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Maisons d'écrivains
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27 août 2008

Auguste Comte - Paris

Biographie d'Auguste Comte.

 

Auguste_Comte"Tout est relatif, et cela seul est absolu".

Auguste Comte naît le 19 janvier 1798, à Montpellier, dans une famille monarchiste et catholique. Son père, fondé de pouvoir à la recette municipale, consciencieux et terne, n’aura guère d’influence. D’un frère, tôt expatrié et disparu, d’une sœur insignifiante, il ne dira presque rien, en revanche, il vénère sa mère, Rosalie Boyer.

Comte effectue d’excellentes études. Dès l’âge de seize ans, il est admis, premier sur la liste du Midi, à l’École polytechnique. C’est durant sa scolarité secondaire que l’étudiant perd la foi, jugée incompatible avec la science qu’il découvre. Auguste Comte s’éloigne en même temps des idées royalistes sans pour autant se rallier à Napoléon. Il se rapproche même à l’époque des idées révolutionnaires. En avril 1816, l’École polytechnique est fermée pour cause de jacobinisme. Comte rentre alors à Montpellier où il suit quelques cours de la faculté de médecine. Il retourne à Paris où il devient répétiteur de mathématiques.

En août 1817, Auguste Comte devient le secrétaire de Saint-Simon et collabore bientôt à la revue L’Industrie. De nombreux opuscules sont également rédigés par les deux hommes. La pensée de Comte s’élabore à cette époque. Considérant le désordre de la société industrielle qui s’édifie, l’égarement des esprits, la misère du prolétariat, Comte envisage une réforme. À la société théologique et militaire doit succéder une société scientifique et industrielle. À la foi doit se substituer la science, aux prêtres les savants, aux hommes de guerre les entrepreneurs. L’entente de Comte avec Saint-Simon est courte : un conflit d’auteurs les brouille à l’automne 1824.

C’est alors qu’Auguste Comte épouse Caroline Massin en 1825, une soi-disant blanchisseuse, en réalité une prostituée. Caroline Massin fugue. Comte en est très affecté. Il est probable que cet épisode soit la raison de sa crise mentale et de sa tentative de suicide qui interrompent son "Cours de philosophie positive". Il pardonne encore une seconde incartade mais, ne pardonne pas la troisième. Le couple se sépare en 1842.

Après son mariage, à partir du mois de novembre 1829, Auguste Comte s’efforce de gagner sa vie en ouvrant un cours libre de philosophie, rue Saint-Jacques. En 1831, il demande, en vain, la chaire d’analyse à l’École polytechnique. L’année suivante, cependant, l’institution l’accueille en tant que répétiteur d’analyse et de mécanique avant qu’il ne devienne, en 1836, examinateur à l’entrée de l’école. Quelques années plus tôt, en 1833, François Guizot a refusé la création en sa faveur d’une chaire d’histoire des sciences au Collège de France. On invoque contre lui ses "opinions républicaines", pourtant à tel point marginales qu’il ne se reconnaît pas dans le parti républicain. En 1844, Auguste Comte perd son poste d’examinateur et demeure sans ressources.

C’est pourtant durant cette période agitée et malheureuse que s’exerce son activité créatrice. De 1826 à 1844 en effet, il professe le "Cours de philosophie positive"  devant un auditoire variable, mais toujours brillant, composé entre autres, d’Alexander de Humboldt, de Lazare Hippolyte Carnot, Henri de Blainville, Louis Poinsot, Émile Littré, John Stuart Mill… L’admiration qui entoure l’orateur contraste avec l’hostilité officielle.

En octobre 1844, Auguste Comte fait la rencontre d’une femme de lettres, Clotilde de Vaux. Celle-ci est la sœur d’un de ses élèves et vit séparée de son mari. Phtisique, elle attend peu de l’avenir. Clotilde est âgée d’une quinzaine d’années de moins que le philosophe qui en tombe éperdument amoureux. Elle ne lui accorde qu’une liaison platonique. Les visites d’Auguste Comte sont pourtant mal reçues par la famille, qui les juge compromettantes. C’est néanmoins sous les yeux du philosophe qu’elle meurt, le 5 avril 1846 Après sa mort, la passion de Comte se transforme en véritable culte religieux. Clotilde de Vaux devient le principal des trois anges gardiens de la religion positiviste, la sainte majeure, une déesse mère. Le second ange est la mère de Comte tandis que le troisième est Sophie, sa servante, que Comte adopta. Ainsi mère, épouse et fille sont transposées sur le plan spirituel.

Pendant cette période, Auguste Comte publie un "Traité élémentaire de géométrie analytique" , un "Discours sur l’esprit positif ", préambule au "Traité philosophique d’astronomie populaire"  (1843), reprenant un cours gratuit professé à la mairie du IIIème arrondissement depuis 1831 et qui durera jusqu’en 1848. Enfin, de 1844 à 1847, paraissent les quatre tomes du "Cours de philosophie positive". Ces ouvrages précisent ainsi sa pensée. Pour Auguste Comte, la science se révèle comme le seul type de croyance efficace. En conséquence, elle est le fondement de la réforme sociale. Cependant toute vérité doit être prouvée. Et si seul un petit nombre d’hommes est susceptible de comprendre les démonstrations scientifiques, cela est sans importance car la science fournira même aux ignorants une foi suffisante pour établir un nouvel ordre social.

Depuis 1845, Comte survit grâce à l’argent que lui versent ses disciples. Cette gêne financière ne ralentit pourtant pas son activité. En 1847, il annonce la fondation de la religion de l’humanité. Avec la science, les croyances théologiques se trouvent désormais privées de sens. Cependant les hommes ont besoin d’un objet d’amour plus haut qu’eux-mêmes, ils ont besoin du pouvoir spirituel, bref, il leur faut une religion Pour Comte, la solution est d’adorer l’humanité elle-même. A Dieu, Comte substitue ainsi l’humanité Les grands hommes reçoivent l’immortalité subjective qui se substitue à l’immortalité de l’âme ou à la résurrection, impossibles à croire. Ils sont honorés après leur mort et, éventuellement, célébrés dans le culte. Auguste Comte annonce la paix et l’harmonie parfaites pour le XXème siècle.

En 1848, il fonde la Société positiviste et publie le "Discours sur l’ensemble du positivisme". Comte enseigne sa doctrine sociale qui suscite de nombreuses réticences. Selon lui, le pouvoir doit régler la vie intérieure des hommes pour les amener à vivre en commun. Dans la société positive, celui-ci devra à la fois justifier la société industrielle et ramener les puissants aux sentiments d’égalité et de solidarité.

Comte publie alors énormément : les quatre tomes du "Système de politique positive, ou Traité de sociologie instituant la religion de l’humanité"  paraissent de 1851 à 1854, le "Catéchisme positiviste, ou Sommaire Exposition de la religion universelle" en 1852, "l’Appel aux conservateurs" en 1855, le premier volume de "Synthèse subjective, ou Système universel des conceptions propres à l’état normal de l’humanité", en 1856. Cette dernière œuvre restera d’ailleurs inachevée.

Auguste Comte croit au succès de sa mission. Peu amical à l’égard de la Seconde République, très hostile à la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence, il se rallie pourtant, au mois de décembre 1851, au coup d’État. Comte y voit sans doute un espoir de rationalisation de la société. En 1856, il propose une alliance au général des jésuites. Comte est persuadé de prêcher la religion positive à Notre-Dame en 1860 ! Le 5 septembre 1857, Comte meurt d’un cancer gastrique alors que sa religion ne rencontre finalement qu’un succès restreint et inégal.

 

 

Paris sa demeure.

 

 

rue_monsieur_le_princeDe 1841 jusqu'à sa mort, Auguste Comte vécut au deuxième étage du 10 rue Monsieur le Prince dans le 6ème arrondissement de Paris. C’est là qu’il recevait Clotilde de Vaux.

L’appartement a été restauré et reconstitué tel qu’il était à la mort d’Auguste Comte. Il se compose de cinq pièces (salle à manger, salon, cabinet de travail, salle de cours, chambre) et d’un vestibule. Ses affaires personnelles et quelques lettres manuscrites sont exposées dans les vitrines à l’entrée. Ce travail de restauration a été fait, dans les années 1960, par Paulo Carneiro, ambassadeur brésilien à l’Unesco.

La salle à manger, le salon et le cabinet de travail sont trois pièces en enfilade, parquetées, éclairées par la rue par deux grandes croisées à espagnolette, avec des volets intérieurs. Une cheminée en marbre noir et marbre Sainte Anne, surmontée d'une grande glace avec des bordures dorées se trouve dans chaque pièce.

Dans le salon, un portrait de Clotilde, fait par le peintre et sculpteur Etex, a été suspendu juste au-dessus du fauteuil en bois d'acajou sur lequel elle s'asseyait lors de sa visite hebdomadaire. L'étoffe de soie cerise qui recouvre le siège est usée contrairement au reste du meublé (canapé, chaises, fauteuils, tabourets de pieds). Disciples et successeurs n'ont pas voulu toucher à cet objet devenu sacré C'est en souvenir de Clotilde de Vaux, morte 16 mois après leur rencontre, qu'Auguste Comte conçoit et met en place une religion dont le culte est l'Humanité elle-même. Dans ce salon, du temps d'Auguste Comte et de Pierre Laffitte, eurent lieu les sacrements de la religion de l'humanité : baptême, mariage, initiation, présentation….

C'est sur ce bureau en bois, recouvert de basane, que Comte conçut son deuxième grand ouvrage "Le Traité de sociologie instituant la religion de l'Humanité" ou "Système de politique positive", en quatre volumes. Auguste Comte écrivait devant une glace et se disait "inspiré par ses trois anges" : Rosalie Boyer (sa mère), Clotilde de Vaux (son amie) et Sophie Bliaux (sa bonne).

La Révolution de 1848 et la fin de la monarchie ont exercé sur la pensée politique de Comte une action stimulante d'une grande puissance. Ce moment historique lui paraît opportun pour l'action politique et sociale. Il fonde alors l'Association libre pour l'instruction positive du peuple dans tout l'occident européen. Cette association prendra le nom de Société positiviste en 1848 et sera destinée à l'enseignement des classes populaires. C'est dans cette pièce qu'Auguste Comte recevait les membres de cette Société.

 

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22 août 2008

Jane Austen - Chawton

Biographie de Jane Austen.

 

Jane_Austen"Pourquoi ne pas profiter immédiatement des plaisirs ? Combien d’instants de bonheur ont été gâchés par trop de préparation" ?

 

Née en 1775, dans le village de Steventon, dans le Hampshire, Jane Austen est l'avant-dernière et deuxième fille d'une fratrie de huit enfants. Son père, George Austen, est pasteur, sa mère, Cassandra Austen née Leigh, compte parmi ses ancêtres sir Thomas Leigh qui fut lord-maire au temps de la reine Elisabeth. Les revenus de la famille Austen sont modestes mais confortables, leur maison de deux étages et un grenier, le Rectory, est entourée d'arbres, d'herbes ainsi que d'une grange.

De la jeune Jane Austen on sait que comme la plupart des héroïnes de ses romans, elle pouvait parfois préférer battre la campagne ou se rouler dans l'herbe du haut d'une pente ; en compagnie de son frère Henry (d'un an son aîné) ou de sa sœur Cassandra elle vivait là des activités moins convenables pour une fillette de l'époque que de coudre, jouer du piano, ou chanter.

L'éducation de Jane ne diffère pas de celle donnée à toute jeune fille de Grande-Bretagne du XVIIIe siècle, elle consiste en occupations artistiques et ménagères, indispensables pour la préparer à son avenir, le mariage. De fait, elle apprend le français et l'italien, le chant (sans enthousiasme), le dessin, la couture et la broderie, le piano et la danse. Evidemment, de toutes ces activités, sa préférée est de loin la lecture. Les petits Austen avaient également pour passion le théâtre, la grange, l'été, leur servait de scène.

