La revue Plume coordonne la campagne de soutien à l’auteur du Portrait de Dorian Gray. Émile Zola, Alphonse Daudet, les frères Goncourt, Heredia sont sollicités parmi tant d’autres. Bien peu signeront, chacun y allant de ses bonnes raisons pour ne pas venir en aide à Oscar Wilde. Seuls quelques écrivains isolés, Octave Mirbeau, le plus connu, Henry Bauër, Paul Adam, Hugues Rebell apporteront leur soutien. Octave Mirbeau, l’auteur du Journal d’une femme de chambre, termine ainsi l’article consacré à la défense de Wilde : "Il n’y a que de la pourriture et du fumier, il n’y a que de l’impureté à l’origine de toute vie. Étalée, dans le chemin, sous le soleil, la charogne se gonfle de vie splendide ; les fientes, dans l’herbage desséché, recèlent des réalisations futures, merveilleuses. C’est dans l’infection du pus et le venin du sang corrompu qu’éclosent les formes par qui notre rêve chante et s’enchante. Ne nous demandons pas d’où elles viennent et pourquoi la fleur est si belle qui plonge ses racines dans l’abject purin". Faute de signatures prestigieuses la pétition ne parviendra jamais à Londres.

Les Goncourt la ressentent comme une intimidation certaine, Jules Renard fait du mauvais esprit – "Je veux bien signer la pétition pour Oscar Wilde, à condition qu’il prenne l’engagement d’honneur de ne plus jamais… écrire". Gide est gêné, quand, quelques années plus tard, il croise l’écrivain dans la misère. Quant à Jean Lorrain, il traite par le mépris celui qui a eu le courage d’affronter la justice de son pays. Si l’expression "silence des intellectuels" naît avec l’affaire Dreyfus, elle aurait tout autant convenu pour l’affaire Wilde. Notre histoire commence par une lâcheté".

Article de Tetu.

 

 

 

 

The Beautiful House sa maison à Londres.

 

 

 

 

250654599_0f174e7803Le 29 mai 1884, Constance Lloyd, une jeune femme belle, intelligente, sensible, maîtrisant plusieurs langues européennes et dotée d’un sens aigu de la justice, épouse Oscar Wilde. Ils s’aiment, partagent la même passion pour la littérature et se découvrent un point de vue commun sur l’art et la beauté. Ils s’installent dans la "maison merveilleuse" à la décoration subtile, lumineuse et raffinée qui tranche avec la mode victorienne en vigueur.

Cette maison est le point d'ancrage de sa vie d'adulte, située dans Tite Street cette "House Beautiful" est décorée par l'architecte à la mode Edward Godwin dans le plus pur style esthétique, mâtiné d'influences whitleriennes et japonisantes, située dans Chelsea, quartier de Londres à la fois chic et bohème. Au 16 Tite Street, s'élève la demeure cossue d'un homme rangé en apparence, bien établi dans la société, le mariage et la paternité, la maison prospère, gracieuse et raffinée qui couronne la réussite d'un artiste dont la renommée et la fortune ne cessent de croître. Tite Street est indissociable du bonheur familial de Wilde, de ses fulgurants succès. Quand le malheur le frappera en même temps que la ruine, il en sera chassé comme Adam de l'Eden après la chute.

L'origine du mouvement esthétique était une réaction au poids et à l'image du style victorien, et contre les marchandises produites en série. Ce mouvement a favorisé la notion de l'art dans l'intérêt de l'art, il reposait fortement sur des traditions moyen orientales et orientales, plus particulièrement japonaises.  L'enthousiasme pour la simplicité de la conception orientale s'est exprimé avec un déferlement de porcelaines bleues et blanches de 1870 à 1880 et par la conception géométrique des meubles de Godwin.

L'intérieur esthétique était éclectique, reposant sur différentes cultures et périodes, l'architecture "Queen Ann", les mosaïques mauresques, les draperies de la Renaissance. La "House Beautiful", reflet de cet art nouveau,  comportait des cheminées aux manteaux décorés avec raffinement, de magnifiques collections de porcelaines. Les couleurs principalement utilisées étaient le vert olive, le bleu paon et l'or. Les plumes de paon, les tournesols et les lys étaient utilisés à foison pour les décors des papiers peints, textiles et décors en terracotta, mosaïques et verreries.

Dans la maison de Wilde, la peinture blanche à haute brillance était partout, ce qui contrastait fortement avec les intérieurs victoriens de l'époque plutôt sombres. Seule la bibliothèque, où Wilde écrivait, était de style mauresque et de couleur bleu foncé et or.

Ce courant esthétique s'est propagé rapidement en Angleterre, grâce notamment à la notoriété de Wilde et à sa publicité dans la presse populaire, ainsi que grâce aux catalogues richement illustrés des fournisseurs de meubles, la classe moyenne aisée s'est ruée sur ce courant. Parmi les fournisseurs les plus influents se trouvaient Morris and Co, dont les papiers peints et les textiles ont été particulièrement utilisés dans ces intérieurs artistiques.

A l'heure actuelle, l'intérieur de la "House Beautiful" de Wilde n'existe malheureusement plus. Tout a été dispersé et vendu aux enchères lors de son emprisonnement.

 

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03 mars 2008

Karen Blixen - Ngong

 

Biographie de Karen Blixen.

 

 

 

blixen"Rêver, c'est le suicide que se permettent les gens bien élevés".

 

Karen Blixen est née le 17 avril 1885 sous le nom de Karen Christentze Dinensen, sa famille l'appelait "Tanne". La famille de sa mère, les Westenholz, étaient des bourgeois exemplaires, des négociants millionnaires qui s'étaient enrichis grâce à leur habileté, leur frugalité et leur dur labeur. Les Dinensen propriétaires terriens étaient des campagnards, affables et prodigues et cousins avec la plus haute noblesse du royaume.

Karen avait 10 ans lorsque son père Wilhelm qui souffrait d'une maladie "qui ne pouvait présager que d'un avenir sombre et tragique" se donna la mort. Se pendre n'était pas une mort honorable pour un officier. On dit aux enfants que leur père était tombé malade et était mort subitement.

A la fin de 1904 (Karen a 19 ans), elle commence à travailler sur une série de contes sous le titre "Histoires Vraisemblables", de style gothique, pleines de spectres, de visions et de cas de possession. Il furent publiés en 1908 sous le nom d'Osceola. Tanne allait publier deux autres contes sous ce pseudonyme.

Une fois que Tanne eut quitté l'Académie royale, elle devint une familière du "beau monde" aristocratique où elle connut les jumeaux Hans et Bror Blixen-Finecke. Ils montaient en course, jouaient au bridge et au golf, buvaient du whisky, dansaient au son du gramophone, donnaient des bals costumés, tiraient quantité de gibier à plumes, achetaient des aéroplanes et des automobiles, et faisaient l'amour avec un cynisme et un sang-froid qui auraient stupéfié leurs parents victoriens, s'ils s'en étaient rendu compte.

Tanne tomba follement amoureuse de Hans. Il ne répondit pas à sa passion. "Plus que toute autre chose, c'est un amour profond et non partagé qui a laissé une marque dans ma jeunesse" déclara plus tard Karen.

Tanne continua d'aimer Hans Blixen malgré son indifférence, du moins jusqu'à ce qu'elle épouse son frère. Bror Blixen était un épicurien zélé et courtois qui n'avait pas de plus noble but dans l'existence que se distraire.

La nouvelle des fiançailles laissa bien des gens sceptiques. Nombre des amis du couple ne voyaient que leur incompatibilité : Bror le nobliau extraverti et sans façon, le farceur invétéré, Tanne, la bourgeoise artiste et d'humeur changeante, avec son éducation prude, ses talents littéraires et ses désirs de grandeur.

Lorsque l'oncle de Bror, le conte Mogens Frijs, revint au Danemark d'un safari en Afrique-Orientale anglaise il leur parla de la beauté du pays et de ses fantastiques possibilités économiques. Dans cette aventure, leur mariage et leur départ pour l'inconnu, Bror et Karen devinrent des associés Un lien de dépendance et de prévenance s'établit. Il y eut certainement un autre échange important : le titre de Bror et ses relations avec la plus haute noblesse, y compris la famille royale de Suède, et la possibilité qu'avait Tanne d'accéder à la fortune de sa propre famille qui allait garantir leur ferme.

Malgré leurs différences, malgré l'amour de Tanne pour Hans, élément de dépit, il y eut entre eux une affection mutuelle. Longtemps après l'échec de ce mariage, elle continua de parler de ces premiers temps comme de l'une des périodes les plus heureuses de sa vie.

Tanne avait, avant même de quitter le Danemark, l'ambition de faire de leur maison une oasis de civilisation. Elle prit dans ses bagages un service de plateaux en argent, des verres en cristal, des porcelaines, des meubles, du linge, des tableaux, des bijoux, la bibliothèque de son grand-père et son cadeau de mariage préféré, un lévrier d'Ecosse nommé Dusk.

Keren Blixen écrivit : "Je me rends compte combien j'ai été favorisée d'avoir pu mener une vie libre et humaine sur une terre paisible, après avoir connu le bruit et l'inquiétude du monde".

L'attirance de Karen Blixen pour les Africains avait été immédiate et sensuelle. "Ils entrèrent dans mon existence", écrivait-elle à la fin de sa vie, "comme une sorte de réponse à quelque appel de ma nature profonde, peut-être à mes rêves d'enfance, où à la poésie que j'avais lue et adorée longtemps auparavant, ou aux émotions et aux instincts qui gisaient au plus profond de moi ". Elle sentait qu'elle partageait avec eux une sorte de "pacte".

Et cependant la jeune baronne Blixen se plaisait dans son isolement. Elle avait conscience de son rang et gardait ses distances vis-à-vis des colons qui lui étaient inférieurs. Pour sa part, l'aristocratie anglaise mit longtemps à accepter ces nouveaux venus qui arrivaient sans sauf-conduit.

Les lettres qu'elle envoyait au Danemark bouillonnent de mépris pour la banalité des colons blancs et des Anglais en particulier. Leurs préjugés raciaux lui déplaisaient plus que tout. La supériorité morale des Blancs était pour elle une illusion, et en ce qui concernait des points importants, l'honneur ou l'humour, par exemple, les Africains étaient bien plus civilisés.