En 1782, Cassandra et Jane (qui dès lors ne se quittèrent plus de leur vie) furent envoyées à l'école, d'abord à Oxford, puis à Southampton, enfin à l'Abbey School de Reading. Les études leur laissaient beaucoup de temps libre, puisque les fillettes n'avaient qu'une ou deux heures de travail chaque matin. De retour au Rectory, les deux sœurs complétèrent leur éducation grâce aux conversations familiales et à la bibliothèque paternelle qui était remarquablement fournie et à laquelle elles semblent avoir eu un accès sans restrictions.

La famille Austen est friande de romans, qui paraissent à cette époque par centaines. De plus, tout le monde a pour loisir l'écriture : M. Austen rédige ses sermons, sa femme, des vers, les frères, tous anciens étudiants d'Oxford, des essais pour les journaux étudiants de l'université, tous touchent au théâtre. Jane Austen commence très tôt à écrire, encouragée par l'exemple familial. Elle s'oriente vers le récit, s'inspirant des romans sentimentaux qui constituent le fonds des bibliothèques. Les œuvres de jeunesse qui ont été conservées, copiées à la main en trois cahiers intitulés Volume I,II et III, ont été écrites sans doute entre la douzième et la dix-septième année de l'auteur.

En 1795, Jane Austen commence un roman intitulé "Elinor et Marianne", première version de ce qui allait être "Raison et sentiments". Dans la foulée, elle écrit "First Impressions", qui deviendra "Orgueil et préjugés". Enfin en 1798, elle écrit "Northanger Abbey", sous le premier titre de "Susan". Ces trois romans majeurs sont écrits entre vingt et vingt-cinq ans. Son père tente de faire publier "First Impressions", sans succès. Les œuvres de Jane Austen ne sortent pas du cercle familial pour le moment.

En 1800, M. Austen décide de quitter le Hampshire pour se retirer à Bath avec sa famille. Jane, à qui la vie à la campagne plaisait tant, n'aima pas être confinée dans cette ville. Elle écrit peu à cette période de sa vie, elle entreprend en 1805 un roman qu'elle abandonne en cours de route, "The Watsons", mais malgré cela, Bath joue un rôle important dans son œuvre. Deux de ses romans se déroulent en grande partie à Bath, "Northanger Abbey" et "Persuasion", la ville, autant que les habitudes de ses habitants et résidents de passage (Bath est célèbre pour ses thermes), y sont dépeints avec précision.

Le 21 janvier 1805, la mort de M. Austen met les femmes de la famille dans une situation peu confortable. Comme souvent au XIXe siècle au Royaume-Uni, elles devront dépendre de la générosité des frères Austen. Et il faut pour Cassandra et Jane abandonner tout espoir de mariage, et connaître le destin fréquent de bien des femmes de l'époque : être vieilles filles. Dear Aunt Jane s'occupe ainsi de ses nombreux neveux et nièces, les distrayant et les éduquant à l'occasion.

En 1808, les trois femmes quittent Bath et s'installent, après des passages à Southampton et à Clifton, dans le village de Chawton, entre Salisbury et Winchester. C'est là que l'œuvre de Jane Austen telle qu’elle est connue a été écrite.

En 1809, Jane Austen parvient à racheter le manuscrit de "Susan", autrefois vendu à l'éditeur Crosby. Puis deux ans plus tard, "Raison et sentiments" est accepté par l’éditeur londonien Thomas Egerton. La première édition, d’un peu moins de mille exemplaires, est écoulée en vingt mois, et Jane peut compter sur de nouveaux revenus, inespérés pour quelqu’un habitué à vivre très modestement. Comme il est d’usage pour les auteurs féminins, l’ouvrage paraît anonymement. Coup sur coup, Jane se met à la révision d’"Orgueil et préjugés" et à l’écriture de "Mansfield Park". "Orgueil et préjugés" eut à sa sortie un succès encore plus grand.

"Emma" est le deuxième ouvrage écrit à Chawton, et sera tiré en première édition à 2000 exemplaires. Désormais, l'auteur peut se permettre une plus grande indépendance financière alors même que les affaires de son frère Henry périclitent. "Emma" reçut encore une fois un excellent accueil et valut à Jane Austen un admirateur de premier rang en la personne de sir Walter Scott. De plus, le prince régent, à qui "Emma" était dédicacé, lui fit demander si elle accepterait d'écrire un roman historique sur la maison de Coburg, affiliée à la fille du prince régent, l'auteur déclina l'offre.

Le 8 août 1815, Jane commence l'écriture de "Persuasion", qu'elle ne verra pas publié de son vivant. En effet, avant l'achèvement de son dernier roman, elle contracte la maladie d'Addison, une dégradation chronique des glandes surrénales, encore non identifiée à cette époque (il faudra attendre 1855) et souvent causée par la tuberculose. En 1817, pour se rapprocher de son médecin, le docteur Lyford, elle s'installe à Winchester dans une rue proche de la cathédrale. C'est là qu'elle meurt, le 18 juillet 1817, à l'âge de 41 ans, laissant un roman inachevé, "Sanditon".


Elle est enterrée dans la cathédrale de Winchester.

On sait relativement peu de choses d'elle, surtout tout ce qui est extérieur à sa carrière de romancière. On n'a que deux portraits d'elle, tous deux dessinés par sa sœur Cassandra, et un des deux est une vue de dos. Comme seule description d'elle, on a une phrase d'un ami de la famille la décrivant comme "belle, petite et assez élégante".

Les deux sœurs sont restées toute leur vie durant extrêmement proches, ceci renforcé par le fait que ni l'une ni l'autre ne s'est mariée. C'est par leur correspondance que l'on trouve la plus grande source d'informations sur Jane Austen, mais ces lettres ne nous renseignent que sur les périodes où les sœurs étaient séparées, ce qui était assez rare. De plus, au désespoir des admirateurs de l'auteur, Cassandra, qui lui survécut, détruisit une partie de cette correspondance, voulant éviter d'exposer l'intimité de sa sœur dont la célébrité allait grandissant. Ainsi beaucoup de mystère subsiste quant à la vie sentimentale de celle qui s'amusait tant à décrire les émois naissants d'une Elisabeth Bennet "Orgueil et préjugés" ou d'une Marianne Dashwood "Raison et sentiments" dans la campagne britannique pré-victorienne. On sait qu'elle accepta une proposition de mariage d'un riche propriétaire du nom de Harris Bigg-Wither, frère d'un de ses amis. Mais elle annonça le lendemain matin qu'elle avait changé d'avis, et partit avec Cassandra rejoindre un de leurs frères à Steventon sans donner plus d'explications.

Jane Austen fait partie de la petite noblesse provinciale du Royaume-Uni du début du XIXe siècle. C'est le cadre qu'elle donne à ses romans. Loin des passions frénétiques des œuvres des Brontë, son œuvre dépeint les relations entre jeunes miss et prétendants, analyse finement les hésitations, préjugés et autres élans du cœur jusqu'à la naissance du sentiment amoureux. A la veille des révolutions industrielles et économiques qui bouleverseront le paysage, et alors que les échos de Waterloo et Trafalgar annoncent la montée en puissance d'un empire britannique, le monde de Jane Austen appartient déjà à un autre siècle. C'est une société qui influence fortement les individus par les conventions sociales, notamment par le mariage. La femme ne peut hériter de son père ou de son mari, et bien des domaines passent aux mains d'un cousin lointain, faute d'héritier mâle. Seul le mariage met à l'abri de tels revers de fortunes. La vie sociale des villages et petites villes de province s'organise autour des bals. C'est d'ailleurs l'une des seules occasions pour les jeunes gens de cette classe sociale de se rencontrer, c'est aussi, comme on le voit dans "Northanger Abbey" ou "Orgueil et préjugés", le lieu de toutes les espérances matrimoniales.

 

 

Chawton sa maison.

 

JaneAusten_ChawtonChawton est un charmant petit village situénon loin de Winchester, dans le Hampshire. C'est là que Jane Austen vécut les huit dernières années de sa vie.

 

A la mort de son père en 1805, elle alla habiter Southampton avec sa mère et sa sœur, et après quatre années d’un séjour sur lequel on n’a aucun détail, les trois femmes s’établirent à Chawton, dans un cottage que leur offrait Edward Austen, second fils du recteur de Steventon, que la succession d’un cousin avait enrichi.

 

Ce fut là que miss Austen retoucha et publia les ouvrages qui devaient la rendre célèbre et dont quelques-uns étaient composés depuis un certain temps. Dès 1797 en effet, elle avait chargé son père d’offrir le manuscrit "d’Orgueil et Préjugés" à un éditeur en renom. Celui-ci n’avait fait qu’une seule infraction à une tradition aussi vieille que le monde ; il s’était hâté de décliner l’offre par le retour du courrier. Le sort d’un autre roman avait été plus humiliant encore. L’auteur l’avait vendu pour dix livres sterling à un libraire entreprenant de Bath qui, manquant de courage au dernier moment, avait mieux aimé perdre cette somme que de risquer la publication de "Northhanger Abbey". Ces deux tentatives malheureuses ne découragèrent pas la jeune fille au point de lui faire brûler ses œuvres dédaignées. Elle écrivait pour son plaisir bien plus que pour l’honneur ou le profit. Elle remit ses pauvres cahiers dans son portefeuille et attendit tranquillement une occasion plus favorable où des éditeurs moins méfiants.

 

Une fois installée, et pour toujours, à Chawton, elle reprit ses habitudes paisibles de composition, interrompues on ne sait pourquoi pendant tout le temps qu’elle avait passé soit à Bath, soit à Southampton. Hors sa famille, nul n’aurait pu soupçonner que la petite maison de Chawton renfermait une femme auteur, tant elle réussissait à cacher, même aux yeux des domestiques, le genre d’étude auquel elle se livrait. Comme elle n’avait point de cabinet de travail à sa disposition, elle écrivait, sur un petit pupitre en acajou, couvrant de ses caractères élégants et fermes les étroits morceaux de papier qu’au craquement soigneusement entretenu de la porte d’entrée elle dissimulait rapidement.

 

Ainsi furent composées les œuvres "Raisons et Sentiments", "Orgueil et Préjugés", "Mansfield Park" et "Emma". Tous ces romans parurent sans signature, de 1811 à 1816. Ils eurent des lecteurs et même quelques admirateurs, puisque le prince régent fit demander à l’auteur, dont un hasard avait révélé le nom à son médecin, de lui dédier son prochain ouvrage. Quant à la popularité qui s’attache aux écrivains aimés de la foule, elle ne devait pas la connaître. Elle continua de vivre ignorée, heureuse dans sa retraite jusqu’au jour où, à la suite de soucis de famille, elle fut prise d’une fièvre bilieuse qui mina sa constitution. Dès lors elle ne fit plus que languir et s’éteignit tranquillement dans l’été de 1817.

 

Cette maison est devenue de nos jours un Musée, elle est aujourd’hui un témoignage de sa vie et de ses œuvres.

Au rez-de-chaussée, deux grandes pièces, le Drawing Room où Jane Austen jouait du piano chaque matin avant le petit déjeuner et le Dinning Parlour où l'on peut voir la petite table où Jane travaillait. Dans le vestibule situé entre le Drawing Room et le Dining Parlour, sont exposées les croix que portaient Jane et Cassandra et quelques lettres de Jane.

 

A l'étage, la chambre de Jane et Cassandra, où l'on peut admirer le beau dessus de lit en patchwork réalisé par les trois femmes, et celle de Mrs Austen ainsi qu'une pièce dédiée à deux de ses frères: Francis et Charles. Dans le corridor, sont exposées les illustrations originales de Hugh Thomson pour "Pride and prejudice" qui datent de 1894.

 

Les costumes du film "Becoming Jane" y sont aussi exposés.

 

Un très joli jardin typiquement anglais complète la visite.

 

 

 

 

 

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Jane Austen Ghosts.

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18 août 2008

François René de Chateaubriand - Le Château de Combourg

Biographie de François René de Chateaubriand.

 

 

Chateaubriand"Mes livres ne sont pas des livres, mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard sur la route de ma vie".

 

François-René de Chateaubriand naît le 4 novembre 1768 à Saint-Malo, au premier étage d'une maison sise rue des Juifs, l'Hôtel de la Gicquelais. Il est le dixième enfant d'une famille de la noblesse bretonne. Son père est le cadet d'une des plus anciennes baronnies de la province. Après avoir été confié aux bons soins d'une nourrice de Plancoët, aux environs de Dinan, il suit l'enseignement des pères Eudistes du collège de Dol en 1777,  puis, dès 1781, celui des Jésuites du collège de Rennes. En 1783, le jeune homme se présente à Brest à l'examen de garde de la marine, une épreuve ardue qui lui donnerait accès, après quelques années de formation, au prestigieux corps des officiers de la marine royale. Chateaubriand échoue et se décide alors à entrer dans les ordres, au collège de Dinan, projet auquel il renonce bientôt en 1785.

Suivant les vœux de son père, Chateaubriand est ensuite nommé sous-lieutenant au régiment de Navarre, à Cambrai. Il effectue à partir de 1786 de fréquents séjours à Paris et assiste ainsi en observateur attentif aux premiers événements révolutionnaires de 1789. S'effrayant à la vue des violences de la rue, il fréquente également dans la capitale les milieux littéraires et forme le projet d'un voyage en Amérique. Le départ a lieu en avril 1791, après une mise en demi-solde suite à la réorganisation de l'armée. Ce séjour, qui dure cinq mois pendant lesquels il visite Philadelphie, New York, les chutes du Niagara et la région des Grands Lacs, inspirera ses premières productions littéraires.

De retour en France en 1792, Chateaubriand se marie avec Céleste du Buisson de la Vigne, une héritière, amie de sa sœur aînée  Lucille qu'il connaît à peine. En Belgique dès le mois de juillet suivant, l'aristocrate émigre vers Trèves et s'enrôle dans l'armée des Princes pour combattre la République naissante et ses défenseurs. Il est blessé peu après pendant le siège de Thionville. Sa compagnie étant licenciée, Chateaubriand se réfugie en Angleterre. Cette vie de misère le met en contact avec les monarchistes émigrés. Il publie en 1797 un "Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes considérées dans leurs rapports avec la Révolution française".

Enfin, après huit années d'émigration, Chateaubriand revient en France avec l'identité d'un "sieur Lassagne, natif de Neufchâtel, en Suisse". Il obtient à Paris un permis de séjour puis est radié, en 1802, de la liste des émigrés. Auparavant, il publie en 1801 "Atala" puis "René" et un essai d'apologétique, le "Génie du christianisme". Ces œuvres qui obtiennent un grand succès lui valent la célébrité et feront de son auteur le chantre de la jeune génération romantique. Au mois d'avril 1802, la présentation au Premier Consul grâce à l'appui d'une de ses connaissances, ainsi qu'une dédicace opportune, lui permettent d'obtenir les faveurs de Bonaparte. Celui-ci cependant attendra une année et de multiples demandes de la part de l'écrivain avant de lui confier à un poste de secrétaire d'ambassade à Rome, puis de chargé d'affaires à Sion, dans le Valais.

Cependant, l'exécution du duc d'Enghien au mois de mars 1804 provoque une rupture définitive avec l'Empereur, marquée par une démission rendue publique. Chateaubriand ne se consacrera désormais qu'aux Lettres jusqu'en 1815. Suivant la mode du temps et poussé par son désir d'effectuer le voyage de Jérusalem, il effectue, à partir de juillet 1806, un long voyage oriental autour de la Méditerranée qu'il relate en 1811 dans son "Itinéraire de Paris à Jérusalem". Il s'en inspirera également pour la rédaction de son épopée en prose, "Les Martyrs", publiée en 1809. Entre temps, dans la presse, l'écrivain s'en prend au  "tyran"  qu'il compare à Sylla, ce qui lui vaut d'être poursuivi par la police impériale.

Chateaubriand est élu à l'Académie Française en 1811. Il contribue néanmoins au retour de Louis XVIII au pouvoir en publiant au mois de mars 1814 un pamphlet intitulé "De Buonaparte et des Bourbons". L'écrivain joue désormais un rôle dans la vie politique de la Restauration en soutenant la droite légitimiste par son action dans la presse parisienne. Au mois d'octobre 1818, aux côtés de Louis de Bonald et Félicité de Lamennais, il fonde ainsi un journal semi- périodique, Le Conservateur. Cette feuille politique, au tirage modeste (7.000 à 8.000 exemplaires), a néanmoins une grande influence sur l'opinion. Elle paraîtra pendant les deux années qui suivent. Nommé pair de France, Chateaubriand effectue de fréquents séjours à l'étranger comme ministre plénipotentiaire à Berlin en 1820, puis en tant qu'ambassadeur à Londres en 1822.

L'année 1823 constitue l'apogée de sa carrière politique. Nommé Ministre des Affaires Étrangères, le 8 décembre 1822, il organise l'année suivante une expédition de l'armée française en Espagne, destinée à restaurer le roi Alphonse VII dans ses droits face à la poussée libérale. Chateaubriand contribue ainsi, suivant ses convictions politiques, à la réaction absolutiste dans l'Europe du Congrès de Vienne. Déchu de ses fonctions le 6 juin 1824 "tel un laquais", il se place à la tête des opposants de droite au ministère Villèle. L'écrivain mène alors dans Le Journal des Débats une inlassable campagne d'opposition à sa politique trop mesquinement financière, à sa volonté de limiter la liberté de la presse. L'écrivain se consacre également à la publication de ses œuvres complètes. Nommé ambassadeur à Rome par Charles X en 1828, il démissionne l'année suivante pour s'opposer à la formation du ministère Polignac.

Après la chute de Charles X en 1830, Chateaubriand refuse de se rallier à Louis-Philippe Ier et à l'orléanisme, pour rester fidèle à la légitimité. Il publie ainsi quelques opuscules politiques, "De la Restauration et de la monarchie élective" en 1831 notamment. Inquiété lors de l'équipée de la duchesse de Berry à qui il apporte son soutien, Chateaubriand est accusé de complot contre l'État au mois de juin 1832. Il effectue d'ailleurs un court séjour en prison  quelques mois plus tard à la suite de la publication de son "Mémoire sur la captivité de la Duchesse de Berry". L'écrivain se rend ensuite à plusieurs reprises en Bohème auprès de Charles X exilé. Cette activité légitimiste se poursuit en 1843 et en 1845, lorsqu'il rejoint le Comte de Chambord à Londres, puis à Venise. Cette période est également celle de la publication de ses dernières œuvres : "les Mémoires d'outre-tombe" (1841) auxquelles il travaille depuis plus de trente ans et une "Vie de Rancé" (1844).

François-René de Chateaubriand décède à Paris le 4 juillet 1848 après avoir vu la chute du dernier des rois de France et l'avènement de la Seconde République. Solitaire et symbolique, sa tombe se dresse conformément à ses vœux près de Saint Malo, dans l'îlot du Grand Bé, face à la mer. Son épitaphe est le suivant : "Un grand écrivain français a voulu reposer ici, pour n'entendre que la mer et le vent. Passant, respecte sa dernière volonté".

 

 

 

Le Château de Combourg sa demeure.

 

 

 

 

 

 

 

Chateau_CombourgCombourg est une ville d'Ille et Vilaine en Bretagne. Dès l'époque gallo-romaine, Combourg occupa une position stratégique et fut un village à l'activité artisanale intense. Jusqu'à l'an mille, la ville subit les assauts dévastateurs des Vikings.

 

La seigneurie de Combourg fut créée par l'archevêque de Dol Ginguéné en faveur de son frère cadet Riwallon de Dol. L'archevêque qui souhaitait donner à son église un protecteur laïque tout en dotant sa famille, comme s'était alors l'usage, fit bâtir à quatre lieues de Dol le château de Combourg qu'il confia à son frère avec de vastes domaines sous sa mouvance, soit une quinzaine de paroisses et douze fiefs de chevalerie. En revanche il lui imposa, ainsi qu'à ses successeurs, l'obligation de défendre les terres et sujets de l'église de Dol et de commander son ost.

 

C'est pour cette raison que le sire de Combourg prit dans ses chartres le titre de signifier Sancti Samsonis (porte-enseigne de Saint Samson). La seigneurie de Combourg resta en possession des descendants de Riwallon jusqu'à la mort d'Yseult de Dol en 1197. Toutefois le fils qu'elle avait eu de son union avec Harsculf de Soligné (mort également en 1197) releva le nom de sa mère en devenant Jean III de Dol.

 

La seigneurie de Combourg fut ensuite transmise par héritage aux familles : de Châteaugiron dit de Malestroit de Rieux, du Châtel, de Montjean, d'Acigné et enfin de Coëtquen, ces derniers obtinrent que la seigneurie soit érigée en Comté en 1575. L'ultime héritière de cette famille vendit le comté aux parents de Chateaubriand par contrat du 3 mai 1761.

"Nous découvrîmes une vallée au fond de laquelle s'élevait, non loin d'un étang, la flèche de l'église d'une bourgade ; les tours d'un château féodal montaient dans les arbres d'une futaie éclairée par le soleil couchant.

 

Descendus de la colline, nous guéâmes un ruisseau ; après avoir cheminé une demi-heure, nous quittâmes la grande route, et la voiture roula au bord d'un quinconce, dans une allée de charmilles dont les cimes s'entrelaçaient au-dessus de nos têtes : je me souviens encore du moment où j'entrai sous cet ombrage et de la joie effrayée que j'éprouvai.

 

En sortant de l'obscurité du bois, nous franchîmes une avant-cour plantée de noyers, attenante au jardin et à la maison du régisseur ; de là nous débouchâmes par une porte bâtie dans une cour de gazon, appelée la Cour Verte. A droite étaient de longues écuries et un bouquet de marronniers ; à gauche, un autre bouquet de marronniers. Au fond de la cour, dont le terrain s'élevait insensiblement, le château se montrait entre deux groupes d'arbres...

 

Sa triste et sévère façade présentait une courtine portant une galerie à mâchicoulis, denticulée et couverte. Cette courtine liait ensemble deux tours inégales en âge, en matériaux, en hauteur et en grosseur, lesquelles tours se terminaient par des créneaux surmontés d'un toit pointu, comme un bonnet posé sur une couronne gothique.

 

Quelques fenêtres grillées apparaissaient çà et là sur la nudité des murs. Un large perron, raide et droit, de vingt deux marches, sans rampes, sans garde-fou, replaçait sur les fossés comblés l'ancien pont-levis. Il atteignait la porte du château percée au milieu de la courtine. Au-dessus de cette porte, on voyait les armes des seigneurs de Combourg et les taillades à travers lesquelles sortaient jadis les bras et les chaînes du pont-levis.

 

Nous montâmes le perron ; nous pénétrâmes dans un vestibule sonore, à voûte ogive, et de ce vestibule dans une petite cour intérieure. De cette cour, nous entrâmes dans le bâtiment regardant au midi sur l'étang et jointif de deux petites tours. Le château entier avait la figure d'un char à quatre roues.

 

Dans les diverses parties de l'édifice, des passages et des escaliers secrets, des cachots et des donjons, un labyrinthe de galeries couvertes et découvertes, des souterrains murés dont les ramifications étaient inconnues ; partout silence, obscurité et visage de pierre : voilà le château de Combourg."

C'est aussi dans "Les Mémoires d'Outre-Tombe" que Chateaubriand évoque les "deux années de délire" qu’il a passé à Combourg entre 16 et 18 ans après avoir fini ses études à Dol, Dinan et Rennes et hésitant entre la carrière ecclésiastique et militaire. Pendant ces deux années, sa personnalité va continuer d'y mûrir, encouragée par l'amitié exaltée qui l'unit à sa dernière sœur, Lucile, une jeune fille inspirée sinon un peu déséquilibrée, la seule qui soit demeurée dans la maison familiale, entre les bizarreries d'un père malade et la tristesse d'une mère qui se morfond : "Je me composai donc une femme des traits divers de toutes les femmes que j'avais vues. Elle avait le génie et l'innocence de ma soeur, la tendresse de ma mère, la taille, les cheveux et le sourire de la charmante étrangère qui m'avait pressé contre son sein... ".