Les antipathies sont souvent réciproques, et les Anglais, tout d'abord, n'acceptèrent pas Tanne Blixen avec chaleur.

Un jour du mois d'août, à Nairobi, quelqu'un repéra un aéronef allemand, le même jour la guerre fut déclarée. Après bien de discussions Bror résolut d'offrir ses services à leur pays d'adoption, mais il se fit exempter de service actif au cas où la Suède se rangerait finalement aux côtés du Kaiser. Bror s'engagea comme officier de renseignements non combattant, dans la patrouille frontalière de lord Delamère.

La guerre faillit ruiner la Compagnie suédoise des cafés d'Afrique. Les Anglais réquisitionnèrent les chariots de Bror et ses bœufs moururent de fièvres.

Tanne elle-même souffrait d'une maladie chronique que l'on n'avait pu identifier et qu'elle avait tout d'abord prise pour la malaria. Un jour, à la fin d'un examen approfondi le médecin lui dit qu'il n'avait jamais vu quelqu'un d'une aussi robuste constitution. En fait, il lui déclara qu'elle était atteinte d'une syphilis "aussi grave que celle d'un soldat", et lui prescrivit le seul remède qu'il avait sous la main : des pilules de mercure.

La syphilis, à l'état presque endémique chez les Masaïs, était la cause de la stérilité presque généralisée des femmes masaïs. Un compagnon de guerre du baron Blixen se souvient que "c'était un scandale pour tout le monde que Blixen ne cachât pas qu'il avait des relations avec une Noire". Il semble possible que ces relations aient été la source de l'infection de Karen.

Même après le diagnostic elle voulut rester mariée à Bror. Des années après ils donnaient encore l'impression d'un couple que lie une profonde et solide affection. Tanne acceptait les liaisons de Bror, et en échange, celui-ci considérait avec le sourire ses amitiés avec Erik Otter et Denys Finch Hatton. En fin de compte, c'est lui qui fut à l'origine de leur divorce.

Karen Blixen semblait considérer sa maladie comme une occasion parfaite d'élévation spirituelle. Plus tard dans sa vie, elle la considéra rétrospectivement comme le prix qu'elle a dû payer pour acquérir non seulement son titre de baronne, mais aussi son art. Elle devait en fait prétendre qu'elle avait promis son âme au Diable, afin que toute son expérience vécue pût être utilisée dans ses contes. Cette promesse avait été scellée, dirait-elle lorsqu'elle avait découvert sa maladie et perdu tout espoir d'avoir une vie sexuelle normale.

Elle partit se soigner au Danemark et l'Afrique lui manqua terriblement.

En Afrique, le 5 avril 1918 elle avait fait la connaissance de Denis Finch Hatton. La liste de ses talents, de ses qualités et de ses excentricités pourrait aussi bien se résumer dans le mot princier. Comme celui qui n'a pas d'égal, il était l'objet de bien de désirs et son succès lui conférait un immense prestige.

Au début des années vingt, Denys abandonna ses autres logements et transporta ses affaires à la maison de Karen Blixen à Ngong. C'est là qu'il devait séjourner entre les safaris, durant une semaine ou deux entre des absences qui duraient plusieurs mois. Ses brèves périodes intenses en compagnie de son amant rendaient à Tanne son équilibre.

Le mariage des Blixen survécut à la liaison de Tanne avec Denys, comme il avait survécu au diagnostic de la syphilis, à leurs fréquentes séparations et aux liaisons de Bror avec d'autres femmes. Dans l'ensemble, elle avait une vue du mariage digne du XVIIIe siècle. Elle avait signé un contrat, voué obéissance à une idée plus qu'à un individu, et elle lui resterait fidèle. Dans les limites de sa soumission de pure forme, elle se sentait libre de se livrer à ses propres plaisirs.

Denys apprit à Tanne le Grec, il lui fit connaître les poètes symbolistes, lui joua Stravinski et tenta de lui faire prendre goût à l'art moderne. Denys et Bror étaient considérés comme les deux plus grands chasseurs blancs de l'époque. Ils s'appréciaient mutuellement et durant un certain temps, ils partagèrent la même chambre à Ngong, chacun l'utilisant lorsque l'autre partait en safari.

Bientôt les récoltes ne couvrirent plus les frais et elle fut obligée de vendre la ferme. Avec la mort tragique de Denys tout espoir de bonheur l'avait quittée. La ruine de Karen Blixen était en fait totale. Elle avait toujours la syphilis. Désormais le mal était impossible à traiter ou à arrêter, même avec les remèdes les plus modernes. Vers la fin du mois de juillet elle embarqua pour le Danemark. Elle ne reverrait jamais plus l'Afrique.

Durant les quatre premières années qui suivirent son retour, Karen Blixen avait été absorbée par l'écriture, par la publication de ses œuvres et par l'attention que produisit sa célébrité soudaine.

Le conte "Le Poète", écrit dans les années trente annonçait avec une étrange coïncidence de détails l'amitié de Karen Blixen et de Thorkild Bjornvig, un des plus importants jeunes poètes danois. Ce fut une union mystique, un vœu d'amour éternel, un traité semblable à ceux qu'elle avait le sentiment de conclure avec les Africains. Bjornvig lui confiait son âme en échange d'une protection éternelle.

De la même manière qu'elle prétendait avoir vendu son âme au diable en échange de son don de conteuse, elle prenait désormais le rôle de démon et promettait le même don de génie à quelqu'un d'autre.

Quelques années plus tard il devait la rejeter et lui tenir rancune. Après quoi sa solitude redevint absolue même si elle mena une vie trépidante au milieu d'une foule de gens. Il devait y avoir par la suite quelques aventures avec toute une série de jeunes gens, mais Bjornvig devait être son dernier amour. Et, peu après leur séparation, lorsqu'un jeune écrivain vint s'asseoir à ses pied, tout aussi prêt à lui livrer son âme, elle lui déclara qu'il arrivait trop tard : "je ne puis vous donner une place dans mon existence, désormais. C'est dommage pour vous, mais vous auriez dû venir plus tôt. Il ne me reste plus rien d'autre à faire qu'à vivre mon destin jusqu'au bout".

Lorsque le prix de littérature fut décerné à Ernest Hemingway, celui-ci accepta cette distinction mais il déclara que cet honneur aurait dû revenir à trois autres écrivains. L'un d'eux était la "merveilleuse Isak Dinesen".

Karen Blixen adorait entrer en glissant d'un pas feutré dans un salon comme un personnage d'un conte de Boccace, telle une ombre furtivement sortie des limbes. Finalement elle était parvenue à devenir la "personne la plus maigre du monde" et à acquérir à 70 ans ce qui était considéré comme une grande beauté. Durant les sept dernières années de sa vie elle semblait vraiment trop légère et trop fragile pour un être vivant. C'était cette fragilité, qui contrastait avec son avidité de vivre, qui impressionnait le plus les gens qui la voyaient pour la première fois. L'effet produit par ses souffrances fut de donner l'impression dramatique qu'un gouffre la séparait des autres et que son âge, sa sagesse, son courage et tout son être étaient en eux-mêmes un mystère.

La santé de Karen Blixen empira rapidement. Elle mourut le vendredi 7 septembre 1962, d'amaigrissement excessif.

Elle avait écrit "Mais l'heure était venue où, démunie de tout, je devenais pour le destin une proie trop facile".

 

 

 

Sa ferme à Ngong.

 

 

 

Ferme_Karen_Blixen"J'ai possédé une ferme en Afrique au pied du Ngong. La ligne de l'Equateur passait dans les montagnes à vingt-cinq milles au Nord, mais nous étions à deux mille mètres d'altitude. Au milieu de la journée nous avions l'impression d'être tout près du soleil, alors que les après-midi et les soirées étaient frais et les nuits froides.

L'altitude combinée au climat équatorial composait un paysage sans pareil. Paysage dépouillé, aux lignes allongées et pures, l'exubérance de couleur et de végétation qui caractérise la plaine tropicale en étant absente : ce paysage avait la teinte sèche et brûlée de certaines poteries.

L'horizon que l'on découvre des collines du Ngong est incomparable : au sud des grandes plaines, puis les vastes terrains de chasse qui s'élèvent jusqu'au Kilimandjaro. Au nord-est il y a la réserve des Kikuyu qui s'étend sur près de 160 kilomètres jusqu'au mont Kenya, couronné de neige.

Nous cultivions surtout le café, mais ni l'altitude ni la région ne lui convenaient très bien ; et nous avions souvent du mal à joindre les deux bouts.

Nairobi, notre capitale, n'était qu'à une vingtaine de kilomètres de la ferme".

La maison surprend par sa modestie. Villa plutôt que ferme, assez basse, lambrissée d'un bois sombre, le muvli, parquetée de cèdre kenyan, elle semble enracinée pour l'éternité, à la fois étrangère et fidèle au paysage qui l'entoure.

La ferme est située à 1800 mètres d'altitude, trop haut pour le café. "Tout l'horizon de ma vie s'en est trouvé élargi" écrit-elle en évoquant le choc de sa rencontre avec l'Afrique.

Son livre "La Ferme Africaine" est l'histoire de cette découverte passionnée, de sa lutte pour faire vivre sa plantation qui emploie jusqu'à 700 personnes, et des indigènes auxquels elle consacre une partie de son temps. Derrière la maison, fac aux Ngong Hills, une table de pierre faite d'une ancienne meule rappelle les heures qu'elle passe chaque matin avec eux. Elle règle les nombreux conflits et les soigne, auréolée du prestige des guérisseurs.

La vie est dure, parfois, et grand est l'isolement. Nairobi est aujourd'hui à quelques dizaines de minutes, mais à l'époque, il fallait deux heures en char à boeufs pour s'y rendre. Les propriétés sont distantes les unes des autres. Deux lanternes à l'entrée indiquent aux amis qu'ils peuvent être accueillis, et les dîners de la Baronne sont célèbres dans la colonie blanche. Elle a fait de Kamante, un petit kikouyou qu'elle a sauvé, un chef hors pair, et dans la cuisine, située à l'extérieur de la maison, le futur auteur du "Festin de Babette" invente de somptueuses recettes pour ses invités. Des ustensiles rouillés, des pots, trois moulins à hacher fixés à la table, une cuisinière, une cuve en bois pour l'eau plantent le décor.

Dans la salle à manger, pièce centrale de la maison, un service à thé et quelques pièces de mobilier permettent d'évoquer les soirées où se rencontraient ses amis, autour de la table chargée de cristaux fins et d'argenterie.

La restauration combine objets d'origine et reconstitution, et recrée l'atmosphère intime de cette maison.

Communiquant avec la salle à manger, le salon où Karen invente ses plus belles histoires pour Dennis Finch Hatton, le grand amour de sa vie. Entre deux safaris, il habite chez elle. Sa bibliothèque est garnie de livres ayant servi au tournage de "Out of Africa". Sur le bureau, la machine à écrire Corona qui fascinait tant les indigènes. Réalité et fiction se mêlent d'autant plus étroitement que Universal Pictures a fait don d'objets ayant servi au tournage : tous les rideaux de la maison, le dessus de lit de la petite chambre toute blanche de Karen, les bottes et la tenue de safari de Meryl Streep, ainsi que le pantalon de Robert Redford. Ils voisinent avec la table de toilette et la garde robe de Karen Blixen, et dans la chambre du Baron, devenue celle de Dennis, la malle de voyage marquée "KC Dinesen". Une salle de bains complète l'évocation. Des photographies permettent de suivre Karen Blixen à différentes périodes de sa vie.

En 1963 le gouvernement danois a acheté la maison et en a fait don au Kenya lors de l'Indépendance. L'ouverture du musée en 1986 a coïncidé avec la sortie du film de Sydney Pollack, et, depuis, la ferme attire de très nombreux visiteurs venus du monde entier.

Quand Karen Blixen quitta sa ferme en 1931, ses serviteurs laissèrent symboliquement la porte grande ouverte derrière elle. Quelques mois plus tôt, Dennis s'était tué en avion. Elle devait vivre longtemps encore. Le monde qu'elle a décrit n'existe plus. Mais ce qu'elle a saisi de l'âme du continent africain demeure étonnamment juste, sans doute parce qu'au pied des Ngong Hills, elle avait appris à devenir écrivain.

 

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27 février 2008

Montaigne et sa tour

 

Biographie de Montaigne.

 

 

 

Montaigne_Dumonstier"Qui apprendrait les hommes à mourir, leur apprendrait à vivre".

 

Né le 28 février 1533 au château de Montaigne en Périgord, Michel Eyquem de Montaigne est issu d'une famille de négociants bordelais. Son arrière grand-père, Ramon Eyquem, fait l'acquisition en 1477 de cette maison forte du XIVème siècle, et accède ainsi au noble statut de Seigneur de Montaigne qu'il lèguera à ses enfants et petits-enfants. De ces derniers, Pierre Eyquem est le premier à quitter le comptoir familial pour venir s'installer dans la demeure périgourdine qu'il fait aménager et fortifier. De son mariage avec Antoinette de Louppes, fille d'un marchand toulousain, il aura huit enfants dont Michel est l'aîné.

Elevé en nourrice dans le petit village voisin de Papassus, le jeune Michel Eyquem reçoit à son retour au château familial une éducation peu ordinaire: réveillé chaque matin au son de l'épinette "afin de ne pas lui abîmer sa tendre cervelle", il apprend très tôt le latin qu'il parle couramment dès l'âge de sept ans, conversant tout naturellement avec les domestiques employés à Montaigne.

Scolarisé au collège de Guyenne à Bordeaux, il y brille rapidement par son aisance à pratiquer la discussion et la joute rhétorique, et par son goût pour le théâtre.

Après des études de droit, il débute sa carrière en 1554 en tant que conseiller à la Cour des Aides de Périgueux, puis au Parlement de Bordeaux où il siège durant presque 15 ans. C'est donc au palais de l'Ombrière qu'il fait la connaissance d'Etienne de la Boétie, de trois ans son aîné, humaniste et poète, auteur du "discours de la servitude volontaire", hymne véhément à la liberté civique.Leur amitié profonde inspirera à Montaigne cette célèbre phrase "Parce que c'était lui, parce que c'était moi" (Essai I, 28). La mort prématurée de la Boétie, emporté par la peste en 1563, met un terme tragique à cette noble affection, et laisse Montaigne dans une grande solitude que son mariage en 1565 avec Françoise de la Chassaigne, fille d'un de ses collègues au Parlement, ne viendra pas apaiser. De cette union tendre et fidèle, "à la vieille Françoise", naquirent six filles dont une seule, Eléonore, survécut.

La mort de son père en 1568, "le meilleur des pères qui furent oncques", le laisse à la tête d'une grosse fortune et du domaine de Montaigne. Il s'y retire deux ans plus tard, après avoir vendu sa charge de parlementaire, dans le but de "se reposer sur le sein des doctes Vierges dans la paix et la sérénité" et d'y franchir "les jours qui lui restent à vivre". Il consacre alors la plupart de son temps à la méditation et à la lecture des quelque mille ouvrages rassemblés dans sa "librairie", "belle entre les librairies de village", aménagée au dernier étage de cette tour qui devient son repaire. Il s'y retire souvent, fuyant les contraintes familiales et professionnelles: "C'est là mon siège. J'essaie à m'en rendre la domination pure, et à soustraire ce seul coin à la communauté conjugale, et filiale, et civile". S'appropriant la pièce, il fait graver sur les poutres du plafond des maximes du scepticisme antique et des sentences tirées de l'Ecriture Sainte, qui forment encore aujourd'hui un témoignage émouvant de sa pensée humaniste: "Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m'est étranger" (Térence). Il commence également à coucher par écrit le fruit de ses réflexions, ses "Essais" dont il publie le premier recueil en deux tomes en 1580: "Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice: car c'est moi que je peins".

Afin de soigner sa gravelle (calcul rénal), maladie héréditaire, dont il souffre depuis quelques années, Montaigne décide de tenter les cures thermales dans les villes d'eaux réputées à travers l'Europe. Il quitte sa retraite en juin 1580, accompagné de son frère et de trois autres jeunes nobles. Après un passage à Paris où il présente ses "Essais" au roi Henri III, il se rend en Suisse, puis en Allemagne et enfin en Italie. Il y apprend l'italien et obtient la citoyenneté romaine. Il rapporte son périple dans son Journal de voyage, dont le manuscrit, conservé pendant presque 200 ans au château à l'insu de tous, sera publié lors de sa découverte en 1774. Le coffre en cuir clouté dans lequel il a été retrouvé est encore visible dans la chambre de la tour.

Le 7 septembre 1581, une lettre de France l'informe de son élection à la mairie de Bordeaux. Pressé par Henri III, il entreprend le voyage de retour. Bien que réélu à la fin de son mandat en 1583, sa charge ne l'accapare point et il continue la rédaction de ses "Essais": Il publie en 1582 une seconde édition enrichie d'additions. Nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi de France en 1573, Montaigne a servi fidèlement Henri III. Après avoir pris activement part à la guerre civile jusqu'en 1577, le nouveau maire de Bordeaux entretint des relations amicales avec le maréchal de Matignon, lieutenant général du roi de Navarre et par ses qualités de négociation et de diplomatie, tenta de rapprocher Henri III et son beau-frère Henri de Navarre, futur Henri IV. Ce dernier vint même trouver Montaigne chez lui à deux reprises, à la recherche des sages conseils qu'il ne manquait pas de lui donner.Le maître des lieux mettait alors à la disposition du futur roi et de sa suite le gîte et le couvert, et pour leur loisir, les deux hommes se lançaient à la chasse au cerf dans les bois du domaine. A la mort d'Henri III, le Béarnais devenant alors le roi de France légitime, Montaigne lui témoigne son attachement.

Ses charges politiques ne l'empêchent pas d'écrire: à la fin de son second mandat, en 1585, il se remet à la tâche et prépare une nouvelle édition des "Essais" qu'il publie à Paris en 1588, additionnée d'un troisième tome. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance d'une jeune fille originaire de Picardie, Marie Le Jars de Gournay, avec qui il se lie d'amitié, une amitié faite de tendresse et d'admiration qui vient éclairer ses dernières années. En effet, très affaibli par sa gravelle, il reste le plus souvent en sa librairie où il prépare une quatrième édition des Essais qui ne verra le jour qu'après sa mort, en 1595, grâce au travail de celle qu'il appelait sa "fille d'alliance", Marie de Gournay, qui en assura ainsi la postérité. Les deux dernières années de sa vie, c'est de sa chambre aménagée au second niveau de sa tour qu'il écoute les offices célébrés dans la petite chapelle seigneuriale au rez-de-chaussée, grâce à un conduit acoustique aménagé dans le mur, n'ayant plus la force de descendre ses escaliers. Le 13 septembre 1592, sentant ses derniers instants arriver, il fait venir auprès de lui ses plus proches voisins afin de prendre congé d'eux. En leur présence il fait dire une dernière messe et rend le dernier soupir à l'instant même de l'Elévation. Il a 59 ans.

"Que sais-je ?" était sa devise et quand on lui demandait d'où il était, il répondait, suivant l'exemple de Socrate : "je suis du monde", refusant toute étiquette géographique et par la même toute discrimination entre les Hommes. Il n'était pas à cheval sur les principes d'une rigueur étriquée, mais bien plus enclin à la tolérance entre les êtres et au respect de la différence tant sociale que religieuse. Il a posé les premiers fondements de l'Humanisme , ce courant de pensée qui veut que la société soit faite pour servir l'Homme et non l'inverse, cette philosophie qui replace l'humain au centre de la réflexion et qui conduit au respect d'autrui. Défenseur de la nécessité de communiquer, il était pétri d'esprit de justice et d'équité et a toujours prôné le dialogue comme remède à la violence et la réflexion comme préalable à l'action.

 

 

Montaigne son chateau.

 

 

 

183751348_c3d804154fDe la terrasse, le regard se perd à l'horizon. Des forêts, deux ou trois villages clairsemés, des champs, des vignes dessinent un paysage serein aux confins de la Guyenne et de la Dordogne. Rien ou presque n'a changé : pas de pins alors, mais des chênes, des châtaigniers et du blé. Au fond de la vallée serpente la Lidoire, frontière naturelle entre Anglais et Français, Protestants et Catholiques. Le château de Montaigne, fief de l'archevêque de Bordeaux en pays protestant, ancienne maison forte, en surveille les accès de sa position dominante.