Bientôt le désespoir d'être sans amour et sans avenir s'empare de l'adolescent. Tentative de suicide, maladie. On précipite son départ vers la vie active, et il est expédié en garnison à Cambrai, puis à Dieppe.

 

Cette période de sa vie est décisive dans la formation du caractère de Chateaubriand et il dira plus tard "C'est du bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis, que j'ai commencé à sentir la première atteinte du mal que j'ai porté le reste de ma vie, de cette vague tristesse qui a fait à la fois mon tourment et ma félicité, c'est là que j'ai cherché un cœur qui pût entendre le mien… "

 

 

 

 

 

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Châteaubriand l'indompté.

 

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14 août 2008

Pierre Benoit - La Pelouse

Biographie de Pierre Benoit.

 

"Que ce soit la joie ou la peine, l'une comme l'autre te viendront toujours du côté où tu les attendras le moins".

 

Pierre_BenoitFils d'un officier de carrière, Pierre Benoit est né à Albi, le 16 juillet 1886, où son père est alors en garnison. Il accompagne ensuite son père, affecté à partir de 1887 en Afrique du Nord (Tunisie puis Algérie.) En 1907, après avoir accompli son service militaire (en Algérie toujours), il se rend à Montpellier, où il prépare une double licence de lettres et de droit, puis à Sceaux, où il devient maître d'internat. C'est à cette époque qu'il découvre, en assistant à leurs conférences, Charles Maurras et Maurice Barrès, qui deviennent, et resteront, ses maîtres à penser.

En 1910, Pierre Benoit est reçu au concours du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Il publie à la même époque ses premiers poèmes, pour lesquels il obtient un prix de la Société des gens de lettres. Il sera en revanche moins heureux avec la publication du recueil "Diadumène" (1914) : en dix ans, il ne s'en écoulera, dit-on, que cinq exemplaires, vendus à un acheteur unique, le mécène André Germain, directeur de la revue poétique Le Double Bouquet.

Mobilisé au début de la Première Guerre mondiale, Benoit tombe gravement malade après la bataille de Charleroi : il passe plusieurs mois à l'hôpital, puis est démobilisé. Cette expérience du front aura toutefois été suffisamment traumatisante pour transformer en pacifiste convaincu le jeune homme qui, dans une lettre qu'il envoyait à sa mère en 1914, lui confiait son enthousiasme à l'idée de participer à une "guerre sainte".

Il retrouve après l'armistice ses compagnons d'avant-guerre : Francis Carco, Roland Dorgelès et Pierre Mac Orlan, avec lesquels il fonde une association : "Le Bassin de Radoub"  qui se propose notamment de récompenser le plus mauvais livre de l'année. Le prix en est, pour l'auteur de l'ouvrage primé, un billet de train pour rejoindre sa terre natale accompagné d'une lettre où il lui est demandé de ne plus jamais en revenir. En 1919, l'ouvrage choisi, à l'unanimité, est une œuvre collective : "le Traité de Versailles".
Par ailleurs, toujours maurassien et donc proche des cercles politiques qui gravitent autour de L'Action Française, Pierre Benoit apporte la même année son soutien au manifeste "Pour un parti de l'intelligence" de Henri Massis.

À ce moment, Pierre Benoit n'est plus seulement le poète néo-romantique qu'il était avant la guerre : il a fait une entrée remarquée dans le monde des romanciers en vogue, avec "Kœnigsmark" (1918), dont le succès public est considérable, et qui manque de peu l'obtention du Prix Goncourt (il était soutenu par André Suarès et Léon Daudet.) "L'Atlantide", publié l'année suivante, est un succès de librairie plus fulgurant encore. L'écrivain catholique Louis Chaigne analysera en 1936 les raisons de l'engouement du public pour ce roman colonial par la conjoncture historique dans laquelle il a paru : "L'Atlantide est le livre que beaucoup attendaient pour sortir du cauchemar des terribles années vécues dans la boue et sous les obus et pour s'appuyer avec douceur sur des jours plus sereins". Soutenu activement par Maurice Barrès, le livre de Pierre Benoit reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie Française pour 1919.

De 1920 à sa mort, et au rythme d'environ un par an, Pierre Benoit publie une quarantaine de romans aux éditions Albin Michel, s'imposant comme le maître du roman d'aventures, bien qu'il ne dédaigne pas d'aborder d'autres domaines romanesques, comme avec "Mademoiselle de la Ferté", considérée comme son chef-d'œuvre.

Malgré le succès, Pierre Benoit s'ennuie à son poste de bibliothécaire au ministère de l'Instruction publique et multiplie les frasques : c'est ainsi qu'il organise une course de tortues au Palais Royal, puis, en 1922, son faux enlèvement par des membres du Sinn Féin, qui, s'il amuse la presse, scandalise une partie de ses amis conservateurs, qui voyaient déjà d'un mauvais œil ses nombreuses aventures galantes.

C'est donc avec enthousiasme qu'il accepte en 1923 la proposition du quotidien Le Journal de se rendre en Turquie en qualité d'envoyé spécial, qui lui donne l'occasion de délaisser la fonction publique et de se libérer de sa compagne de l'époque (Fernande Leferrer) Traversant l'Anatolie en guerre, il va interviewer Mustafa Kémal à Ankara. Il se rend ensuite en Palestine et en Syrie, d'où il apprend avec émotion la mort de Barrès.

De 1923 à 1938, puis de 1947 à 1953, Pierre Benoit exerce, parallèlement à ses activités d'écrivain, le métier de grand reporter pour le compte de plusieurs journaux (France-Soir, L'Intransigeant) , qui l'amène à se rendre en Extrême-Orient et en Iran (1926-1927), en Australie, à Tahiti et aux Antilles (1928), en Tunisie (1931), au Liban (1932), dans l'Océan Indien (1933), en Autriche (1938), en Argentine et au Brésil (1950). À l'occasion de certains de ses déplacements, Benoit rencontre et interviewe des personnalités politiques de premier plan : Hailé Sélassié Ier, puis Benito Mussolini en 1935 (il tente en vain de persuader le leader fasciste de ne pas entreprendre d'envahir l'Éthiopie), Hermann Goering en 1938 (l'interview, au cours de laquelle le dignitaire nazi n'évoque que ses œuvres d'art, ne sera pas publiée.) Après la Seconde Guerre mondiale, il rencontre à deux reprises le dictateur portugais António de Oliveira Salazar, à qui il voue une grande admiration.

Ces nombreux voyages nourriront l'œuvre de Pierre Benoit : tous ses romans, à la seule exception du "Lac salé" (qui se déroule aux États-Unis), ont pour cadre des pays qu'il a visités. Les reportages qu'il en tire sont également le moyen de défendre, à chaque fois que l'occasion s'en présente, l'Empire colonial de la France, défense qui prend moins la forme d'une apologie de l'aventure coloniale que celle d'une amitié franco-exotique, et est souvent associée à une solide anglophobie.

Pierre Benoit devient en 1929 président de la Société des gens de lettres, puis il intègre l'Académie Française en 1931. Les années 1930 sont également celles au cours desquelles Pierre Benoit, dont les romans sont adaptés au cinéma depuis le tout début de la décennie précédente (une adaptation de "L'Atlantidedue à Jacques Feyder est tournée dès 1921), s'intéresse de façon plus régulière au septième art, et collabore à la mise en images de ses œuvres : c'est ainsi qu'il écrit les dialogues de "La Châtelaine du Liban" (de Jean Epstein, 1933), et le scénario de "Boissière" (de Fernand Rivers, 1937). Il signe également une adaptation du "Tarass Boulba" de Gogol (réalisé par Alexis Granowsky en 1936), puis au cours de l'Occupation, celles de deux œuvres de Balzac : "Le Colonel Chabert" (René Le Henaff, 1943) et "Vautrin" (Pierre Billon, 1943)

De nombreuses adaptations cinématographiques des romans de Pierre Benoit seront réalisées jusque dans les années 1950, époque à partir de laquelle l'intérêt du public pour l'écrivain académicien commence à faiblir. Plusieurs de celles qui sont réalisées dans les années 1930 sont, conformément aux usages de l'époque, réalisées en deux versions : l'une en français, l'autre en anglais ou en allemand, avec des acteurs différents (à l'exception en règle générale du rôle principal), mais en conservant la même photographie, le même découpage et le même montage : c'est le cas notamment pour "L'Atlantide" de Georg Wilhelm Pabst (1932), dont il existe une version allemande (Die Herrin von Atlantis), avec dans les deux cas Brigitte Helm dans le rôle d'Antinéa, ou encore du "Kœnigsmark" de Maurice Tourneur (1935), tourné également dans une version anglaise.

Enfin, au cours de cette même période, Pierre Benoit n'oublie pas ses convictions maurassiennes et monarchistes : il s'engage en 1936 contre le "Front Populaire", et est de ceux qui œuvrent à faire élire Maurras à l'Académie française (ce qui est chose faite le 9 juin 1938).

Pierre Benoit a toujours entretenu des rapports ambivalents avec l'Allemagne, pays qui le "hante depuis son enfance". Témoin de l'Anschluss en 1938 (il est alors à Vienne) l'auteur de "Kœnigsmark" espère jusqu'au bout en une entente franco-allemande. La défaite de 1940 est pour lui un choc. Il estime que le régime parlementaire est responsable de la débâcle, mais ne s'investit pas pour autant dans le soutien au régime de Vichy, dont il voit d'un mauvais œil les compromissions avec l'occupant allemand, et malgré la sympathie que l'ancien combattant qu'il est éprouve pour le maréchal Pétain, préférant se retirer sur ses terres du Quercy.

En septembre 1944 il est néanmoins arrêté pour collaboration et est transféré à Fresnes, avant d'être relâché en avril 1945 après six mois passés en prison, lavé de tout soupçon. Il est toutefois interdit de publication pendant deux ans. Jean Paulhan et Louis Aragon entre autres intercèdent en sa faveur et font rayer son nom de la liste noire des écrivains.
D'après l'éditeur José Corti, Aragon aurait lui-même barré le nom de Pierre Benoit des listes d'épuration pour que "L'Atlantide" puisse paraître en feuilleton dans Ce Soir, le quotidien communiste. Pierre Benoit est néanmoins profondément blessé par cette épreuve, lui qui a refusé toute compromission avec le régime de Vichy (notamment le poste de directeur du Théâtre-Français que lui proposait le Ministère de l'Éducation nationale en février 1941) ainsi que la traduction et l'adaptation cinématographique en allemand de ses œuvres.

En 1947, Pierre Benoit,  las des aventures tempétueuses, épouse une jeune femme de la grande bourgeoisie provinciale.

En 1950, Pierre Benoit fête, au Ritz de Paris, la sortie de son nouveau roman, "Agriates", qui le fait renouer avec le succès. Signe qu'il est toujours un auteur prisé du public, lorsque la Librairie générale française lance Le Livre de poche en 1953, c'est "Kœnigsmark" qui est choisi pour inaugurer la nouvelle collection. Quatre ans plus tard, en 1957, Pierre Benoit fête son cinq millionième livre vendu, en même temps que la sortie de son quarantième roman "Montsalvat". La même année sont publiés les entretiens avec Paul Guimard qu'il a donnés à la radio, sous le titre De Koenigsmark à Montsalvat.

En 1959, Paul Morand ami de longue date de Pierre Benoit, est pressenti pour intégrer l'Académie française. Mais le général De Gaulle, fait unique dans l'histoire de l'Académie Française, oppose son véto à l'élection de cet ancien ambassadeur de Vichy. Outré, Benoit démissionne de l'Académie (démission refusée : en effet, "l’Académie ne reconnaît pas la démission de ses membres, le démissionnaire étant seulement autorisé, s’il le souhaite, à ne plus assister aux séances").

Malade depuis des années, Marcelle, la femme de Pierre Benoit, décède le 28 mai 1960. Pierre Benoit est accablé, et ne parvient pas à se remettre de cette disparition : il écrit un roman à sa mémoire, "Les Amours mortes" (1961, le dernier livre qu'il ait achevé), avant de mourir à son tour le 3 mars 1962.

On a souvent relevé comme signe particulier des romans de Pierre Benoit le fait que toutes leurs héroïnes portent un prénom qui commence par un  A. L'intéressé a quant à lui précisé qu'il s'agissait au départ (pour les quatre premiers romans) d'un simple hasard, qu'il s'est ensuite plu à continuer volontairement, afin de montrer à ses détracteurs, qui l'accusaient de manquer d'imagination, que justement il n'en manquait pas. En 43 ans il écrivit 43 romans, s'astreignant par jeu, par principe ou par superstition, à des contraintes, toujours les mêmes : le fameux prénom de l'héroïne commençant par A, mais aussi un roman de 315 pages, une intrigue amoureuse au tiers du récit et une citation de Chateaubriand. Quoi qu'il en soit, dans son œuvre romanesque, Benoit a créé un type nouveau d'héroïne, qui n'existait pas avant lui, et dont on a pu dire qu'il constitue son apport original à la littérature française.

 

La Pelouse sa maison.

 

 

 

 

 

ScreenHunter_01_AugA la fin du dix-neuvième siècle, les Fraisse, négociants à Dax, possédaient à St Paul lès Dax un pavillon sans étage, situé au bout d'une allée de platanes, baptisé précisément les Platanes.

C'est dans cette retraite modeste mais harmonieuse que le fils aîné de Claire-Eugénie Benoit, née Fraisse, vint passer ses vacances lorsqu'il était enfant et adolescent. Il y partageait son temps entre la lecture et la chasse, la famille et l'amitié lyrique avec un jeune poète de Mèes, Emile Despax, future victime de la Grande Guerre.


Devenu adulte, puis riche et célèbre, Pierre Benoit ne cessa de revenir aux Platanes, qui constituaient pour lui un refuge, un havre de paix. Il s'avisa même d'y faire vivre une de ses "petites créatures imaginaires", la belle créole Galswinthe, héroïne de "Mademoiselle de la Ferté". Dans ce roman, publié en 1923, l'écrivain décrit la propriété sous le nom de la Pelouse – nom qui lui resta, tant il est vrai que, parfois, la fiction déborde sur la réalité.

 

 

 

Ce roman relate l'amitié ambiguë entre deux femmes, Anne de La Ferté et Galswinthe de Saint-Selve. Galswinthe, d'un caractère plutôt insouciant, a épousé Jacques de Saint-Selve, l'homme qui était destiné à Anne qui, du coup, dure et fière, s'est résignée à vivre en célibataire sur ses terres dans les Landes. Veuve et malade, Galswinthe revient vivre dans les Landes ou, étrangement, Anne, se charge de s'occuper d'elle. Curiosité, amitié trouble, ou froide vengeance, plusieurs interprétations de la relation entre les deux femmes sont possibles. Le succès du roman tient à la fois de la description de la vie rurale dans la région de Dax (landes), où Pierre Benoit a ses racines et ses souvenirs d'enfance, et au mystère de la relation entre les deux femmes à une époque où le lecteur cherchait surtout le non-dit dans les romans. Pour les personnages de la famille et les décors, Pierre Benoit s'est largement inspiré de la famille de ses cousins, les Lartigue de Saint-Geours-de-Maremne (Landes). La demeure des Lartigue s'appelait ainsi La Pelouse, nom de la maison de Galswinthe dans le roman.

Sœur cadette de Pierre, Renée Benoit termina ses jours à la Pelouse. De tout temps, elle s'était attachée pieusement à conserver ce que son frère avait laissé traîner au cours de ses multiples séjours dans la maison rose : manuscrits, correspondance, livres dédicacés par les plus prestigieuses signatures, photographies, notes diverses, documentation .

Ces archives, qui sont aussi un précieux témoignage sur l'époque, ont permis de transformer la Pelouse en un musée qui perpétue la mémoire du plus raffiné de nos romanciers populaires.

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10 août 2008

Honoré de Balzac - Château de Saché

Biographie de Honoré de Balzac.

 

 

 

Balzac"Il faut toujours bien faire ce qu'on fait, même une folie".

 

 

Fils de Bernard François Balssa, administrateur de l'hospice de Tours, et de Anne Charlotte Sallambier, Honoré de Balzac est l'aîné de trois enfants (Laure, Laurence et Henry). Laure est de loin sa préférée. Il y a entre lui et sa sœur Laure Surville une complicité, une affection réciproque qui ne se démentit jamais. Elle lui apportera son soutien à de nombreuses reprises : elle écrit avec lui, et en 1858, elle publie la biographie de son frère.

De 1807 à 1813, Honoré est pensionnaire au collège des oratoriens de Vendôme puis externe au collège de Tours jusqu'en 1814, avant de rejoindre cette même année, la pension Lepitre, située rue de Turenne à Paris, puis en 1815 l'institution de l'abbé Ganser, rue de Thorigny. Les élèves de ces deux institutions du quartier du Marais suivaient en fait les cours du lycée Charlemagne. Le père de Balzac, Bernard François, ayant été nommé directeur des vivres pour la Première division militaire à Paris, la famille s'installe rue du Temple, dans le Marais, qui est le quartier d'origine de la famille (celui de la grand mère Sallambier).

Le 4 novembre 1816, Honoré de Balzac s'inscrit en droit afin d'obtenir le diplôme de bachelier trois ans plus tard, en 1819. En même temps, il prend des leçons particulières et suit les cours à la Sorbonne. Toutefois, son père jugeant qu'il fallait associer le droit pratique à l'enseignement théorique, Honoré passe ses trois ans de droit chez un avoué, ami des Balzac, Jean-Baptiste Guillonnet-Merville, homme cultivé qui avait le goût des lettres. Le jeune homme exercera le métier de clerc de notaire dans cette étude où Jules Janin était déjà saute-ruisseau. Il utilisera cette expérience pour créer le personnage de Maître Derville et l'ambiance chahuteuse des saute-ruisseaux d'une étude d'avoué dans "le Colonel Chabert". Une plaque rue du Temple à Paris témoigne de son passage chez cet avoué, dans un immeuble du quartier du Marais.

C'est en fréquentant la Sorbonne que le jeune Balzac s'éprend aussi de philosophie. Comme il affirme une vocation littéraire, sa famille le loge dans une mansarde et lui laisse deux ans pour écrire : Balzac s'efforce de rédiger une tragédie en vers, dont le résultat, "Cromwell", se révèle décevant. L'ouvrage est médiocre et ses facultés ne s'épanouissent pas dans la tragédie.

Il se tourne vers une autre voie, celle du roman. Après deux tentatives maladroites mais proches de sa vision future, il se conforme au goût de l'époque et publie des romans d'aventure, qu'il rédige en collaboration et caché sous un pseudonyme. Cette besogne n'est guère palpitante mais forge déjà son . En 1822, il devient l'amant de Laure de Berny, "La Dilecta", qui l'encourage, le conseille, lui prodigue sa tendresse et lui fait apprécier le goût et les mœurs de l'Ancien Régime. Début 1825, toujours méconnu mais désireux de gloire, Balzac s'associe à un libraire et achète une imprimerie : il fréquente ainsi les milieux de l'édition, de la librairie, dont il dressera d'ailleurs une satire féroce et précise dans "Illusions perdues". Son affaire se révèle un immense échec financier : il croule sous une dette s'élevant à cent mille francs. Rembourser cette somme sera pour lui un souci perpétuel.

Après cette faillite, Balzac revient à l'écriture, pour y connaître enfin le succès : en 1829, il offre au public la "Physiologie du mariage", considérée comme une "étude analytique", et le roman politico-militaire "les Chouans". Ces réussites sont les premières d'une longue série, jalonnée d'œuvres nombreuses et denses : la production de Balzac est l'une des plus prolifiques de la littérature française. Il continue de voyager et de fréquenter les salons, notamment celui de la duchesse d'Abrantès, avec laquelle il avait commencé une orageuse liaison en 1825 et à qui il tenait lieu également de conseiller et de correcteur littéraire. La dédicace de "la Femme abandonnée" s'adresse à elle.

En 1832, intéressé par une carrière politique, il fait connaître ses opinions monarchistes et catholiques et repose sa doctrine sociale sur l'autorité politique et religieuse. En janvier 1833, il commence sa correspondance avec la comtesse Hańska, une admiratrice polonaise. Il ira la voir plusieurs fois, en Suisse, en Saxe et même en Russie. Sa correspondance avec elle s'échelonne sur dix-sept ans, réunie après sa mort sous le titre "Lettres à l'étrangère".

De 1830 à 1835, il publie de nombreux romans : "la Peau de chagrin" (1831), "Louis Lambert" (1832), "Séraphîta" (1835), "la Recherche de l'absolu" (1834, 1839, 1845), qu'il considère comme des romans philosophiques. Dans "le Médecin de campagne" (1833), il expose un système économique et social. "Gobseck" (1830), "la Femme de trente ans" (1831), "le Colonel Chabert" (1832-35), "le Curé de Tours" (1832) inaugurent la catégorie "études de mœurs" de son œuvre. Dans cette même voie, il approfondit encore le réalisme de ses peintures et dessine de puissants portraits de types humains. Avec "Eugénie Grandet" (1833) et "le Père Goriot" (1834-1835), il offre consécutivement deux récits, plus tard élevés au rang de classiques. Il reprend en décembre 1835 la revue la Chronique de Paris, dont la publication est suspendue six mois plus tard : ses dettes sont encore alourdies par ce désastre, mais cela n'a aucune répercussion sur son activité littéraire.

"Le Père Goriot" marque d'ailleurs le retour de protagonistes déjà connus : Balzac va désormais lier entre eux les récits, en employant plusieurs fois les mêmes figures, creusant leur personnalité. Cette récurrence de personnages l'amène à penser la composition d'une œuvre cyclique "faisant concurrence à l'état civil". Il rêve d'un ensemble bien organisé, segmenté en études, qui serait la réplique de sa société. Il veut embrasser du regard toute son époque et l'enfermer dans sa "Comédie humaine". Toutefois, en 1837, le titre qu'il envisage est plus austère : "Études sociales".

Il continue l'élaboration de son récit, taillant les pierres qui formeront son édifice : il publie "le Lys dans la vallée" (1835-1836), "Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau" (1837), "la Maison Nucingen" (1838), "le Curé de village", "Béatrix" (1839), "Ursule Mirouët" (1841).

La rédaction d'"Illusions perdues" s'étend de 1837 à 1843.

En 1838, avec notamment Victor Hugo, Alexandre Dumas et George Sand, il fonde la Société des gens de lettres (actuellement sise en l'Hôtel de Massa, rue Saint-Jacques à Paris), association d'auteurs destinée à défendre le droit moral, les intérêts patrimoniaux et juridiques des auteurs de l'écrit. Il en deviendra le président en 1839.

En 1842, "les Études sociales" deviennent "la Comédie humaine". Les publications continuent, à un rythme régulier.

En 1847 et 1848, Balzac séjourne en Ukraine chez la comtesse Hańska. De plus en plus souffrant, Honoré de Balzac épouse Mme Hańska à Berditchev le 14 mai 1850 et les époux s'installent à Paris le 21 mai. Il meurt le 18 août 1850 à 23 heures 30, trois mois plus tard, éreinté par les efforts prodigieux déployés au cours de sa vie. Son œuvre, si abondante et si dense, exigeait un travail vorace. La rumeur voudrait qu'il eût appelé à son chevet d'agonisant Horace Bianchon, le grand médecin de "La Comédie humaine" : il avait ressenti si intensément les histoires qu'il forgeait que la réalité se confondait à la fiction. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 48), où Victor Hugo prononça un discours en forme d'oraison funèbre.