Des 600 hectares de bonnes terres acquises par le bisaïeul de l'écrivain, augmentées par son père et entretenues par lui, il reste un bergerac rouge de bonne tenue et un blanc moelleux des Côtes de Montravel qu'apprécia, dit-on, Henri de Navarre quand il fut son hôte, à trois reprises.

La région est alors déchirée par les guerres de religion et la position du château n'est pas sans rappeler le rôle de médiateur de Michel de Montaigne. Non pas indifférent mais tolérant, ce catholique qui fait sonner sa cloche et écoute la messe tous les jours entretient de bons rapports avec ses voisins protestants et joue un rôle de première importance dans le conflit qui partage son temps. Paix et guerre, piété et tolérance, solitude et sociabilité, sédentarité et goût du voyage, faut-il s'étonner si l'une des maximes peintes dans son cabinet affirme : "Toute parole a son contraire", et une autre : "Sans pencher d'aucun côté".

Pour le visiteur qui découvre Saint-Michel de Montaigne, le plus étonnant est sans doute la situation retirée du domaine, son calme. Du vivant de l'écrivain, y règne l'agitation des grandes propriétés agricoles : charrues, chevaux, volailles, valets, servantes vont et viennent dans la grande cour carrée.

La fameuse Tour ronde qu'il s'est attribuée pour ses appartements privés, la seule encore intacte avec un fragment du mur d'enceinte, n'est pas seulement une retraite qui lui permet de se mettre à l'abri des "picoreurs". C'est aussi une position stratégique. Avec six mètres d'épaisseur à la base, quatre mètres puis cinquante centimètres, la dimension des pièces est en relation avec leur usage : la chapelle, couverte de fresques et d'armoiries en grande partie effacées, puis sa chambre et sa garde-robe, et au sommet, sa  "librairie", bibliothèque et cabinet de travail. Les murs de la chambre étaient entièrement décorés de peintures dont les thèmes rendaient hommage à Pierre, le père adoré. Michel aime y coucher "dur et seul, à la royale, un peu bien couvert". Sa femme loge en face, dans la Tour Trachère, dite de Madame. Après tout, remarque l'auteur des "Essais", "nous n'avons pas fait marché, en nous mariant, de nous tenir accoués l'un à l'autre..."

Mais pour le lecteur de Montaigne, c'est bien sûr la librairie qui captive l'émotion. Plus de quatre siècles ont passé. Venez hors saison. La description qu'il en donne, ayez-la en mémoire ou à la main, il n'en est pas de meilleure. Imaginez le millier de livres aux reliures brillantes rangés à plat le long des parois arrondies, la lumière bleutée des "trois vues de libre prospect", l'espace libre du dallage où le pas de Montaigne résonne quand il pense en marchant, levez la tête vers les poutres où il a fait graver ou peindre ses maximes préférées, effacées et recouvertes au gré de ses lectures. "Misérable à mon gré qui n'a chez soi où être à soi, où se faire particulièrement la cour, où se cacher ! L'ambition paie bien ses gens de les tenir toujours en montre, comme la statue d'un marché... ils n'ont pas seulement leur retrait pour retraite".

Passé entre les mains de plusieurs propriétaires, entièrement détruit par un incendie en 1885, reconstruit par Pierre Magne, le château appartient aujourd'hui à l'une de ses descendantes qui l'habite. Les vingt hectares de vignes constituent, avec les entrées, l'essentiel des revenus de cette propriété privée (on peut commander ce vin). Depuis juin 1999, un guide assure en permanence les visites de la Tour. Un nouvel essor est donné par le responsable du site, Monsieur Delpit. Il faut espérer qu'un travail de restauration permettra de remettre en état certaines parties très abîmées de ce patrimoine inestimable, classé depuis 1952.

Une autre expérience, passionnante, est en cours. Un groupe de chercheurs de l'Université de Bordeaux, s'inspirant des travaux sur les temples égyptiens, travaille à la reconstitution virtuelle du château. Toutes les données fournies par les informations iconographiques et écrites devraient permettre de retrouver sa structure originelle grâce au travail conjoint d'un informaticien, d'un archéologue, d'un architecte et d'une historienne, Anne-Marie Cocula. Un CDRom et un livre sont prévus. Gageons que cet  "essai" aurait titillé la curiosité et la réflexion de Montaigne !

Evelyne Bloch-Dano.

 

 

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Les sentences de la librairie de Montaigne.

 

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25 février 2008

Montesquieu - La Brede

 

Biographie de Montesquieu.

 

 

 

montesquieu"Ce n’est pas l’esprit qui fait les opinions, c’est le coeur".

 

Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, connu sous le nom de Montesquieu est né le 18 janvier 1689 à la Brède (Gironde), il est le fils de Jacques de Secondat, baron de Montesquieu (1654-1713) et de Marie-Françoise de Pesnel, baronne de la Brède (1665-1696).

Montesquieu naît dans une famille de magistrats de la bonne noblesse, au château de la Brède dont il porte d'abord le nom et auquel il sera toujours très attaché. Ses parents lui choisissent un mendiant pour parrain afin qu'il se souvienne toute sa vie que les pauvres sont ses frères.

Après une scolarité au collège de Juilly et des études de droit, il devient conseiller du parlement de Bordeaux en 1714. En 1715, il épouse à 26 ans Jeanne de Lartigue, une protestante issue d'une riche famille et de noblesse récente qui lui apporte une dot importante. C'est en 1716, à la mort de son oncle, que Montesquieu hérite d'une vraie fortune, de la charge de président à mortier du Parlement de Bordeaux et de la baronnie de Montesquieu, dont il prend le nom. Délaissant sa charge dès qu'il le peut, il s'intéresse au monde et au plaisir.

A cette époque l'Angleterre s'est constituée en monarchie constitutionnelle à la suite de la Glorieuse révolution (1688-89) et s'est unie à l'Écosse en 1707 pour former la Grande-Bretagne. En 1715, le Roi Soleil Louis XIV s'éteint après un très long règne et lui succèdent des monarques plus faibles. Ces transformations nationales influencent grandement Montesquieu, il s'y référera souvent.

Il se passionne pour les sciences et mène des expériences scientifiques (anatomie, botanique, physique...). Il écrit, à ce sujet, trois communications scientifiques qui donnent la mesure de la diversité de son talent et de sa curiosité : "Les causes de l'écho", "Les glandes rénales" et "La cause de la pesanteur des corps".

Puis il oriente sa curiosité vers la politique et l'analyse de la société à travers la littérature et la philosophie. Dans les "Lettres persanes", qu'il publie anonymement (bien que personne ne s'y trompe) en 1721 à Amsterdam, il dépeint admirablement, sur un ton humoristique et satirique, la société française à travers le regard de visiteurs perses. Cette œuvre connaît un succès considérable : le côté exotique, parfois érotique, la veine satirique mais sur un ton spirituel et amusé sur lesquels joue Montesquieu, plaisent.

En 1726, Montesquieu vend sa charge pour payer ses dettes, tout en préservant prudemment les droits de ses héritiers sur celle-ci. Après son élection à l'Académie Française (1728), il réalise une série de longs voyages à travers l'Europe, lors desquels il se rend en Autriche, en Hongrie, en Italie (1728), en Allemagne (1729), en Hollande et en Angleterre (1730), où il séjourne plus d'un an. Lors de ces voyages, il observe attentivement la géographie, l'économie, la politique et les mœurs des pays qu'il visite. Avant 1735, il avait été initié à la franc-maçonnerie en Angleterre.

De retour au château de la Brède, en 1734, il publie une réflexion historique intitulée "Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence", monument dense, couronnement de ses années de voyages et il accumule de nombreux documents et témoignages pour préparer l'œuvre de sa vie, "De l'esprit des lois". D'abord publié anonymement en 1748 grâce à l'aide de Madame de Tencin, le livre acquiert rapidement une influence majeure alors que Montesquieu est âgé de 59 ans. Ce maître livre, qui rencontre un énorme succès, établit les principes fondamentaux des sciences économiques et sociales et concentre toute la substance de la pensée libérale. Il est cependant critiqué, attaqué et montré du doigt, ce qui conduit son auteur à publier en 1750 la "Défense de l'Esprit des lois". L'Église catholique romaine interdit le livre, de même que de nombreux autres ouvrages de Montesquieu, en 1751 et l'inscrit à l'Index (La partie religion avait été écrite au même titre que les autres). Mais à travers l'Europe, et particulièrement en Grande-Bretagne, "De l'esprit des lois" est couvert d'éloges.

Dès la publication de ce monument, Montesquieu est entouré d'un véritable culte. Il continue de voyager notamment en Hongrie, en Autriche, en Italie où il demeure un an, au Royaume-Uni où il reste 18 mois. Il poursuit sa vie de notable, mais reste affligé par la perte presque totale de la vue. Il trouve cependant le moyen de participer à "l'Encyclopédie", que son statut permettra de faire connaître, et rédige l'article "goût" qu'il n'aura pas le temps de terminer et ce que Voltaire fera.

C'est le 10 février 1755 qu'il meurt à Paris d'une fièvre inflammatoire.

 

 

 

Le château de La Brede sa maison.

 

 

 

La_BredeLe château de La Brède, situé à 20 km au sud de Bordeaux, est un édifice exceptionnel sur le plan historique, architectural et naturel. Ce site qui se visite depuis une cinquantaine d’années, est classé au titre des Monuments historiques depuis 1951.

Le château a été édifié à partir de 1306 sur les ruines d’une construction plus ancienne. Remanié à partir de la Renaissance, il a conservé son caractère de forteresse, atypique par sa forme polygonale qui se reflète dans l’eau des larges douves qui l’entourent. On accédait au château par trois ponts-levis, aujourd’hui remplacés par trois passerelles en bois qui permettent de franchir les douves animées par un ballet de carpes.

Jusqu’au XVIIème siècle le domaine a appartenu successivement aux familles de La Lande, de l’Isle et Pesnel. En 1686, il devient la propriété de la famille de Secondat par le mariage de Marie-Françoise de Pesnel à Jacques de Secondat (père de Montesquieu). La comtesse Jacqueline de Chabannes, descendante de Denise, la plus jeune fille de Montesquieu, réside au château de La Brède jusqu’à son décès en 2004. Sans descendant, elle a souhaité que le domaine reste ouvert au public et a pour cela créé la Fondation Jacqueline de Chabannes, destinée à préserver et faire découvrir ce patrimoine.

C’est dans ce château que naît, le 18 janvier 1689, Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, plus connu sous le nom de Montesquieu. Très attaché au château familial de La Brède, Montesquieu y séjourne régulièrement. Il retrouve, dans ce havre de paix, le bonheur d’une vie simple et un environnement propice à la réflexion et à l’écriture. Montesquieu passe de nombreuses heures dans sa chambre où il rédige une partie de son œuvre "De l’Esprit des lois" et dans sa bibliothèque. Cette salle de 216 m² voûtée en berceau comptait plusieurs milliers d’ouvrages à l’époque de Montesquieu. En 1994, la comtesse Jacqueline de Chabannes a fait une dation, à la bibliothèque municipale de Bordeaux, de l’intégralité des manuscrits et des ouvrages qui étaient encore conservés dans la bibliothèque, afin d’éviter la dispersion de ce fonds de grande valeur.

La visite de ce domaine vous dévoilera son histoire et révélera un patrimoine remarquablement préservé au fil des siècles, par la famille de Montesquieu. La découverte des nombreuses pièces entièrement meublées, l’antichambre, le salon, la chambre des secrétaires et celle de l’épouse de Montesquieu, la chapelle, le salon de la comtesse Jacqueline de Chabannes… et de lieux emblématiques où Montesquieu travaillait, tels que sa chambre conservée dans son état du XVIIIe siècle et sa bibliothèque, vous conduira sur les traces de l’écrivain.

Le château a été édifié au cœur d’un domaine arboré d’environ 150 hectares. Les promenades dans la forêt et les sous-bois sont très agréables et permettent de découvrir la grande variété de la flore : les chênes d’Amérique, les charmes, les robiniers, les châtaigniers… et aussi la faune, car il n’est pas rare de rencontrer quelques chevreuils, faisans et autres animaux.

Un parc, aménagé par Montesquieu, entoure le château, de ses vastes pelouses et ses arbres d’ornements : buis, viorne, forsythia, althéa… Une large allée traverse ce jardin et mène à un corps de ferme du XIXe siècle édifié à l’écart du château, où se trouvaient à l’époque de Montesquieu "une vaste ménagerie en trois corps réunis".

Trois passerelles permettent d’accéder au château et de découvrir la façade est du château, couverte d’un rosier blanc. Au-delà, dans le parc, un cadran solaire, et les formes douces d’une prairie contrastent avec l’aspect "gothique" du château (comme le qualifiait Montesquieu). A l’intérieur du château, le premier étage offre plusieurs points de vue qui permettent d’apprécier ce paysage harmonieux et paisible.

"O rus quando te aspiciam" "Ô campagne quand te reverrai-je", tel était le désir de Montesquieu de retrouver le domaine qui était si cher à son cœur. Montesquieu a fait graver cette citation, d’Horace, au dessus de la première porte qui permet l’accès au château et "Deliciae domini" "Les délices du maître" sur la seconde porte.

Montesquieu, écrivain et philosophe, est aussi un propriétaire terrien. Au décès de son père et de son oncle, il hérite de leurs nombreuses propriétés dont la baronnie de La Brède. Montesquieu se consacre à l’exploitation de ses terres et plus particulièrement de ses propriétés viticoles. Il aime parcourir ses vignes, voir les grappes se former et mûrir, et il demeure très attentif à l’évolution de sa production qui constitue une source importante de revenu.

Très attaché à son domaine, Montesquieu, s’efforçait de le protéger des braconniers qui y chassaient et avait le souci de l’embellir. En s’inspirant des jardins et parcs anglais découverts au cours de ses voyages, Montesquieu décide de modifier le parc qui entoure son château. Dans une de ses lettres, il dit à son ami l’abbé Guasco :

"Ne voudriez-vous pas voir le château de La Brède, que j’ai si fort embelli depuis que vous ne l’avez vu ? C’est le plus beau lieu champêtre que je connaisse".

 

 

 

 

 

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21 février 2008

John Keats - Londres

 

Biographie de John Keats.

 

 

 

keats"La seule façon de renforcer notre intelligence est de n'avoir d'idées arrêtées sur rien,  de laisser l'esprit accueillir toutes les pensées".

 

John Keats, poète britannique né le 31 octobre 1795 à Finsbury Pavement, près de Londres, mort le 24 février 1821 à Rome des suites de la tuberculose, est considéré comme un des meilleurs représentants du romantisme au Royaume-Uni.

Issu d'un milieu modeste, son père meurt alors qu'il a huit ans, laissant sa mère avec quatre enfants à charge. Celle-ci se remarie la même année, mais le mariage ne dure pas. Elle déménage pour Edmonton et, lorsqu'elle contracte la tuberculose, confie ses enfants à leur grand-mère, qui elle-même en laisse la garde à un couple qu'elle paie pour leur éducation.
A l'école, John Keats est déjà un grand lecteur. Pourtant, il commence un apprentissage d'apothicaire en 1811. Sa mère est morte l'année précédente. En 1814, il retourne à Londres et étudie au Guy's Hospital. Cette même année, il écrit son premier poème. Il obtient son diplôme d'apothicaire en 1815 et exerce un temps, avant de se consacrer entièrement à l'écriture. Il rencontre alors très rapidement des artistes renommés de son temps tels que Leigh Hunt, Percy B. Shelley ou bien Benjamin Robert Haydon. Leigh Hunt l'aida d'ailleurs à publier son premier poème, "Lines in Imitation of Spencer", dans un magazine en mai 1816.

En 1817, il fait publier un premier recueil, intitulé "Poems", qui ne parvient pas à toucher le public. Délaissé par son frère George, parti s'installer aux Amériques, il tente d'aider son frère Tom à sortir du piège de l'alcool. Ce dernier finit cependant par mourir en 1818. C'est durant cette période que Keats travaille à sa première grande œuvre, "Endymion", qui parait en 1818. Il s'agit d'un poème narratif étalé sur quatre ouvrages et inspiré par la mythologie grecque : Endymion fut endormi par Séléné (la Lune) indéfiniment pour préserver sa beauté. Il reçoit un accueil critique très négatif.Malgré cela, il est entouré et soutenu par les grands romantiques anglais, avec au premier rang d'entre eux Shelley et Lord Byron.
C'est également durant cette période qu'il ressent les premiers signes de sa maladie.

En 1820, il fait publier "Hyperion" (Hypérion fait partie de la famille des Titans dans la Grèce Antique). La même année paraissent différentes ballades et odes, telles que "Lamia", "Isabella", "Ode To A Nightingale", "Ode On A Grecian Urn", "Ode To Psyche". Ces publications lui apportent enfin la reconnaissance. Trop pauvre pour épouser la femme qu'il aime et sérieusement diminué par la tuberculose, ses poèmes se teintent de tristesse. A la fin de l'été, les médecins lui conseillent d'éviter l'hiver anglais et de partir pour l'Italie. Déclinant l'invitation de Shelley de le rejoindre à Pise, il voyage accompagné de son dernier ami, Joseph Severn. Après avoir séjourné à Naples, il s'installe à Rome, où il rend son dernier soupir. Il fait inscrire comme épitaphe  "Here lies one whose name was writ in water" (Ici repose celui dont le nom était écrit dans l'eau). Il était fiancé à Fanny Brawne, restée au pays.

 

Malgré la brièveté de sa vie et de son oeuvre,John Keats est considéré comme un des plus grands poètes du romantisme anglais, dont l'écriture comme la vie incarnent toutes les dimensions. Il est une grande influence pour les artistes qui lui ont succédé, la génération des préraphaélites, et son univers, entre beauté et mort, constitue la trame de fond des cycles Endymion et Hyperion écrits par Dan Simmons, auteur de science fiction.

 

 

Sa maison à Londres.

 

 

Cette maison est un monument dédié au bonheur, on y trouve une collection importante de manuscrits, de livres annotés, de lettres et d'autres souvenirs de la vie du poète, son lit, sa bague de fiançailles que Fanny continua à porter jusqu'à sa mort. Un lieu pour les Romantiques impénitents.

 

 

 

KeatsHouseLoin des bruits de la ville,  le quartier d'Hampstead Heath est un lieu de prédilection pour la pêche, les maquettes de bateaux, le cerf-volant et l'équitation et, en été, la baignade dans trois des nombreux étangs de la lande. La popularité de Hampstead a commencé au dix-huitième siècle quand les nobles venaient "prendre les eaux" des sources locales. Hampstead est l'un des quartiers historiques de Londres les mieux préservés.

La maison de Hampstead fut construite en 1815. Keats n'y vint que l'année suivante pour rendre visite à Leigh Hunt, poète et journaliste ultra libéral, qui lui présenta ses amis et voisins Dilke et Brown.

A la mi-avril 1817, Keats décidait de les rejoindre avec ses deux frères, George et Tom. Hélas, l'année suivante George émigrait en Amérique et Tom mourait de tuberculose miné par l'alcool, en décembre.

Deux ans plus tard, Dilke prenait pour locataire une jeune veuve, du nom de Brawne, dont la fille aînée, Fanny, était âgée de dix-huit ans. Elles partageaient le jardin de Keats qui, en mai écrivit l'"Ode to a nightingale". Charles Armitage Brown a relaté les circonstances : "Au printemps de 1819, un rossignol avait fait son nid près de ma maison. Son chant donnait à Keats une joie tranquille et continuelle. Un matin il porta sa chaise de la table du petit déjeuner sous un prunier de la pelouse, où il resta assis une heure ou deux. Quand il revint à la maison, je vis qu'il tenait à la main quelques bouts de papier et qu'il les fourrait doucement derrière des livres". C'était "l'Ode au rossignol".

 

Nous n'avons, en France, aucune bonne traduction des Romantiques anglais et Keats est peut être le plus mal traduit d'entre eux, le plus difficile aussi.

 

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20 février 2008

Honoré de Balzac - Rue Raynouard Paris

 

Biographie de Honoré de Balzac.

 

 

 

HBalzac"Le livre vaut-il le glaive, la discussion vaut-elle l'action ?"