En 1855, Mme de Balzac publie "les Paysans" (écrit en 1844 et inachevé). En 1854, Charles Rabou complète et publie "le Député d'Arcis" (écrit en 1847 et inachevé) et "les Petits bourgeois" (inachevé). En 1877 sont publiées ses œuvres complètes, en 24 volumes.

 

 

 

 

Le Château de Saché sa demeure.

 

ScreenHunter_08_JulLe Château de Saché a été édifié au XVIème siècle. Les remaniements opérés de la Renaissance au XVIIIème siècle confèrent à la demeure un style et un charme singuliers.

Honoré de Balzac était Tourangeau de naissance et sa région marqua profondément son oeuvre.

De 1830 à 1837, années les plus prolifiques de sa carrière, l'auteur de "La Comédie humaine" y trouve, chez Jean de Margonne, le refuge idéal pour échapper à ses créanciers et à la vie parisienne. Ce dernier aurait été l'amant de sa mère et se serait pris d'affection pour Honoré ou bien, autre version, Honoré estimant que Monsieur de Margonne "lui devait bien ça"

Vingt-trois heures de diligence le mènent depuis la capitale jusqu'à Tours, puis une vingtaine de kilomètres, parfois parcourus à pied lorsque les finances sont basses, jusqu'à Saché ou l'écrivain y passe de longs séjours. Dans sa petite chambre, qu'il appelait sa "cellule de moine", une table, une chaise, une cheminée lui suffisent, ainsi qu'une cafetière pour pouvoir continuer à rédiger très tard dans la nuit.

Ce bourreau de travail y crée "Le Père Goriot", "Les Illusions perdues" et "La Recherche de l'Absolu". Saché, les châteaux voisins et la vallée de l'Indre donnent le cadre du célèbre "Lys de la vallée".

"A Saché, je suis libre et heureux comme un moine dans son monastère... Le ciel est si pur, les chênes si beaux, le calme si vaste !"

Le musée est inauguré en 1951 et présente des lettres, des manuscrits annotés et nous replonge dans l'ambiance Balzacienne. Le grand salon conserve son papier peint "aux lions" de 1803 qu'a connu Balzac. Une imprimerie du XIXème est aussi présentée, premier métier de l'écrivain (Balzac fut un temps libraire et propriétaire d'une imprimerie, échec cuisant dont la dette le poursuivra toute sa vie...), ainsi que la genèse de la fameuse statue par Rodin. Un parc de trois hectares est le cadre idéal pour saisir les sources d'inspiration de Balzac, il y fleurit lys, pivoines, delphiniums, qui invitent à une promenade romantique.

 

 

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7 août 2008

Sir Arthur Conan Doyle - South Norwood London et Crowborough Sussex

Biographie de Sir Arthur Conan Doyle.

 

 

 

Arthur_Conan_Doyle"Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité".

 

Arthur Conan Doyle naît le 22 mai 1859, à Édimbourg. Il est le troisième enfant d'une famille qui se composera de neuf frères et sœurs. Son père, Charles Doyle, est un fonctionnaire, fils lui-même d’un célèbre caricaturiste. Quant à Mary Fooley, sa mère, elle est issue de la famille irlandaise des Percy du Northumberland, descendante des Plantagenêt. Le couple réside au 11, Picardy Place et leur fils aîné Arthur est baptisé, suivant leurs convictions, dans la religion catholique. En 1868, celui-ci entre d’ailleurs au collège de Hodder dans le Lancashire, tenu par les jésuites.

Après deux années passées au sein de l’institution, il est admis à la Public School de Stonyhurst. Dès cette époque, Arthur Conan Doyle se rend déjà populaire auprès de ses camarades en rédigeant le journal de l’école, une publication non officielle… En 1875, il part pour Feldkrich, en Autriche, et parfait ainsi son allemand toujours dans un collège jésuite. De retour en Écosse l’année suivante, Conan Doyle poursuit ses études à la faculté de médecine de sa ville natale. Quelques-uns de ses textes sont alors publiés dans des revues locales.

A présent diplômé, il est cependant contraint d’aider financièrement sa mère et sa famille, que les habitudes de son père alcoolique, ont mis dans la gêne. Arthur Conan Doyle s’embarque en qualité de médecin sur un navire baleinier. A bord du Hope, le jeune homme parcourt les mers arctiques, du mois de février au mois de septembre 1880. Il renouvelle l’expérience, cette fois-ci sur le steamer Mayumba, qui part pour l’Afrique Occidentale au mois d’octobre 1881.

De retour au printemps de l’année suivante, Conan Doyle pratique la médecine en Angleterre, à Plymouth, en compagnie d’un collègue. Une association de très courte durée, puisqu’il s’installe dès le mois de juin, à Southsea, près de Portsmouth. Près de Bush Villas, à Elm Grove, Arthur Conan Doyle officie désormais dans son cabinet d'ophtalmologie.

Le 6 Août 1885, il se marie à l’âge de vingt-six ans avec Louise Hawkins, la sœur de l'un de ses rares patients. Le couple aura deux enfants, Mary Louise, qui naît en 1889, puis Kingsley en 1892. L’année suivante, persévérant dans ses activités littéraires, Conan Doyle écrit rapidement au printemps "A Study in scarlet" (Une étude en rouge), la première des cinquante-six nouvelles et quatre romans, mettant en scène Sherlock Holmes. Après sa parution dans une revue, le Beeton's Christmas Annual, il en vend les droits pour la somme dérisoire de 25 £. L’ouvrage est alors publié en volumes au mois de juillet 1888. Et plusieurs critiques relèvent certains caractères propres au récit qui feront le succès de l’œuvre de Conan Doyle. Bien servi par l'ingéniosité de l’intrigue, la personnalité de Sherlock Holmes, ses qualités de raisonnement déductif notamment, lui donne son originalité par rapport aux productions de l’époque. L’illustre détective, qui doit beaucoup au Dupin d’Edgar Poe, a d’ailleurs été inspiré à son créateur par le souvenir de l’un de ses professeurs, le Dr Joseph Bel, un chirurgien de la faculté de médecine d'Édimbourg, qui aimait à étonner ses étudiants par de fulgurantes déductions.

Après avoir séjourné quelques mois à Vienne, pour parfaire ses connaissances médicales, il rentre en Angleterre et s'installe sur Montague Place à Londres. En 1891, Conan Doyle ouvre un nouveau cabinet au 2, Devonshire Place. Cette année là, au mois de juillet, commencent les parutions des aventures de Sherlock Holmes, dans le Strand Magazine. A partir du 14 octobre 1892, le public peut également les lire en volume. Après l'énorme succès des premières six nouvelles fournies au Strand Magazine, le directeur de la revue, Greenhough Smith, souhaite en commander d'autres à son auteur. Mais ce dernier refuse. Pour décourager Smith, il lui demande 50 £ par titres, une somme énorme pour l'époque. Conan Doyle cependant est pris à son propre piège, puisque la direction de la revue lui accorde la somme demandée. Il doit alors s'exécuter et choisit d'abandonner la médecine pour se consacrer désormais entièrement à l'écriture. L’année suivante, au mois de décembre, un second volume des enquêtes du génial détective, "The Memoirs of Sherlock Holmes" paraît. L’écrivain cependant accuse à présent son héros d’accaparer ses pensées et son inspiration. Dans l’une de ces dernières nouvelles, intitulée "The final problem", il se décide ainsi à mettre en scène la mort de Sherlock Holmes, entraîné en Suisse au fond d’un gouffre par le professeur Moriarty. Au mois de décembre 1892 en effet, les Doyle s'installent en Suisse, à Davos Platz en Suisse, pour soigner la tuberculose de Madame. Les chutes de Reichenbach lui fournissent le cadre de la mort de son héros qui l'excède. Malgré les lettres de lecteurs qui le supplient, le menacent et l'insultent, ainsi que les protestations de sa mère, Conan Doyle refuse de ressusciter Sherlock Holmes. Dans les rues de Londres, on voit alors certains Anglais porter un brassard noir, en signe de deuil.



En 1894, il se rend aux Etats-Unis pour une série de conférences, et est reçu par Rudyard Kipling. Au cours de l'automne 1895, l’écrivain fait un séjour de plusieurs mois au Caire, destiné à améliorer la santé de sa femme Louise. De retour en Angleterre, ils s’installent à Hindhead, dans le Surrey. Sa pièce "Waterloo" est jouée au Lyceum de Londres, avec l'acteur Henry Irving . Au mois de février de l’année suivante, Conan Doyle se lance dans l'écriture de romans historiques et publie "The Exploits of Brigadier Gerard", le premier d’une série de récits d’aventures, parmi lesquels "The Tragedy of the Korosko" qui paraît au mois de février 1898.

Il participe comme médecin à la campagne du Soudan en 1898. En octobre 1900, l'écrivain se présente aux élections législatives à Edimbourg et défend la cause du maintien de l'Irlande au sein du Royaume-Uni. C'est un échec. Puis, dès le mois de mars 1900, Arthur Conan Doyle est en Afrique australe pendant la guerre des Boers. Cependant, ne pouvant participer en soldat au conflit qui oppose la Grande-Bretagne aux Républiques africaines d'Orange et du Transvaal, il dirige à Bloemfontein, la capitale de l'État d'Orange, un hôpital de cinquante lits, installé à ses propres frais, jusqu'au mois d’août 1901. De retour en Angleterre, Arthur Conan Doyle rédige un court pamphlet, "The War in Southern Africa : Causes and Conducts", publié au mois de janvier 1902. Dans ce texte, le célèbre écrivain se fait le défenseur de la cause britannique en Afrique du Sud, injustement diffamée selon lui sur la scène internationale. Ces prises de positions lui valent bientôt de se voir accordé le titre de chevalier (Knigth of Grace of the Order of St-John of Jerusalem). Il se fera désormais appelé Sir Arthur Conan Doyle.

La même année, a lieu la résurrection de son héros fétiche dans "The Hound of the Baskerville" (Le Chien des Baskerville) qui paraît au mois de mars. Cependant, l'action se déroulant avant le décès du grand détective, il faut attendre encore trois années pour voir publier "The Return of Sherlock Holmes". Doyle a en effet besoin d'argent pour financer la construction de sa nouvelle maison. Il se laisse alors convaincre par un éditeur américain qui lui propose de ressusciter Sherlock Holmes, pour 5000 $ la nouvelle, plus les droits d'auteur. Entre septembre 1903 et mars 1927, trente-trois nouvelles verront le jour. Le succès est fulgurant, ce qui agace d'autant plus l'écrivain, qui entre dans des colères effroyables lorsqu'il reçoit, de plus en plus souvent, du courrier adressé à Sherlock Holmes.

Sa femme Louise s'éteint le 4 juillet 1906 et l’écrivain en est profondément affecté. Après le décès de sa femme,  Doyle intervient dans l'affaire Edalji, prenant la défense de ce jeune notaire d'origine indienne qui a été condamné à sept ans de prison pour avoir envoyé des lettres anonymes et mutilé du bétail. Doyle réussit à prouver son innocence et le fait libérer.

Conan Doyle se remarie le 18 septembre 1907 avec Jean Leckie, dont il était épris depuis 1897. L’année précédente, l’écrivain avait participé sans succès aux élections organisées dans le district d’Havick, en tant que candidat du parti unioniste. En 1908, avec sa nouvelle épouse, il s'installe à Crowborough dans le Sussex. Le couple aura trois enfants : Denis qui naît en 1909, Adrian l’année suivante et Jean Lean en 1912. Arthur Conan Doyle poursuit son engagement politique, en devenant en 1909 le président de l’Association pour la réforme de la loi sur le divorce, une fonction qu’il occupera jusqu’en 1919. La même année, à la suite de la médiatisation des crimes coloniaux commis au Congo belge par les administrateurs, Conan Doyle prend fait et cause pour les opprimés. Il publie "Le crime du Congo", envoie plusieurs articles aux journaux et correspond avec le président des Etats-Unis et l'empereur d'Allemagne. Au mois d’octobre 1912, il crée un nouveau personnage, le professeur Challenger, dans son roman "The lost World" (Le Monde perdu). Ce dernier, qui lui est également inspiré par l'un de ses anciens maîtres de faculté, le professeur Rutherford, réapparaît dès l’année suivante avec "The poison Belt" (La Ceinture empoisonnée), publié au mois d’août.