 

 

Fils de Bernard François Balssa, administrateur de l'hospice de Tours, et de Anne Charlotte Sallambier, Honoré de Balzac est l'aîné de trois enfants (Laure, Laurence et Henry). Laure est de loin sa préférée. Il y a entre lui et sa sœur Laure Surville une complicité, une affection réciproque qui ne se démentit jamais. Elle lui apportera son soutien à de nombreuses reprises : elle écrit avec lui, et en 1858, elle publie la biographie de son frère.

De 1807 à 1813, Honoré est pensionnaire au collège des oratoriens de Vendôme puis externe au collège de Tours jusqu'en 1814, avant de rejoindre cette même année, la pension Lepitre, située rue de Turenne à Paris, puis en 1815 l'institution de l'abbé Ganser, rue de Thorigny. Les élèves de ces deux institutions du quartier du Marais suivaient en fait les cours du lycée Charlemagne. Le père de Balzac, Bernard François, ayant été nommé directeur des vivres pour la Première division militaire à Paris, la famille s'installe rue du Temple, dans le Marais, qui est le quartier d'origine de la famille (celui de la grand mère Sallambier).

Le 4 novembre 1816, Honoré de Balzac s'inscrit en droit afin d'obtenir le diplôme de bachelier trois ans plus tard, en 1819. En même temps, il prend des leçons particulières et suit les cours à la Sorbonne. Toutefois, son père jugeant qu'il fallait associer le droit pratique à l'enseignement théorique, Honoré passe ses trois ans de droit chez un avoué, ami des Balzac, Jean-Baptiste Guillonnet-Merville, homme cultivé qui avait le goût des lettres. Le jeune homme exercera le métier de clerc de notaire dans cette étude où Jules Janin était déjà saute-ruisseaux. Il utilisera cette expérience pour créer le personnage de Maître Derville et l'ambiance chahuteuse des saute-ruisseau d'une étude d'avoué dans "le Colonel Chabert". Une plaque rue du Temple à Paris témoigne de son passage chez cet avoué, dans un immeuble du quartier du Marais.

C'est en fréquentant la Sorbonne que le jeune Balzac s'éprend aussi de philosophie. Comme il affirme une vocation littéraire, sa famille le loge dans une mansarde et lui laisse deux ans pour écrire : Balzac s'efforce de rédiger une tragédie en vers, dont le résultat, "Cromwell", se révèle décevant. L'ouvrage est médiocre et ses facultés ne s'épanouissent pas dans la tragédie.

Il se tourne vers une autre voie, celle du roman. Après deux tentatives maladroites mais proches de sa vision future, il se conforme au goût de l'époque et publie des romans d'aventure, qu'il rédige en collaboration et caché sous un pseudonyme. Cette besogne n'est guère palpitante mais forge déjà son style. En 1822, il devient l'amant de Laure de Berny, "La Dilecta", qui l'encourage, le conseille, lui prodigue sa tendresse et lui fait apprécier le goût et les mœurs de l'Ancien Régime. Début 1825, toujours méconnu mais désireux de gloire, Balzac s'associe à un libraire et achète une imprimerie : il fréquente ainsi les milieux de l'édition, de la librairie, dont il dressera d'ailleurs une satire féroce et précise dans les "Illusions perdues". Son affaire se révèle un immense échec financier : il croule sous une dette s'élevant à cent mille francs. Rembourser cette somme sera pour lui un souci perpétuel.

Après cette faillite, Balzac revient à l'écriture, pour y connaître enfin le succès : en 1829, il offre au public la "Physiologie du mariage", considérée comme une "étude analytique", et le roman politico-militaire "les Chouans". Ces réussites sont les premières d'une longue série, jalonnée d'œuvres nombreuses et denses : la production de Balzac est l'une des plus prolifiques de la littérature française. Il continue de voyager et de fréquenter les salons, notamment celui de la duchesse d'Abrantès, avec laquelle il avait commencé une orageuse liaison en 1825 et à qui il tenait lieu également de conseiller et de correcteur littéraire. La dédicace de "la Femme abandonnée" s'adresse à elle.

En 1832, intéressé par une carrière politique, il fait connaître ses opinions monarchistes et catholiques et repose sa doctrine sociale sur l'autorité politique et religieuse. En janvier 1833, il commence sa correspondance avec la comtesse Hańska, une admiratrice polonaise. Il ira la voir plusieurs fois, en Suisse, en Saxe et même en Russie. Sa correspondance avec elle s'échelonne sur dix-sept ans, réunie après sa mort sous le titre "Lettres à l'étrangère".

De 1830 à 1835, il publie de nombreux romans : "la Peau de chagrin" (1831), "Louis Lambert" (1832), "Séraphîta" (1835), "la Recherche de l'absolu" (1834, 1839, 1845), qu'il considère comme des romans philosophiques. Dans "le Médecin de campagne" (1833), il expose un système économique et social. "Gobseck" (1830), "la Femme de trente ans" (1831), "le Colonel Chabert" (1832-35), "le Curé de Tours" (1832) inaugurent la catégorie "études de mœurs" de son œuvre. Dans cette même voie, il approfondit encore le réalisme de ses peintures et dessine de puissants portraits de types humains. Avec "Eugénie Grandet" (1833) et "le Père Goriot" (1834-1835), il offre consécutivement deux récits, plus tard élevés au rang de classiques. Il reprend en décembre 1835 la revue la Chronique de Paris, dont la publication est suspendue six mois plus tard : ses dettes sont encore alourdies par ce désastre, mais cela n'a aucune répercussion sur son activité littéraire.

"Le Père Goriot" marque d'ailleurs le retour de protagonistes déjà connus : Balzac va désormais lier entre eux les récits, en employant plusieurs fois les mêmes figures, creusant leur personnalité. Cette récurrence de personnages l'amène à penser la composition d'une œuvre cyclique "faisant concurrence à l'état civil". Il rêve d'un ensemble bien organisé, segmenté en études, qui serait la réplique de sa société. Il veut embrasser du regard toute son époque et l'enfermer dans sa "Comédie humaine". Toutefois, en 1837, le titre qu'il envisage est plus austère : "Études sociales".

Il continue l'élaboration de son récit, taillant les pierres qui formeront son édifice : il publie "le Lys dans la vallée" (1835-1836), "Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau" (1837), "la Maison Nucingen" (1838), "le Curé de village", "Béatrix" (1839), "Ursule Mirouët" (1841).

La rédaction des "Illusions perdues" s'étend de 1837 à 1843.

En 1838, avec notamment Victor Hugo, Alexandre Dumas et George Sand, il fonde la Société des gens de lettres (actuellement sise en l'Hôtel de Massa, rue Saint-Jacques à Paris), association d'auteurs destinée à défendre le droit moral, les intérêts patrimoniaux et juridiques des auteurs de l'écrit. Il en deviendra le président en 1839.

En 1842, "les Études sociales" deviennent "la Comédie humaine". Les publications continuent, à un rythme régulier.

En 1847 et 1848, Balzac séjourne en Ukraine chez la comtesse Hańska. De plus en plus souffrant, Honoré de Balzac épouse Mme Hańska à Berditchev le 14 mai 1850 et les époux s'installent à Paris le 21 mai. Il meurt le 18 août 1850 à 23 heures 30, trois mois plus tard, éreinté par les efforts prodigieux déployés au cours de sa vie. Son œuvre, si abondante et si dense, exigeait un travail vorace. La rumeur voudrait qu'il eût appelé à son chevet d'agonisant Horace Bianchon, le grand médecin de "La Comédie humaine" : il avait ressenti si intensément les histoires qu'il forgeait que la réalité se confondait à la fiction. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 48), où Victor Hugo prononça un discours en forme d'oraison funèbre.

En 1855, Mme de Balzac publie "les Paysans" (écrit en 1844 et inachevé). En 1854, Charles Rabou complète et publie "le Député d'Arcis" (écrit en 1847 et inachevé) et "les Petits bourgeois" (inachevé). En 1877 sont publiées ses œuvres complètes, en 24 volumes.

 

 

 

Sa maison rue Raynouard à Paris.

 

 

 

 

paris_16_011Située au coeur de l'ancien village de Passy, la Maison de Balzac occupe les dépendances d'une "folie" édifiée à la fin du XVIIIè siècle. Poursuivi par ses créanciers, Balzac y trouva refuge le 1er octobre 1840. Il devint locataire d'un appartement de cinq pièces, situé en rez-de-jardin. Caché sous le pseudonyme de "M. de Breugnol", le romancier vécut sept années dans cet "abri provisoire", dont il apprécia la commodité. Longeant en contrebas la pittoresque rue Berton, Balzac pouvait aisément rejoindre la barrière de Passy et gagner le centre de Paris. Il avait également la jouissance du jardin, dont il goûtait le calme, tout en cueillant pour Madame Hanska le lilas et les premières violettes "venues au soleil de Paris dans cette atmosphère de gaz carbonique où les fleurs et les livres poussent comme des champignons".

Mais la maison de Passy fut surtout le lieu d'un travail acharné: "Travailler, c'est me lever tous les soirs à minuit, écrire jusqu'à huit heures, déjeuner en un quart d'heure, travailler jusqu'à cinq heures, dîner, me coucher, et recommencer le lendemain". Le cabinet de travail, heureusement préservé, a conservé la petite table de l'écrivain, "témoin", écrit-il à Madame Hanska, "de mes angoisses, de mes misères, de mes détresses, de mes joies, de tout... Mon bras l'a presque usée à force de s'y promener quand j'écris". C'est sur cette table en effet que Balzac corrigea l'ensemble de sa "Comédie humaine" et écrivit quelques-uns de ses plus grands chefs d'oeuvre: "Une ténébreuse affaire", "La Rabouilleuse", "Splendeurs et misères des courtisanes", "La Cousine Bette", "Le Cousin Pons"...

La Maison de Balzac comprend aujourd'hui, outre l'appartement de l'écrivain, les diverses pièces et dépendances occupées à l'origine par d'autres locataires. Elle s'étend sur trois niveaux, au flanc du coteau de Passy. Devenue un musée littéraire, les salles sont divisées par thèmes relatifs à l’oeuvre ou à la vie de Balzac.

On commence par un vestibule ornementé d’une maquette de la maison. Puis vient la présentation des fréquentations de l’auteur. Car, bien que travaillant dans la solitude, Honoré de Balzac frayait avec les grands de ce monde, comme l’atteste le portrait de Louis-Philippe.

S’ensuit la salle dressée en l’honneur de Madame de Balzac, ex Madame Hanska, que l’écrivain épouse après dix-huit années de correspondance passionnée!

L’aventure commence lorsqu’en mars 1832 une lettre en provenance d’Odessa parvient à H. de Balzac. Elle est signée "L’Etrangère". Eve Hanska, jeune femme de la noblesse polonaise, est pourtant mariée et a déjà une fille. Sa condition de naissance ne l’empêche pas de commettre quelques infidélités romantiques avec l’écrivain français à Neuchâtel, Genève, Saint-Petersbourg, Dresde, et enfin Paris.

Afin de loger Madame dans les conditions qui lui sied  "la cabane de Passy" étant evidemment trop rudimentaire pour sa condition, Honoré de Balzac lui achète un hôtel particulier (mais comment ses supposés créanciers ont-ils pu fermer les yeux?!) rue Fortunée, rebaptisée aujourd’hui rue Balzac (VIIIè arrondissement parisien). Une porte magnifiquement marquetée prouve la finesse de goût de l’auteur, qui a personnellement conçu la décoration intérieure pour combler sa "blanche et grasse volupté d’amour".

Cette pièce expose également la fameuse "canne à ébullition de turquoises", souvent citée dans sa correspondance, à la fois emblème du dandy et marque d’amour pour Madame Hanska, dont le collier de jeune fille orne le bout de la cane, ce qui fit l’objet de nombreuses caricatures de l’époque.

 

Mais la pièce clef de ce musée littéraire reste le cabinet de travail de Balzac, constitué des meubles d’époque. Sombre, éclairé par une seule lampe, dans les conditions mêmes où l’écrivain produisit tant de pages, le cabinet respire un autre siècle. Il diffuse l’esprit de génie et le labeur d’un homme qui travaillait jusqu’à 22 heures par jour. "C’est la copie qui me mène, il en faut 16 ou 20 feuillets par jour, et je les fais, et les corrige" (1846).

C’est ici, loin de l’agitation mondaine parisienne, que Balzac écrit sa "Comédie Humaine" et quelques unes de ses autres grandes oeuvres telles que "Splendeurs et Misères des courtisanes" (1847).

Grâce aux "torrents d’eau noire", maintenue au chaud dans une cafetière en porcelaine marquée aux initiales de l’écrivain, Balzac se surmène intellectuellement. Perfectionniste, il reprend jusqu’à vingt fois une même page. "Me voici ce soir bien triste", écrit-il à Madame Hanska en 1835, "Le vent d’Est souffle, je n’ai aucune force. Je n’ai pas encore retrouvé la puissance de travail; je n’ai ni inspiration, ni rien de fécondateur. Cependant, la nécessité est extrême. Je vais me remettre au café".

Pourtant conscient des effets nocifs de l’excès de cet "excitant moderne", comme le révèle son "Traité" sur le sujet (1839) - illustré au sous-sol par Pierre Alechinsky - Honoré de Balzac meurt prématurément, à l’âge de 51 ans (1850), éreinté par son inspiration créatrice. L’écrivain ressent si profondément les histoires qu’il invente qu’il aurait - selon la petite histoire - fait appeler à son chevet le médecin de la "Comédie Humaine", Horace Bianchon.

Honoré de Balzac affirmait que - contrairement à la position académique qui réduit l’auteur à un réaliste - "la mission de l’art n’est pas de copier la nature mais de l’exprimer". Pour cela, "nous avons à saisir l’esprit, l’âme, la physionomie des choses et des êtres”. (Balzac, Le Chef-d’oeuvre inconnu).

La dernière salle est donc logiquement consacrée aux statues représentant l’écrivain. "Plus que personne, j’aime la statuaire, car je comprends le monde d’idées qui s’enfouit dans les travaux cachés qu’elle exige" (Balzac au sculpteur Etex, 1842).
Génèse d’une tragi-comique histoire. Zola s’indigne qu’aucune statue n’honore le "grand romancier du siècle". La Société des Gens de Lettres réagit en confiant à Henri Chapu une sculpture du défunt. L’artiste meurt inopinément en 1891 laissant derrière lui une simple esquisse. Auguste Rodin est saisi de la commande. Sa conception érotique choque et son projet est refusé (1898). Alexandre Falguière reprend le flambeau; mais il meurt en 1900. L’oeuvre est finalement terminée en 1902 par Paul Dubois.
Le maître mué en pierre peut alors rejoindre ses personnages gravés (sur bois) de la "Comédie Humaine", présentés dans l’une des salles avec une frise généalogique.

Le visiteur pourra voir de célèbres portraits de l'écrivain, exécutés par David d'Angers, D'antan, Rodin ou Falguière. Peintures, estampes, documents évoquent la famine du romancier, ses proches, ses contemporains, et ses domiciles parisiens qui ont aujourd'hui tous disparu. Les collerions du musée comprennent enfin de nombreux documents littéraires: manuscrits, lettres autographes, éditions originales, livres rares provenant de la bibliothèque personnelle de Balzac...

La généalogie des personnages de "La Comédie Humaine" est représentée par un tableau long de 14,50 m où sont référencés 1 000 personnages sur les 4 à 6 000 de "La Comédie humaine". Cette réalisation exceptionnelle permet de mesurer l'immensité de l'oeuvre "plus vaste que la cathédrale de Bourges" édifiée dans cette maison de Passy.

 

"Je tiens à une maison calme, entre cour et jardin, car c’est le nid, la coque, l’enveloppe de ma vie".

"Quand nous avons fait quelques pas dans la vie, nous connaissons la secrète influence exercée par les lieux sur les dispositions de l’âme".

 

"Une fois la porte ouverte, une odeur délicieuse flattait l’odorat de l’homme de goût, - comme cette odeur des pommes vertes dont il est question dans le livre de Salomon. C’était un office où sur des tablettes soigneusement dressées on admirait toutes les variétés possibles de poires de Saint-Germain qu’il est possible de se procurer. Balzac, avec son sourire rabelaisien, drapé de sa robe de chambre en cachemire, vous recevait ensuite, et vous arrêtait quelque temps à une appréciation savante des diverses qualités de ses poires".(Gérard de Nerval, Oeuvres complètes).

Une demeure ancienne, décidément hors du temps, où réalité et fiction se confondent.

 

 

 

 

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19 février 2008

Stendhal - Grenoble

 

Biographie de Stendhal.

 

 

 

463px_Stendhal"Puisque la mort est inévitable, oublions-là".

 

Stendhal, de son vrai nom, Henri Beyle est né à Grenoble le 23 Janvier1783 dans une famille honorable de la cité. Son père, Chérubin Beyle, est avocat au Parlement et son grand père maternel, Henri Gagnon est un médecin très estimé. A sept ans, Henri Beyle, perd sa mère. Enfant très sensible, il se révolte alors contre son père, contre sa tante et contre son précepteur, l’Abbé Raillane et participe passionnément aux évènements de la Révolution dont Grenoble fut le berceau. Il trouve refuge chez son grand père maternel, le bon Docteur Gagnon, qui saura lui parler et lui donner une bonne éducation. Henri Beyle acquiert à l’Ecole Centrale de Grenoble une solide instruction et en 1799, il part à Paris, pensant un moment se présenter à l’Ecole Polytechnique. Mais finalement avec l’aide de son cousin, le Comte Pierre Daru, Secrétaire Général à la guerre, il commence en 1800 une carrière militaire et rejoint l’Armée d’Italie.

L’Italie le charme et notamment Milan qui l’enchante immédiatement et restera pour lui "la beauté parfaite" mais l’armée l’ennuie et il démissionne en 1802, pensant entamer une carrière d’auteur dramatique. En 1806, toujours grâce à son cousin Daru, le futur Stendhal reprend du service dans l’intendance et exerce ses fonctions en Allemagne, en Autriche, devient Conseiller d’Etat, mène une vie de dandy , participe aux campagnes de Russie et de Saxe et tombe avec Napoléon en Avril 1814, retrouvant ainsi sa liberté. Stendhal s’installe alors à Milan où il demeurera sept ans et compose en 1814 son premier livre sous le titre "Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase", sous le pseudonyme de Louis César Alexandre Bombet.

Il voyage en Italie et fréquente assidûment la Scala qui, à l’époque est le temple de la musique mais aussi le lieu de réunion de l’intelligentsia milanaise, les loges servant de salons. Il publie en 1817 deux livres "l’Histoire de la peinture en Italie" et sous le pseudonyme de Stendhal "Rome, Naples et Florence". Mais en 1821 après une déception amoureuse causée par Matilde Viscontini-Dembowski et devenu suspect à la Police autrichienne, il doit quitter Milan et regagner Paris, ce qu’il fait en juin 1822.

L’héritage de son père ayant disparu, Stendhal est ruiné et doit parvenir à vivre de sa plume. Il fréquente alors les salons célèbres et connaît une vie amoureuse intense et agitée. Il publie "De l’Amour" en 1822, sorte de journal de sa passion pour Matilde, "La vie de Rossini" en 1823, "Racine et Shakespeare" en 1823-1825, il tient une chronique musicale et picturale dans le Journal de Paris. A 43 ans, Stendhal devient romancier et publie un roman d’analyse "Armance" (1827), "Promenades dans Rome" en 1829, puis revenant au roman d’analyse, il donne à la fin de 1830, son premier chef d’œuvre, "Le Rouge et le Noir".

La Révolution de Juillet fait de lui un Consul de France en Italie, d’abord nommé à Trieste l’autrichienne qui le refuse, il est ensuite nommé en 1831 à Civitavecchia où il trouve un climat plus serein mais éprouve également un profond ennui, malgré la proximité de Rome. Il entreprend durant cette période de grands livres inachevés "Une position sociale" (1832), "Souvenirs d’égotisme", "Lucien Leuwen" (1834-35), "Vie de Henry Brulard" (1835-36). Il obtient un congé de trois ans en France et retrouve le milieu parisien qui le stimule, "Chroniques italiennes", "Mémoires d’un touriste" (1838), il conçoit en 1838 "La Chartreuse de Parme" qui paraîtra le 6 Avril 1839, "L’abbesse de Castro" (1839). En 1839, il est obligé de rejoindre son poste et va reprendre ses œuvres dont "Lamiel".