Du mois de mai au mois de juillet 1914, l’écrivain est en Amérique du Nord, aux États-Unis puis au Canada. En Angleterre, il constitue une unité locale de volontaires, la future Crowborough Company of the 6th Royal Sussex Volunteer Regiment, où il sert comme deuxième classe. Doyle souhaite combattre sur le front, ce qui lui est refusé en raison de son âge. Il publie alors un pamphlet de ralliement, "To Arms !" et écrit au jour le jour l'histoire du conflit,  grâce aux informations qui lui sont transmises directement par des généraux anglais. "The British campaign in France and Flanders", commencée en 1915, est achevée cinq ans plus tard. La visite des fronts anglais, italiens et français, où il rencontre Clemenceau, lui donne la matière d'un nouveau reportage, "A Visit to three Fronts", qui est publié au mois d’août 1916. Les atrocités commises pendant la Grande Guerre sont aussi à l’origine d’une profonde crise morale chez Conan Doyle. Ayant très tôt abandonné ses convictions religieuses, l’écrivain, depuis longtemps agnostique, fait paraître "The New Revelation", au mois d’avril 1918. Et la mort de son fils aîné peu de temps après le renforce dans ces nouvelles orientations. Pendant la décennie qui suit, Conan Doyle parcourra le monde afin de propager le Spiritisme. En 1926, il publie également "History of Spiritualisms", une Histoire du spiritisme.



Le 7 juillet 1930 au matin, Sir Arthur Conan Doyle décède d'une crise cardiaque dans sa villa de Crowborough.

 

 

 

Sa maison 12 Tennison Road, London.

 

 

 

12_Tennison_RoadLe 12 Tennison Road se trouve dans le quartier de South Norwood, au sud de Londres. C'est ici qu'Arthur Conan Doyle s'installa avec sa famille,en 1892, quand il décida d'arrêter définitivement l'exercice de la médecine, et de se consacrer pleinement à l'écriture.

Au mois de juillet de cette même année, commencent les parutions des aventures de Sherlock Holmes dans le Strand Magazine.

Conan Doyle vécu avec sa famille dans cette maison de 1891 à 1894, 21 histoires de Holmes ont été écrites en ce lieu, notamment "The Adventure of the Norwood Builder". Ce bâtiment de trois niveaux sur un sous sol, est de construction traditionnelle en briques, avec des tuiles décoratives sur la façade ainsi que du bois sculpté, le jardin est d'environ 70 mètres de long.

En 1891, South Norwood, était un secteur très tranquille, semi rural, attenant à la ville de Croydon. Tennison Road faisait face aux champs. Conan Doyle, son épouse Louise, leur fille Mary Louise, née en 1892, les deux plus jeunes soeurs de Conan Doyle, Connie et Lottie, ainsi que leur femme de charge Mrs Hawkins, ont pleinement profité de ce cadre bucolique. De longues promenades à vélo dans la campagne environnante, des parties de tennis sur la pelouse de la maison. Ces joies domestiques ont été racontées dans une nouvelle "Beyond the city" un conte romantique.

Cette maison a reçu de nombreux visiteurs, dont beaucoup de littéraires. C'est ici que Conan Doyle écrivit une opérette avec James Matthew Barrie (l'auteur de Peter Pan). Son ami Jerome K Jerome venait souvent.

En 1893, sa plus jeune soeur Connie (Constance), s'est mariée avec Ernest William Hornung , l'auteur des aventures de Arthur Raffles, gentleman cambrioleur, dont la première aventure parait dans le Cassell's Magazine.

C'est aussi dans cette maison qu'il commença à fréquenter Bram Stoker (auteur de Dracula), qui était alors administrateur du Lyceum Theater de Londres.

C'est aussi à cette époque que Conan Doyle se familiarise avec le spiritisme, en rejoignant "The Institut for Psychic Research" en 1891, ce qui changera à jamais sa vie.

En 1894, Louise est reconnue atteinte de tuberculose, la famille part pour la Suisse, à Davos, laissant Mrs Hawkins en charge de la maison. Ils ne sont jamais revenus à Norwood et ont construit à leur retour une maison dans le Surrey afin de s'éloigner de la pollution de Londres.

 

 

 

 

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Sa maison à Crowborough.

 

 

 

ScreenHunter_01_JulCrowborough est une petite ville rurale, située dans le Sussex, à proximité de Brighton, Eastbourne et Londres.

En 1906 sa femme Louise s'éteint le 4 juillet..Le 18 septembre 1907, Sir Arthur se remarie avec Jean Leckie, dont il était amoureux depuis 1897, mais avec qui il n'entretenait qu'une relation amicale, par respect pour sa femme.

Ils s'installent à Crowborough, au manoir de Windlesham, où Jean lui donne trois enfants, Denis, Adrian et Jean Lean.

D'importants travaux avaient été effectués avant l'arrivée de la famille Conan Doyle, la surface habitable du manoir avait été doublée et ce sur des instructions très précises de Sir Arthur.

En 1914, l'écrivain constitue une unité locale de volontaires, la future Crowborough Company of the 6th Royal Sussex Volunteer Regiment, qui fut plus tard remplacé par un corps officiel.

A Windlesham, de nombreuses personnalités littéraires sont venues partager les joies domestiques de la famille Conan Doyle : George Bernard Shaw, Rudyard Kipling, James Barrie, PD Wodehouse. Sir Arthur écrivit de nombreuses enquêtes de Sherlock Holmes, mais aussi "Le monde perdu" et "La ceinture empoisonnée".

Pendant toutes ces années Conan Doyle ne se ménage pas, et voyage beaucoup. En 1929, exténué, il est victime d'une crise cardiaque et passe les semaines qui suivent alité. Il se remet peu à peu, mais le 7 juillet 1930, à l'aube, une ultime crise cardiaque le terrasse.

Le 11 juillet, par une journée agréable et ensoleillée, Sir Arthur Conan Doyle a été enterré dans le parc de Windlesham, près de la cabane de jardin qui avait été transformée pour lui en salle d'écriture. Plus de deux cent amis, collègues, personnes du cru, et membres de la famille ont assisté à la cérémonie. Madame Jean Conan Doyle a continué à vivre dans le manoir jusqu'à sa mort le 27 juin 1940, elle a été enterrée aux côtés de son mari.

En 1955, le domaine a été vendu, les restes de Sir Arthur et de sa femme ont été transportés à  All Saints Church, Minstead, New Forest, dans le Hampshire, où ils y sont encore.

Crowborough est fière de posséder une statue grandeur nature de l'écrivain. De nos jours le manoir de Windlesham est une maison de repos pour personnes âgées.

 

 

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4 août 2008

Stephane Mallarmé - Vulaines sur Seine

Biographie de Stephane Mallarmé.

 

 

 

Mallarme"Ce n'est pas avec des idées qu'on fait des vers, c'est avec des mots".

 

 

Stéphane Mallarmé naît le 18 mars 1842 à Paris au sein d’une famille de fonctionnaires dévoués depuis plusieurs générations au service de l’État. Numa Mallarmé est ainsi sous-chef à l’Administration de l’Enregistrement et des Domaines. Le 14 juin 1841, il épouse Élisabeth Desmolins, dont le père est employé dans son service. Le couple aura deux enfants. La sœur de Stéphane, prénommée Maria, naît le 25 mars 1844. Avec le décès accidentel de leur mère, le 2 août 1847, au retour d’un voyage en Italie, les deux enfants sont élevés par leurs grands-parents maternels.

En 1852, Stéphane Mallarmé entre à Auteuil dans une pension religieuse. Il se sent alors marginalisé dans l’institution, fréquentée par les fils de famille. Quelques années plus tard, le 15 avril 1856, l’adolescent est inscrit au Lycée de Sens, ville où réside son père. Il effectuera toute sa scolarité secondaire dans l’établissement. En dehors de ses cours, qui ne le passionnent guère, Stéphane Mallarmé rédige quelques vers. Pendant l’été 1859, il écrit ainsi un long poème en deux parties, "Sa fosse est creusée, Sa fosse est fermée", réminiscence d’une disparition qui le marque profondément, celle de sa sœur Maria au mois d’août 1857.

Enfin reçu bachelier, le 8 novembre 1860, Mallarmé, suivant en cela le cursus familial, entre en tant que surnuméraire à l’Enregistrement, à Sens. Toujours épris de littérature, le jeune homme s’imprègne à cette époque de l’œuvre poétique de Théophile Gautier et surtout des "Fleurs du Mal" de Charles Baudelaire. Dans les années qui suivent, Mallarmé se lie d’amitié avec un jeune professeur de littérature, Emmanuel des Essarts, nommé récemment au Lycée de Sens. Celui-ci le distrait par sa conversation de cette morne et pesante vie de fonctionnaire provincial.

Alors qu’il commence à publier quelques-unes de ses œuvres dans de modestes revues littéraires, Mallarmé fait la connaissance d’une jeune allemande, Maria Gehard, demoiselle de compagnie dans une riche famille de la bourgeoisie locale. Ensemble, les deux amants effectuent plusieurs séjours en Angleterre, en 1862 puis en 1863, se mariant bientôt dans la capitale londonienne, le 10 août de cette dernière année. Le 17 septembre suivant, Mallarmé obtient son certificat d’aptitude à l’enseignement de l’anglais. Au mois de novembre 1863, il est alors nommé au Lycée de Tournon, en Ardèche, où le couple s’installe, au 19 de la rue Bourbon. Une fille, Geneviève, naît quelques temps plus tard, le 19 novembre 1864.

L’enseignant poursuit son activité littéraire. En 1864, chez des amis communs, il fait bientôt la connaissance de Frédéric Mistral puis de Villiers de l’Isle-Adam. Mallarmé, chahuté pendant la journée par ses élèves, se réfugie le soir venu dans l’écriture. Il s’emploie ainsi à la rédaction "d’Hérodiade". Le 12 mai 1866, le Parnasse contemporain publie dix de ses poèmes. Nommé au Lycée de Besançon puis à Avignon où il fréquente les représentants du Félibrige, Stéphane Mallarmé entame à cette époque une correspondance avec Paul Verlaine. C’est alors que le poète connaît des problèmes de santé. Son état neurasthénique rend bientôt nécessaire une mise en congé de longue durée qu’il sollicite auprès de ses supérieurs le 20 janvier 1870.

Installé maintenant à Paris, au 3 de la rue Vivienne, Hôtel des Étrangers, Mallarmé est contraint après quelques mois de repos de reprendre son métier de professeur d’anglais. Le 25 octobre 1871, il est nommé chargé de cours au Lycée Fontanes (actuel Lycée Condorcet). Résidant à présent dans la capitale, le poète ne se mêle que peu à la vie littéraire. Il fait néanmoins la rencontre d’Arthur Rimbaud, que lui présente son ami Verlaine, puis d‘Émile Zola. De nombreux autres écrivains lui témoignent également leur soutien, parmi lesquels Leconte de l’Isle, José Maria de Heredia, Théodore de Banville ou Catulle Mendés. Après sept années de silence, Mallarmé se remet alors à la poésie pendant l’été 1873.

L’année suivante, au mois de septembre, il lance une revue, La Dernière Mode, gazette du monde, qui connaîtra neuf livraisons jusqu’au mois de janvier 1874. Le 15 mars 1875, les Mallarmé s’installent au 87, rue de Rome. En 1876 paraît une édition de "L’Après midi d’un faune", qu’avait refusé deux ans plus tôt l’éditeur Lemerre. Le poète travaille également à traduire les œuvres d’Edgar Allan Poe. Celles-ci paraissent, dans La République des Lettres notamment. Mallarmé est affecté par le décès, le 6 octobre 1879, de son fils Anatole âgé de huit ans. Et au Lycée Fontanes, les rapports d’inspection se font de plus en plus durs à son encontre. En 1880 cependant, commencent les "mardis" de la rue de Rome, des soirées au cours desquelles l’écrivain reçoit chez lui d’autres poètes.

Stéphane Mallarmé se trouve désormais investi d’une nouvelle notoriété. Paul Verlaine lui consacre un chapitre dans son étude sur "Les Poètes maudits", qui prend place dans les colonnes de la revue Lutèce à la fin de l’année 1883. Au mois de septembre 1884, paraît "A Rebours", un roman de Joris-Karl Huysmans, dont le héros, des Esseintes, professe une grande admiration pour Mallarmé. Le 6 août 1885, c’est en malmenant l’œuvre de l’écrivain que le critique Paul Bourde s’en prend aux auteurs dits "décadents" (bientôt nommé "symbolistes" à l’invitation de Jean Moréas), dans un article publié dans le journal Le Temps. Au cours de ces années, Mallarmé, le poète "incompréhensible" fait la connaissance de l’actrice (et courtisane) Méry Laurent, dont il devient bientôt l’intime.

D’avril à octobre 1887, est publié un recueil de ses poèmes, sobrement intitulé "Poésies", qui offre au public un large choix de ses textes. Stéphane Mallarmé occupe maintenant une place importante dans le monde des lettres. Il complète son activité d’écrivain en donnant à La Revue indépendante des articles de critique. Ses "mardis" sont maintenant fréquentés, outre la présence des symbolistes, par les poètes de la jeune génération, Pierre Louys, Paul Valéry ou André Gide entre autres. En 1891, Mallarmé fait paraître "Pages", un volume où est rassemblée la quasi-totalité de ses poèmes en prose. Il préside maintenant à de nombreuses manifestations littéraires, au banquet de La Plume qui réunit les écrivains en vogue notamment.

L’année suivante, le 1er octobre, Mallarmé reçoit enfin à son domicile son arrêté de mise à la retraite. Celle-ci est vécue comme une délivrance par l’enseignant. En 1894, paraît un recueil de morceaux choisis, "Vers et Proses". Le 22 décembre de la même année a lieu à la Société nationale de musique la première audition du "Prélude à l’après-midi d’un faune", mis en musique par Claude Debussy. Le 27 janvier 1896 enfin, Stéphane Mallarmé est élu prince des poètes. L’année suivante voie la sortie en librairie de "Divagations", qui rassemble l’essentiel de ses articles de critique.

Le 8 septembre 1898, le poète est soudain pris par un accès de suffocation. Le lendemain matin, Stéphane Mallarmé décède à Valvins d’un spasme de la glotte. Son corps est inhumé au cimetière de Samoreau, en Seine-et-Marne.

 

 

 

Sa maison à Vulaines sur Seine.

 

 

 

 

VulainesC'est à quelques kilomètres de Fontainebleau, au Pont de Valvins, sur la commune de Vulaines que se trouve le musée départemental Stéphane Mallarmé. Il a ouvert ses portes au public en 1992.

Professeur d'anglais enseignant à Paris à partir de 1871, Stéphane Mallarmé découvre cette maison en 1874. Il la loue pour y séjourner régulièrement à Pâques, l'été et à la Toussaint... Très attaché à ce lieu, il effectue même d'importants travaux après sa retraite en 1893, afin de s'y installer définitivement. Il y meurt le 9 septembre 1898. Inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1946, la maison reste la propriété des héritiers du poète jusqu'en 1985, date à laquelle elle est achetée, avec son mobilier et sa bibliothèque, par le Département de Seine-et-Marne.

Entièrement rénovée par l'architecte Bruno Donzet, la maison comporte aujourd'hui deux espaces ouverts au public : au premier étage, on visite les appartements de Mallarmé, sa chambre, avec sa bibliothèque anglaise, différents objets et photographies, son châle, et la vue sur la Seine à laquelle il tenait tant. La salle à manger montre la "table des mardis littéraires", autour de laquelle s'assirent des artistes célèbres, ainsi que la pendule de Saxe. La chambre de Madame Mallarmé, le cabinet japonais du poète, complètent cette atmosphère intime et sereine.

Au rez-de-chaussée, une bibliothèque et des expositions temporaires. Lieu de mémoire rassemblant des souvenirs du grand poète symboliste, ce musée restitue l'atmosphère et l'ambiance qui régnaient à son époque. Les décors, les lumières et les meubles sont ceux de Mallarmé et les pièces dans lesquelles il vécut ont été reconstituées à l'identique ainsi que son jardin, conçu à partir des tracés au sol,  qui comprend un espace consacré aux fleurs (nombreuses variétés de roses, clématites,...)et un verger de plein vent. L'on peut s'y reposer et en rapporter, en septembre, des pommes.
Outre l'univers de Mallarmé, ce musée présente les oeuvres de ses amis peintres et sculpteurs ainsi que des expositions temporaires.

 

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1 août 2008

William Butler Yeats - Thoor Ballylee

Biographie de William Butler Yeats.

 

 

 

William_Butler_Yeats"Dans les rêves commence la responsabilité".

 

Fils du peintre John Butler Yeats, William Butler Yeats, est un poète irlandais, né le 13 juin 1865 à Sandymount (Dublin) et mort le 28 janvier 1939 à Roquebrune-Cap-Martin, en France. Yeats est l'un des instigateurs du renouveau de la littérature irlandaise et co-fondateur de l'Abbey Theatre.

Ses premières œuvres aspiraient à une richesse romantique, ce que retrace son recueil publié en 1893 "Crépuscule celtique", mais la quarantaine venant, inspiré par sa relation avec les poètes modernistes comme Ezra Pound et en lien avec son implication dans le nationalisme irlandais, il évolua vers un style moderne sans concession. Yeats fut aussi un sénateur de l'État libre d'Irlande (Seanad Éireann).


Quand Yeats avait deux ans, sa famille déménagea d'abord de Sandymount, Comté de Dublin, au Comté de Sligo, puis à Londres pour permettre à son père John de poursuivre sa carrière d'artiste. Les enfants Yeats furent éduqués à la maison. Leur mère, nostalgique de Sligo, leur racontait des histoires et des contes de leur comté d'origine.

En 1877, il entre à la Godolphin School pour quatre ans et n'y brille pas particulièrement. C'est là que s'éveille son nationalisme irlandais. Pour des raisons financières, la famille retourne à Dublin vers la fin des années 1880, d'abord dans le centre de la ville puis dans la banlieue de Howth.

En octobre 1881, Yeats termine intègre la Erasmus Smith High School de Dublin. L'atelier de son père est situé non loin et il passe une grande partie de son temps à fréquenter de nombreux artistes et écrivains de la ville. Il reste dans cette école jusqu'en décembre 1883.

C'est pendant cette période qu'il commence à écrire des poèmes et en 1885, ses premiers poèmes, ainsi qu'un essai titré "La poésie de Sir Samuel Ferguson", sont publiés dans la Dublin University Review. De 1884 à 1886, il étudie à la Metropolitan School of Art (actuellement le National College of Art and Design).



Déjà avant d'écrire de la poésie, Yeats associait celle-ci à des idées religieuses.

La poésie de Yeats à cette période est largement imprégnée de mythes et de folklore irlandais mais aussi de la diction des vers pré-raphaélites. C'est Percy Bysshe Shelley qui exerce alors sur lui la plus grande influence et cela demeurera ainsi tout au long de sa vie.


En 1889, Yeats rencontre Maud Gonne, une jeune héritière qui commençait alors à se consacrer au mouvement nationaliste irlandais. Maud Gonne aimait le poème de Yeats "The Isle of Statues".

Deux ans plus tard, Yeats lui propose une vie commune, mais elle refuse. Et ainsi trois fois par la suite en 1899, 1900 et 1901. Elle épouse finalement en 1903 le nationaliste catholique John MacBride. Cette même année Yeats séjourne quelques temps en Amérique et y rencontre Olivia Shakespeare.

En 1896, il est présenté à Lady Gregory par leur ami commun Edward Martyn. Lady Gregory encourage le nationalisme de Yeats et le persuade de continuer à écrire des pièces de théâtre. Bien qu'influencé par le Symbolisme français, Yeats se concentre sur des textes d'inspiration irlandaise, ce penchant est renforcé par l'émergence d'une nouvelle génération d'auteurs irlandais.

Avec Lady Gregory, Martyn et d'autres écrivains parmi lesquels J M Synge, Sean O'Casey, et Padraic Colum, Yeats fonde le mouvement littéraire connu sous le nom de Irish Literary Revival (ou encore Celtic Revival).

Ce groupe acquiert une propriété à Dublin où ils ouvrent l'Abbey Theatre le 27 décembre 1904. La pièce de Yeats "Cathleen Ni Houlihan" et celle de Lady Gregory, "Spreading the News", sont données lors de la soirée d'ouverture. Yeats continuera à s'occuper de ce théâtre jusqu'à sa mort, à la fois comme membre du comité de direction et comme dramaturge.

Contemporain de Wilde, il oscille longtemps entre le Londres décadent de la fin du XIXe siècle et l'Irlande en pleine ébullition indépendantiste. Ses premières poésies se caractérisent par un usage marqué de symboles repris de traditions diverses (irlandaise, kabbale, catholicisme, grecque et romaine). Les œuvres de la maturité forment une véritable cosmogonie. William Butler Yeats conçoit son œuvre comme un tout organique. Chaque poème correspond à une pièce du système général, sensé expliquer l'univers dans son entier. Ce travail aboutit à une trame élaborée, principalement inspirée par une passion pour l'occulte et des souvenirs de la mythologie de Blake. Cependant, les figures bibliques de Blake sont remplacées, chez Yeats, par des motifs tels que la Grande Roue, symbole de toutes les phases de l'Histoire et de toutes les incarnations de l'homme. Ce canevas fournit au poète une imagerie riche, regorgeant de sens symboliques.


William Butler Yeats reçoit le Prix Nobel de littérature en 1923. Le Comité Nobel qualifie alors son œuvre de  "poésie toujours inspirée, dont la forme hautement artistique exprime l'esprit d'une nation entière".

Cependant ses chefs-d'œuvre, "La Tour" (1928) et "L'Escalier en spirale" (1933), sont postérieurs à cette reconnaissance suprême.

 

 

 

Thoor Ballylee sa maison.

 

 

 

2366846734_6613a412dbEn 1917, William Butler Yeats fit l'acquisition de cette tour fortifiée du 16ème siècle, afin de se rapprocher de Coole Park, résidence de Lady Gregory, avec qui il fonda l'Abey Theater de Dublin.

Cette maison forte qui servit onze ans de résidence d'été à William Butler Yeats sa femme et ses deux enfants, est un symbole très présent dans son oeuvre poétique, comme en témoigne l'inscription sur le mur qui fait face à la route.

Il passa le plus clair de ses étés à réaménager les 4 étages de la tour. Il dut l'abandonner en 1928. En 1964, la Kiltartan Society entreprit la restauration du bâtiment, avec le cottage de meunier et la roue de moulin attenants.

Cette tour était un ancien château normand, construit par la famille de Burgo au 16ème siècle. Elle comporte quatre étages, d'une pièce chacun, reliés par un escalier de pierre en spirale, construit dans l'épaisseur du mur externe massif. Chaque étage possède une fenêtre donnant sur la rivière attenante. Sur le toit, une terrasse, que l'on peut atteindre par un escalier très raide partant du dernier étage.

Ce donjon, qui inspira nombre de ses oeuvres, fut restauré en 1961 et inauguré, en même temps que le musée en 1965, l'année du centenaire de la naissance du poète. On peut y voir une collection très intéressante rassemblant les premières éditions des oeuvres de William Butler Yeats, ainsi que des objets, des meubles et des photographies ayant appartenu à la famille.

Ne pas oublier de passer voir à Coole Park, l'arbre aux autographes, où les plus grands auteurs irlandais ont gravé leurs initiales (W. B. Yeats, G. B. Shaw, J.M. Synge, S. O'Casey...)

 

 

 

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Vie et oeuvre de William Butler Yeats : Exposition à la National Library of Ireland.

 

 

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