Sa santé se détériore, le 15 Mars 1841, il est victime d’une première attaque d’apoplexie à la suite de laquelle il est autorisé à retourner à Paris pour se faire soigner. Le 22 Mars 1842, à dix neuf heures, sur le trottoir de la Rue neuve des Capucines, Stendhal a une seconde attaque et meurt dans la nuit. Son cousin et exécuteur testamentaire, Romain Colomb le fait inhumer au cimetière Montmartre.

Le génie de Stendhal ne sera reconnu que beaucoup plus tard, comme il l’avait lui même prévu : "Je mets un billet à la loterie dont le gros lot se réduit à ceci: être lu en 1935". Stendhal, qui s’affirmait milanais, est encore lu et très apprécié au XXI ème siècle.

 

 

 

Sa maison à Grenoble.

 

 

 

dessin_place_grenette_grenobleL’écrivain aux deux cents pseudonymes naît à Grenoble sous le nom de Henri Beyle, au second étage d'une maison située rue des Vieux Jésuites, aujourd'hui rue Jean-Jacques Rousseau, au Nº 14, le 23 janvier 1783.

Fin 1790 décède une mère qu’il adore. Cette mort désespère le père et dresse contre lui son fils, qui lui préfère de loin son grand-père, le docteur Gagnon. Entre 7 et 17 ans, Henri passe ainsi le plus clair de son temps dans la maison du 20 grande rue et sur sa terrasse, poste d’observation imprenable sur les rues et les cafés de la ville… et sur la bourgeoisie locale, dont il raillera la mesquinerie dans ses romans.
De cette terrasse, il assiste à l’émeute de la Journée des tuiles en juin 1788.
Là, il se retire plus tard pour dévorer des livres.

Si bien que presque tous les souvenirs d'enfance de Stendhal, évoqués dans "La Vie d'Henry Brulard", se rapportent à l'appartement du docteur Gagnon. C'est là où il s'est formé, au sein d'une famille qui eut le tort de l'entourer de soins trop jaloux et trop protecteurs.

Cet appartement a l'extraordinaire avantage d'avoir été décrit dans ses moindres détails par Stendhal, qui, en plus a dessiné des dizaines de croquis, si bien que l'on connaît la disposition et l'utilisation des pièces, la couleur de leurs murs, les meubles qu'elles contenaient ainsi que la plupart des bibelots et oeuvres d'art.

Actuellement, la maison Gagnon est fermée pour travaux de réhabilitation.

 

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15 février 2008

Marcel Proust - Illiers Combray

 

Biographie de Marcel Proust.

 

 

 

proust"Nous ne savons jamais si nous ne sommes pas en train de manquer notre vie".

 

 

Marcel Proust naquit le 10 juillet 1871 à Paris (Auteuil) dans une famille de bonne bourgeoisie. Son père était un médecin réputé, sa mère était issue d'une famille juive, riche et cultivée. Dès l'enfance, Proust souffrit de crises d'asthme chronique.  

Après des études au lycée Condorcet, il devance l’appel sous les drapeaux. Rendu à la vie civile, il suit à l’École libre des sciences politiques les cours d’Albert Sorel et de Anatole Leroy-Beaulieu, à la Sorbonne ceux de Henri Bergson dont l’influence sur son œuvre sera majeure.

Il commença tôt à fréquenter des salons comme celui de Mme Arman, amie d'Anatole France. Sous le patronage de ce dernier, Proust fit paraître en 1896 son premier livre "Les Plaisirs et les Jours", un recueil de nouvelles, d'essais et de poèmes. Il eut peu de succès. 
Parallèlement à des articles relatant la vie mondaine publiés dans les grands journaux (dont Le Figaro), il écrit "Jean Santeuil", un grand roman laissé inachevé et qui restera inédit (fut publié en 1952.
Après la mort de ses parents, sa santé déjà fragile se détériore davantage (asthme). Il vit reclus et s’épuise au travail.
Après ce second échec, Proust consacra plusieurs années à traduire et commenter l'historien d'art anglais, John Ruskin. Il publia plusieurs articles sur celui-ci et deux traductions: "La Bible d'Amiens" en 1904, "Sésame et les Lys" en 1906. Les deux préfaces à ces ouvrages sont importantes pour la formation du style et de l'esthétique de Proust. "Sur la lecture", préface de Sésame, contient des thèmes que l'on retrouvera dans "Du Côté de chez Swann". 

Au début de l'année 1908, Proust écrivit pour le Figaro une série de pastiches imitant le style de Balzac, Michelet, Flaubert, Sainte-Beuve et autres prosateurs du XIXe siècle. 
En même temps il se mit à travailler à un roman, tout en projetant d'écrire plusieurs essais de critique littéraire, artistique et sociologique. L'un de ces essais devait être consacré à Sainte-Beuve. Peu à peu tous ces projets se fondirent en un seul. Durant l'été 1909, l'essai "Contre Sainte-Beuve" est devenu un roman, que Proust ne cessa d'écrire qu'à sa mort. En mai 1913, il adopta pour titre général: "À la recherche du temps perdu".
La première partie du roman, "Du côté de chez Swann", fut publiée en novembre 1913.
Le premier volume a été édité à compte d’auteur chez Grasset même si très rapidement les éditions Gallimard reviennent sur leur refus et acceptent le deuxième volume "À l’ombre des jeunes filles en fleurs" pour lequel il reçoit en 1919 le prix Goncourt.
Durant les trois dernières années de sa vie, Proust ne cessa pas de travailler à son roman. Il vit encore paraître trois volumes: "Le côté de Guermantes I" (octobre 1920), "Le côté de Guermantes II - Sodome et Gomorrhe I" (mai 1921), "Sodome et Gomorrhe II" (avril 1922). 

Son homosexualité inavouable dans la société de l'époque est latente dans son œuvre. Il travaille sans relâche à l’écriture des six livres suivants de À la recherche du temps perdu jusqu'en 1922. 

Le 18 novembre 1922, Proust meurt à Paris, épuisé, emporté par une bronchite mal soignée.
Marcel Proust est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

La suite de son oeuvre, que Proust avait achevée mais qu'il n'avait pu complètement réviser, fut publiée par son frère, Robert Proust, aidé par Jacques Rivière puis Jean Paulhan, directeurs de la Nouvelle Revue Française. En 1923 parut "La Prisonnière", en 1925, "Albertine disparue", en 1927, "Le Temps retrouvé". 
L'oeuvre de Proust fut de son vivant l'objet de vives controverses entre ceux qui la devinaient géniale et ceux qui la proclamaient illisible. Aujourd'hui elle est reconnue comme une oeuvre majeure de la littérature de langue française. 

 

 

 

Illiers Combray sa maison.

 

 

 

illiers_combrayLe pays d'Illiers-Combray (à quelques kilomètres de Chartres) est déjà une région magnifique en elle-même. Si l'on ajoute à cela que c'est précisément cette région qui a servi de modèle à l'écrivain Marcel Proust pour raconter les souvenirs de son narrateur, alors il devient magique de s'y promener en tentant de rapprocher tel lieu, telle maison de ses lectures.

A Illiers-Combray, on peut visiter la "maison de Tante Léonie" qui maintenant est le musée Marcel Proust. Cette maison a pris ce nom en souvenir du personnage de Léonie dans "La Recherche du Temps perdu" mais en réalité il s'agissait de la maison de Jules et Elisabeth Amiot (oncle et tante paternels de Marcel) dans laquelle il a passé ses étés entre 6 et 9 ans, il dut y renoncer à cause de ses crises d'asthme.

Cette maison a été remise dans un état semblable à celui dans lequel elle était quand le petit Marcel y venait, avec son jardin fleuri, sa pittoresque cuisine, son salon oriental, les chambres de Marcel (où son vrai lit à été remis) et de Tante Léonie, les chambres Weil ainsi que le musée et la salle Nadar, tous les souvenirs sont liés à l'écrivain.

Dans le roman, c'est là que Tante Léonie offre rituellement au héros, la Petite Madeleine, qui bien des années après, fait renaître tout Combray :

 

 

 

"II y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. II m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m'apporte un peu moins que la seconde. II est temps que je m'arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n'est pas en lui, mais en moi. [...] Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C'est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l'esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. II est en face de quelque chose qui n'est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière. Et je recommence à me demander quel pouvait être cet état inconnu, qui n'apportait aucune preuve logique, mais l'évidence, de sa félicité, de sa réalité devant laquelle les autres s'évanouissaient. Je veux essayer de le faire réapparaître. Je rétrograde par la pensée au moment où je pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans une clarté nouvelle. Je demande à mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s'enfuit. Et, pour que rien ne brise l'élan dont il va tâcher de la ressaisir, j'écarte tout obstacle, toute idée étrangère, j'abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine. Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans réussir, je le force au contraire à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se refaire avant une tentative suprême. Puis une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s'élever, quelque chose qu'on aurait désancré, à une grande profondeur ; je ne sais ce que c'est, mais cela monte lentement ; j'éprouve la résistance et j'entends la rumeur des distances traversées. Certes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit être l'image, le souvenir visuel, qui, lié à cette saveur, tente de la suivre jusqu'à moi. Mais il se débat trop loin, trop confusément ; à peine si je perçois le reflet neutre où se confond l'insaisissable tourbillon des couleurs remuées ; mais je ne peux distinguer la forme, lui demander, comme au seul interprète possible, de me traduire le témoignage de sa contemporaine, de son inséparable compagne, la saveur, lui demander de m'apprendre de quelle circonstance particulière, de quelle époque du passé il s'agit. Arrivera-t-il jusqu'à la surface de ma claire conscience, ce souvenir, l'instant ancien que l'attraction d'un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s'il remontera jamais de sa nuit ? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m'a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d'aujourd'hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir".

 

 

En dehors du bourg, il ne faut pas manquer de se promener dans le Pré Catelan. C'est un jardin que l'oncle de Marcel Proust a créé par passion de l'Orient (il a aussi été l'un des premiers à se faire construire un hammam en France, dans le jardin de sa maison).

 

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